[Totem et tabou] – Féminisme et célibat

Le totem féministe du célibat choisi

Depuis ses origines, le féminisme radical, dans sa version la plus misandre, prône le célibat, à l’instar de la française Madeleine Pelletier (1874-1939) : « Contre le mariage et l’amour libre, elle soutient le célibat ainsi que l’égalité intégrale de la femme et l’avortement » (Wikipedia). Le néo-féminisme qui déferle actuellement sur les réseaux sociaux et sur la toile en général n’est, comme toujours, qu’une resucée de ces préceptes, reformulés entre-temps par les universitaires américaines. Les blogs et articles féministes sont innombrables, qui présentent le célibat comme un choix de vie heureux ou une situation enviable pour des jeunes femmes en âge de procréer ou de se mettre en couple (par exemple, « Témoignages : mon célibat, mon choix », Causette, 24/02/20).

Mon choix ? Mon oeil ! Je soutiendrai dans ce qui suit que la propagande féministe trompe ces jeunes femmes en les enfermant dans une vie de chagrin et de dépression dont elles n’ont au fond d’elles aucune véritable envie. J’essaierai aussi de mettre en évidence (dans une série d’articles à venir) que c’est bien l’influence du féminisme dans la société qui aggrave le célibat (autant masculin que féminin) et rend au final tout le monde malheureux.

En attendant, Le Monde ne trouve pas mieux que de pondre cet article ridicule de méthode Coué présentant de pitoyables trentenaires toutes fières de faire couple avec elles-mêmes – hâte de voir leurs têtes épanouies dans 10 ans quand elles supplieront le premier clodo qui passe de leur accorder ne serait-ce qu’un regard : « Je ne veux plus passer mon temps à éduquer mes compagnons » : pour des femmes, le choix d’un célibat « libérateur » (Le Monde, 25/09/21). On notera aussi la caricature genrée (mais exacte) du titre, présentant les féministes comme les control freak hystériques qu’elles sont, investies de la mission de « rééduquer les hommes » (l’explication de leur célibat).

Féminisme et célibat : corrélation ou causalité ?

S’il est incontestable qu’aux XXe et XXIe siècles, l’expansion du féminisme suit une courbe parallèle à celle du célibat dans tous les pays occidentalisés ou en cours de développement – le même phénomène s’observe aussi bien dans les pays occidentaux qu’en Asie ou en Afrique –, il est à l’heure actuelle impossible de trouver la moindre étude universitaire qui prenne pour objet d’en étudier les points de rencontre ou de convergence. Il est assez facile de comprendre pourquoi : l’idéologie et la propagande féministes étant les deux mamelles des Gender Studies dans toutes les universités de ce monde, ils ne vont pas se risquer à analyser objectivement les conséquences de leurs propres politiques.

Au détour des blogs ou des articles de presse publiés sur internet, il ne faut pourtant pas bien longtemps pour en voir affleurer l’hypothèse, si ce n’est la certitude. Ainsi dans cet article suisse de 2016 : « Partout où il émerge, il [le statut de célibataire] est la conséquence des combats féministes et des acquis sociaux du XXe siècle : le droit de vote, l’avortement, les moyens de contraception, le recours au divorce, l’accès au marché de l’emploi et les revendications salariales » (« Les femmes à la conquête du célibat », Le Temps, 15/04/2016). L’évidence semble donc sous les yeux de tout le monde – sauf chez les sociologues du genre, qui ne veulent toujours pas en constater les tristes conséquences.

L’article du Temps dresse un constat chiffré assez édifiant, sans préciser toutefois s’il s’agit de célibat subi ou choisi (la différence a son importance, comme on va le voir) : « Fin 2014, il y avait en Suisse, d’après l’Office fédéral de la statistique, 43,6% de célibataires contre 43,1% de personnes mariées, tous genres confondus. En France, elles étaient 58,1% à porter une alliance en 1983, mais seulement 43,4% en 2013. Aux Etats-Unis, depuis 2009, pour la première fois de leur histoire, les femmes mariées sont moins nombreuses que les femmes séparées, divorcées, veuves ou jamais mariées ». On retiendra simplement de ces chiffres que le célibat est en constante progression dans les pays développés où il représente quasiment une personne sur deux.

Célibat choisi ou subi ?

Il y a plusieurs manières de vivre le célibat, selon qu’il soit un choix ou une contrainte, pour ne pas dire une malédiction. Ce qui m’intéressera ici, dans le cadre de ma critique générale du féminisme, c’est le célibat subi, celui qui fait souffrir (que l’on soit homme ou femme), ainsi que le lien possible entre son explosion et la diffusion du féminisme dans toutes les strates de la société.

Comme on peut le lire sur Wikipedia même, à l’article « Célibat » : « Le phénomène d’un célibat tardif non voulu, de plus en plus répandu dans la société, est un phénomène très récent en Occident. Il y a un décalage entre la réalité vécue et le regard que la société porte sur le célibat : les célibataires sont souvent considérés comme égoïstes, refusant de s’engager, ayant des problèmes psychologiques, etc. Il existe peu de publications en sciences humaines (sociologie, psychologie) abordant le célibat non voulu, si ce n’est sous l’angle de l’utilisation des sites de rencontres. »

Je repose donc la question : pourquoi n’y a-t-il pas d’études sur le célibat tardif non voulu en expansion depuis quelques décennies en Occident ? Qu’est-ce qu’on n’a pas envie de devoir écrire noir sur blanc ? Pourquoi n’interroge-t-on pas ceux qui subissent cette solitude et pourquoi n’essaie-t-on pas de la mettre en perspective avec l’évolution globale des mentalités et de réfléchir à des solutions ? Il y aurait pourtant un champ riche d’enseignements à explorer.

Le déni féministe

Malgré le peu de doutes quant au rapport de causalité entre les deux phénomènes, l’intégralité du discours féministe s’emploie à minimiser le problème et à repeindre en rose le célibat subi des femmes. Ainsi le psychologue féministe Paul Dolan produit-il en 2019 un très mauvais livre (Happy Ever After) qui reprend tous les poncifs anti-union, anti amour et anti-mariage du vieux féminisme universitaire pour essayer de faire croire que les femmes les plus heureuses seraient les célibataires sans enfant. Il n’hésite pas pour cela à mésinterpréter les chiffres qu’il a sous les yeux, à tel point que d’autres scientifiques doivent prendre la plume pour le réfuter : « Non, la science n’a pas prouvé que les femmes célibataires sans enfant sont plus heureuses ». Les thèses de Dolan ont été « mises en cause par Gray Kimbrough, économiste à l’American University School of Public Affairs, qui utilise les mêmes données et considère que Paul Dolan les analyse de manière superficielle (cf. A new book says married women are miserable. Don’t believe it) » (Wikipedia).

Mais comme il se doit, la presse féminine et grand public s’est empressée de répercuter la mauvaise étude de Dolan, en oubliant de signaler sa réfutation. En attendant, les faits sont têtus : on ne vit pas plus heureuse quand on est célibataire et sans enfant; c’est même tout le contraire et ce n’est pas qu’une affaire de « pression sociale » ou de « patriarcat ».

C’est ainsi que les féministes militantes continuent de nier, contre toute évidence, l’influence du féminisme sur leur malheur, comme dans ce billet, « Le féminisme, cause du célibat ? » (14/02/20) : « Étant donné que j’accorde une immense importance à mes valeurs féministes inclusives et intersectionnelles, il est impossible pour moi de concevoir que je pourrais développer une relation amoureuse envers un homme qui n’a pas ces mêmes valeurs ou, du moins, qui n’est pas prêt à s’éduquer sur le sujet ». « S’éduquer… » On est encore face à une de ces féministes control freaks qui veulent rééduquer les hommes ; un travers que l’on ne connaît que trop et qui n’a pas fini de les maintenir dans le célibat et la défaite (cf. « Valérie Rey-Robert, la control freak qui veut rééduquer les hommes »), l’obligeant à conclure son billet par l’habituelle glorification forcée et bien peu crédible de la vie en solo « juste pour soi ». Elle est quand même l’une des rares dans sa secte qui ose associer les mots « féminisme » et « célibat » et questionner leur rapport. Pour toutes les autres, c’est le tabou ou le déni.

Bien sûr, la presse féminine et les sites et blogs féministes produisent tartine sur tartine pour essayer de faire croire que le célibat, c’est le bonheur – comme ce truc illisible de Slate avec des points partout : « Le célibat peut être un choix de vie, quel que soit l’âge que l’on a » (mais oui, mais oui, on connaît la chanson…). Je passe sur l’océan de féministeries célibattantes qui inondent la toile de leur prêchi-prêcha à base de méthode Coué (« mais je suis trooop heureuse d’être célib, ouin ouin »).

Célibat « choix de vie » véritable ou vie d’ascèse imposée ? Les chiffres

Faute d’étude sociologique récente d’envergure pour aborder les faits dans la France du XXIe siècle, on se penchera, faute de mieux, sur ce sondage OpinionWay réalisé en octobre 2020, dont on peut tout de même tirer quelques enseignements préliminaires.

  • Sur l’échantillon de 1028 français interrogés, 27% sont célibataires, dont une forte proportion contre leur gré, et dont 21% qui n’ont aucune vie amoureuse ou sexuelle :

Quand on demande ensuite aux mêmes français quel est leur idéal de vie amoureuse, ils ne sont plus que 11% à rêver d’être célibataire. Aucun ne rêve d’ascèse (ce qui démontre que ceux qui sont dans cette situation ne le sont pas par choix comme ils le prétendent) :

Quand on regarde ensuite le sex-ratio des célibataires,

Il ressort que ceux qui sont célibataires avec aventures sont trois fois plus souvent des hommes et que les femmes sont majoritaires à subir le célibat, en le reconnaissant (13%) ou en prétextant qu’elles ont choisi la vie d’ascèse (15%).

Mais quand on regarde ensuite quel est l’idéal de vie amoureuse selon le sex-ratio, voici ce que l’on trouve :

Des femmes qui rêvent un peu plus que les hommes d’être célibataires avec des aventures, mais seulement 5% qui rêvent de se passer de toute vie amoureuse (à peu près l’équivalent des hommes). Dans la vraie vie, 95% des femmes ne rêvent donc aucunement de se passer de vie amoureuse. Comment se fait-il alors que le féminisme les harasse continuellement avec sa célébration du célibat ?

Il ressort de cette étude que le célibat est important (27% de la population interrogée), mais qu’il concerne majoritairement les femmes (31% d’entre elles contre 22% des hommes). Il ne représenterait cependant le rêve de vie que de 14% d’entre elles – sauf que l’étude ne précise pas quelle est la tranche d’âge féminine qui en rêverait le plus. C’est pourtant ce que l’on aurait le plus besoin de savoir quand on voit la propagande que le féminisme adresse aux jeunes femmes.

D’après ce tableau, on peut voir que c’est au-delà de 50 ans que l’on trouve le plus de français qui rêvent de célibat. On peut donc en déduire qu’avant 50 ans, il ne fait pas rêver grand monde (et certainement pas les jeunes femmes) et que quand il est vécu, il est bel et bien subi.

Connaissant ces chiffres, il va donc être très difficile de croire le battage féministe essayant de nous faire avaler que les nombreuses (de plus en plus nombreuses) femmes célibataires de tous âges le seraient par choix et en seraient les plus heureuses du monde. Il est évident que c’est faux et que si une vie de tranquillité et d’ascèse peut être véritablement choisie par une femme de plus de 50 ans, c’est assez peu crédible pour une femme plus jeune.

  • Féminisme et célibat sur la toile

Comme j’en suis encore aux prémisses de ma réflexion sur le sujet, je n’ai pas eu l’occasion de compiler beaucoup de témoignages en ligne – je le ferai au fil du temps. Pour l’instant, je mentionnerai simplement deux articles de blog qui se répondent, l’un d’un camerounais de 35 ans, l’autre d’une jeune femme également de la communauté noire et qui s’en réclame quand elle écrit. Leur couleur de peau n’a cependant aucune importance ici, car ce qu’ils écrivent dépasse largement cette condition.

Dans son billet, « Au secours, j’ai 35 ans et je ne trouve pas de femme à épouser! » (14/04/20), ce camerounais relate la difficulté qui est la sienne (et celle de ses compatriotes) à devoir jongler entre une transformation rapide de la société africaine (qui subit entre autres l’importation du féminisme occidental) et le poids encore pesant des traditions (qui sur la plan marital, n’avaient cependant pas que des désavantages, loin de là). Le piège est total et la solution quasi introuvable.

Comme il fait allusion au féminisme et aux difficultés supplémentaires que cela lui occasionne, C. Befoune, en tant que sympathisante féministe mais appartenant à la même communauté raciale que lui, se propose de lui répondre : Réseaux sociaux et féminisme au cœur du célibat masculin (28/04/20). Son billet est plutôt une bonne surprise car, allez savoir pourquoi, je me serais attendue au pire. Si elle ne développe pas la question de l’impact du féminisme sur le célibat (il faut reconnaître qu’il n’y pas beaucoup de données car, comme on l’a vu plus haut, c’est clairement un tabou dans les études de genre), son billet donne quelques indications sur la perception que de plus en plus de jeunes femmes équilibrées peuvent avoir du néo-féminisme et de ses dérives, et je trouve cela assez réconfortant.

Je la cite : « Je ne voulais pas avoir d’enfant, (…) je l’avais déclaré publiquement. Le summum du féminisme à leurs yeux. Une de ces personnes m’a dit que j’ai trahi le mouvement parce qu’à présent je vis en couple et j’ai un enfant. (…) Pour beaucoup de femmes sous nos cieux, la féministe c’est la femme au caractère dur, limite froide et frigide qui n’a pas besoin d’homme dans sa vie et a plus ou moins réussi financièrement. Ça c’est chez les hardcore. Chez ceux qui sont un peu plus soft, la féministe c’est la femme qui se marie quand même mais qui ne fait pas le ménage, ne fait pas la cuisine, ne fait pas la lessive, sort tard le soir et se moque de toutes ses copines qui ne font pas pareil. Si elle a pitié de son compagnon (je me demande comment ça se passe lorsqu’il s’agit de 2 femmes en couple!), elle fait le ménage s’il fait la lessive et fait la cuisine s’il donne le bain aux enfants. En gros les tâches sont comptabilisées et celui qui en a une de plus que l’autre perd toute dignité. (…) Le plus beau ce sont celles qui pratiquent le féminisme de l’asservissement. Elles vivent dans le fantasme d’un passé glorieux où les femmes dirigeaient d’une main de fer les grands groupes africains, allaient au combat et gagnaient des guerres. Dans leur réalité le seul moyen de remettre de l’ordre dans la société c’est d’asservir les hommes et donc les époux et les compagnons qui doivent obéir au doigt et à l’œil ». En voilà une qui a tout compris 😉

  • Incels et incelles : tout le monde est perdant

En attendant de plus amples développements sur cette question, on pourra se reporter à cet article :

  • Les femmes intellectuelles sont-elles toujours désavantagées sur le marché matrimonial ?

Développements à venir

[à suivre…]

  • Voir aussi :

22 réponses sur “[Totem et tabou] – Féminisme et célibat”

  1. Bonjour Madame, merci pour cet article intéressant. Mon propos est un peu hors sujet mais je souhaitais avoir votre avis. Une militante socialiste vient d’accuser E.Zemmour de l’avoir embrassée de force il y a de cela 15 ans…suite à ces accusations (sur Facebook), les féministes et les contempteurs de Zemmour se donnent à coeur joie de le vouer aux gémonies. Impossible de remettre en cause la parole de la « victime»….ils parlent de mémoire traumatique et accusent les défenseurs de Zemmour d’entretenir la culture du viol. J’ai peur parce que ça veut dire que n’importe quel homme public peut être détruit sur de simples accusations portant sur des actes répréhensibles certes mais néanmoins non effroyables….Comment se défendre lorsque leur logiciel se base uniquement sur de l’émotion en invoquant cette mémoire traumatique…le pire c’est que cela conforte le préjugé machiste selon lequel la raison est étranger à la femme…l’époque actuelle est effrayante.
    Bien à vous

    1. Bonjour, Je viens aussi de découvrir ça. J’espère de tout mon coeur que Zemmour saura atomiser cette petite conne, car il n’y a pas d’autre mot. Je compte faire un article sur le sujet (et plus généralement sur les fausses accusations féministes à des fins politiques ou de destruction personnelle). J’attends de voir la tournure que prennent les choses. Cordialement,

  2. Merci pour votre article et ce sujet fort intéressant.

    Je m’interroge souvent sur ce mouvement « child-free » et tout le foin qu’on fait autour de ça. Ouin ouin lâchez nous l’utérus, ouin ouin je dispose de mon corps comme je veux…
    Mais qui a dit le contraire ? Qui leur a hurlé dessus au point qu’aujourd’hui elles se sentent obligées de crier leur revendication sur tous les toits ?
    Je n’ai jamais voulu d’enfant jusqu’à mes mes 25 ans environ. Je disais fermement à mes petits copains et à ma famille que c’était hors de question. On me répondait quelquefois gentiment que je changerais peut-être d’avis. D’autres fois que c’était dommage, mais jamais sans la moindre animosité ou agacement.
    Et finalement oui, j’ai changé d’avis (et je ne serai pas la dernière à changer mon fusil d’épaule en pleine romance, avec un poil plus de paillettes dans les yeux et de projets pour le futur). À maintenant 37 ans cette époque est loin derrière moi. Je n’ai pas le souvenir d’avoir subi une « horrible pression » au point de devoir m’épancher à tout va sur les réseaux sociaux.
    Je veux bien croire que certaines s’en prennent des vertes et des pas mûres dans la tronche les dimanches midi lors de repas de famille, mais je doute sincèrement que ce soit la séance de torture que certaines nous écrivent…

    1. Il est évident pour moi aussi que ce sont des postures victimaires narcissiques, rien de plus. Le féminisme est essentiellement un mode de pensée immature, de jeunes femmes qui n’ont généralement rien vécu (mais s’imaginent qu’elles vont vous apprendre la vie) et qui sont incapables de sortir du monde ouaté et faussement protégé de leur enfance. Le féminisme témoigne surtout d’une incapacité (parfois à vie) à devenir adulte et à prendre et assumer ses responsabilités. D’où la concert de lamentations. Rien n’est jamais de leur faute, le monde est si méchant, et le patriarcat, ouin ouin, et les zhoms, c’est tous des pervers narcissiques, et re ouin ouin…

  3. Pour ma part, je ne m’inquiéterais aucunement pour Zemmour, un homme de sa capacité rhétorique et corticale n’a aucunement à s’en faire. Le problème est en effet le message que ces vengeances organisées adressent à tout porteur de testicules.

    Après « féminicide », je voudrais attirer votre attention sur une nouvelle saillie de novlange médiatique que je ne supporte plus (à la rigueur je préfère encore les anglicismes à tout-va) : « invisibiliser », les Gafam « invisibilisent » les opinions minoritaires. Eh bien sur cette base d’un néologisme pompeux à la mode, je vous dirais que quand je vais en librairie, je vois largement plus d’exemplaires de Sonia Mabrouk ou Eric Zemmour que de Lucile Peytavin ou Alice Coffin. Et je crois que le trollage d’internet masque mal cette réalité : le féminisme ne représente que lui-même. Ceci relève de l’intuition et l’observation, mais je serais curieux de voir les chiffres de ventes/méventes réelles des auteurs féministes.

    1. Tout à fait. Je pense aussi que c’est une minorité hurlante et sur-représentée sur internet et dans les médias. Par contre, il est très inquiétant de voir l’emprise du néo-féminisme délirant dans absolument tous les domaines de l’enseignement, de la maternelle au supérieur, que ce soit dans le public ou le privé. De Sciences Po à la Sorbonne aux écoles de commerce, c’est exactement la même idéologie féministe d’ultra-gauche.

  4. « Les femmes intellectuelles sont-elles toujours désavantagées sur le marché matrimonial ? » : je voudrais vous conseiller à ce titre le livre de Stéphane Rose sur les sites de rencontres, c’est éclairant, et m’a aidé à me sevrer de ces saloperies.

    Èn réponse à JP63, et en défense de Darmanin, Zemmour, Branco, et tant d’autres qui parfois ont moins de moyens de se défendre

    Quel homme n’a jamais connu un baiser rejeté ou une main esquivée ? Lequel d’entre eux ne s’en est jamais remis et a simplement continué à vivre en attendant un peu plus de baraka libidinale ? Quel homme est-il prêt à refuser la moindre ligne supplémentaire sur son CV sexuel quand il sait que lui aussi se dégradera sous l’usure du temps et que la chance est fugace ?
    A titre personnel, j’ai récemment connu l’emballement d’une femme pour ma personne puis son « déballement » dissymétrique après consommation quelques heures plus tard. J’étais un peu chiffonné puis me suis fait une raison, et je me dis maintenant rétrospectivement : « heureusement qu’elle n’a pas joué la victime, personne n’aurait cru ma parole ». Il est assez évident que s’acharner sur un influenceur culturo-mondain ou politique n’est pas accuser un à peine plus que smicard, mais la constante dans l’histoire est simplement le peu de crédit qu’on fait à l’homme sur sa probité.

    L’époque n’est pas simplement effrayante JP, elle est consternante. Sonia Mabrouk n’hésite pas à écrire dans son livre que nous avons affaire à des « nouvelles ligues de vertu ». Et face à la complainte de l’émotion ignivome, il n’y a rien à leur opposer : NI DROIT, NI HISTOIRE, NI SCIENCE, aucun argument. Nous sommes devant notre impuissance dans ce jeu stupide qui consiste à chialer le plus fort, que nous refusons quand on sait qu’il est si peu digne d’être joué.

    Le présent site documente déjà très bien pourquoi en changeant la définition du « viol » ou de l’agression on en arrive à une situation délirante, si l’on retient que finalement un agresseur est simplement un amant qu’on rejette.
    Le réel est là de toute façon : dénatalité il y avait déjà avant la pandémie, et le célibat est banalisé à souhait. En tant qu’homme, je voudrais modestement dire ce que je pense de mes congénères : la plupart n’ont pas peur de l’engagement et de la communion des âmes, mais ils sont victimes de la jetabilité des êtres en termes d’emploi comme de rencontres, jetabilité auto-entretenue par les modernes manières de se rencontrer. Alors à défaut ils apprennent à se contenter de quelques étoiles de chance sporadiques. La somme de leurs frustrations résulte d’un vécu et d’un construit, et jamais aucun d’entre nous ne jettera la responsabilité de ceux-ci sur l’ensemble de la société. Je rigole à gorge déployée quand je lis certaines femmes accuser des hommes d’ignorer leur souffrance quand elles se sentent obligees de se conformer aux canons de beauté des peoples pour plaire. Comme si la masse écrasante des représentations starisées n’avait aucun impact sur les hommes ? Devenez un homme gros et chauve (ce n’est pas mon cas, c’est un exemple) et on en reparlera. Cette essentialisation de la souffrance est une calamité désarmante. Expliquer toute la dynamique des relations à travers le sexe ou la race est malheureusement ce qu’on nous promet.
    Ceci pour dire que j’en viens à partager votre verve : j’espère que Zemmour la démolira et qu’un jour ces personnes aient honte de regarder leur tête dans un miroir. Elles participent à un peu plus de dégradation, ce n’est pas ma culture, et je ne cesse de le dire quand parfois j’en arrive à éponger des « ouins ouins » au boulot. Que je souffre ou non, au moins, je sais ne pas avoir contribué à étaler un peu plus de fèces dans cette affligeante bataille d’égos.

  5. Je n’ai pas encore compulsé le lien que je crois connaître le propos : on ne sait plus où trouver des hommes audacieux et couillus, romantiques et virils, etc. Eh oui, et je sais que pas mal de femmes s’en désolent. Mais en même temps qui consacre 1000 % de son énergie à vomir le mâle hétérosexuel ? Pas moi en tout cas. Finalement, là-dedans, être vertueux n’est pas si chiant quand on voit le vice de la bêtise pleurnicharde à chaque tribune.
    « she’ll get tired or her little game and wander back home » dirait John Goodman dans The Big Lebowski, je crois intimement à cette sagesse coenienne, même si je ne sais pas quand elles se lasseront d’elles-mêmes. Maintenant je lirai le lien, bon WE et bon travail.

    1. Eh oui, elles se reprennent leurs propres contradictions en pleine face. L’habituel effet boomerang. Le problème, c’est qu’elles font souffrir tout le monde. Le féminisme est une bombe à fragmentation.

  6. Hilarité après lecture, nan mais « Pour ces garçons élevés par des mères féministes, capables de laver leur linge ou de passer l’aspirateur », ça ne serait pas un peu sexiste ?

    NE SERAIENT-ILS PAS UN PEU EN TRAIN DE SE FOUTRE DE NOT’GUEULE ?

    Oui, bon, je sais ça vient d’ELLE, le même canard qui fait la chasse aux féministes nationalistes, vu il n’y a pas si longtemps. C’est amusant donc, de constater que le « sexisme » en réalité est simplement un crime de lèse-féminisme, c’est là toute la perversité des déconstructeurs, le contenu de leur dictionnaire est flexible selon le sens qu’il trouve arrangeant à leur cause. Sur ce point qui m’a valu quelque rigolade, j’ajouterai que, dans mes couples, j’étais le seul à cuisiner fréquemment.

    En outre, par-delà la nature partisane et moyenne de cette publication, ils pointent une réalité : les réseaux et les méthodes modernes de rencontres concourent le plus souvent à plus de malheur. Ce sont des machines à incompréhension intersexuelles. Et c’est fantastiquement malsain plus j’y pense : l’homme est un mendiant d’affection, et en plus il paie ; la première discrimination à l’accès à un site payant (fût-il de rencontres) n’est-elle pas le prix avant le « genre » de son accédant ? Ainsi la femme est objet du male-gaze et sujet à la fois de ses choix, mais ça ne dérange pas la majorité d’entre elles puisqu’elles ne paient pas. Stéphane Rose, et d’autres à sa suite, ont établi qu’il existe depuis peu des nouvelles ramifications psys pour les laissés-pour-compte de ces sites. Je fais profiter de d’observations personnelles pour remarquer que j’ai vu souvent les mêmes femmes sur plusieurs sites, ce qui témoigne, plus d’un butinage assumé de leur part je pense ,d’une réelle insatisfaction à ne pas trouver « chaussure à son pied ».

    En attendant, il n’y a pas d’équivalent d’ELLE pour se faire l’écho du problème côté homme (ou très peu) et les écueils que rencontrent les hommes sont de deux ordres : 1) persister dans ces nouveaux havres de procrastination en pensant que ce sera plus simple qu’en 3D ; 2) recourir aux coach et autre gurus de développement personnel souvent dispendieux et évidemment pas tenus par une obligation de résultat. Je ne connais pas, n’ai pas testé et m’y refuse violemment, mais c’est évident que ça sent mauvais, TOUTE LA PHILO et LA PSYCHO sont déjà touchées par ce biais marketing « développementaliste ».

    La conclusion de l’article est optimiste pour Machine, mais qu’elle se dise bien que pour la majorité des hommes, la solution consiste à se concentrer sur autre chose et patienter, osciller entre patienter et désespérer . Pour ma part, j’occupe mon temps, et avec une once de sagesse acquise je me gausse de ce tragique féministe que vous relatez : comment peut-on persévérer dans son erreur sans jamais se poser question ? Je découvre des impulsions créatrices sur cette pointe de moquerie que je découvre, c’est déjà bien.
    Bien à vous.

  7. Un addendum d’importance, et en partie dans le thème de votre article : la pornographie

    Je disais en somme que les hommes sont des cibles assez faciles des marchés de la rencontre, mais il y a évidemment pire.
    Votre site relayait la tribune de Thérèse Hargot que j’ai découverte pour l’occasion en octobre, et on ne pourrait pas le dire mieux qu’elle. L’addiction aux images est aussi l’une de ces compensations délétères qui guettent le célibataire désabusé, même si d’autres profils existent je sais.

    Je n’en parlerai pas mieux que Mme Hargot ou d’autres spécialistes. En gros c’est une industrie « inégalitaire » pour le coup : majoritairement composées d’ouvrières, et presqu’exclusivement à destination de spectateurs. Etonnamment, la voix du féminisme n’est pas réellement unifiée contre le phénomène, la plupart du temps vous entendrez une BHL pompeuse avec un pseudo d’un nom de poète latin féminisé. C’est certain : quand il s’agit de « la liberté à disposer de son corps », la voix jugeuse des gauchistes ne connaît jamais de demi-mesure entre le progressiste d’un côté et le facho de l’autre, cf. ce qui est arrivé à Sylviane Agacinski, petite parenthèse.

    On pourrait argumenter que ce risque d’addiction est un problème individuel et tant mieux quand on arrive à l’éviter (si c’était aussi simple, on n’aurait qu’à libéraliser toutes les drogues et tant pis si un fou n’arrive pas à « gérer » sa consommation et s’adonne à un meurtre, petite allusion à l’actu) mais il y a à mon sens un rapport évident avec le féminisme. Quand au pays des trouvères et troubadours, on conduit à penser que séduction = viol, quand on arrive à vous dégouter d’un rapport « normal », pas très étonnant que l’on opte pour le commerce, voire le rapport prostitutionnel. Le féminisme a sa part de responsabilité dans ce nouveau monde orwellien de la rencontre, je ne serais pas étonné que bientôt, adresser la parole à une femme soit payant pour un homme. Et l’on sait que tout ça crée bien d’autres dégâts car c’est une addiction et une aliénation de sa capacité à aimer, je laisse à nouveau la parole aux experts. Comment après juger comme « porcs » un certain nombre de personnes qui étaient déjà malvenues quand elles essayaient de séduire « normalement » ? Je ne fais aucun misérabilisme, j’évoque un problème que, bizarrement, on n’aborde rarement sous l’angle de l’idéologie féministe car, sans trop d’hyperbole, je m’approprie ce que dit Thérèse Hargot : c’est un réel viol de l’imagination, et si on le reconnaissait sérieusement comme tel, les hommes seraient les premières victimes de viol/harcèlement mental ! A creuser.

    1. Oui, la pornographie est le mur contre lequel se fracassera toujours le féminisme. Comme c’est une idéologie puritaine par essence, le féminisme ne peut absolument pas comprendre de quoi il s’agit. Dès qu’il est question de sexe, elles prennent vapeur et perdent toute capacité à raisonner. Pour ma part, je suis pragmatique. Aucune forme de féminisme n’abolira jamais le rapport sexe-argent, puisqu’il fait partie de la nature humaine depuis les origines. Depuis toujours, les femmes vendent l’accès à leur sexe et les hommes l’achètent. Tout le reste c’est de la littérature.

  8. Ce constat pragmatique, que je partage, ne me dérange pas. Tout comme parler de « féminicide » à tout crin ne me dérange pas en soi en dépit de son arnaque sémantique, tant qu’on n’en fait pas une catégorie juridique, ça me laisse assez indifférent même si je préfère employer les bons termes.
    Ce que je fais remarquer en revanche, à propos du commerce du sexe, est qu’il distribue un lot de malheur invariablement en genres. C’est bien là l’une des nombreuses incohérences du féminisme que de continuer ses fixettes antipatriarcales, comme si raisonner en termes économiques, de marché, d’offre et de demande était déjà trop subtil pour elles…
    Les origines puritaines du féminisme m’intéressent si d’aventure on trouvait facilement les sources sur le site.

  9. Bonsoir,

    Ton article me fait penser à un podcast YouTube d’un MGTOW – toujours l’Observateur – qui expliquait pourquoi, selon lui, se déclarer célibataire par choix, à la quarantaine, lorsqu’on est une femme, relève de l’hypocrisie. Il interprète plus ce « ras-le-bol d’éduquer les hommes » comme un appel à l’aide, parce qu’elle se rend compte qu’elle n’est plus désirable.

    Voilà pour l’anectode. Maintenant, je trouve assez ironique que les femmes se retrouvent dans un célibat involontaire sans aventures, alors qu’elles rêveraient justement d’aventures, là où les hommes se situent dans un cas opposé. L’ironie est assez frappante.

    Encore merci pour cette lecture.

    1. Je partage le point de vue de l’Observateur. Je vois également le néo-féminisme comme un mouvent de petites princesses qui du haut de leur toute-puissance sur les hommes entre 20 et 30 ans ont cru naïvement qu’elles allaient « niquer le game »; détruire le jeu de la séduction hétérosexuelle (ou même homosexuelle) et imposer leur loi partout. Mais comme le féminisme est surtout une posture de petites filles immatures et narcissiques qui ne savent pas calculer, elles se prennent toujours le réel en pleine poire. Autour de 40 ans et au-delà : c’est le fameux mur et le moment où elles doivent apprendre à composer avec le célibat et la dépression à vie. Quand on a passé sa vie à cracher dans la soupe, la facture peut être salée. Le temps fait toujours payer très cher aux féministes leur inconscience et leurs discours péremptoires.

      1. De plus, les féministes sont des filles qui vont tellement mal, qui sont tellement perdues dans leur tête (car déjà victimes du féminisme avant même de naître, ce qui signifie qu’elles n’ont souvent pas de père), que leurs problèmes de séduction, de poids, de célibat et de dépression commencent de plus en plus tôt, dès la vingtaine désormais. Leur radicalisation féministe de plus en plus extrême est en effet le signe qu’elles ont perdu la bataille et même la guerre. Le néo-féminisme est au final un mouvement de losers.

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