[Être victime ou ne pas être] – Féminisme et victimitude

Le néo-féminisme victimaire est en train de pousser le culte narcissique de la victimisation jusqu’à des sommets jamais atteints. Après l’évocation d’une étude récente sur la psychologie de la victimisation, cette page-portail renverra à différents articles décrivant la nouvelle religion laïque qu’est devenu le féminisme victimaire.

On peut déjà lire deux comptes-rendus en français de cette étude israélienne qui pourrait décrire à la perfection la psychologie néo-féministe : celui de Peggy Sastre, « Victime sans bourreau » (Causeur, 07/02/21) et celui de Contrepoints, « Un type de personnalité : la tendance à se victimiser » (14/12/20). Comme attendu, le victimisme étant son fonds de commerce, la presse de gauche ne se bouscule pas pour répercuter l’étude.

Cette méta-analyse (synthétisant huit études), intitulée « La tendance à la victimisation interpersonnelle (TVI) : la construction de la personnalité et ses conséquences », parue dans Personal and Individual Differences (15/10/20), fait ressortir que la TVI se caractérise par quatre dimensions : la rumination, le besoin de reconnaissance, l’élitisme moral et le manque d’empathie. Il n’est de plus pas nécessaire d’avoir réellement vécu de traumatisme pour développer cette construction de la personnalité. Pour qui connaît un peu les structures mentales du féminisme, il est aisé de les reconnaitre derrière ces quatre points :

  • La rumination

La rumination, que l’on peut aussi appeler le ressentiment, est le trait de personnalité le plus caractéristique des néo-féministes. La féministe victimaire d’aujourd’hui, qui déballe dans les médias après 10, 20, 30 ou 40 ans ses vieilles rancoeurs jamais dépassées ou ses envies de vengeance ressassées jusqu’à plus soif, a toujours comme ressort de son passage à l’acte la jalousie au cul verdâtre qui la ronge et la détruit de l’intérieur depuis toujours. Cynthia Fleury a très bien parlé de ce ressentiment, en tous points applicable aux néoféministes, dans son livre Ci-gît l’amer. Guérir du ressentiment, Paris, Gallimard, 2020.

  • Le besoin de reconnaissance

La personnalité TVI, comme la féministe, n’a de cesse de hurler qu’elle est une victime – et comme on sait, la féministe est TOUJOURS VICTME DE TOUT, surtout quand derrière ce « tout », il y a plus précisément un homme blanc – et d’exiger qu’on lui reconnaisse un statut de victime tout aussi crucial que valorisant pour elle. Être reconnue victime est devenu une occupation à plein temps et un métier pour toute féministe victimaire professionnelle. Cette quête victimaire fait également du féminisme une forme de christianisme laïc et un pendant de la théologie de l’hostie (hostia signifie victime en latin). Les liens du féminisme avec le puritanisme protestant ne sont par ailleurs plus à démontrer ; ils expliquent en particulier le discours basé sur la morale sexuelle des abolitionnistes (des néo-victoriennes qui ne disent par leur nom). Sur le sujet, voir [Néo-bigotes et chaisières d’église] – Les féministes et la religion.

  • L’élitisme moral

L’élitisme moral consiste à se présenter comme la blanche colombe, la victime expiatoire (= l’hostie consacrée), l’innocence faite femme, la pureté morale sans tache et j’en passe – et, par contrecoup, à diaboliser son adversaire et le précipiter dans la fosse du crime sexuel, du péché sans rémission, de l’immoralité sous toutes ses formes. Le néoféminisme puritain, comme chacun peut le constater au quotidien, excelle dans ce trait de caractère, faisant de tout comportement masculin exprimant le moindre désir sexuel ou amoureux un crime passible de la mort sociale immédiate et sans autre forme de procès que celui du tribunal Twitter de la vertu offensée.

  • Le manque d’empathie

Ce dernier point est peut-être le plus nouveau à pouvoir être appliqué aux néo-féministes. Comme l’écrit Peggy Sastre : « Tout en exigeant de tout le monde une compassion absolue pour ses moindres bobos, on ne daigne se mettre dans la peau de personne. Un « tout m’est dû » qui se transforme en « j’ai tous les droits », y compris et surtout de me comporter comme le dernier des psychopathes. » Le narcissisme, l’aigreur, la méchanceté, la bêtise et l’inhumanité des féministes sont justement devenus leur pain quotidien. Misandrie et haine délirante d’un côté (on se contentera de citer le torchon d’Harmange, Moi, les hommes, je les déteste, 2020 – je ne mets pas le lien volontairement) ou cette toute récente apologie du crime par Irène, La Terreur féministe, 2021, qui appelle les femmes à tuer des hommes. Le néo-féminisme est donc en roue libre et a déjà basculé dans la folie avec, naturellement, le soutien des médias de gauche qui relaient complaisamment toute cette daube.

En somme, il s’agit bien, pour le ou la néoféministe, d’être victime ou de ne pas être. Puisque hors de la victimisation, point de salut ou, plus précisément, aucun micro qui se tend, aucune tribune dans Mediapart ou Le Huff, aucune invitation sur France Culture, aucune chance de vendre un mauvais livre de fausses lamentations écrites avec les pieds : « Je suis ouin ouin ou je ne suis pas ».

  • Petite précision langagière : j’emploie à dessein le néologisme de victimitude dans le titre de l’article, tant il me paraît illustrer à merveille cette posture (ou attitude) néoféministe consistant à se draper dans sa victimité et à en faire des caisses. Olivier Falorni l’avait utilisé en 2012 contre Ségolène Royal (une proto-néoféministe, justement – je rappelle que Najat Vallaud-Belkacem était sa porte-parole lors de la campagne présidentielle de 2007) en parodiant sa célèbre « bravitude » :  « je voudrais aussi que cesse désormais la stratégie de la victimisation, ou pour être plus précis dans les mots, de la +victimitude+ ».

[à suivre…]

  • Voir aussi :

Sur le même sujet :

. Cory Clark, « The Evolutionary Advantages of Playing Victim » (Quillette, 27/02/21). Traduction par Peggy Sastre, « Il existe des avantages à se faire passer pour une victime » (Le Point, 6/03/21)

. Peggy Sastre, « Muriel Salmona: la psy qui traumatise » (Causeur, 10/03/21) : La promotrice de la notion d’amnésie traumatique est une femme dangereuse.

  • Victimisation et « charge mentale » :
  • Le désastre de l’idéologie victimaire féministe dans les universités:

Le féminisme victimaire et l’art

  • Victimiser les femmes islamistes est une grosse erreur :