Oui, le féminisme tue

Les féministes répètent à l’envi que « le féminisme n’a jamais tué personne, alors que le patriarcat, gna gna gna »… ; et de nous ramener sans fin à la tuerie antiféministe de Toronto (2018), faisant elle-même écho à celle, misogyne, de Montréal (1989), attentats absolument dramatiques et désolants qui, il faut tout de même le faire remarquer, ont pris cette forme parce que le féminisme est devenu tellement envahissant au Canada que certains en perdent la raison.

Pour remettre l’église au centre du village, comme on dit, il peut être utile de commencer par rappeler que le « patriarcat » ne tue personne, puisque c’est une baudruche idéologique forgée par les féministes et dans les faits, le seul mode d’existence possible dans des environnements insécures, plébiscité par les deux sexes depuis la nuit des temps. Il convient également de rappeler que l’instinct de violence n’a pas de sexe et que le sexe féminin a lui aussi du sang sur les mains. À cette fin, je vais lister dans cet article les innocents (hommes ou femmes, d’ailleurs) morts directement à cause du féminisme.

Jusqu’à présent, les féministes les plus violentes s’étaient surtout illustrées par leurs tentatives de meurtre. On connaît la violence des Suffragettes anglaises, qui ont par exemple tenté d’incendier un théâtre à Dublin en 1912 pendant une représentation, lors de laquelle elles ont également entaillé avec une hache l’oreille d’un député irlandais. On connaît bien aussi la tentative de meurtre perpétrée en 1968 par la féministe hystérique Valerie Solanas sur la personne d’Andy Warhol, attentat dont il ne se remettra jamais vraiment (Solanas « tire trois coups de feu sur Andy Warhol. Une balle lui transperce de nombreux organes et sa survie est en jeu »).

Mais l’arme létale la plus efficace mise au point par les féministes est l’actuelle entreprise de délation #Metoo dont je dénonce depuis le début les méthodes lâches et illégales  : accusations sans preuves, clouages arbitraires au pilori, lynchages sur les réseaux sociaux, appels à la justice immanente, tentatives de confiscation de toute parole dissidente – à tel point qu’aujourd’hui,  même des avocates ont peur de s’exprimer :  « Marie Dosé : « La libération de cette parole est en train de confisquer les autres » (France Inter, 9/03/20) : « J’ai peur de vous parler« , explique-t-elle, demandant : « Est-ce que c’est normal que moi, avocate, j’aie failli ne pas répondre à votre invitation ? Je sens que la libération de cette parole est en train de confisquer les autres » ;  « Il n’est pas normal qu’en rappelant les grands principes de l’état de droit, on ait peur d’intervenir publiquement« . Voilà donc où le victimisme autoritaire nous mène en 2020.

Comme on le sait quand on étudie les violences conjugales ou les cas d’infanticides, les femmes ont une aspiration naturelle à la violence aussi large que les hommes. Mais, statistiquement, et pour des raisons évidentes de force musculaire, elles ne tuent directement que les personnes plus faibles physiquement : 70% des auteurs d’infanticides sont ainsi des femmes (cf. « Infanticides, le profil des meurtriers analysé »).

Concernant les hommes, les femmes vont surtout provoquer leur mort par des méthodes indirectes, principalement en les poussant au suicide (le crime parfait, en quelque sorte) ou sournoises, telles que l’empoisonnement, comme l’histoire nous en livre de nombreuses occurrences ; l’un des exemples les plus fameux étant la « Veuve noire » Vera Renczi qui, par jalousie maladive, empoisonne à l’arsenic trente-cinq membres de son entourage (deux maris, 29 amants, et même un de ses fils, Lorenzo, dont elle ne supportait pas qu’il puisse avoir une autre femme dans sa vie). Le mobile de la jalousie est très intéressant à relever ici, car il est effectivement la principale raison qui pousse les femmes à déchaîner leur appétit de vengeance. On pourra également citer Chisako Kakehi qui a tué quatre de ses maris ; Marie-Madeleine Dreux d’Aubray empoisonneuse de son père et de ses deux frères, Marie Besnard qui empoisonne son mari Léon Besnard, Jane Toppan qui a tué 31 personnes ; Locuste qui empoisonne Claude et Britannicus, etc.

Aujourd’hui, le poison est devenu celui de la diffamation et de la mise à mort dans les médias et sur les réseaux sociaux, mort sociale suivie parfois d’une mort véritable ; la nouvelle arme létale la plus directe et la plus fréquemment employée depuis #MeToo étant la fausse accusation de viol, grand classique féminin et désormais néo-féministe.

L’arsenal guerrier a été savamment développé par les idéologues féministes au moyen d’une extension à l’infini, sans aucune base juridique, de la définition du viol : ainsi, des baisers dans le cou reçus par Adèle Haenel dix-huit ans plus tôt suffiront-ils à qualifier l’agression sexuelle et à déclencher le lynchage médiatique de Christophe Ruggia (cf. « Affaire de harcèlement sexuel allégué par l’actrice Adèle Haenel : la justice doit-elle être rendue désormais par les journalistes ? »).

De la même manière, les idéologues féministes entendent revenir a posteriori et sans limite de temps sur leur consentement, afin d’invalider celui-ci au gré de leurs états d’âme, jetant dès lors en pâture n’importe quel homme pour n’importe quelle relation sexuelle. Je pense que beaucoup d’hommes féministes, qui bêlent aujourd’hui naïvement dans le sens du vent pour se faire bien voir, se préparent de réveils trèès difficiles…

Xavier Gorce, « Les Indégivrables », Le Monde, mars 2020.

Voilà… Jusque au jour où l’une d’entre elles décidera de se venger façon #MeToo… Et là, fini de rigoler…

***

Voici donc un décompte (non exhaustif et encore in the making) de morts masculines directement imputables au féminisme :

Morts directement liées à #MeToo :

  • Benny Fredriksson, 58 ans, metteur en scène et directeur du plus important centre culturel et artistique de Stockholm, faussement accusé de harcèlement sexuel. Il est tombé en dépression suite à cela et s’est suicidé.
  • Carl Sargeant, député travailliste gallois, s’est suicidé après avoir été suspendu de tous ses postes politiques lorsque des accusations anonymes ont été portées contre lui.
  • En novembre 2018 également, il a été rapporté qu’un militant du parti travailliste dans la trentaine – anonyme – s’est suicidé après avoir été accusé de faire des images sexuelles.
  • Jill Messick, ancienne productrice de films, s’est suicidée après avoir été accusée par Rose McGowan et d’autres de « ne pas se montrer solidaire des femmes maltraitées » en se rangeant du côté de son ancien collègue Harvey Weinstein. On voit avec cet exemple à quel point la liberté de penser est attaquée, au point que des femmes elles-mêmes peuvent en mourir.
  • Avril 2019 : #Metoo : un rockeur mexicain accusé de harcèlement se suicide. Jeté en pâture avec le hashtag #MeTooMusicosMexicanos, le musicien mexicain Armando Vega Gil avait clamé son innocence dans un communiqué peu avant de mettre fin à ses jours.
  • Septembre 2019 : #Metoo : Accusé d’agression sexuelle, le développeur de jeux videos Alec Holowka se suicide.

Tentatives de suicide :

Fausses accusations de viol ou d’agression sexuelle conduisant à la mort :

***

Cette liste semble encore trop courte aux néo-féministes, si l’on en juge par leurs appels au meurtres répétés lors de la manifestation du 8 mars 2020 en France :

Idées déjà exprimées en 2019 :

Brûler… Le vocabulaire des chasses aux sorcières est donc bien dans la bouche des nouvelles féministes, qui sont en train de rallumer symboliquement les bûchers :

[Homme blanc à abattre] – Les sorcières en renfort

[à suivre…]

 

6 réponses sur “Oui, le féminisme tue”

  1. J’aime votre verve.

    N’oubliez pas Erzsébet Báthory… Ni le magnifique La condesa sangrienta qu’Alejandra Pizarnik a fait sur elle…

    El camino está nevado, y la sombría dama arrebujada en sus
    pieles dentro de la carroza se hastía. De repente formula el
    nombre de alguna muchacha de su séquito. Traen a la
    nombrada: la condesa la muerde frenética y le clava agujas. Poco
    después el cortejo abandona en la nieve a una joven herida y
    continúa viaje. Pero como vuelve a detenerse, la niña herida huye, es perseguida, apresada y reintroducida en la carroza, que prosigueandando aun cuando vuelve a detenerse pues la condesa acaba de pedir agua helada. Ahora la muchacha está desnuda y parada en la nieve. Es de noche. La rodea un círculo de antorchas sostenidas por lacayos impasibles. Vierten el agua sobre su cuerpo y el agua se vuelve hielo. (La condesa contempla desde el interior de la carroza). Hay un leve gesto final de la muchacha por acercarse más a las antorchas, de donde emana el único calor. Le arrojan más agua y ya se queda, para siempre de pie, erguida, muerta.

    « On a mal observé la vie si l’on n’a pas vu aussi la main qui, avec mille ménagements, assassine. » Nietzsche

    Bonne soirée

    1. Superbe poème, je ne connaissais pas, merci.
      A mettre en lien avec ce que j’écrivais dans mon article sur les chasses aux sorcières : on sait que les femmes n’étaient jamais les dernières à dénoncer à tout va, aussi bien les hommes que leurs consoeurs, et à se presser aux exécutions. La « sororité » est une bonne blague. C’est aussi grâce à l’incarnation même du « patriarcat », Louis XIV, que les bûchers ont été définitivement interdits. http://eromakia.fr/index.php/homme-blanc-a-abattre-les-sorcieres-en-renfort/

      1. C’est plutôt le début d’un récit, qui raconte les mœurs de la comtesse sanglante dans des termes surprenants. Si Pizarnik avait été française et contemporaine, elle aurait probablement subi le sort de l’écrivain Richard Millet, lorsque ce dernier conférait une perfection littéraire au crime de Breivik. Pizarnik écrit en effet que « La perversión sexual y la demencia de la condesa Báthory son tan evidentes que Valentine Penrose se desentiende de ellas para concentrarse exclusivamente en la belleza convulsiva del personaje. No es fácil mostrar esta suerte de belleza. » A. Pizarnik, La condesa sangrienta »

        Cf. https://libroschorcha.files.wordpress.com/2018/04/la-condesa-sangrienta-alejandra-pizarnik.pdf (je crois qu’il est libre de droits)

        Le passage où elle décrit que la comtesse regardait le monde à travers un miroir qu’elle avait elle-même fabriquée et d’où elle composait ses scènes d’horreur pour son unique plaisir nous montre un être qui dépasse de loin le petit pervers narcissique qui hante nos revues de psychologie féminine. Pizarnik écrit que la majorité de ses victimes étaient des jeunes femmes, qu’elle piquait, coupait, taillait et qu’elle enfermait, selon la légende, dans ces vierges de fer qu’elle hissait au-dessus d’elle afin de prendre des douches de sang (lequel devait régénérer sa blanche peau délicate — « parce qu’elle le valait bien »)… Oui, la sororité comme la fraternité sont de bonnes blagues… Voici une belle illustration du profond sentiment d’égalité qui pouvait unir deux femmes au XVIIe siècle : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c8/Alonso_S%C3%A1nchez_Coello_011.jpg
        Au plaisir de vous lire.

        1. Merci beaucoup pour toutes ces pistes.
          Je ne connaissais pas l’affaire de la « comtesse sanglante », une sombre affaire semble-t-il dont on ne sait si elle est historique ou légendaire (ou les deux à la fois) (d’après Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_B%C3%A1thory). Si vous en savez plus…
          Je ne connaissais pas non plus le tableau d’Alonso Sanchez Cuello, de cette infante d’Espagne qui pose avec sa femme de chambre à ses pieds. Très intéressant quant au pouvoir des femmes au XVIe siècle et au tournant du XVIIe siècle. Artemisia Gentileschi est aussi une de ces femmes fortes de cette période, plus nuancée qu’on s’imagine quant au statut des femmes… http://eromakia.fr/index.php/arme-fatale-artemisia-gentileschi-ou-la-tactique-de-laccusation-de-viol-au-xviie-siecle/

          1. Oui, que faire avec toutes ces « déconstructions » de mythes à n’en plus finir qu’on nous offre dans les médias… Il y avait le cas de Gilles de Rais dont le procès avait été traduit par Klossowski, on remet en question le nombre des victimes, la validité des témoignages, pour la comtesse, une conspiration plus politique, le pouvoir d’une femme (on oublie combien il y a eu alors de régentes et le rôle qu’ont exercé les femmes depuis Theodora (cf. Les Anekdota de Procope dont a parlé si justement Philippe Muray sur le « pouvoir » de celle-ci sur Justinien), mais reste les accusations fort nombreuses, son procès et sa condamnation : la séquestration à vie dans sa chambre… Pizarnik ne s’encombre pas de ces questions que les documents de l’époque ne permettaient et d’ailleurs ne permettent sans doute toujours pas aujourd’hui de mieux nous faire connaitre les « faits », mais elle parvient avec son génie littéraire à mettre en scène un personnage dont la froide stature semble parfaitement cohérente avec les « faits » qui lui ont été imputés. Récemment, dans un article ou une thèse féministe que je lisais, on affirmait sans aucune distance que les hommes s’en prenaient toujours aux plus faibles, aux femmes, aux noirs, etc. C’est passer outre et très rapidement que la majorité des tueuses en série ou de masses (il y en a bien peu certes en comparaison) s’attaquent quasi toujours exclusivement à des enfants (c’est le cas, remarque Pizarnik, de la Comtesse Sanglante qui avait une prédilection pour les jeunes filles…), voire à des bébés et privilégient depuis les Grecques et les Romaines de l’Antiquité l’usage quasi invisible du poison… Je crois que Peggy Sastre a écrit un article à ce sujet.
            Femme de chambre naine, il faut le souligner, au XVIe et au XVIIe il y avait une mode chez les aristocrates, mais j’ai lui chez Quignard qu’elle remontait aussi loin qu’à la Rome antique de s’entourer de nains et de chiens, pour le plaisir qu’ils inspiraient… Cf. Velázquez qui leur attribue souvent le nom de Buffo…
            Parlant de Sanchez-Coello, je découvre à travers une galerie de personnages du XVIe siècle représentés par quatre ou cinq peintres une polémique voulant que certains portraits lui auraient été faussement attribués alors qu’ils auraient été peints selon des spécialistes par Sofonisba Anguissola. Je ne suis pas expert, mais après avoir regardé une dizaine de tableaux sur le site du Prado prétendument de Sanchez-Coello, tous dans une unité de style évidente, les toiles qu’on attribue à la peintre me semble de facture identique. Or, c’est même criant à quel point ailleurs les autres œuvres dont on sait qu’elles sont d’Anguissola, notamment en raison de nombreux autoportraits, ne ressemblent en rien à celles de Sanchez-Coello… En lisant l’article de Wikipedia (encore des « déconstructeurs » de mythes) jusqu’au bout, on nous apprend que d’autres tableaux d’Anguissola qui, eux non, plus ne participent en rien d’une unité quelconque de son style, auraient été faussement attribués (injustement?) à d’autres peintres de son époque, évidemment tous des hommes. Les tableaux d’Anguissola n’ont rien à envier par ailleurs à la plupart de ces autres peintres, alors pourquoi fabriquer des faux-faux quand on a autant d’œuvres qui témoignent de l’excellence d’un travail? Cependant comparez son autoportrait de 1610 avec le portrait qu’a fait d’elle Van Dyck à 89 ans où on voit d’ailleurs tout ce qui pouvait lui manquer pour faire partie de la classe de ce dernier suffit à faire douter de l’assimilation qu’on fait des œuvres de Sanchez-Coello (il est vrai personnage mystérieux) aux siennes… Et il y a, bien entendu, beaucoup plus d’exemples de peintres masculins qui, soit dit en passant, ne supportent pas la comparaison avec Van Dyck… Oui, j’ai lu votre article fort intéressant sur Artemisia qui n’enlève encore une fois rien à son talent, pas plus que les quelques rixes de Caravaggio ont fait plus ou moins de lui le génie qu’il a sans conteste été. Un génie, qui à entendre les Érinyes de la Némésis contemporaine devrait être relégué aux oubliettes de l’histoire du « blanctriarcat », de même que la musique de Gesualdo et même de Miles Davis (à moins, peut-être, d’être sauvée par les règles de l’« intersectionnalité »)… Désolé, de m’être étendu… Le confinement, sans doute…

            http://mercure.fltr.ucl.ac.be/Hodoi/concordances/procope_anekdota/lecture/default.htm

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