La glossolalie féministe ou le syndrome du hamster

Mon article sur « L’envie du pénis chez les féministes » ayant cartonné sur Facebook – jusqu’à 3000 connexions/jour –, l’argumentaire radfem usé jusqu’au trognon m’a fatalement été resservi en réponse sur tous les tons. Il valait la peine d’y revenir un instant.

  • Que ce soit en mode agressif ou en mode larmoyant, on me reproche d’abord d’être une ingrate oublieuse de ce qu’en tant que femme, je devrais au féminisme. Ce point méritant une réponse étayée, je la développerai un peu plus bas (voir « Le syndrome du hamster« ).
  • On me soupçonne régulièrement d’être un homme, car pour le (ou la) féministe de base, une femme ne peut pas être antiféministe. Ces féministes ne semblent donc pas disposer de suffisamment de connexions neuronales pour faire la différence entre un sexe et une idéologie gauchiste…  comme si une femme n’avait par nature pas assez d’intelligence pour distinguer les deux ! Je suis une femme qui raisonne avec son cerveau, pas avec ses ovaires : je fais donc très bien la différence entre mon sexe et les discours manipulateurs du féminisme et pour rien au monde, je n’y adhérerais ! Merci donc de me laisser ma liberté de penser sans m’assigner une paire de couilles pour cela 😉

  • On me traite ensuite de « collabote » (« collaboratrice du patriarcat ») ou de « complice de mon oppresseur » envers lequel je développerais un « syndrome de Stockholm » (ha ha !). L’avantage de « collabote », c’est que par la grâce d’une possible faute de frappe, il se transforme à l’occasion en « collabite » et là, je dois confesser que je fonds complètement ! – à tel point que j’ai décidé d’adopter officiellement ce qualificatif :  il est juste trop mignon <3
  • On m’accuse encore d’être haineuse, ce qui ne manque pas de sel venant d’une idéologie entièrement tournée vers la haine des hommes et qui n’a de cesse d’importer en Europe la guerre des sexes à l’américaine. C’est d’ailleurs précisément en réaction à cet effondrement intellectuel indigne de l’humanisme que j’ai créé ce site. Et comme si des blogs et des actions féministes tels que « Je putréfie le patriarcat » ou « Bois mes règles » n’étaient que paix et amour…  On notera au passage ce parallèle supplémentaire avec la « religion de paix et d’amour » :  plus on prétend aimer son prochain et plus on le hait, un grand classique. Les SJW et autres extrême gauchistes ne me démentiront pas.
  • Je passe sur le niveau au ras des pâquerettes des insultes et l’indigence argumentative commune et je remarque que quand elles sont à court d’arguments et que toute leur phraséologie ou leurs mensonges ont été implacablement démontés, les féministes sombrent immanquablement dans les attaques sur le physique – niveau 0 de l’argumentation et de l’intelligence – et la misogynie la plus crasse – car féminisme et misogynie vont de pair, aspect sur lequel je reviendrai dans un prochain article.
  • Je note enfin que les idéologues féministes les plus fanatiques et les plus exaltés sont souvent des hommes, ceux que les masculinistes appellent des cucks, des chevaliers blancs ou des soumis – et il faut reconnaître qu’en matière de naïveté, d’hypocrisie et de calcul pour choper des filles, ils se posent effectivement là.

Le syndrome du hamster

Féministe dans sa boucle spatio-temporelle

Les masculinistes utilisent l’image du hamster patinant dans sa roue pour illustrer le discours automatique de certaines femmes lorsqu’elles ont besoin de justifier leurs actes les plus irrationnels ou de réécrire le passé à la sauce qui les arrange.

Je préfère pour ma part l’appliquer à la glossolalie féministe, ce radotage stéréotypé qu’elles récitent à la manière d’un mantra dès qu’elles ont besoin de justifier le combat féministe ou ses apports à la société contemporaine.

La curiosité de cet argumentaire est qu’il fait apparaître des féministes volontairement recluses dans une faille spatio-temporelle allant grosso modo  de 1900 à 1950 et se vivant pour l’éternité comme des pauvrettes soumises à une oppression qui non seulement n’existe plus, mais n’a probablement jamais existé. Quand les femmes souffraient dans les siècles passés, les hommes souffraient généralement davantage (guerres, conditions de travail éreintantes, violences, épidémies, mortalité précoce…). Car le destin des deux sexes a toujours été intimement lié par des interactions subtiles qui ne peuvent qu’échapper totalement à la lecture grossièrement caricaturale, révisionniste et haineuse des idéologues du genre.

L’égalité des droits étant obtenue et les femmes étant désormais les privilégiées de la société occidentale – notamment en matière de santé, longévité, accès aux études supérieures, accès au travail, décisions de justice, etc. –,  cette complainte hurlante et obsessionnelle tourne en réalité à vide.

Je cite ici in extenso le commentaire d’une contributrice de ma page Facebook, tant il résume parfaitement les choses :

« Cette dégénérescence, donc l’obsession un peu puérile avec les fonctions du corps [en référence à l’univers néo-féministe], en deçà de toute pensée, met en évidence le fait que le féminisme est une cause morte. Peut-être parce que ce contre quoi le féminisme lutte (le machisme ou le patriarcat) relève surtout du fantasme. Les changements dans la condition des femmes, par rapport au droit de vote, à la sexualité ou au travail, ne doivent rien à un militantisme féministe qui aurait fait fléchir un machisme ancestral, mais sont avant tout les fruits de la Révolution industrielle et urbaine qui ont créé quelque chose qui n’avait jamais existé auparavant : une économie de moins en moins basée sur la force physique et où les femmes pouvaient trouver des travaux correctement rémunérés. Cette révolution dans les modes de travail, et les changements technologiques qui ont été développés presque simultanément (électroménager, médecine moderne…) ont créé d’autres réalités économiques et sociales inédites qui ont été par la suite incorporées dans des lois, donc tout ce qui concerne le salaire, le patrimoine, le divorce ou la contraception. Or, les féministes sont totalement imperméables à cette réalité ; discuter avec l’une d’entre elles revient à tomber dans une boucle spatio-temporelle qui nous situe quelque part entre 1900 et 1950, parce que c’est seulement dans ce passé fantasmé qu’elles peuvent développer leurs histoires à dormir debout à base de millénaires d’oppression et de domination masculines. En réalité, il n’en est rien : le machisme comme réalité isolée de tout contexte social n’existe pas. Ce qui existe, malheureusement, ce sont des rapports de force où la richesse, le pouvoir ou l’appartenance à tel clan, caste ou groupe social s’avèrent essentiels. »

Dans un article tout récent, « Quand le féminisme part en couille« , Marylin Maeso fait le même constat. Les certitudes féministes sont maintenues dans un « bain de catégories fossilisées comme un cadavre dans le formol (…) demeurant résolument hermétique à tout ce qui pourrait les contrarier. » Elle relève aussi leur grille de lecture stéréotypée ainsi que les allusions au phallus continuelles de l’auteur d’un billet féministe qu’elle dénonce. L’auteur du billet rebaptise Paris Première « Mascu TV, la chaîne des intellectuels aux grosses burnes »,  chaîne qui se serait lancée dans un « marathon du zguègue » en alignant des programmes « riches en gamètes mâles ». On retrouve donc parfaitement cette fascination phallique qui est le coeur du réacteur féministe et dont j’ai abondamment parlé dans mon fameux article.  M. Maeso relève à son tour sa « fixette sur leur appareil génital (…) puisqu’il s’est donné pour mission de peser les « burnes » des intervenants plutôt que leurs paroles. » Elle souligne enfin « la banalisation du processus d’assignation consistant à rabattre intégralement un propos sur un sexe, une couleur ou une classe, processus qui dynamite le débat ».

Nous sommes donc bien sur la même longueur d’ondes et je me réjouis que des femmes, encore peu nombreuses mais moins rarissimes qu’autrefois, se lèvent enfin pour dénoncer l’incurie intellectuelle du néo-féminisme.

  • L’argument rebattu du droit de vote des femmes

– Les féministes : « Hiiiiin, les Fâââmes ont dû attendre le XXe siècle pour pourvoir voter, c’est honteux ! Patriarcâât !!! »

. Bien, alors rappelons que les hommes eux-mêmes ont attendu le milieu du XIXe siècle pour accéder au suffrage universel, et encore, pas tous. Les conditions étaient restrictives et seule une partie votait.

. C’est la gauche qui s’y est toujours refusée, car elle savait que le vote des femmes serait conservateur.

. C’est le gouvernement de Vichy qui le premier, en a rédigé le projet (1941). Le vote sera acté en 1944. Par rapport aux hommes et à l’échelle de l’histoire et de la longue durée, c’est un délai très court !

. Les militaires ont dû attendre 1945 pour avoir le droit de vote, soit un an après les femmes ! Mais eux, ils ne font pas autant de raffut…

. Il faut attendre 1956 pour que les français d’Outre-Mer aient le même droit de vote que les métropolitains. Ils ne nous rebattent pas non plus les oreilles comme les pleureuses professionnelles, c’est bizarre…

. Et aujourd’hui, l’abstention est majoritairement féminine, ici aux dernières élections, mais c’est valable pour toutes ! Tout ça pour ça !

[à suivre…]

. Sur la supercherie du « patriarcat » :

La supercherie du « patriarcat »

 

 

Quand Claire Bretécher prophétisait la « culture du viol »

La « culture du viol » est la tarte à la crème des néo-féministes, leur mantra favori – le mot « viol » en particulier, qui les fait immédiatement léviter.

De l’envie du pénis à la culture du viol

J’ai eu l’occasion déjà d’aborder la fascination phallique chez les féministes, cette envie du pénis qui les tenaille, à la fois au sens conscient de « jalousie » – les féministes sont maladivement envieuses du pouvoir « phallique » qu’elles attribuent à la masculinité – et au sens plus inconscient de frustration sexuelle ou plus prosaïquement de désir refoulé de se faire sauter.

Claire Bretécher, à la fin des années 70 déjà, avait parfaitement illustré la fascination morbide des féministes pour le viol, leur manière malsaine de se délecter des histoires de viol, de les faire tourner et retourner sans fin sous leur langue pour en jouir par procuration.

« Les deux orphelines »

L’histoire occupe sept planches des Frustrés (1973-1981). Intitulée « Les deux orphelines », elle met en scène Colette et Raymonde, deux femmes violées que se disputent une avocate et une sociologue féministes qui les utilisent pour vendre leurs livres et passer à la télé.  Claire Bretécher, en incroyable visionnaire, avait tout  saisi, tout croqué.

La féministe qui se repaît sans fin des détails croustillants du viol :

Qui assigne la femme violée au statut de victime à vie :

pour l’obliger à répéter encore et encore son histoire :

Puis qui traite son propre mari de violeur en puissance quand celui-ci lui demande de lâcher la grappe à Colette:

Puis qui laisse exploser sa misogynie quand elle voit son petit business lui échapper… quand la sociologue refuse par exemple de prêter sa violée à l’avocate pour un passage TV:

Il ne manque rien !

La dernière vignette conclut sur la Cause, cette cause féministe néo-marxiste qui n’hésite pas à manipuler la vérité et instrumentaliser les victimes pour faire son beurre sur le « Viôôôl », le mot magique qui fait gicler des torrents de sérotonine dans le cerveau des féministes (plus fort qu’un orgasme).

Aujourd’hui, 40 ans après ces planches, on pourrait mettre des noms, beaucoup de noms, sur l’avocate ou la sociologue…

  • La première planche de l’histoire est à lire ci-dessous :

Claire Bretécher, « Les deux orphelines », in Les Frustrés, 1973-1981 [Cliquer pour agrandir].

Les Frustrés ont été publiés à un rythme hebdomadaire dans le Nouvel Observateur de 1973 à 1981. Je ne suis pas sûre du tout que l’Obs d’aujourd’hui tolérerait encore un tel humour.

[à suivre…]

. Sur le viol et l’assignation au statut de victime à vie : 

Je peux témoigner que du viol, on s’en sort

. Sur l’envie du pénis :

L’envie du pénis chez les féministes

[Féminisme zombie] – Les règles du dégoût

« La femme occidentale a une relation d’affrontement avec son propre corps ; pour elle, la normalité biologique est une souffrance, et la santé, une maladie. » (Camille Paglia, Introduction à Personas sexuelles, Laval, 2017, p. 61).

Le néo-féminisme, avatar dégénéré du féminisme depuis que ce dernier, ayant remporté tous ses combats, aurait dû mourir de sa belle mort, s’est positionné, entre autres, comme une entreprise de démolition symbolique de la féminité.

Il ne s’agit désormais plus que d’un « féminisme zombie », une idéologie mort-vivante qui tourne à vide faute de combats légitimes, condamnée à recycler sans fin une poignée de désordres psychiques – narcissisme pathologique, régression infantile, envie refoulée du pénis… – sur fond de pleurnicheries pour extorquer de l’argent ou des dons.

15 juin 2018 – Féminisme zombie et pathologie narcissique.

Les néo-féministes sont malades d’être des femmes – malades de la tête – au point maintenant d’exiger de la collectivité un dédommagement financier pour faire face à ce handicap de naissance.

Car rendez-vous compte, la biologie, cette complice de l’oppression patriarcale, les a dotées de règles ! Nos pleureuses professionnelles, qui se ont fait un métier de sangloter à gros bouillons pour obtenir de l’argent public (c’est moins fatigant que de travailler tout court), se sont trouvé un nouveau cheval de bataille : saouler et dégoûter la terre entière avec leurs flux menstruels, soi-disant pour obtenir la gratuité des protections périodiques et pallier à une grosse injustice de nature.

C’est en effet comme cela qu’Irénévrose, soutenue par les médias gauchistes Madmoizelle ou le Huff Post Québec, justifie l’étalage de sa névrose féministe dans l’espace public.

Et c’est en rebondissant sur cette pantomime grotesque (plus c’est indigent, plus ça marche), que les néofems lancent leur journée de la mendicité du 15 juin 2019 :

Féminisme zombie, pathétique et quémandeur

C’est vraiment nous prendre pour des quiches quand on sait qu’une coupe menstruelle en silicone coûte autour de 10 € et peut être réutilisée sans souci pendant de nombreuses années (je sais de quoi je parle, j’en ai une qui n’a pas bougé en 10 ans !).

Tout ce cirque pour seulement 13 € tous les 5 à 10 ans en moyenne ? La ficelle qui dépasse est bien plus grosse que celle d’un tampon XXL !

Irenevrose n’est en réalité rien d’autre qu’une activiste féministe en fac d’arts qui a puisé dans le fonds de poncifs neofem déjà usés jusqu’à la corde pour servir son petit numéro et choquer le bourgeois à peu de frais. Elle aurait aussi bien pu montrer ses seins, sa chatte, sa vulve, son clito, ses poils, sa pisse ou sa merde… La recette, éprouvée, est toujours la même : mettre en scène son narcissisme maladif sur le mode victimaire puis le justifier a posteriori par un discours directement sorti de l’asile psychiatrique.

L’affaire est intéressante car elle illustre bien la dérive puritaine du néo-féminisme, celle qui consiste à se rouler dans la fange victimaire et le trash afin d’attaquer sournoisement le male gaze (« regard masculin » désirant) – car les neofem veulent à tout prix dégoûter les hommes du sexe féminin et leur interdire tout regard érotisé porté sur leur corps, tout particulièrement sur leur sexe.

Elles avaient déjà fait un galop d’essai avec le clitoris, essayant par tous les moyens d’en faire un organe sexuel sinistre, anti-érotique et repoussant au possible. Mais damned, cela ne marche pas, les hommes bandent toujours pour les vrais clitos ! – les pauvres féministes en étaient alors réduites à leur reprocher de ne pas savoir les faire jouir façon Dora Moutot et sa jérémiade #T’asJoui (mais puisque tu  nous saoules H24 avec ton clito, Bécassine, qu’est-ce que tu attends pour t’en servir comme une grande ? Il faut encore que les hommes t’en apprennent le mode d’emploi ?).

Les féministes vont donc sortir leur joker des règles en se disant que cette fois, ça devrait marcher, les règles n’étant associées à aucune forme d’érotisme –  et il est vrai que je n’ai jamais entendu un  homme dire que les règles en elles-mêmes le faisaient bander. On peut cependant prédire facilement que les féministes se prendront une fois de plus le réel dans les dents puisque les hommes, ayant pris l’habitude d’ignorer les règles, d’attendre qu’elles se terminent ou de faire comme s’ils ne les voyaient pas, continueront tranquillement comme devant !

Mais pourquoi une telle focalisation sur les règles ?

Irenevrose n’est évidemment pas la première à exploiter le filon. Il y a aussi Demetra Nyx qui en 2018 se tartinait le visage et le corps de ses règles (toujours le combo gagnant victimisme/narcissime/trash/ouin ouin) :

C’est également un lieu commun de l’art féministe, comme en témoigne cet article rédigé comme il se doit à grands renforts de complainte victimaire, d’écriture inclusive et de l’habituel gna-gna-gna auto-complaisant :

Dans les règles de l’art : cinq artistes qui utilisent ou représentent les menstrues

C’est que les règles rappellent chaque mois aux féministes qu’elles sont soumises aux lois de la biologie de la reproduction humaine, et pour des marxistes culturelles qui croient en la théorie du genre, c’est chaque mois une claque dans la figure. Comment le faire payer au patriarcat ? En se faisant subventionner à vie, pardi ! En oubliant au passage que cet argent public sera récupéré autant auprès des hommes que des femmes… mais il ne faut pas trop leur en demander. Que des femmes paient en double les protections périodiques, c’est cela, la logique féministe.

On citera en ce sens l’initiative aussi risible que démagogue de l’Université de Lille qui ne trouve pas mieux que de faire de la comm en distribuant gratuitement 30000 kits de protection hygiéniques sur les campus de la ville – idée que l’on doit à Sandrine Rousseau,  l’écolo candidate à ce moment-là à la direction de Sciences-Po Lille – en vain, d’ailleurs, ses faits d’armes féministo-victimaires n’ayant pas fonctionné . On notera aussi qu’il est plus facile de gaspiller l’argent public en tampons que de rémunérer correctement les milliers d’enseignants précaires qui font tourner l’université.

On se souvient aussi de cette stupide affiche de l’Unef qui résume à elle seule toute la décrépitude intellectuelle associée à la promotion des protections périodiques – comme si se focaliser sur ces questions avait le pouvoir universel de faire perdre la moitié de ses points de QI. Ici, le torchon en inclusive du syndicat étudiant n’oublie pas de récolter des tampons pour les immigrés de sexe masculin, gender fluid, non binaires et trans, qui comme chacun sait, courent les rues aux abords des facs gauchistes.

Plus bête tu meurs

Que dire en guise de conclusion provisoire ?

Que le militantisme menstruel est avant tout le cache-sexe de l’insondable médiocrité intellectuelle du néo-féminisme ? Certainement.

Qu’à un niveau plus profond, il est un témoignage de la névrose féministe qui pousse ces femmes à haïr viscéralement leur condition et à jalouser maladivement les hommes, ces chanceux qui n’ont pas de règles et qui vont devoir leur payer cette « inégalité » en espèces sonnantes et trébuchantes ? Sans doute aussi.

Cette névrose qui les pousse à manipuler les foules pour se faire plaindre, se faire rembourser d’être née femme, mais aussi à dégrader l’image de la  femme en essayant de faire croire que toutes sont comme elles des souillons revanchardes ou de pauvres victimes de leur condition vécue comme une injustice.

15 juin 2018 – Féminisme zombie ou pathologie mentale ?

Victimes de leurs règles, les femmes, vraiment ? Celles-là mêmes qui se font prescrire des traitements hormonaux de substitution à vie pour conserver leurs règles à prix d’or des décennies après leur arrêt physiologique ? A d’autres ! Cessez de mentir et de manipuler la terre entière, les féministes !  Ce n’est pas parce que vous ne supportez pas d’êtres des femmes et que vous faites facilement retourner le cerveau par les idéologues néo-marxistes que c’est le cas de tout le monde et que vous allez nous expliquer la vie !

[à suivre…]

. Voir aussi :

  • La fascination phallique : 

L’envie du pénis chez les féministes

  • Le clitoris comme phallus de substitution :

Des clitos, des clitos et encore des clitos

  • Le féminisme est-il un ondinisme ?

Anthologie du féminisme urinaire

  • Retour vers l’univers néo-féministe :

L’univers néo-féministe

L’envie du pénis chez les féministes

 

Les féministes sont obnubilées par le sexe masculin. Dès que l’on se penche sur leurs discours, leurs revendications, leurs productions artistiques… l’obsession phallique s’érige comme une évidence.

« L’Origine de la guerre » de l’artiste féministe Orlan, 2011

Le féminisme du point de vue psychanalytique

Il n’y a donc pas que « la langue française qui reste attachée au phallus », comme le disait si bien Chloé Delaume ; il y a aussi la féministe refoulée, qui pense tellement à la bite que celle-ci occupe l’entièreté de son paysage mental.

Le féminisme a toujours beaucoup frayé avec la psychanalyse, en particulier avec ses discours les plus filandreux ou les moins étayés scientifiquement. Mais on ne pense pas assez à aborder le féminisme lui-même (ou plus exactement le néo-féminisme) comme une névrose liée au phallus ; phallus qui renvoie non seulement au pénis, mais plus encore à l’image fantasmatique du pouvoir absolu qu’elles lui attribuent jusqu’à en perdre la raison. La  frustration, la jalousie et la rage que suscitent chez elles ce fantasme révèlent en creux la haine pathologique qu’elles portent à leur propre condition.

La névrose de toute femme – qui au sens psychanalytique est un état normal et non pathologique – serait selon le docteur Freud la fameuse envie du pénis (il s’agirait du pendant féminin du complexe de castration masculin). Si, en tant que femme bien dans ma peau, cette hypothèse m’apparaît plutôt farfelue – je n’ai jamais rêvé posséder de pénis – , je me demande quand même si le concept ne s’appliquerait pas assez bien aux féministes, pour le coup. D’aucuns ont déjà relevé le transfert que celles-ci ont fait de « l’envie du pénis » vers « l’envie du pénal » (l’expression est de Philippe Muray)– lorsqu’elles cherchent par exemple à criminaliser toute forme de sexualité masculine hétérosexuelle.

Par ailleurs, la théorie psychanalytique de l’hystérie fait justement appel au concept de l’envie du pénis… De là à faire le lien avec certaines « féminhystériques », il n’y a qu’un pas que je serais presque tentée de franchir quand, en écrivant ces lignes, je vois passer sur Instagram cette photo de la bien nommée « Irenevrose » :

Irénévrose, incarnation du néo-féminisme névrotique du XXIe siècle (1 février 2019).

– la relation névrotique des féministes à leurs règles devant précisément faire l’objet de mon prochain article.

On relèvera au passage la posture jambes écartées d’Irenevrose. L’envie refoulée de se faire mettre une bite bien profond saute aux yeux !  D’ailleurs comme elle le précise elle-même sur son accueil Instagram, Irenevrose ne s’intéresse qu’au cul. Son psychisme régressif se reconnaît aussi dans ce qui suit : « mother of cacarevolution« . Peut-être que les féministes, après avoir épuisé la pisse et les règles, se rouleront dans leur merde à la prochaine étape ? (c’est probable !).

Le phallus dans l’art féministe

1/ Le phallus avant la haine

Si l’exposition « In the Cut – The Male Body in Feminist Art«  qui vient de s’achever à Sarrebruck (mai 2018-janvier 2019) illustre précisément la fascination féministe pour le phallus, elle étonne cependant par son absence de haine affichée envers le membre masculin. L’exposition s’attache même au désir hétérosexuel chez les artistes féministes, ce qui ne manque pas de surprendre en ces temps où la troisième vague féministe n’a de cesse de démolir celui-ci. Que s’est-il passé ? D’aucuns auraient-ils réalisé que la misandrie était allée trop loin ? On n’ose y croire.

Parmi les choses tout à fait intéressantes, on y trouve par exemple « Le Divorce » (1992), de Sophie Calle, une photo étonnante accompagnée d’un texte très émouvant sur son chagrin au moment de divorcer de son mari. Le texte est à lire ici et je dois reconnaître que cette oeuvre singulière m’a touchée :

Sophie Calle, Le Divorce, 1992.

De la même manière, je ne trouve pas grand chose à redire à la série Landscape (1972) d’Eunice Golden, où le corps masculin s’offre comme un paysage et un horizon  indépassables – si ce n’est qu’à travers le motif du filet qui entoure le pénis, elle dénoncerait « l’injonction de la virilité » faite aux hommes. Je répondrais à cela que les femmes non féministes, qui comme moi ou Natacha Polony feraient plutôt l’éloge de la virilité, ne voient aucune raison de la vilipender. D’ailleurs, une étude montre que les féministes elles-mêmes la plébiscitent en secret (voir plus bas).

Eunice Golden, Landscape #160, 1972

J’ai un peu de mal à voir en quoi ces images sont subversives ou même spécifiquement féministes.  Par le simple fait de renverser le rôle de l’artiste et du modèle ?  A-t-il vraiment fallu attendre la fin du XXe siècle pour que des femmes dépeignent des sexes masculins ? Le female gaze a tout de même quelques antécédents dans l’histoire de l’art, par exemple chez Camille Claudel quand elle sculpte l’étreinte amoureuse et le corps masculin sensuel.

Camille Claudel, La Valse, 1905
Camille Claudel, La Valse, 1905 (détail)

Je ne pensais pas que s’intéresser au corps masculin ou afficher son désir pour lui pouvait faire d’une femme artiste une féministe. Il va de soi que cette liberté du female gaze doit faire partie des droits fondamentaux pour toute femme et que si le féminisme n’était que cela, je serais féministe. Mais ces droits sont acquis depuis longtemps et le féminisme a beaucoup évolué depuis…

Il s’agit en tout cas ici d’artistes qui pour moi ressortissent d’un féminisme de bon aloi, que j’appellerais « d’avant la haine », car éloigné des postures plus récentes de nos pénibles activistes radicalisées et ivres de ressentiment (pour ne pas dire de paranoïa) envers les hommes. Quoi qu’il en soit de l’intention exacte des commissaires de cette exposition (je n’ai pas consulté le catalogue, pas encore paru), je ne peux que saluer l’angle retenu.

2/ Le phallus du grand méchant loup

Le phallus joyeux et la liberté d’afficher son intérêt positif pour lui semblent définitivement proscrits de l’art féministe dans les décennies qui suivent. Le féminisme radical lesbien a imposé sa vision péjorative dans tous les domaines et le phallus, symbole du grand méchant loup pour nos pauvres féministes en état de sidération devant son pouvoir démoniaque – qu’elles surestiment grandement au passage, mais puisqu’elles ont tant besoin de se percevoir comme des pauvrettes dominées, laissons-les à leur fantasme de soumission –, le phallus, donc, ne sert généralement plus que de défouloir régressif, sexiste et misandre.

Le thème est exploité sur plusieurs décennies par Judith Bernstein, notamment à travers cette oeuvre tirée de sa série « Bites de Mort » (Dicks of Death , 2015) où le contraste des couleurs primaires accentue la violence attribuée à la bite, chargée de tout le malheur du monde. La répétition des éléments de langage victimaires chez cette artiste (« Haaaan, le patriarcat, la misogynie, la phallocratie, la domination masculine, mais ouin-ouin-ouin »), font que je ne peux absolument pas entrer dans le discours simpliste et caricatural qui accompagne ces oeuvres.

Judith Bernstein, Dicks of Death, 2015

Pour l’artiste féministe Orlan, « L’Origine de la guerre » (2011) est, comme c’est original, le phallus. Mais bien sûr, le phallus, c’est le mâââl, c’est la guerre. Et la guerre, cépabien, toussa, toussa… On lui rappellera tout de même que si les armées de Daesh déferlaient un jour sur sa ville, Orlan serait la première à supplier que des hommes prennent les armes pour la sortir de là ! Qu’elle médite plutôt sur l’adage romain : « Si vis pacem, para bellum » (« Si tu veux la paix, prépare la guerre »), et qu’elle n’oublie pas que si elle vit dans une société pacifiée qui permet aux féministes de tirer des traites à vie sur leur narcissisme victimaire, elle le doit avant tout à ces milliers de soldats qui ont sacrifié leur vie sur les champs de bataille. Il serait bientôt temps de changer de paradigme et de retirer ses lunettes déformantes.

Orlan, L’origine de la Guerre, cibachrome collé sur aluminium, 88 x 105 cm, 2011

Mais en attendant, tu ne te rincerais pas un peu l’oeil, petite cochonne ? Je plaisante. Orlan a bien raison de figurer – à son corps défendant, j’imagine – un sexe masculin dans une posture plutôt érotique et elle a la bonne idée d’en faire un pendant à lOrigine du Monde de Gustave Courbet (1866), ce qui rend son tableau plutôt amusant et sympathique. Pour autant, son intention sexiste et misandre ne doit pas être minimisée puisque ce phallus est aussi, selon l’artiste, « le procréateur d’une violence plus universelle » (ben voyons).

Le manspreading ou la quête du phallus dans les transports

J’aurai sans doute l’occasion de revenir sur la nouvelle lubie féministe en provenance du métro de New York, la « lutte contre le manspreading » (le fait que les hommes écartent spontanément les cuisses quand ils sont assis).  Ces cruches ont du mal à comprendre qu’un homme, ayant quelque chose entre les jambes, contrairement à elles, ne puisse pas physiologiquement croiser les jambes en les serrant pendant des heures entières dans les transports en commun. Ces refoulées de la bite tuent donc le temps dans le métro en matant l’entrejambe des hommes à la recherche de l’excroissance qui les fera défaillir (« Aaaaahhh, j’en ai vu !! J’ai repéré des couilles ! Aaaahh, c’est abominable ! »). On se croirait revenus chez les victoriennes du XIXe siècle (« Doux Jésus ! J’ai vu le loup ! Vite, des sels ! »).

Par contre, que le fessier de la féministe en question, quand il est oversize, prenne plus de place qu’un homme au max de l’écartement de ses cuisses et si ce dernier ne lui laisse pas son siège, là, c’est du sexisme. Normal. Au fait, la névrosée des règles, un peu plus haut, elle ne ferait pas du womanspreading, par hasard ? Quand est-ce qu’on légifère contre les femmes qui s’étalent dans l’espace public ?

Les féministes et les hommes sexistes

Le plus drôle, c’est qu’en totale contradiction avec leurs discours publics blâmant sans fin les machos, on découvre qu’en privé, les féministes elles-mêmes les plébiscitent ! C’est le résultat d’une étude sérieuse parue en juin 2018 dans le Personality and Social Psychology Bulletin (voir aussi « Les féministes trouvent les hommes sexistes plus sexy que les hommes « féministes« , en anglais). Ainsi donc, le jour elles les fustigent sur le site Zeromacho par exemple, mais le soir, elles en rêvent comme les autres et avec un vibromasseur, si ça se trouve…  Il n’y a rien de mal à faire cela, naturellement, mais pourquoi alors une telle dichotomie et un tel double discours ? Un petit problème de refoulement, peut-être ? Même si le sexisme en question est plutôt ici ce qu’elles appellent le « sexisme bienveillant » (et que les femmes normales, non féministes, appellent tout simplement le charme masculin), elles font donc mine officiellement de combattre sans répit ce dont elles rêvent en secret. Allo, docteur Freud ? Vous pourriez me dépêcher quelques flottes d’Airbus ? J’ai un paquet de patientes pour vous, là…

. 15 mars 2019 : L’envie du pénis se hurle sur les pancartes des adolescentes biberonnées au féminisme de la « marche pour le le climat » :

15 mars 2019 : L’envie du pénis s’affiche publiquement.

[à suivre…]

. Voir aussi :

  • Le clitoris comme phallus de substitution :

Des clitos, des clitos et encore des clitos

  • Le féminisme est-il un ondinisme ?

Anthologie du féminisme urinaire

  • Les règles du dégoût :

[Féminisme zombie] – Les règles du dégoût

  • Féminisme et stade anal :

Je chie donc je suis – A la découverte du féminisme intestinal

  • Retour vers l’univers néo-féministe :

L’univers néo-féministe

Yann Moix-Moi-Moi et le féminisme

M’étant fait traiter de néo-féministe (et ce n’était pas un compliment) parce que je me suis insurgée avec vigueur contre la goujaterie de Yann Moix (sa célèbre sortie sur les femmes de 50 ans), je tenais à faire un petit retour sur les rapports de cette affaire avec le féminisme. Dénoncer Yann Moix ne fait pas de moi une féministe et voici pourquoi.

  • Réfléchir sur le vieillissement des femmes n’a jamais fait  partie des luttes féministes

En effet, la question du vieillissement de la femme n’a jusqu’à présent jamais été une question féministe, ce que confirme la lecture de cet intéressant article de 2010, « L’impensé de la vieillesse : la sexualité« , où l’auteur se demande : « Pourquoi la vieillesse n’est-elle pas devenue un thème de luttes féministes ? ». Afin de répondre à cette question, elle annonce une étude d’envergure qu’elle va conduire auprès des féministes :  « Cette recherche entend combler les silences du féminisme concernant la vieillesse pro-sexe ou sans sexe, en cherchant les raisons d’une omerta collective ou au contraire en mettant au jour des initiatives peu connues et des alternatives aux discriminations sexuelles dues à l’avancée en âge. »

Il sera d’ailleurs très intéressant de voir comment la victimisation va pouvoir être proclamée, sachant que plus on avance en âge, plus les hommes partent les premiers.  Les féministes vont-elles oser se plaindre d’être toujours en vie longtemps après que tous les hommes de leur génération dégustent les pissenlits par la racine ?  Las, on peut leur faire confiance pour trouver de quoi accabler les hommes puisque, selon les études de genre, la règle est invariable : les hommes sont toujours coupables de tout (y compris de mourir trop tôt – j’ai vu passer des tweets en ce sens).

Etudes de genre : « C’est trop bien ! Si tu utilises ton imagination, tu peux accuser les hommes de TOUT ! »

Pour ma part, je n’essentialise pas. Je ne dénonce pas « les » femmes en général, mais certaines d’entre elles, les féministes idéologues et misandres et toutes celles qui apportent leur pierre à la mauvaise guerre des sexes. Je ne critique pas ces femmes pour leur genre, dont elles ne sont pas responsables (et que je partage de toutes façons), mais pour leurs idées, qu’elles ont tout le loisir de reconsidérer si elles le souhaitent. Je ne me sens pas non plus solidaire de la « classe » des femmes (une approche 100% gauchisto-sexiste – le féminisme étant par définition un sexisme), je suis solidaire de tout être souffrant, qu’il soit homme, femme, enfant ou animal.

Toute femme n’ayant pas à être féministe –  l’un n’impliquant pas l’autre, puisque « femme » signifie un genre biologique et social et « féministe » une idéologie généralement très marquée à gauche et de plus en plus inepte sur le plan intellectuel – ; je ne vois donc pas pourquoi réfléchir sur la question du vieillissement d’un sexe biologique ferait automatiquement de vous une idéologue féministe.

De même, je ne défends pas « les » hommes en tant que groupe indistinct, je me contente de pointer à l’occasion, comme les masculinistes modérés (par ex. sur le site neo-masculin.com), les injustices et les mensonges que leur fait subir de plus en plus souvent le féminisme dominant.  Et donc, au sein des hommes, il y en a qui ont des comportements et des prises de position tout aussi critiquables que les pires féministes va-t-en-guerre – et c’est le cas de Yann Moix.

Dénoncer ce dernier n’est pas du féminisme, car  :

Comme j’en avais l’intuition dès le départ, Moix s’affirme lui-même féministe ! En tant que héraut médiatique de la bien-pensance de gauche, il ne pouvait évidemment pas en être autrement… Et il en incarne justement les pires travers – immaturité affective,  complaisance dans sa névrose, narcissisme infantile et  mépris de l’autre sexe porté en étendard.

Extrait vidéo –  Yann Moix justifie sa goujaterie en déclarant : « Je suis quelqu’un d’extrêmement féministe » (ONPC, 12/01/2019) :

Quand il se dit féministe sur le plateau d’ONPC, Moix débite quelques lieux communs sur la libération de la femme des années 70 ; quelques vieilles lunes qui montrent qu’il ne connaît pas grand chose aux dernières évolutions du féminisme mais qui lui sont très utiles pour justifier dans la foulée son ego pathologique : « Moi, moi, moi, moi, moi… ». Si je lui reproche de trop bien l’incarner, je dois lui reconnaître d’avoir plutôt bien résumé le féminisme, justification ultime de toute forme de narcissisme décomplexé. Même Christine Angot n’a pas trouvé quoi lui répondre.

Les féministes feront probablement la fine bouche et objecteront que son féminisme est en carton ; tant il est vrai que Moix peut tenir les discours les plus contradictoires (pour autant que le buzz le serve) –puisqu’il n’a aucune conviction profonde. Excellant surtout à humer l’air du temps, il calcule ensuite savamment sa posture la plus provocatrice et/ou la plus bankable.

Les féministes s’en prennent régulièrement à lui, ce qui d’ordinaire ne manque sans doute pas de le flatter. Elles le font d’ailleurs de manière assez stupide, comme dans cet article où l’une d’elles reproche à Mélanie Thierry de ne pas se revendiquer féministe face aux questions orientées de Moix. Sur ce coup-là, je donne raison sur toute la ligne à Mélanie Thierry qui s’est parfaitement défendue toute seule, et je ne trouve pas non plus que les questions de Moix étaient inintéressantes. Ses interrogations sur le désir amoureux ou sur la tentation de l’infidélité sont des questions légitimes et défendables ; je ne vois pas pourquoi elles seraient taboues ou marquées du sceau de l’infamie sexiste.  Mélanie a eu la liberté de ne pas y répondre, c’est très bien aussi. Rien à redire, donc.

  • Moix est le valet du féminisme, puisqu’il en est le meilleur rabatteur

Féministe ou anti-féministe selon ses postures ou ses besoins, voire les deux en même temps, Moix vient en tout cas de remettre une énorme pièce dans la machine féministe. Il vient même de tirer une grosse cartouche dans le fondement des mascus qui le soutiennent.  Car qu’est-ce qui va se passer maintenant ?

Le féminisme est revigoré au-delà de toute espérance. Quelle femme de plus 40 ans, directement insultée dans sa chair et rappelée au mépris général envers la femme vieillissante – y compris de la part des autres femmes, d’ailleurs, car compétition sexuelle exige, les femmes plus jeunes ou plus sexy frétillent d’avoir le bon âge et de pouvoir renvoyer la concurrence dans les cordes (la « sororité féministe universelle » démontrant une fois de plus qu’elle n’est qu’un concept vide) –, quelle femme de plus de 35 ans, donc, ne va pas se tourner vers les féministes pour y trouver réponses et soutien ?

Moix aurait-il oublié qu’il incarnait l’homme blanc de 50 ans, riche et occidental, c’est-à-dire l’ennemi juré des féministes ? Celles-ci ne manqueront pas de redoubler de coups sur ce profil masculin et comme on peut s’y attendre, cette surenchère haineuse n’aura comme effet que d’alimenter un peu plus la guerre des sexes et la fureur des deux camps l’un envers l’autre.

Pour autant, j’insiste, la question du vieillissement (des hommes comme des femmes) ne doit pas être laissée aux seules féministes. On est ici au croisement de la biologie et de la culture, et pas nécessairement dans l’idéologie victimaire de gauche. La question est bien plus vaste que cette approche par le petit bout de la lorgnette.

Je suis bien la seule à ne pas être surprise de voir M. Schiappa mouiller sa chemise pour défendre son laquais : entre féministes crasses, on se comprend forcément… Marlène Schiappa incarne ici la misogynie féministe à courte vue (je reviendrai dans un prochain article sur la misogynie féministe).

  • Moix est misogyne et ce n’est pas féministe que de le dire

En ce qui me concerne, je suis anti-féministe mais pas misogyne ; ce sont des choses séparées, comme je l’expliquais dans cet article : « Combattre le féminisme, oui. Sombrer dans la misogynie crasse, non« . Et je considère que la dernière posture de Moix est bien de la misogynie.

On m’a rétorqué que la misogynie était la haine des femmes et que Moix n’avait fait qu’exprimer ses goûts.  Une analyse plus fine de sa personnalité fait pourtant bien ressortir non seulement sa peur, mais aussi sa haine des femmes. Quand on déclare ne pouvoir « aimer » des femmes que si elles sont réduites à leurs corps, leur âge ou leur race (qu’il confond d’ailleurs avec leur nationalité : « les chinoises », « les japonaises », etc.), on n’aime pas ces femmes : on a seulement besoin d’une fixation érotique, d’une objétisation et d’une mise à distance pour pouvoir surmonter son dégoût absolu affiché pour toute femme ne rentrant pas dans ses critères. Ce genre d’homme qui crache sur le corps féminin est rarement un grand amoureux de ce corps, même jeune (car il ne sert qu’à lui faire oublier sa peur et son dégoût), et encore moins de la femme qui se trouve derrière.

Les mauvaises justifications de l’evopsy

Moix m’a vite fait penser à certains discours masculinistes radicaux qui, trop contents de découvrir l’évopsy, y trouvent matière à justifier leurs comportements les plus primaires, à savoir : « L’évopsy dit que le singe en nous bande seulement sur la femelle jeune et fertile ; ça veut dire qu’on peut se comporter comme de gros babouins en société – comme Moix, quoi ». Et de justifier l’injustifiable : non pas la préférence (en réalité très régressive) de Moix pour les corps jeunes, mais l’affichage vulgaire et haineux de cette préférence. Et donc d’encourager la guerre (sale) des sexes.

Comme l’écrit Claude Habib, il existe en France « une tradition d’entente joueuse entre les sexes, qui se renouvelle de génération en génération, et qui est une particularité nationale, même si elle ne se connaît pas comme telle. Cette variante est rare – en tout cas elle est moins commune que la guerre des sexes, telle que la prône le féminisme mondialisé ». Moix et ses alliées féministes achèvent de la mettre à bas.

Certes, notre comportement social est aussi piloté par nos gènes – tout n’est pas culturel –, mais le tout génétique est une autre forme d’excès. Des études montrent que les choses changent parfois vite sous l’influence culturelle et que dans les civilisations avancées et pacifiques, les appariements hommes-femmes sont moins soumis aux vieux réflexes génétiques qu’autrefois. On constate que dans les sociétés modernes, les préférences sexuelles des hommes sont moins régressives et davantage ouvertes en direction des femmes de leur âge.

Même s’il est vrai que les hommes bandent plus facilement pour certaines femmes (dont les jeunes), contrairement à Moix, ils ne les choisissent pas pour les aimer, vivre avec ou les épouser : « Ces chiffres montrent que les préférences (affichées plus ou moins publiquement) et les attitudes sur un site de rencontre se différencient de la sexualité et de la conjugalité effectives. Les femmes avec qui les hommes se mettent en couple ou ont des relations affectives et/ou sexuelles ne sont pas forcément celles qu’ils trouvent les plus attirantes. »

L’argument selon lequel Moix préfère se mettre en couple avec des corps de 25 ans « parce que plus fertiles » tombe de lui-même : il ne correspond pas au comportement moyen des hommes.

Car il faut bien garder en tête que Moix n’est pas l’homme de la rue. Moix est un riche bobo médiatique qui peut se payer les corps qu’il veut et donc se complaire ad vitam dans son immaturité affective : il pourra toujours s’acheter des jeunes chinoises, non pas parce que c’est son « goût », mais d’abord parce que c’est dans ses moyens financiers. Sinon, il désirerait et baiserait des femmes de son âge, comme tout le monde.

Femmes de son âge qu’il n’est pas le dernier à désirer d’ailleurs, puisqu’on l’a vu frétiller au point d’en perdre ses moyens devant Carla Bruni ou Estelle Lefébure, qui ont toutes deux plus de 50 ans. Sa déclaration sur les femmes de 50 ans n’est évidemment qu’un grossier mensonge. La vérité, c’est qu’il est prêt à sauter sur qui veut bien de lui, mais comme il est en promo pour son dernier livre, il lui fallait un petit scandale bien senti. Comme il le rappelle lui-même dans ONPC pour se défendre, il s’agit d’un discours déjà servi ailleurs et donc parfaitement assumé.  Il a de plus relu et validé avant publication son interview dans Marie-Claire. Il savait très bien ce qu’il disait et l’impact que cela aurait : il a cherché à blesser uniquement pour faire le buzz.

« Sa » vérité, qui n’est que mensonge et manipulation, lui sert en réalité à cracher à la fois sur les femmes de son âge (pour se venger de toutes celles qui l’ont quitté), mais aussi sur les hommes de son âge (tous ceux qui ne peuvent pas se payer des jeunes chinoises toute l’année et à qui il envoie le message qu’il ne doit pas être confondu avec eux).

En conclusion, les prétendus goûts de Moix ne sont rien d’autre que l’étalage de ses mensonges, de sa veulerie et de sa capacité à faire le buzz pour assurer son existence médiatique. Son inclination pour les asiatiques de 25 ans lui est moins dictée par ses goûts ou ses gènes (qui ont bon dos) que par son porte-monnaie et sa consommation immodérée d’imagerie pornographique. Prétendre que cet homme dit des « vérités » ou qu’il représente les autres hommes, c’est se montrer bien naïf. Tout comme prendre au premier degré son dernier numéro de Caliméro narcissico-médiatique pour encore se faire plaindre après avoir agressé tout le monde. Qu’il assume au moins de récolter ce qu’il a semé !

  • Voir aussi :

Féministes et pervers narcissiques, les liaisons dangereuses

. Addendum : Moix, Moix et Moix

En attendant le dénouement de la guerre fratricide entre Caïn et Abel (et leur père José), et pour mettre provisoirement tout le monde d’accord :

« In the Bible Cain slew Abel and East of Eden he was cast
You’re born into this life paying for the sins of somebody else’s past
Daddy worked his whole life for nothing but the pain
Now he walks these empty rooms looking for something to blame
You inherit the sins, you inherit the flames 
Adam raised a Cain « 

Les françaises voilées sont des militantes, pas des victimes

J’ai parcouru avec beaucoup d’intérêt les arguments pour la défense du voile tels qu’ils sont présentés par les féministes musulmanes de Lallab.

Je les ai lus avec d’autant plus d’intérêt que n’étant pas féministe – je récuse vigoureusement le paradigme féministe voulant nous faire croire que les hommes oppriment les femmes depuis toujours, partout et tout le temps (bullshit !) –, je ne suis pas assujettie à ce parti pris idéologique qui voudrait à tout prix faire des femmes voilées des soumises, des idiotes, des misérables ou des faibles.

Le féminisme de la troisième vague prétend représenter toutes les femmes (y compris celles qui comme moi, ne lui ont rien demandé) et les défendre contre les hommes – sauf que, dans les faits, son universalisme s’applique exclusivement à celles qui pensent exactement comme lui. Les femmes de droite sont donc exclues de sa bienveillance salvatrice (on se souvient des  Femmes de droite de l’inénarrable Dworkin), de même que les anti-féministes ou les croyantes. La sororité universelle a tout de même ses limites !

J’ai donc souri et plutôt approuvé à la lecture de ceci :

« Le féminisme de la troisième vague : le choix de faire le « bon » choix. 
« Je pense que les femmes devraient avoir le droit de choisir ce qu’elles font de leur corps ! Enfin… Sauf si elles choisissent de faire de la chirurgie esthétique, de raser leurs poils pubiens, d’être mère au foyer, de ne pas allaiter, d’être travailleuse du sexe ou mannequin, de porter le voile, ou de faire toute autre chose que j’ai décrétée oppressante pour les femmes. Certaines femmes ne savent tout simplement pas ce qui est bon pour elles ! »

Ou de cela :

« Ironie du sort : des femmes qui se sont battues pour s’émanciper reproduisent cette oppression sur d’autres femmes. Ce féminisme paternaliste sous-entend que des femmes, musulmanes en l’occurrence, sont incapables de faire leurs propres choix. »

J’avoue trouver plutôt amusante l’expression « féminisme paternaliste ». L’accusation d’être traitées en gamines irresponsables et inconscientes est aussi un  grief récurrent.

Il ressort plusieurs choses des témoignages de Lallab (je compile ici la lecture de huit de leurs articles) :

  • Ils émanent de françaises libres et fortes, aucunement soumises et qui revendiquent leur totale liberté de choix, fondée (c’est ce qu’elles mettent en avant) sur un sentiment religieux. Le choix du voile y est présenté comme une manière de vivre leur foi et de se rapprocher d’Allah. De la part d’occidentales émancipées, cela semble crédible : le spirituel étant autoritairement évacué de nos sociétés, je ne suis pas si surprise de le voir revenir en force, y compris de cette manière.
  • Elles rejettent vigoureusement la lecture victimaire des féministes :

« Je n’ai rien de la musulmane décrite par les médias français, qui vit prostrée chez elle, totalement dépendante des hommes de son entourage. Comme la majorité des musulmanes françaises, je vis, dans le respect de ma religion, la vie de n’importe quelle autre femme active. »

« Mettre le voile en France en 2017 n’est facile pour aucune femme. Pas parce qu’on y est forcées, mais parce que l’on est constamment montrées du doigt. Or, cette décision est profondément personnelle et propre à chacune. »

« Cela fait des années que l’on voit des femmes musulmanes sportives, artistes, entrepreneuses, journalistes, médecins, avocates, ingénieures et j’en passe, clamer qu’elles ont décidé quoi porter. Il était de plus en plus difficile de faire croire aux esprits les plus critiques que nous sommes toutes des femmes oppressées. »

« Parce que OUI, forcément, ce voile est le symbole de la soumission que j’ai pour mon mari, qui est forcément arabe, n’est-ce pas ? Et cela supposerait aussi que mon mari est forcément autoritaire, voire violent. Impossible de croire que j’ai choisi pleinement ce voile. En tant que femme, je suis capable de penser par moi-même sans avoir à répondre aux injonctions d’un homme, quelles que soient ses origines. »

« Enfin, ces dernières années, l’image réductrice et indélébile de ces femmes musulmanes éternellement soumises et oppressées par une religion violente s’est ancrée dans l’imaginaire collectif. Représentées comme un bloc homogène, avec une histoire unique, et réduites à un silence paradoxal : on ne cesse de parler d’elles, mais sans jamais leur donner la parole. »

« Si nous étions habitués à voir des femmes voilées à la télévision, dans les bureaux, dans les enseignes que nous fréquentons, notre fausse image de “femmes soumises” serait assurément démystifiée. »

« On entend que les femmes sont totalement dépendantes des hommes, soumises. En nous privant d’accès au travail, c’est notre fonctionnement qui crée ce type de problème. Alors, qui soumet l’autre ? »

« Parfois, je lis aussi de la pitié. Rassurez-vous, oui je suis blanche et oui je suis fière de mon hijab, je l’ai choisi et le porter est une fierté. Je ne suis pas le fruit de la soumission à un homme. »

  • Les femmes qui témoignent sont des femmes éduquées, intégrées et mêmes « bourgeoises » (pour caricaturer un peu) :

« La personne qui veut interdire mon foulard pour me protéger et me libérer. Elle aime bien les histoires du genre Jamais sans ma fille et doit s’imaginer que je vis dans un HLM transformé en harem, où je fais la danse du ventre et cuisine du couscous toute la journée pour mes 20 gosses. Elle pense me faire peur en parlant de suppression des minima sociaux, alors que mes cotisations salariales paient son arrêt maladie, la retraite de son oncle et le chômage de sa voisine. »

Et en effet, l’une des plumes de Lallab, Stéphanie GT, est une kiné célibataire qui cotise à la mutuelle des cadres et a un niveau de vie – et un niveau culturel – plus élevé que la moyenne. De là, vient naturellement la critique : ces femmes sont-elles vraiment représentatives des autres musulmanes voilées ? Peut-être pas socialement, c’est possible. Il n’empêche que leur témoignage peut servir d’exemple et de phare et que de toutes façons, la très grande majorité des musulmanes voilées en France sont des filles de la classe moyenne et non des cas sociaux. Il faut donc sortir de la lecture sociale et victimaire pour mieux appréhender le phénomène du voile.

Stéphanie GT (Lallab), qui n’a rien d’une pauvrette soumise au patriarcat.
  • Car en filigrane, il est question de guerre :

La lecture de certains passages rejoint mon ressenti : le voile n’est pas seulement un acte de foi ; il est aussi un geste non seulement militant, mais guerrier. Et les porteuses de foulard sont aussi des guerrières, loin de l’image de la pauvre victime du patriarcat qui aveugle nos féministes.

« Je lis même L’art de la guerre pour me mettre en condition ! Et Comment convaincre en moins de deux minutes. On ne sait jamais ! »

« Si ce n’est pas ton frère, c’est donc toi, l’activiste de l’islam politique. » (Il s’agit ici d’une critique portée à leur encontre, mais il leur est difficile de la réfuter complètement.)

« Stéphanie, c’est une nana pas comme les autres. Elle aime bien se battre et pas uniquement contre les préjugés. Si elle te casse, son côté kiné s’occupera de te réparer. A bon entendeur, méfiez-vous! Une jeune femme peut cacher de sacrés coups ! 😉 »

« Une des femmes qui m’inspirent, c’est Rosa Parks. J’aime cette phrase d’elle, simple, puissante : ‘Les gens ont toujours cru que je n’avais pas cédé ma place parce que j’étais fatiguée. Ce n’est pas vrai. Je n’étais pas fatiguée physiquement. J’étais surtout fatiguée de devoir capituler.’ »  C’est bien le langage de la guerre qui est retenu ici.

  • On notera cependant que le côté guerrier du voile n’est pas mis en avant plus que cela. L’intention n’est pas de s’afficher ouvertement conquérante (même si c’est parfaitement présent en filigrane).

L’intention expansionniste transparaît pourtant derrière des formules telles que : « Réfléchis bien à ce que tu défends comme projet de société. » Quel projet de société ? Celui de l’Oumma ? Ceci, par exemple ?

East London, 2015 : « La charia ou la loi faite par des hommes, qu’est-ce qui est mieux pour l’humanité ? »

Ou encore à travers ce slogan de Lallab : « Diffuse la bonne parole ». N’oublions pas que Lallab est d’abord une association religieuse militante à visée prosélyte.

Quelle serait dès lors la fonction du voile au sein du féminisme musulman ?

Il est présenté prioritairement comme un choix religieux relevant de l’acte intérieur de foi : « Le cheminement spirituel qui allait m’amener à porter le voile » ; « Je ne parlerai pas ici des textes religieux qui ont bien sûr eu un poids dans ma décision », « Je suis fidèle à mes convictions et je sais que je fais cela pour moi et pour Dieu », « La raison de ce geste est inscrite au fond de mon cœur. Dieu Seul sait », « Je me sentais bien. Protégée, reconnue en tant que musulmane et reliée en permanence à mon Créateur », « Mon voile n’est pas un accessoire de mode qui est là pour me valoriser ou non. C’est un des liens que j’ai choisis pour me rapprocher de mon Créateur ».

Mais derrière ce paravent, il amène très vite un discours axé sur deux points essentiels :

  • L’identité ; l’identité musulmane et communautaire qui est l’alpha et l’oméga du choix du voile : « La personne qui se veut ouverte mais qui pense que mon identité est un fardeau dont il faut me débarrasser », « Venir en sacrifiant une partie de mon identité (le voile) n’arrange pas les choses. Je ne peux plus continuer comme ça », « Je ne me plierai jamais à ce que l’on attend de moi : l’effacement pur et simple de mon identité ».
  • L’accusation de racisme et de colonialisme : « Ce pays qui refuse d’ouvrir les yeux sur son racisme », « La France a colonisé nos ancêtres (…). Qu’elle assume, maintenant ! Nous sommes là et nous n’avons aucune intention de nous laisser domestiquer », « La personne encore un peu enfermée dans ses représentations néo-coloniales et qui voit en moi une victime de plus à sauver », « Merci-la-France-de-nous-avoir-colonisé·e·s-ghettoïsé·e·s-et-exploité·e·s-c’est-toujours-mieux-que-dans-notre-pays-amen ».

Il n’y a donc pas à chercher trop longtemps pour retrouver la déclaration de guerre à l’Occident sur fond d’accusations revanchardes et fallacieuses de néo-colonialisme et de racisme.

Une contributrice soulève aussi ce point critique : « Certes, mon voile est visible de tous, mais est-ce pour autant que j’ai envie de raconter son histoire à de parfaits inconnus qui m’abordent avec agressivité dans la rue ? ».

C’est là où elles sont en peine dichotomie : si leur voile n’était pas un instrument de propagande et une déclaration de guerre, elles ne le mettraient pas en avant dans l’espace public et se contenteraient de vivre leur foi de manière discrète et privée. Il est donc bien un étendard et un acte de militantisme politique.

En conclusion, il ressort à mes yeux que le militantisme de Lallab ne vise pas seulement à se prévaloir de la laïcité ou de la loi de 1905, comme elles le prétendent – laquelle loi encadre effectivement le respect des croyances personnelles, la liberté de culte et l’expression privée de la foi. Si la critique de Lallab envers l’attitude condescendante, méprisante et autoritaire du féminisme universaliste est recevable, tout comme l’est la liberté de chacune de croire, de se convertir à l’islam ou de réintroduire de la spiritualité dans son existence, la défense du voile dissimule mal un tout autre agenda : celui d’une déclaration de guerre revancharde à l’Occident, avec le projet d’islamiser la société et de faire plier le français soi-disant néo-colonialiste et raciste. Et là, il ne s’agit plus de foi ou de spiritualité, mais bien de politique – leur « projet de société », comme elles disent.

Les féministes se trompent en prenant ces militantes du voile pour de pauvres victimes soumises au patriarcat. Elles sont en train de leur démontrer que l’image d’Épinal de la faible femme voilée n’existe que dans leurs fantasmes. Ces voilées leur marcheront peut-être bientôt sur la tête, mais il sera trop tard.

Bien sûr, ces militantes de Lallab ne représentent pas toutes les femmes voilées de France. Il serait toutefois fort intéressant de vérifier quel pourcentage de voilées se reconnaissent dans leur propos : il est certainement bien plus important qu’on se l’imagine. Celles qui s’identifient comme victimes ou soumises ayant besoin de l’aide des féministes universalistes pour les arracher à l’oppression patriarcale y sont même probablement inexistantes.

. Sur le voile et le viol en terre d’islam :

Le viol est-il une affaire de sexe ou de pouvoir ?

. Sur les femmes musulmanes :

[Féminisme islamique] – Et si l’islam était autant un matriarcat qu’un patriarcat ?

.  Sur le voile dans la culture occidentale :

En défense de Catherine Deneuve

Le viol est-il une affaire de sexe ou de pouvoir ?

Gian Lorenzo Bernini, L’Enlèvement de Perséphone, (Rome, Galerie Borghèse), 1621-22.

J’avoue avoir souvent balancé entre les deux car les deux camps semblaient avoir des arguments qui tenaient la corde. La lecture simultanée de deux articles ces derniers jours m’a invitée à y réfléchir à nouveau et à me positionner.

Le premier, un article publié sur Quillette en 2016 par deux sociologues et basé sur des statistiques criminelles (« Violer, c’est vouloir du sexe, pas du pouvoir« ), conclut que le viol est essentiellement une affaire de sexe.  L’argument est que les victimes de viol sont majoritairement des femmes jeunes et désirables et que les violeurs gays et hétéros ciblent de la même manière des jeunes gens qui les excitent sexuellement – garçons ou filles, ce qui prouve que le viol n’a rien à voir avec la domination exclusive de l’homme sur la femme. Je donne plus bas ma traduction en français de cet article.

La doxa féministe est naturellement opposée à ce point de vue, puisque sa définition extensive à l’infini du viol entend faire croire que 100% des femmes dans le monde sont victimes d’agressions sexuelles et que sa théorie de la « domination masculine » est l’alpha et l’oméga de toute forme de relation entre les sexes sur cette terre.

Le second article, datant de 2014 et intitulé « Le voile et le viol : les mythes et leurs conséquences », est une analyse fort intéressante du lien statistique entre voile et viol. Il en ressort que l’on peut exactement superposer l’incidence du viol et du voilement, les cartes étant strictement les mêmes. Ainsi, plus une société voile ses femmes et plus le viol y est endémique – et inversement. Comment expliquer cela ?

L’article commence par exposer les faits sans tomber dans l’ornière idéologique féministe qui, prétendant que les hommes occidentaux sont tous violeurs par essence et qu’il y aurait donc autant de viols en Occident qu’en terre d’Islam, revient à minimiser, relativiser voire excuser la violence propre aux sociétés islamiques. Ce caractère infâme du féminisme occidental s’est d’ailleurs illustré ces derniers jours quand les féministes mainstream, non seulement n’ont pas condamné officiellement l’exécution barbare des deux jeunes scandinaves au Maroc mais, sur les réseaux sociaux, l’ont banalisée en la rapportant aux violences conjugales des hommes occidentaux. Cette alliance du déni de réalité, de la lâcheté et de la soumission à l’islam illustre on ne peut plus clairement le visage hideux du néoféminisme : un tapis rouge déroulé en vue de l’islamisation des esprits.

L’article reprend ensuite la théorie féministe de la domination masculine : ce serait pour imposer leur pouvoir aux femmes que les musulmans les voilent et les violent, les deux allant de pair. Cette explication me paraît cependant un peu courte, car :

  • Elle généralise des cas de viol qui sont statistiquement à la marge, l’essentiel des viols véritables concernant en réalité des personnes jeunes et séduisantes afin de satisfaire des pulsions sexuelles (lire l’article plus bas). Dans les pays musulmans, on est davantage dans la pulsion ou la frustration sexuelle que dans l’envie intellectuelle de domination – problématique purement occidentale.
  • Mais surtout, le voile islamique n’est pas qu’une exigence masculine, ce que l’article ignore. Une meilleure prise en compte de la parole des femmes musulmanes permettrait en effet de se rendre compte que le voile est réellement leur choix et que si elles militent aussi activement pour sa généralisation, c’est qu’il y a de  bonnes raisons à cela :

. 1/ Le choix du voilement est tout autant le fait des femmes que des hommes car il est une arme puissante au service de l’islam conquérant, combat politique et religieux porté par les deux sexes. il faut cesser de voir la femme voilée comme une soumise : c’est d’abord une guerrière de l’expansion islamique et elle sait très bien ce qu’elle fait ! La lecture victimaire des féministes est dramatique dans le sens où elle leur interdit de voir que ces femmes leur ont déclaré la guerre. Les plaignant dans leur inconscience, elles leur dégagent en réalité la voie.

. 2/ Ensuite, le voile est le choix des femmes car il participe directement de la bonne vieille  compétition intra-sexuelle  : le voile est un instrument qui  permet aux femmes de se démarquer entre elles entre femmes vertueuses et salopes. Ou entre musulmanes respectables et non musulmanes bonnes à être réduites en esclavage sexuel, comme le préconise cette femme professeur de théologie islamique. C’est aussi pour cela qu’elles le plébiscitent et croire qu’entre femmes la « sororité » est une valeur plus forte que la compétition est une vue de l’esprit typiquement féministe ! Les femmes se livrent entre elles une compétition féroce pour séduire les  hommes les plus performants et le voile fait partie de leurs armes en milieu islamique. C’est aussi l’approche de l’evopsy, à laquelle je souscris (lire « Madones, putains, hijab. La mode du hijab (voile islamique) expliquée par la compétition sexuelle » ainsi que « Le hijab augmenterait la crédibilité« ).

Je pense même qu’une société ancienne figée dans son fonctionnement archaïque comme l’est le monde islamique y trouve en réalité une forme d’équilibre entre les sexes qui lui permet de durer : l’islam n’est pas tant l’infâme patriarcat décrit par l’idéologie féministe qu’une forme d’équilibre entre un matriarcat de mères toutes puissantes qui maintiennent à vie leurs fils dans un narcissisme immature (c’est une culture où les mères fabriquent des pervers narcissiques à la pelle) et un patriarcat apparent d’hommes en réalité émasculés et soumis à la loi coranique. Je rappelle qu’islam signifie soumission.

Lire sur ce sujet :

[Féminisme islamique] – Et si l’islam était autant un matriarcat qu’un patriarcat ?

Mais alors, au final, le viol est-il une question de sexe ou de pouvoir ?

On l’a compris, je penche pour ma part pour l’explication sexuelle, tout au moins dans la majorité des cas.

Je n’exclus pas cependant la dimension « pouvoir », car le rapport sexuel est par essence un lieu de pouvoir et de domination/soumission ; c’est même ce qui fait son plus grand charme, n’en déplaise aux féministes castratrices !  Que le sexe soit utilisé comme instrument de pouvoir me paraît donc naturel. Toutefois, du jeu sexuel demandé ou accepté au rapport imposé par la violence, il y a toute une gradation, de l’acceptable à l’inacceptable. Mais dans tous les cas, même quand il y a domination, il s’agit toujours de sexe !

Quant à la violence sexuelle endémique en terre d’islam, je pense qu’elle doit d’abord être rapportée à la violence généralisée dans la société islamique : violence éducative, violence envers les animaux, violence dans le Coran et ses interprétations fondamentalistes, violence de l’État islamique… violence à tous les étages, en quelque sorte. Le viol et le voile y sont à mes yeux moins le fait du « patriarcat » ou de la domination masculine que l’expression d’une société figée dans un islam politique archaïque et régressif, lui interdisant d’évoluer vers davantage de démocratie, de liberté et d’égalité – et donc vers davantage de progrès, de développement économique et social et moins de viols.

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. Traduction de l’article de Richard Felson et Richard Moran, « To Rape is to Want Sex, Not Power » :

Violer, c’est vouloir du sexe, pas du pouvoir

Dans le best-seller de 1975: Against Our Will, l’écrivain féministe Susan Brownmiller a affirmé que « le viol est une affaire de pouvoir, pas de sexe ». Depuis lors, on admet généralement que les violeurs sont des hommes misogynes qui cherchent la domination et le pouvoir sur les femmes et non des hommes violents en quête de sexe.

Toutefois, l’affirmation péremptoire de Brownmiller pose un problème fondamental. Au cours des 45 années qui ont suivi, aucune recherche empirique significative n’a été menée à l’appui de son affirmation. Pourtant, presque tout le monde la reprend.

A l’examen des données du FBI concernant 250 000 viols et autres agressions sexuelles, un facteur surpasse les autres : la tranche d’âge des victimes. C’est là que réside la clé pour résoudre le mystère de la motivation du délinquant.

Les sciences sociales ont prouvé une relation étroite entre l’âge et l’attrait sexuel. Les hommes hétérosexuels sont sexuellement attirés par les jeunes femmes, tandis que les homosexuels sont attirés par les jeunes hommes. La préférence d’âge explique pourquoi les stars de cinéma adultes, les travailleuses du sexe, les danseuses exotiques ainsi que les modèles glamour sont souvent jeunes, et pourquoi leurs revenus diminuent avec l’âge.

L’étude de l’âge des victimes offre donc l’occasion d’examiner la motivation sexuelle. Si les violeurs étaient principalement motivés par le désir de pouvoir et de domination, on s’attendrait à ce qu’ils préfèrent les femmes d’âge moyen avec une carrière. Mais si les violeurs désirent avant tout avoir des relations sexuelles, on s’attend à ce qu’ils préfèrent les jeunes femmes et les jeunes hommes. Nos recherches montrent que les délinquants attaquent presque toujours les jeunes (voir la figure ci-dessous). Le pourcentage de femmes victimes âgées de plus de 50 ans est proche de zéro. De même, dans les prisons pour hommes, où les femmes sont extrêmement rares, les hommes hétérosexuels ciblent les plus jeunes détenus.

Les études les plus récentes sur les agressions sexuelles ont porté sur les étudiants. Cependant, ce sont les lycéens qui courent le plus grand risque d’être agressés sexuellement. Nos analyses des données du FBI révèlent que les personnes de 15 ans sont les plus exposées au risque d’agression sexuelle. Elles sont environ 9 fois plus susceptibles d’être violées que celles âgées de 35 ans. Les femmes se livrent rarement à des agressions sexuelles – elles représentent 3% des agresseurs – mais lorsqu’elles commettent des agressions sexuelles, elles ciblent le plus souvent les jeunes de 15 ans. Une motivation de pouvoir ne peut pas expliquer pourquoi les délinquants, hommes et femmes, préfèrent les jeunes victimes. Seul un motif sexuel peut le faire.

L’agression sexuelle est un crime contre les jeunes autant que contre les femmes. Un homme de 15 ans est plus susceptible d’être victime d’une agression sexuelle qu’une femme de 40 ans. Les jeunes de 15 ans peuvent être plus exposés au risque parce que leur vie sociale les met en contact avec des violeurs potentiels. Mais la différence d’opportunité n’est qu’une explication partielle. Une analyse visant à déterminer si les femmes victimes de vol qualifié sont agressées sexuellement au cours de l’incident suggère que l’attrait sexuel des jeunes est un facteur important. Comme le voleur a déjà établi sa domination sur une victime vulnérable, les effets de l’opportunité et de la vulnérabilité sont supprimés et il ne reste que l’effet de la préférence en matière d’âge du délinquant. Dans de tels cas, les voleurs sont beaucoup plus susceptibles de violer les victimes âgées de 15 à 29 ans – les années où les femmes (et les hommes) ont tendance à être les plus attirants sur le plan sexuel. Seul un motif sexuel peut expliquer cette tendance.

Les délinquants sexuels de tous âges préfèrent les jeunes victimes. Même les délinquants âgés ciblent le plus souvent les jeunes de 15 ans. De plus, les hommes qui commettent des agressions sexuelles ont tendance à être considérablement plus âgés que ceux qui commettent d’autres types de crimes violents. Le taux relativement élevé d’infractions sexuelles chez les hommes âgés est probablement dû au fait qu’ils sont devenus moins attrayants avec l’âge, alors que leur attrait sexuel pour les jeunes n’a pas diminué. Les hommes et les femmes qu’ils trouvent les plus attrayants ne sont pas attirés par eux. Certains d’entre eux ont recours à la force pour se faire entendre.

La plupart des viols lors de rendez-vous ont lieu pendant un rapport consensuel lorsqu’un partenaire, généralement l’homme, veut aller plus loin et l’autre non. Au moment de l’agression, les hommes ont une pulsion sexuelle particulièrement forte. Cela ne veut pas dire que les hommes sont vaincus par le désir. Ils peuvent toujours se contrôler, la motivation sexuelle n’est donc pas une excuse. Cependant, l’excitation à partir de toute source augmente le comportement impulsif et joue donc probablement un rôle dans le viol lors d’une rencontre. La même chose vaut pour les drogues et l’alcool.

La raison pour laquelle la plupart des violeurs ciblent les femmes est qu’un pourcentage plus élevé d’hommes sont hétérosexuels et non qu’ils détestent les femmes. Le taux d’infraction des hommes homosexuels est aussi élevé que celui des hommes hétérosexuels. Les hommes gais sont tout aussi susceptibles d’attaquer les hommes que les hétérosexuels d’attaquer les femmes.

Toute explication d’agression sexuelle doit expliquer pourquoi les hommes homosexuels commettent le crime au moins aussi souvent que les hommes hétérosexuels. Il doit expliquer pourquoi les délinquants, quels que soient leur âge et leur sexe, ciblent majoritairement les jeunes. Plus important encore, il doit reposer sur des preuves scientifiques sociales solides et non sur l’orthodoxie féministe. Les preuves sont substantielles et mènent à une conclusion simple : la plupart des violeurs forcent les victimes à avoir des relations sexuelles parce qu’ils veulent des relations sexuelles.

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. Sur le viol également :

Je peux témoigner que du viol, on s’en sort

. Sur le voile islamique en France :

Les musulmanes voilées sont des guerrières, pas des victimes

Le « mâle blanc » occidental est-il vraiment l’ennemi des femmes ?

Néo-féministes dans la rue (montage photo personnel)

Jeudi 22 novembre 2018

VOX ; Vox Societe

Marlène Schiappa & Bérénice Levet : le « mâle blanc » occidental est-il vraiment l’ennemi des femmes ?

Devecchio, Alexandre

DÉBAT – Dans son nouvel essai, Bérénice Levet s’insurge contre un néoféminisme qui, selon elle, serait devenu une machine à criminaliser le désir masculin et à détruire notre modèle de civilisation. Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, voit au contraire dans le mouvement #MeToo un moyen de lutter contre les violences faites aux femmes.

LE FIGARO MAGAZINE. – Depuis le mouvement #MeToo, l’adversaire prioritaire des féministes est le «mâle blanc» occidental, termes utilisés par le président Macron. Cette tendance illustre-t-elle la thèse de Bérénice Levet, qui dans Libérons-nous du féminisme! dénonce une victimisation systématique des femmes?

Marlène SCHIAPPA. – Je me retrouve dans certains des propos de Bérénice Levet contre la victimisation des femmes, ou dans les écrits de Virginie Despentes sur ce sujet dans King Kong Théorie ou Baise-moi. Elle y explique que les femmes ne sont pas obligées de se sentir victimes après avoir subi un viol. Nous devons éviter d’être enfermées collectivement dans le statut de victime.

Bérénice LEVET. –  Je dénonce d’abord un féminisme identitaire, exaltant l’identité des femmes et les essentialisant dans le rôle d’éternelles victimes d’hommes eux-mêmes figés dans celui d’immémoriaux prédateurs. Le scénario est écrit et la vie des femmes, depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, doit volens nolens y entrer. Loin du féminisme à la française universaliste, ce féminisme envisage les deux sexes comme deux continents séparés, deux camps dressés l’un contre l’autre.

» LIRE AUSSI – «#MeToo a permis à un féminisme identitaire et séparatiste de s’imposer en France»

Je me réjouis d’entendre que vous n’approuvez guère cette approche. Malheureusement vous-même y concourez. Vous êtes de ceux qui voudraient voir introduit dans le droit français le crime de « féminicide », et vous n’avez pas craint d’utiliser le terme lors de l’arrestation de Jonathann Daval.

Marlène SCHIAPPA. –  J’ai publié voici des années des travaux de recherche dans un livre, Où sont les violeurs? Essai sur la culture du viol. J’ai démontré que ce n’est pas uniquement une question femmes/hommes, puisque des hommes peuvent aussi être victimes d’autres hommes ou même de femmes. Je réfute la guerre des sexes. La violence sexuelle est d’ailleurs souvent le fait de gens qui ont subi eux-mêmes des violences. Par ailleurs, je revendique le fait que la France combatte le féminicide. Quand des petites filles sont tuées parce qu’elles sont des filles, il s’agit bien de féminicide. Le mot « féminicide » désigne le fait de tuer une femme parce qu’elle est une femme.

Bérénice LEVET. –  C’est bien là que le bât blesse ! Dans le cas du crime conjugal, ce n’est pas une femme qu’un mari ou un conjoint tue, c’est sa femme, sa conjointe.

N’est-il pas hypocrite de nier qu’il existe une forme de violence spécifique dont les femmes sont victimes dans certains quartiers où elles ne peuvent plus vivre normalement ?

Bérénice LEVET. –  Ce deux poids deux mesures est une des raisons majeures pour lesquelles il nous faut nous libérer du féminisme. Être féministe aujourd’hui, c’est être désespérément absent des seuls terrains et des seules causes où être féministe garderait un sens et une urgence, à savoir dans les territoires perdus de la République, et d’abord de la France, car ce sont les mœurs françaises, à commencer par notre art de la mixité des sexes, qui sont bafouées.

Marlène SCHIAPPA. –  Vous ne prononcez pas le mot mais vous voulez parler de l’islam ?

Bérénice LEVET. –  Ne croyez pas que j’allais le taire ! En effet, dans ces territoires, les clés ont été remises aux fondamentalistes islamistes, les femmes ont déserté l’espace public, ou quand elles le traversent, c’est dissimulées sous des monceaux de tissus ; parler de patriarcat ici se justifierait. Or, les féministes sont dans le déni…

Marlène SCHIAPPA. –  Il ne faut pas tout mélanger. Quand des femmes sont tuées par leur conjoint, ce ne sont pas toujours des conjoints islamistes. Il suffit de se pencher sur les statistiques des violences conjugales. Ces violences procèdent ni plus ni moins de la domination masculine…

Bérénice LEVET. –  Mais non…

Marlène SCHIAPPA. –  Comment non ? Je peux vous prendre mille exemples mais prenons celui qui me vient à l’esprit. Celui de Bertrand Cantat. Il ne m’est pas apparu qu’il était islamiste. Il a frappé Marie Trintignant parce qu’il pensait qu’il la possédait.

Bérénice LEVET. –  Le mécanisme des violences conjugales est autrement complexe et l’explication par la domination, ce talisman des féministes, n’éclaire rien. Chaque couple a une histoire singulière que l’on ne peut sûrement pas réduire à ce schéma…

Marlène SCHIAPPA. –  Expliquez-moi alors quel est selon vous le mécanisme des violences conjugales ? Savez-vous qu’en France, tous les trois jours une femme est tuée par son conjoint ? Vous me faites penser aux gens qui nient la réalité du terrorisme ! Vous savez, ces gens qui veulent toujours expliquer le terrorisme par la folie ou la singularité du tueur…

Bérénice LEVET. –  Je dis simplement ceci : le fait de voir la femme comme une inférieure n’entre pas en ligne de compte dans ce phénomène de violence. Surtout pas dans le cas de Cantat…

Marlène SCHIAPPA. –  J’ai été déçue par la manière dont plusieurs associations féministes ont réagi à l’affaire de Cologne, ou plutôt n’ont pas réagi. J’attendais une condamnation que j’ai moi-même faite à l’époque dans une tribune qui est toujours en ligne, et un chapitre entier d’Où sont les violeurs ? y est consacré. Être un étranger n’est pas une circonstance atténuante en matière de viol. Pas plus qu’une circonstance aggravante. Soyons clairs : la charia induit l’infériorisation des femmes et leur relégation. Par exemple, la burqa vise à faire disparaître les femmes de l’espace public, avant de les faire disparaître tout court. C’est révoltant !

Bérénice LEVET. –  Dans mon livre, je consacre un chapitre à Cologne et à La Chapelle-Pajol. Or, à La Chapelle-Pajol, vous-même avez d’abord cédé à la tentation du déni.

Marlène SCHIAPPA. –  C’est faux ! Citez une seule phrase qui exprime ce déni !

Bérénice LEVET. –  Vous vous filmez traversant les rues incriminées et vous concluez : « Il n’existe aucune zone de non-droit pour les femmes dans la République. » D’où vient que vous soyez si mobilisée lorsqu’il s’agit de mâles blancs hétérosexuels occidentaux et si discrète lorsqu’il s’agit des banlieues ou de certains quartiers des grandes villes ?

En mai, vous installiez vos bureaux à Trappes, très bien. Mais il a fallu que vous soyez pressée par de rares journalistes pour que vous reconnaissiez qu’il n’y avait pratiquement plus de femmes dans les rues de Trappes.

Marlène SCHIAPPA. –  Mais c’est totalement faux ! J’ai décidé seule de délocaliser trois jours mon cabinet à Trappes. J’ai adressé un message fort sur la manière dont les femmes doivent pouvoir s’emparer de l’espace public. Dire que j’ai parlé de ces réalités parce que j’y étais acculée est un procédé de mauvaise foi. C’est un procès d’intention.

Les propos d’Élisabeth Badinter sur la liberté des femmes qui régresse dans les « quartiers maghrébins », vous les avalisez ?

Marlène SCHIAPPA. –  Le propos est intéressant même si la notion de «quartier maghrébin» me paraît contestable…

On parle bien de « quartier chinois » dans le XIIIe à Paris, pourquoi pas de « quartier maghrébin » ?

Marlène SCHIAPPA. –  Parce que je suis opposée au multiculturalisme et à la notion de communautés. Il n’y a qu’une seule communauté en France : la communauté nationale. La République est une et indivisible. Mais je voudrais revenir sur La Chapelle-Pajol où je suis allée de nuit avec un ami pour me rendre compte par moi-même de ce qui se passe. Eh bien, je m’en suis rendu compte ! Il y a très peu de femmes dans l’espace public, monopolisé par des bandes d’hommes. Les femmes sont scrutées, parfois suivies. Je refuse que l’on m’accuse de déni, et ce d’autant plus que j’ai grandi dans ces quartiers, notamment à Belleville, à la Cité rouge, lieu tristement connu pour être celui où ont grandi les frères Kouachi à la même époque. Quand j’y retourne, je constate que ces quartiers ont évolué négativement. La place des femmes y a reculé. Quand j’étais enfant, dans les années 1980-1990, les petites filles pouvaient jouer tranquillement dehors. Adolescente, c’était déjà un peu difficile mais on pouvait encore sortir. Mais pour les jeunes filles d’aujourd’hui, c’est dramatique dans certains endroits ; c’est pour cela que nous avons créé les quartiers de reconquête républicaine.

Bérénice LEVET. –  Pourquoi ces questions-là ne sont-elles pas davantage mises en avant par votre secrétariat d’État ?

Marlène SCHIAPPA. –  Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ! Je viens de vous démontrer le contraire.

Dans son livre, Bérénice Levet met en cause un certain féminisme d’essence puritaine de provenance américaine. Comment vous situez-vous par rapport à cette idée ?

Marlène SCHIAPPA. –  C’est une blague ? Je ne risque pas de me reconnaître dans un tel courant. On me ferait plutôt le procès inverse puisque certains « m’accusent » d’avoir signé sous pseudo des romans érotiques et d’avoir joué Les Monologues du vagin. Soyons sérieux : le féminisme n’est pas un mouvement monolithique. Je ne valide pas la totalité du discours de chaque utilisatrice individuelle de #MeToo, et vice versa. L’enjeu de #MeToo est de lutter contre les agressions sexuelles, il ne s’agit pas de stigmatiser la sexualité dès lors qu’elle est consentie. Les femmes ne doivent pas être réduites au statut d’objet de désir, mais pouvoir être des sujets désirants.

Bérénice LEVET. –  Aussi longtemps qu’il s’agit d’exalter le désir féminin, autocentré, autosuffisant, les féministes n’y voient pas d’objection, en effet ! Comme dans cette pièce plébiscitée par les féministes et qui vous est chère, Madame la ministre, Les Monologues du vagin. Les choses se corsent et tournent au puritanisme lorsqu’il s’agit du jeu qui s’instaure entre les deux sexes, et c’est en ce sens que je parle de puritanisme. Il y a une hantise du désir hétérosexuel ! Votre loi sur le harcèlement de rue en est un bon exemple… Le regard même qu’un homme peut porter sur une femme devient suspect.

Marlène SCHIAPPA. –  Visiblement, vous n’avez lu ni le texte de théâtre, ni la loi. Vous l’avez lue, la loi ? À quel moment est-il question d’un regard offensant ?

Bérénice LEVET. –  Oui, je l’ai lue, et attentivement. La désignation des actes susceptibles de tomber sous le coup de l’accusation de harcèlement de rue est des plus vagues…

Marlène SCHIAPPA. –  Dites-moi quand j’ai dit qu’un regard appuyé devait être verbalisé ? Vous relayez des fake news ! Le harcèlement de rue, ce n’est pas cela ! Vous qui déplorez la situation des femmes dans le quartier de La Chapelle-Pajol, vous devriez me féliciter de cette loi !

Bérénice LEVET. –  Mais pourquoi avoir besoin d’une loi spécifique ? Revenons sur le mot « sexisme », c’est le nerf de la guerre. Que dit-il sinon que toute perception, toute pensée de la différence des sexes est condamnable ?

Pourquoi ne pas admettre que certaines disparités entre hommes et femmes sont fondées sur des différences de dispositions ?

Bérénice LEVET. –  Je suis très attachée à l’idée de polarité des sexes. Je ne m’offusque nullement d’une éducation qui apprend au petit garçon « un homme, ça ne pleure pas ! », non parce qu’il faudrait le rendre insensible, mais parce que, des deux sexes, il en faut un qui « ne concède pas trop à la nature », comme dirait Saint-Simon, qui sache contenir ses affects, et laisser croire que des malheurs, de l’adversité, on peut toujours triompher. Et si ce rôle revient à l’homme, c’est que ce roc, il l’incarne physiquement. Car je soutiens aussi que le corps n’entre pas pour rien dans notre identité. Je dis avec Hannah Arendt que l’on naît femme et qu’on le devient.

» LIRE AUSSI – Bérénice Levet: «Nous ne voulons pas que les hommes renient leur virilité»

Marlène SCHIAPPA. –  Ça, c’est intéressant. Le débat entre essentialisme et existentialisme me passionne depuis toujours. Les différences biologiques existent et sont déterminantes. Je suis très attachée à la maternité. Mais je trouve aussi émouvant un homme qui pleure. Quant aux différences physiques entre sexes, vous avez raison : dans la moyenne les femmes sont moins grandes, mais si je fais un match de boxe contre Éric Zemmour, je gagne !

Voir aussi :

Caroline De Haas, les étranges méthodes de la pasionaria du féminisme

 

Je peux témoigner que du viol, on s’en sort

 

Anthologie du féminisme urinaire

L’idéologie néo-féministe est une forme de « pensée » (le mot requiert ici des guillemets) simpliste dont le credo binaire (« L’homme est coupable de tout ; la femme est son éternelle victime ») s’accompagne habituellement d’une expression artistique de type régressif car fondée quasi exclusivement sur les organes sexuels et tout ce qui s’y rapporte : pipi, caca, règles, etc.

Du clitoris au pénis et vice-versa

L’appareil reproducteur féminin y tient en général le haut du pavé via son totem, le clitoris, sorte de bite puissance 4 (il a quatre branches et une tête), suivi de près par la vulve et les règles (articles sur le sujet). Viennent ensuite la pilosité (aisselles, jambes, pubis), la cellulite et les seins – le pubis poilu et les seins continuant toutefois de poser problème, car leur représentation conserve un fort pouvoir érotique sur les hommes, ce qui ne manque pas d’agacer nos guerilleras misandres.

Mais la fixation obsessionnelle des néo-féministes se fait en réalité sur le pénis masculin, ou plus exactement sur la frustration de ne pas en posséder [voir article].

Le clito, c’est formidable, mais à travers la récente campagne Instagram tasjoui de Dora Moutot, la « survoltée du clito » qui reproche aux hommes de ne pas savoir faire jouir les femmes, le féminisme vient de passer aux aveux : il n’y a en réalité rien de mieux qu’un bon orgasme fourni par un homme, pas vrai ? Un siècle de lutte pour l’indépendance (y compris orgasmique) pour en arriver là… (soupir).  Mais il est si jouissif d’accabler les hommes pour tout que renier son émancipation ne pose visiblement aucun souci.

L’absolue dévotion féministe envers le phallus masculin s’exprime de manière le plus souvent inconsciente, comme on peut s’y attendre – car nos pauvres néofem sont restées fixées comme des moules au bon vieux complexe phallique du docteur Freud. Et ce n’est pas l’écrivain féministe Chloé Delaume, quand elle écrit :  « En français, la langue reste attachée au phallus », qui nous contredira ! (Chloé, pas la peine de dissimuler derrière du charabia pro-inclusif ton envie de sucer ; suce plutôt, et tout ira bien 😉 ).

Les artistes féministes reportent donc la fonction phallique sur le clitoris, lequel court à perdre haleine derrière son illustre modèle. Dans la mesure où la physiologie humaine l’a de toutes façons calqué sur le pénis, il est normal que sa représentation dans l’art fasse in fine penser à l’appareil génital masculin (Caramba ! Encore raté !).

Sophia Wallace, Cliteracy, 2014

Cette vénération du clito n’est finalement qu’un décalque de la vénération du phallus et des bourses telle qu’on la trouve par exemple chez Picasso ou chez Félicien Rops  :

Félicien Rops, Le beau paon (femme assise devant un symbole phallique), encre sur papier, 1851/1898 (Namur, Musée Félicien Rops) [cliquer sur l’image pour agrandir]
Félicien Rops, Sainte Marie Madeleine (Série Pornocratès), encre sur papier, 1878 [cliquer sur l’image pour agrandir]
En latin, le mot « fascinus » (nom masculin) désigne à la fois le membre viril et l’enchantement, le maléfice, le sort… Un registre sémantique plus passionnant encore à explorer dès lors qu’on observe le féminisme – et que ce tableau féministe d’Orlan illustre à la perfection [article sur le sujet].

Orlan, L’Origine de la guerre, cibachrome collé sur aluminium, 88 x 105 cm, 2011

Du pénis au pipi

Mais si les féministes jalousent à mort le pénis, c’est surtout parce qu’il permet aux hommes de faire des choses qui leur sont inaccessibles, comme faire pipi debout, quand on veut, où on veut. Ô insupportable dysmorphie corporelle, scandaleuse oppression patriarcale ! Ils ont des bites et pas nous ! Il faut nous battre pour nous libérer de cette injustice, mes soeurs !

Les féministes se lancent alors à corps perdu dans cette noble reconquista du pipi ; ce que j’ai baptisé le « féminisme urinaire », tant la récurrence de ses manifestations est devenue un poncif du discours néofem.

On a d’abord vu, en 2012-2013, l’injonction féministe faite aux hommes de devoir pisser assis, sur le modèle suédois, tant la posture debout de l’homme pissant était une insupportable démonstration de domination phallico-patriarcale (plus vraisemblablement un fantasme sexuel inavoué dans leurs cervelles de refoulées – voir plus bas).

Voyant que cela ne prenait pas vraiment (encore heureux), l’idée du Pisse-Debout a alors émergé – mais l’inénarrable gadget avec son logo de féministe à lunettes est bien loin de faire l’unanimité, y compris chez les féministes. Personnellement, cette obsession à vouloir singer les hommes en tout me fait surtout pitié.

Le « pisse-debout », singerie pénienne pour féministes à lunettes.

Nouvelle manifestation du féminisme urinaire à l’été 2018 : un collectif de féministes baptisé « Les Pisseuses » (un nom prédestiné pour des féministes) dégrade des urinoirs publics parisiens à destination des hommes, ne supportant pas que ceux-ci aient la possibilité de sortir leur bite pour pisser debout dans des « uritrottoirs » prévus à cet effet. On mesurera la jalousie maladive tout autant que la pudibonderie qui les animent.

On mentionnera aussi la lutte féministe contre le « sexo-séparatisme des WC publics » (2013, toujours), noble combat s’il en est et d’une urgence absolue – qui n’a cependant pas fait l’unanimité.

Qu’à cela ne tienne ! Au Concours Lépine 2019, le féminisme urinaire retente sa chance avec une pissotière pour femmes, rose comme il se doit et très pratique pour s’observer mutuellement pisser et se torcher :

Urinoir féminin de plein air « Lapee » (Concours Lépine 2019)

Mais c’est surtout à l’automne 2018 que le féminisme urinaire nous a servi son feu d’artifice, avec la vidéo « Pas pipi dans Paris » de Swann Périssé pour le compte de la Mairie de Paris.

Son abyssale bêtise, sa vulgarité confondante, son absence totale de subtilité et sa délectation pour l’urine m’ont tout de suite fait penser à une création féministe. Bingo ! Swann Périssé, son auteur et actrice principale, est bien une féministe bon teint régulièrement encensée par Madmoizelle, le webmédia des nunuches néofem.

Sur le coup, j’avais pensé que le clip avait été décidé à l’issue dune orgie ondiniste chez un collaborateur de la mairesse de Paris – ce qui n’est d’ailleurs pas à exclure non plus –, puisque le fantasme ondiniste inavoué (« Oh ouiii, inonde-moi DEBOUT avec ta belle bite ») sous-tend visiblement toute l’inspiration inconsciente du féminisme urinaire. Je vais donc poursuivre l’enquête 🙂

[A suivre…]

. Et sur l’art féministo-clitoridien :

Des clitos, des clitos et encore des clitos

L’Écho des palais morts

. Lucrèce Borgia (2007)

Lucrezia Borgia (maquette, 2007). Musique : Jonathan Capdevielle ; Paroles et voix française : Jean-Patrick Capdevielle.
Nosferatu à Venise, film de 1988 avec Klaus Kinski.
– Filippo Rossato, Eromachie. Giochi di lotta e d’amore (sculpture, 2007)
Iconographie et montage : Lucia (août 2018)

« L’écho des palais morts
Noyés d’or et de soie
Et l’ombre d’une histoire
Qui n’a connu de loi
Que celles des plaisirs
Voulus par des coeurs froids
Murmure le doux nom
De Lucrèce Borgia »

  • Nosferatu à Venise ( 1988)

Dans ce film, Nosferatu est un vampire qui casse les codes : il savoure son reflet dans le miroir et ne craint pas la lumière du petit matin (il en raffole même).

Il est en quête de rédemption par l’amour (tout comme la capitaine du vaisseau fantôme, Le Hollandais volant ou même Hadès dans le mythe de Perséphone). Dans la scène où Nosferatu découvre la jeune femme (Anne Knecht) dans son lit, celle-ci lui demande : « Pourquoi ne m’as tu-pas tuée ? » et il lui répond : « Parce que je veux que tu m’aides à mourir ».  Comme le Hollandais volant, c’est l’amour d’une femme qui brisera sa malédiction et mettra fin à son errance de mort-vivant. Si les choses ne se passeront pas comme prévu dans le film, il nous reste au moins ces puissantes images oniriques avec un vampire au charme fou :

Comme je n’aime pas marcher dans les clous, j’ai eu envie de rendre ici un discret hommage à Klaus Kinski, désormais paria de l’histoire du cinéma, puisque vampire à la ville comme à l’écran.

Comme tant d’autres grands ou très grands artistes, Kinski nous place devant cet irréductible paradoxe : comment envisager séparément l’homme (parfois très mauvais) et le génie (parfois immense) ? Il nous faut pourtant bien séparer les deux – avant de les réunir ; et Klaus Kinski ne mérite sans doute pas moins qu’un autre la rédemption – au terme d’un purgatoire bien mérité.

  • Le Chant du serpent (1970)
Jean-Patrick Capdevielle, Le Chant du serpent (gouache sur carnet tibétain, années 70).

La vidéo ci-dessus était initialement dédiée au Chant du serpent, oeuvre qui m’avait donné l’occasion d’explorer la thématique érotique de la femme et du poulpe dans une de mes toutes premières vidéos (ci-dessous).  Comme elle était assez sommaire, j’ai eu envie de la reprendre et de l’étoffer. J’aurai certainement l’occasion de reparler de cette peinture dans une vidéo et/ou un article.

 

[à suivre…]

. Sur Lucrèce Borgia, voir aussi :

Lucrèce Borgia – Entre le vice et la vertu