Mona Chollet – Réinventer le célibat

Un sentiment étrange m’a envahie à la découverte, non pas du dernier opus de Mona Chollet – une énième tartine féministo-paranoïaque entièrement téléphonée, j’y reviens un peu plus bas –, mais de ses déclarations et attitudes corporelles lors de la promotion de cet ouvrage sur les plateaux TV et radio. Je l’ai observée dans La Grande Librairie (22/09/21), si hésitante et balbutiante, si mal à l’aise et peu sûre d’elle qu’elle semblait presque chancelante dans ses convictions. Serait-elle sur le point de réaliser qu’elle raconte un peu n’importe quoi dans son dernier livre, voire même que le féminisme l’égare depuis des décennies ? Serait-on à la veille d’assister à un aggiornamento ou à la chute des écailles qu’elle a sur les yeux ? C’est tout le bien que je lui souhaite.

Je me dis que ce n’est pas impossible, puisque après tout, elle est bien revenue à la raison sur la question de la pénalisation des clients de la prostitution. Après avoir été abolitionniste en 2014, elle écrit dans Réinventer l’amour « regrette[r] amèrement d’avoir pris position, il y a quelques années, pour la pénalisation des clients de la prostitution, en croyant aux promesses qui étaient alors faites de garantir la sécurité physique et matérielle des personnes prostituées » (Wikipedia). Elle reconnait donc avoir été naïve et déconnectée du réel (le propre des féministes puritaines abolitionnistes) ; il ne lui resterait alors qu’à appliquer le même regard critique au reste de ses affirmations et croyances. Je pense qu’elle en est capable car j’ai ressenti, derrière son inconfort évident en interview, une authentique quête de sincérité et d’honnêteté – on n’est peut-être pas loin d’une véritable dissonance cognitive, en somme.

J’ai vu ensuite que Stéphane Édouard, qui l’a observée pour sa part sur les images d’une interview dans les locaux de France Inter (« L’escroquerie intellectuelle Mona Chollet »), a eu un ressenti tout à fait comparable au mien. Lui aussi a été frappé par la platitude et le vide de ses réponses, de même que par son regard toujours fuyant (un peu comme si elle était en panique intérieure) et son attitude auto-dépréciative (par le fait notamment qu’elle pose son sac à main à même le sol – je ne connaissais pas cette interprétation, je ferai désormais attention où je pose le mien, du coup 😉).

Réinventer le célibat, euh, l’amour

J’avoue ne pas avoir encore trouvé le courage (ou le masochisme) de m’infliger son dernier ouvrage, Réinventer l’amour, ne sachant que trop ce qu’elle y raconte (« Ouin ouin, les pôôvres Fâââmes sont victiiiimes des méchants zhoms, mécétroporrible, quand cela cessera-t-il, bouhouhou, la domination masculine, mécétropinjuste, han han, ouin ouin, le patriarcââât… »). Mathieu Bock-Côté a heureusement chroniqué l’ouvrage à plusieurs reprises dans le Figaro (« L’amour au “Wokistan” ») et sur CNews avec des mots parfaitement justes comme toujours, dénonçant le projet de déconstruction de l’homme, de l’hétérosexualité et des relations amoureuses qu’il défend – le leit-motiv des néoféministes depuis plusieurs années.

La difficulté des relations H/F est sans conteste le sujet le plus rebattu depuis les origines de l’humanité ; elle est au cœur de toute sa production artistique et littéraire – et même de mon propre site, puisque mon concept d’éromachie concerne précisément la lutte amoureuse entre les sexes, un combat immémorial envisagé non pas sous le regard borgne de la complainte victimaire féministe, mais sous l’angle d’une « bonne guerre » des sexes parfaitement assumée, car mettant en œuvre les principes de « l’équilibre asymétrique des désirs » d’une part et des lois biologiques du dimorphisme sexuel de l’autre (et de bien d’autres choses encore que je développerai au fil du temps).

Le problème avec les féministes est que, confrontées au moindre pépin, leur solution, en tant que gauchistes radicales post-marxistes, est toujours, après avoir répandu des flaques de larmes, de tout « déconstruire » (en clair : tout détruire). Écoutons Mélanie Gourarier sur l’hétérosexualité, justement : « L’hétérosexualité comme système, ça n’est pas que le couple. L’hétérosexualité, c’est aussi un processus historique qui s’inscrit dans les structures à grande échelle que sont les institutions familiales, économiques et plus largement politiques. C’est à celles-ci qu’il faut s’en prendre en premier lieu ». S’en prendre aux institutions familiales, économiques, politiques, rien que ça, donc. Sans oublier de détruire (enfin, « déconstruire ») les hommes, bien sûr, ajouteraient Alice Coffin et Sandrine Rousseau, exactement sur la même ligne.

Je n’ai pas eu envie de lire le livre, le placard sur la couverture suffisant pour que j’aie ma dose dès la première phrase : « Nombre de femmes et d’hommes qui cherchent l’épanouissement amoureux ensemble se retrouvent très démunis face au troisième protagoniste qui s’invite dans leur salon ou dans leur lit : le patriarcat. » Soupir… J’ai souvent expliqué ce que je pensais de ce fameux « patriarcat » qui vient traquer les pauvresses féministes jusqu’au fond de leur lit. Au moins, grâce au livre de Mona Chollet, les néo-féministes perpétuellement écrabouillées par la domination masculine auront désormais un petit viatique pour y faire face : place donc aux comprimés contre les renards, pardon, contre le « patriarcat », développés spécialement pour elles par le docteur Mona.

Dans La Grande Librairie (à 23’), Mona Chollet présente justement ses propositions pour « actualiser l’hétérosexualité ». J’ai du mal à croire que de telles idées creuses puissent être réellement prises au sérieux, mais admettons. Elle propose ainsi le « refus de cohabiter » (comme si c’était nouveau) qu’elle rebaptise pour l’occasion la « décohabitation » ; le « refus de se faire petite pour se protéger » consistant à « ne pas prendre une voix de bébé pour parler à un homme » (là je me frotte quand même un peu les oreilles) ; ainsi que « davantage d’audace et moins de complaisance dans les postures neurasthéniques ». Et là je rigole franchement, car dans le genre neurasthénique, la boss ultime, c’est quand même la féministe, je ne sais pas à qui ça aurait encore échappé.

Une (bonne) surprise pour moi est tout de même de la voir produire un livre entier sur l’hétérosexualité sans nous bassiner avec les délices et merveilles de l’amour lesbien (la dernière chose, moi qui suis une hétéro enchantée de l’être, que j’aurais envie de tester – que l’on me permette de ne pas être cliente, merci). Malgré tous ses efforts et son conditionnement mental misandre pluri-décennal, Mona Chollet semble ne pouvoir s’y résoudre elle non plus, à son grand désespoir et avec toutes les excuses requises (la vie serait tellement plus simple dans une cauchemardesque Cité des femmes, entre féministes hystérico-dépressives se crêpant le chignon H24, n’est-ce pas). Preuve s’il en était en tout cas que l’ORIENTATION SEXUELLE NE SE COMMANDE PAS (Biologie 1- Idéologie du genre 0).

Ha ha !

Cela ne l’empêche pas pour autant de dire un peu n’importe quoi sur les relations lesbiennes dans une interview au Temps (« Les femmes sont conditionnées à placer l’amour au centre de leur vie »). À la question de la journaliste : « Est-ce à dire que les relations entre femmes sont dépourvues de toute oppression patriarcale ? », elle répond : « Il peut bien sûr y avoir des rapports de domination au sein des couples lesbiens, mais il ne s’agit pas d’une domination structurelle comme la domination masculine », ben voyons ! La domination d’une personne sur une autre n’est pas liée à un fumeux « patriarcat » mais appartient à la psyché humaine la plus profonde. Les violences conjugales lesbiennes, psychologiques notamment, sont aussi fréquentes que dans les couples hétérosexuels, à tel point que cela ne peut même plus être dissimulé (cf. Campagne contre les violences conjugales dans les couples lesbiens).

Je continue la lecture du placard de couverture : « Au cœur de nos comédies romantiques, de nos représentations du couple idéal, est souvent encodée une forme d’infériorité féminine, suggérant que les femmes devraient choisir entre la pleine expression d’elles-mêmes et le bonheur amoureux. »

Mais n’importe quoi… comme si l’expression de soi et le bonheur amoureux s’excluaient mutuellement. Je ne me suis jamais autant exprimée qu’en étant amoureuse – y compris sous emprise amoureuse, un des états les plus addictifs que je connaisse. Je ne me suis jamais sentie inférieure aux hommes dans mes histoires d’amour, j’ai au contraire toujours joué de la différence sexuelle ; j’ai souffert, j’ai laissé des plumes, certes, et alors ? Les hommes aussi en laissent, des plumes. Je me suis remise debout et j’ai continué à aimer les hommes, d’autres hommes, d’autres catégories d’hommes – parce qu’il n’y a pas que le bad boy ou le piège à femmes dans la vie.

Mona Chollet ne comprend pas le désir hétérosexuel, comme on pouvait s’y attendre ; elle ne comprend pas ses zones grises, ses ambivalences, ses désirs réciproques de soumission et de domination, pas plus que l’addiction et le plaisir recherchés comme une drogue lors de l’emprise amoureuse ; elle ne sait y coller que sa grille déprimante et réductrice de « domination patriarcale » et de vie de couple contractualisée, aussi sexy qu’un registre de bilans comptables . À propos de l’emprise, comme l’écrit Mathieu Bock-Côté : « Il n’y a pas, et ne peut pas avoir de pureté du désir, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de sincérité de l’amour. Celui qui saurait exactement pourquoi il désire une femme ne la désirerait probablement plus. L’inverse est aussi vrai. La transparence absolue des sentiments annonce leur inévitable assèchement. »

Le problème des féministes est aussi que comme elles ont souvent une très haute d’image d’elles-mêmes (liée à leur élévation sociale objective dans nos sociétés hyper-féminisées), elles sont plus encore que d’habitude attirées uniquement par ce qui brille : situation sociale, prestige, hauts revenus, physique avantageux (si possible tout à la fois). Or le marché amoureux n’est pas toujours à leur avantage et la vieille hypergamie (le fait pour une femme de se marier avec un homme plus élevé socialement qu’elle) de moins en moins possible à mettre en œuvre (voir plus bas). Réduites à pratiquer malgré elles l’hypogamie (épouser un homme moins diplômé et qu’elles devront parfois entretenir), leur colère et leur dépit n’en sont que décuplés ; leur célibat aussi.

Suite du placard : « Le conditionnement social subi par chacun, qui persuade les hommes que tout leur est dû, tout en valorisant chez les femmes l’abnégation et le dévouement, et en minant leur confiance en elles, produit des déséquilibres de pouvoir qui peuvent culminer en violences physiques et psychologiques ».

Cette manière d’établir un continuum entre le couple hétérosexuel et les violences conjugales dénote l’habituelle incompréhension féministe des mécanismes de la violence en général et des violences conjugales en particulier. Rapporter les violences conjugales au « patriarcat » ou à une « construction de genre » relève de l’idéologie pure. Comme évoqué dans cet article,  « Sébastien Dupont : Distinguer les violences faites aux femmes pour mieux les combattre », les violences conjugales ont des racines (alcoolisme, troubles de la personnalité, port d’armes, etc…) que les féministes sont incapables d’envisager.  

Cette paranoïa anti-homme ne laisse tout de même pas de me frapper. Dans quel cauchemar peuplé de mâles et de phallus effrayants ces féministes évoluent-elles en permanence ? Les mêmes interrogations me sont venues à la lecture de l’échange entre Alain Finkielkraut et Alice Coffin dans L’Obs, « Féminisme, patriarcat… On a fait débattre Alice Coffin et Alain Finkielkraut » (29/09/21). Les propos de Coffin ne sont qu’une interminable jérémiade de petite chose fragile et peureuse terrorisée par « la force et la violence masculines » qui s’exerceraient en tous lieux, écrasant systématiquement les pauvres femmes et leur parole : « On ne parle pas de cas individuels quand on parle de patriarcat, parce que toute la force et la violence du patriarcat, c’est d’être un système, une matrice qui infuse, qui infiltre chaque pan de nos existences », débite-t-elle. Personnellement, je n’ai pas peur de frayer avec les hommes et je n’ai jamais eu besoin d’une Miss Coffin pour me défendre ou me protéger de leurs assauts.

Poursuivons. « Même l’attitude que chacun est poussé à adopter à l’égard de l’amour, les femmes apprenant à le (sur ?) valoriser et les hommes à lui refuser une place centrale dans leur vie, prépare des relations qui ne peuvent qu’être malheureuses ».

Que de clichés, que de méconnaissance des relations humaines. On se croirait dans les colonnes d’un magazine féminin pour adolescentes, une impression récurrente également dans les déclarations de Mona Chollet, comme dans son entretien avec le Temps : « Les hommes, affirme-t-elle, ne pensent pas à leur rendre la pareille, car ils n’ont jamais appris que leur rôle était de se soucier du bien-être émotionnel de l’autre. S’interroger sur eux-mêmes, discuter de leurs relations, rechercher une meilleure communication et un mieux-être psychologique, cela ne fait pas partie de leur éducation, même s’il y a plein d’hommes très bien intentionnés, qui ne se ressentent pas du tout comme machistes ». Vraiment, on se croirait dans les colonnes d’OK Magazine dans les années 80 (« Ouin ouin, mon petit copain n’est pas à mon écoute, comment puis-je faire pour le rééduquer, han ? ».

« Sur le plan sexuel, enfin, les fantasmes masculins continuent de saturer l’espace du désir : comment les femmes peuvent-elles retrouver un regard et une voix ? »

Quel misérabilisme et quel déni de la réalité. Comme si les femmes étaient incapables d’exprimer leurs désirs et leurs fantasmes ; je ne comprends décidément pas sur quelle planète elle vit.

Extrait des notes de bas de page.

Un simple coup d’œil, même partiel, à la bibliographie permet encore de se rendre compte que les seules sources sont une fois de plus la presse de gauche (Télérama,…), les magazines féminins un peu bêbêtes et comme toujours, la floppée de radicales féministes américaines toutes plus caricaturales les unes que les autres (« bell hooks », Adrienne Rich, …).

Adrienne Rich, donc. Une des « têtes pensantes » des néo-féministes et de Mona Chollet.

La table des matières est un défilé de complaintes sur le thème d’une infériorité féminine et d’une supériorité masculine absolues, permanentes, mais totalement fantasmées. C’est également ce qui ressort de toutes ses interviews. Mona Chollet semble être restée une petite fille aussi naïve que niaise, enfermée dans des représentations de type Bisounours des rapports amoureux, ce qui est tout de même assez surprenant en 2021. On a l’impression qu’elle n’a jamais rien vécu ou qu’elle sort directement du Couvent des Oiseaux. Cette insondable candeur de béotienne et cette vision de la réalité directement sortie des contes de fées pourraient être mises en parallèle avec les lamentations victimaires de Manon Garcia (voir Manon Garcia ou la philosophie soumise à l’idéologie victimaire). À 15’ de La Grande Librairie, on découvre, tout aussi stupéfait, qu’elle vivait jusque-là « dans l’illusion que la domination et la violence étaient absente des relations sentimentales » et vraiment, on se pince.

« Sorcières » et le refus de la maternité

Comme je l’avais compris en chroniquant son ouvrage Sorcières, celui-ci n’était dans les faits qu’une tortueuse justification, basée sur la mythologie féministe sur les sorcières, de son refus personnel d’être mère – cette vieille obsession féministe faussement libératrice. Comme elle l’explique à Libération, l’objet de Sorcières était bien « l’envie d’écrire sur le choix de ne pas avoir d’enfants ».

Dans un article au titre aussi ridicule que putassier (« Le modèle actuel de l’amour hétéro ne fonctionne que lorsque les femmes ferment leur gueule »), Libération revient justement sur Sorcières et sur ses libertés prises avec la vérité historique : « « Sorcières » véhicule une idée de la sorcellerie qui n’est pas celle des historiens et historiennes d’aujourd’hui », témoigne ainsi Thibaut Maus de Rolley, professeur à l’University College London. Pour lui, l’essayiste « reprend pour l’essentiel les thèses des féministes radicales américaines des années 1970 (Barbara Ehrenreich, Deirdre English, Mary Daly), très largement diffusées dans le grand public anglo-saxon, qui ont contribué à faire de la sorcière une icône des combats féministes et une figure clé des mouvements new age et néopaïens ». Or, ces thèses ont été fortement contestées depuis, comme l’explique aussi le doctorant Maxime Gelly-Perbellini : « Mona Chollet se concentre sur la dynamique de domination hommes-femmes. Le système de répression est complexe et correspond à d’autres phénomènes qui se cumulent. » Pour le dire autrement, le profil type des victimes des persécutions donné par Mona Chollet – des sage-femmes, des guérisseuses, des femmes sexuellement affranchies, rebelles à l’ordre patriarcal – ne correspondrait pas toujours à ce que l’on trouve dans les archives des procès. » C’est ce que j’écrivais dans mon article.

Réinventer le célibat

Donc, de la même manière que Sorcières parlait de manière détournée de ses propres choix de vie, Réinventer l’amour serait tout aussi autobiographique. Dans L’Obs, « Comment Mona Chollet est devenue une icône du féminisme », Mona Chollet explique que chacun de ses livres a pour point de départ sa situation personnelle et que pour Réinventer l’amour, c’était le fait de « se retrouver de nouveau dans la situation de femme célibataire et d’être confrontée au regard social sur cela pour la première fois depuis très longtemps ». Dans le livre, elle explique ainsi « avoir laissé mourir une relation en plaçant la considération pour elle-même au premier plan ».

Voilà qui pourrait donc éclairer d’un jour intéressant l’inconfort visible de Mona sur les plateaux TV. Ne serait-elle pas tout simplement en train d’expérimenter le MUR, le fameux mur, ce moment où les reines féministes, habituées à faire valser les hommes autour d’elles comme des marionnettes, se prennent soudain la réalité en pleine poire ? Aujourd’hui seule et sans enfants par choix, il va lui falloir assumer le célibat subi, la cinquantaine approchant à grands pas et les cheveux gris par choix également (pour mieux incarner la fausse sorcière). Et avec les critères qui sont les siens pour retrouver l’âme sœur, on lui souhaite sincèrement bonne chance.

Car quel est le profil du prince charmant version Mona Chollet ? Un « homme déconstruit », pardi ! Improbable hybride mi-homme mi-serpillière et re mi-homme derrière, cet énergumène post-moderne (dont Ivan Jablonka pourrait faire figure d’étalon) grenouillerait aux dernières nouvelles dans les bas-fonds de l’écologie et du gauchisme – chez les éco-féministes très précisément, comme chacun l’a découvert récemment. Sinon, si les rares exemplaires existants sont déjà par trop déconstruits, il lui restera à se le fabriquer elle-même, soit en démontant psychologiquement un homme (la grande spécialité des féministes « rééducatrices »), soit en remettant des piles à son vibromasseur – car autant aller directement à l’essentiel, ce qui, avec le mâle sur pattes déconstruit, n’est pas gagné d’avance.

Dans son interview au Temps, l’engagement amoureux d’une femme envers un homme est selon elle « une des formes d’exploitation de la force et de l’énergie des femmes » et le pendant du travail domestique invisibilisé. Quelle complainte pitoyable… Comme si tous les comportements amoureux d’une femme revenaient à faire le ménage… Les féministes ne savent décidément se voir qu’en éternelles Cendrillon condamnées à récurer la cuisine ad vitam, jusqu’à ce que leur prince déconstruit vienne les enlever sur son cheval blanc.

Bref. Mona entreprend de nous expliquer l’amour hétérosexuel au moment même où elle se ramasse un râteau mémorable sur le sujet. On a beau savoir que ce sont les cordonniers les plus mal chaussés, mais tout de même… Bien sûr, la pirouette consiste ici à tout mettre sur le dos du « patriarcat », mais la ficelle est assez grosse. Evidemment, tout le monde peut se faire larguer ou voir échouer sa relation, même les non-féministes, même moi ; tout le monde ou presque passe par des déboires amoureux au cours de sa vie. Mais la différence entre moi et Chollet, par exemple, c’est que je n’ai jamais envisagé de détruire les relations hétérosexuelles dans le monde entier pour me venger. Au contraire, j’ai positivé, je me suis remise en selle et j’ai reconsidéré mes critères de sélection. Exit le coq au milieu de la basse-cour, le piège à filles ou le bad boy (parfois les trois en même temps, ce fameux « pervers narcissique » qui fait tant saliver les féministes) et bienvenue aux hommes intelligents avec du cœur et avec qui on peut discuter (et ce n’est pas ce qui manque).

Sur le sujet des PN, justement, Mona Chollet nous la fait à l’envers. Elle écrit que ceux qu’on appelle les « pervers narcissiques » seraient les « enfants sains du patriarcat », alors qu’ils sont aujourd’hui précisément les enfants éclopés du féminisme élevés tant bien que mal par une mère toute-puissante mais dépassée (et au final impuissante), car ayant détruit la figure paternelle. J’en ai parlé dans cet article et c’est mon hypothèse : l’immaturité psychique incurable de beaucoup d’hommes et de femmes d’aujourd’hui aurait beaucoup à voir avec le fait qu’ils n’ont jamais eu de modèle parental sain pour se construire. L’absence de père ou de figure incarnant la fonction masculine paternelle serait ainsi à mettre en lien avec l’individualisme croissant chez les deux sexes, de même qu’avec les troubles mentaux des féministes. Enfants sans pères et sans repères, n’ayant jamais eu de modèle de couple structuré et aimant sous les yeux, ils errent ensuite dans la vie comme des âmes en peine. Je suis convaincue que c’est la destruction par les féministes d’un « patriarcat sain », celui que Paula Wright appelle par exemple le « patriarcat réformé », qui fait entre autres le lit des « pervers narcissiques ».

L’amour hétérosexuel dans les faits

La vision féministe radicale des rapports amoureux est toujours en porte-à-faux avec la réalité. Quand Mona Chollet déroule par exemple ce lieu commun : « A l’opposé, il existe aussi une forte censure sociale pour celles qui voudraient avoir des relations sexuelles sans s’investir émotionnellement. C’est le fameux stigmate de la salope », elle semble ignorer que les statistiques ne vont pas toutes dans son sens, loin s’en faut. Des études ont ainsi montré que plus une femme a de partenaires sexuels, plus son indice de dépression est grand et plus elle prend d’antidépresseurs (cette étude et celle-ci). Selon les statistiques, on apprend aussi que les femmes, contrairement aux hommes, ne rêvent pas d’avoir des dizaines de partenaires sexuels dans leur vie : la plupart en souhaitent seulement deux ! (voir l’article d’Aristide Renou).

« Il est paradoxal et contradictoire qu’il y ait de l’amour entre les hommes et les femmes », s’étonne-t-elle dans La Grande Librairie (14’), ce qui en dit long sur son profond mal-être et probablement son insondable désespoir. Elle égrène ensuite les lamentations féministes habituelles, à grand coups de clichés tout droit sortis des magazines féminins ; des affirmations qu’elle semble tenir pour acceptées par tous et qu’elle combat à ce titre dans son livre :

« L’intelligence fait fuir les hommes ». C’est faux, évidemment, puisque ça dépend de quels hommes on parle. Il est vrai que certains hommes se sentent rassurés par des femmes plus bêtes qu’eux (il faut reconnaître à leur décharge que certaines femmes intelligentes peuvent aussi être particulièrement casse-couilles – là je parle de moi, mais c’est pire encore quand la femme est féministe) ; mais il en reste suffisamment à qui l’intelligence convient parfaitement et pour lesquels elle est même un critère de choix. Raison pour laquelle les couples formés par des partenaires aux QI élevés sont statistiquement plus stables et divorcent moins que les autres (voir plus bas).

« Une femme doit être plus petite qu’un homme pour pouvoir être aimée ». Voici une manière particulièrement sournoise de retourner les choses dans le sens de la complainte féministe. La réalité est évidemment que celui qui a la plus grosse pression et l’interdiction quasi absolue de ne pas avoir la taille idoine, c’est l’homme. On sait tous ce que vivent les hommes de moins d’1,80m sur les sites de rencontre ; pourquoi Mona Chollet ne prend-elle pas clairement leur défense au lieu de victimiser encore les femmes et ne pas reconnaître que ce sont ses copines féministes qui sont les premières à cracher sur les hommes qui n’ont pas les critères physiques du Pince charmant ?

« Une femme doit être mince pour ne pas prendre trop de place dans le couple ». Ben voyons… L’accusation de grossophobie est surtout le moyen d’encourager les jeunes femmes à ruiner leur santé pour toute leur vie en entretenant un surpoids installé beaucoup trop tôt.

« Une femme ne doit pas réussir aussi bien qu’un homme ». C’est un cliché éculé qui ne correspond plus du tout à la réalité (voir plus bas). Mona semble ignorer que beaucoup d’hommes aujourd’hui recherchent au contraire une femme qui non seulement gagne de l’argent, mais en gagne plus qu’eux, puisqu’ils ont été dépossédés de tout rôle symbolique de subsistance. Beaucoup se sont de ce fait adaptés et n’ont plus de scrupules à se faire entretenir par leur femme – d’une certaine manière, les féministes ont ce qu’elles méritent.

En conclusion de son interview à La Grande Libraire, elle pense que « l’amour n’existe pas », « parce que le réel ne lui convient pas », elle qui « ne voudrait que des happy end »… Elle préfère finalement « se passer d’amour que de vivre un amour trop inégal » ; une défense du célibat et de la solitude – délirante mais très à la mode chez les féministes ; une manière surtout de reconnaître que l’affaire est pliée et qu’elles peuvent épouser leur chat. Je trouve cela infiniment triste et cela ne fait que renforcer mon dégoût pour l’idéologie féministe qui les a menées là.

L’hypergamie en 2021 et les conséquences du féminisme sur la nuptialité et la pauvreté

Des études et des articles se font l’écho régulièrement des paradoxes du mariage et de l’influence négative du féminisme sur la nuptialité (par exemple Le mariage, nouveau marqueur des inégalités sociales (Les Échos, 6/08/19) ou cette traduction réente d’un article anglais par Aristide Renou, « Féminisme et classes sociales », 29/09/21) qui donne ces chiffres pour les États-Unis : « Les personnes les moins diplômées sont moins nombreuses à être mariées et ces mariages ont deux fois moins de chances de durer. Environ 65 % des femmes les moins diplômées étaient mariées en 1990, mais seulement 50 % en 2017. (…) Près de 80 % des mariages homme-femme dans lesquels les femmes ont fait des études supérieures devraient durer jusqu’à la mort, alors que cela ne devrait être le cas que de 40 % de ceux impliquant des femmes sans diplômes universitaires. »

Une enquête récente publiée dans le Figaro, « Le mariage favorise-t-il encore la promotion sociale ? » (21/09/21) confirme ces chiffres, en France, cette fois : « Alors que 80 % des ouvrières de 35 à 44 ans et 71 % des femmes cadres vivaient en couple en 1990, la proportion s’est inversée à partir des années 2010 (respectivement 68 % d’ouvrières mariées ou pacsées et 73 % pour les cadres), souligne l’Insee dans son étude « Couples et familles ». (…) Le débat fait rage aux États-Unis sur le thème : « Le déclin du mariage chez les classes moyennes accroît les inégalités », tout comme le phénomène des familles monoparentales concerne exclusivement les catégories les moins favorisées. »

Dans l’hypergamie – le fait de se marier avec quelqu’un d’un milieu social « supérieur », « les démographes ont longtemps vu un schéma éprouvé de promotion sociale » : « Les femmes cherchaient, dans le choix de leur conjoint, à assurer une plus forte sécurité pour leurs enfants ; les hommes préféraient épouser des femmes dont la position sociale ne leur faisait pas concurrence au sein du foyer » (on parle alors d’hypogamie), résume l’économiste-géographe Laurent Davezies. Et tout en reconnaissant qu’il s’agit d’une vision quelque peu patriarcale, il juge que « l’hypergamie n’a pas que des défauts : elle a constitué, au fil du temps, un mécanisme majeur de redistribution et de cohésion sociale, de « fusion », pourrait-on dire, entre familles de milieux différents ». Or, les choses ne fonctionnent plus ainsi. « La tendance à l’« hypergamie féminine », selon laquelle les femmes se mettent en couple « vers le haut », avec un conjoint d’une classe supérieure à la leur, ne tient plus. Depuis 2000, les femmes sont plus diplômées en moyenne que les hommes. Et même si ces derniers occupent encore des professions plus « élevées » et ont des salaires supérieurs, l’écart en faveur des hommes diminue », explique Milan Bouchet-Valat. »

Il en résulte que sous la pression et les exigences des féministes, l’ascension sociale par le mariage n’est quasiment plus possible pour une jeune femme. Aujourd’hui « l’homogamie » des mariages domine clairement. Chaque classe sociale se marie entre soi, formant des milieux étanches. Sur les sites de rencontres, c’est très clair, où « les critères de sélectivité renforçant l’homogamie la plus décomplexée reviennent au grand galop ». De ce fait, les revenus des couples sont de plus en plus inégaux : « Loin d’être un facteur de réduction des inégalités salariales, comme il a pu l’être durant les Trente Glorieuses, le mariage tend au contraire à les exacerber ».

« Il y a deux raisons à cette « homogamie économique » : malgré les disparités salariales tant décriées entre hommes et femmes, les couples rassemblent de plus en plus des salaires de niveau comparable (l’avocat n’épouse plus sa secrétaire mais une avocate) et la multiplication des familles monoparentales est bien souvent gage de pauvreté. L’étude de l’Insee publiée la semaine dernière rappelle qu’en 2020 le quart des familles (avec enfant(s)) n’avait qu’un parent, que 4 millions d’enfants mineurs vivaient dans des foyers monoparentaux, dont 41 % en dessous du seuil de pauvreté (21 % pour l’ensemble des enfants). En France, comme aux États-Unis, les tendances décennales concordent : plus on dispose de revenus élevés et plus on continue de se marier, avec en outre une quasi-inexistence de familles monoparentales parmi les plus aisés ».

Autrement, dit, le mariage est devenu un marqueur social flagrant : seules les classes sociales supérieures et éduquées sont à même de le faire perdurer et d’offrir à leur progéniture des environnements stables. Inversement les classes sociales défavorisées voient le plus grand nombre de familles instables, de divorces et de mères isolées, accentuant leur pauvreté et leur déclassement social.

Et le féminisme là-dedans ? La lutte acharnée du féminisme contre la famille, la maternité, la paternité et désormais l’hétérosexualité et la masculinité a porté ses fruits mais fait les dégâts les plus considérables dans les milieux défavorisés, déjà pauvres et qui se voient encore plus appauvris. Ce féminisme déconstructiviste d’extrême gauche est définitivement une occupation de petites bourgeoises repues et désoeuvrées qui ont du temps à perdre à lutter contre un patriarcat fantasmatique pendant que dans des foyers explosés toujours plus démunis, des femmes et des enfants isolés vont payer le prix fort de leurs lubies. Pendant que les féministes des classes supérieures sauvent les meubles, du fait de leur éducation, les catégories sociales défavorisées vont appliquer malgré elles leurs préceptes fous, faute d’être suffisamment équipées pour surmonter le désastre que cette idéologie installe dans leur quotidien. On ne dit donc pas merci pour leur oeuvre aux Chollet et autres féministes déconstructivistes – car le réel contredit toujours leurs théories.

Suite de cet article :

[à suivre…]

  • Voir aussi :

. Sur Mona Chollet :

9 réponses sur “Mona Chollet – Réinventer le célibat”

  1. Je vous attendais à ce propos, merci !
    Au risque de me répéter : quand une bonne amie m’a annoncé son intention de préparer une thèse sur la base de Mona Chollet en juin dernier, j’ai légèrement blémi, je ne sais toujours pas quoi lui dire si ce n’est que tout ça n’est pas très scientifique et les Humanités devraient n’en avoir rien à foutre dans un monde un tout petit peu équilibré. Après, pourquoi tant de femmes sont tentées par ce type de lecture ? Je n’en sais rien, ça correspond à un besoin d’une « renarcissisation » je crois.
    Tout ce que vous rapportez est souvent très juste. Je sais de témoignages d’amies proches que les comportements de butinages féminins (sur le calque de ce qu’on s’imagine de l’homme) s’accompagnent rarement d’épanouissements, et parfois de déprimes OUI, c’est VRAI. Et, cet autre point m’interpelle particulièrement : cette malhonnêteté intellectuelle féministe consistant à FAIRE CROIRE que la pression sélective est à la défaveur des femmes du fait des méchants hommes ! C’est d’une incroyable putasserie. Le sites et applis de rencontre, que vous évoquez à juste titre comme générateurs d’homogamie, permettent à tout un tas de filles grosses, petites et moches (pour faire simple) d’assouvir leurs pulsions. Je préfère le dire crument, au moins ça traduit une réalité statistique. Les hommes dans le même cas sont sur une longue liste d’attente. Mon cas n’a aucune importance, même si je connais chances et malchances comme tout le monde, je sais en tout cas que les foutaises qu’énonce Mona Chollet en résumé dans votre article dénotent purement et simplement une ignorance totale de la dynamique des relations humaines. Elle ne fait que seriner ce qu’ânonnent la plupart de mes amis gauchistes mono-idéiques : « nan mais tu te rends compte tu peux pas porter une jupe sans te faire traiter de pute… » Mais de quoi tu me parles ? Ta gueule ! Mai 1968 a plus de 50 ans, le sexe/loisir est assez assumé, on s’en fout !
    Oui, ces gens se prendront un gros mur de réalisme dans leur tronche, mais c’est assez normal : ils ont 1000 ans de retard, ils servent une cause communautaire, victimaire et narcissique, ce n’est pas le sens de l’Histoire. Quand la France périurbaine défile depuis 3 ans tous les week-ends pour un droit à la dignité, que croient-elles qu’on en ait à secouer d’un homme déconstruit ou des vertus d’une bite racisée ? Après Coffin et Rousseau, bientôt Chollet et d’autres, jusqu’à la secte complète ? A l’inverse, pour revenir à elle, j’ai découvert qu’Annie Le Brun, en plus de sa rage anticipatrice contre le conformisme néofémniste, a écrit en 2018 « Ce qui n’a pas de prix », où elle dénonce la collusion entre le court termisme financier et le caractère jetable de l’art contemporain. C’est une réelle question citoyenne et sérieuse… S’intéresser à la beauté comme objet politique, à la recherche de la vérité des classiques et servir une cause supérieure à son nombril a pour effet de faire durer dans l’histoire, j’aime à croire que les féministes zélées que je connais trop bien sentiront les poils du balai avant d’être mises à la poubelle, au moins ça leur offrirait un sursit pour une oeuvre un peu moins destructrice.

  2. « Prendre les femmes pour ce qu’elles ne sont pas et les laisser pour ce qu’elles sont », disait Gainsbourg il y a quelques années. Je ne suis pas certain de bien comprendre ce qu’il a voulu dire par là, mais ce que je comprends de la société d’aujourd’hui envahie par le discours féministe dominant, dont Coffin, Chollet et consorts nous donnent une illustration parfaite, c’est qu’il faut laisser les féministes à leurs misérables jérémiades qui semblent n’avoir qu’un seul but : stigmatiser les hommes en dénonçant un prétendu « patriarcat » imaginaire qui n’a plus guère de sens ni de réalité aujourd’hui en France et dans la plupart des pays occidentaux ! Les laisser pérorer et finir leur vie en célibataires aigries et vitupérantes est bien la seule chose qu’on peut leur souhaiter. Les femmes ont aujourd’hui largement de quoi vivre sans dépendre d’un homme si elles le souhaitent, car elles ont la maîtrise de leur destin, de leur indépendance financière, de leur fécondité, de leurs libertés politiques, et même le droit d’imposer à un homme une paternité dont il n’a pas voulu et que la justice se chargera de lui faire payer sur ses deniers même s’il n’a jamais été d’accord pour cela ! Et avec l’ouverture récente du droit à la PMA pour les femmes lesbiennes et célibataires, elles n’auront désormais même plus besoin d’en passer par le coït pour satisfaire leur prétendu désir irrépressible d’enfant. Alors de quoi se plaignent-elles ? De prétendues « assignations » sociales (sic), qui les pousseraient malgré elles à rechercher amour et protection auprès des hommes, chose qui semble horrifier toutes ces féministes misandres et « bitophobes », comme disait Pierre Desproges pour désigner celles qu’il appelait, dans ses Chroniques de la haine ordinaire, les « connasses MLF ». Plutôt que d’essayer de démontrer par A plus B que l’attirance des femmes envers les hommes se fonde autant, voire plus, sur la biologie que sur l’histoire sociale, je crois qu’il ne faut en réalité pas trop perdre son temps à commenter les inepties de ces prétendues intellectuelles féministes de gauche, qui cherchent surtout à régler leurs problèmes affectifs personnels en écrivant imbéciles qui leur assureront une surexposition médiatique dans les médias publics, et qui plait surtout aux journalistes de gauche et à une poignée de lectrices frustrées. Claire Brétécher l’avait bien compris, qui faisait déjà la chronique satirique de ces féministes misandres et incohérentes dans ses BD, au cours des années 70/80/90. Alors vraiment, laissons ces femmes qui veulent tellement se défaire des hommes vivre leur petite vie mesquine, et intéressons-nous plutôt à des femmes qui méritent qu’on les fréquente et qu’on les écoute, car elles ne passent pas leur temps à régler leurs complexes psychiques en fustigeant les hommes et en leur attribuant un pouvoir sur les femmes qu’ils n’ont plus depuis longtemps ! Ces femmes aimantes et respectueuses des hommes, elles sont bien plus nombreuses que ce que voudraient nous le faire croire les médias dominants prétendument « progressistes » : elles n’ont aucun intention de vivre sans les hommes ou de passer leur vie à leur faire des reproches pour se valoriser elles-mêmes et pour excuser leurs propres erreurs et fautes personnelles.

    1. Tout à fait ! Nous sommes envahis ces jours-ci par la propagande féministe pour le célibat « choisi », un cinéma pitoyable pour sauver la face qui ne trompe personne. Aucune de ces femmes n’est célibataire par choix, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. C’est le revers de l’égalité et du féminisme et le prix à payer est plus lourd que prévu.

  3. Bonsoir,

    À la lecture de ton article, j’ai pensé à nos précédentes discussions, et ce que disais l’Observateur à ce sujet. Je ne sais pas quoi dire sinon ce que tu disais toi-même : les féministes ont agi, mais sans réfléchir aux conséquences, et elles en paient le prix. Le problème, c’est que la société entière subit ces conséquences avec elle.

    J’ai visionné l’interview de Mona Chollet via la vidéo de Stéphane Edouard, et c’est vrai que je n’ai pas compris son propos. Mais comme l’as analysé Stéphane Edouard, et comme tu le dirais toi-même, il n’y a rien à comprendre sinon qu’il n’y a rien à comprendre.

    C’est toujours un plaisir de te lire.

    1. Il devient assez clair que la complainte féministe contre les hommes et l’hétérosexualité ainsi que la promotion du célibat qu’elles font partout en ce moment (« Ouin ouin, les hommes ils sont trop méchants, le patriarcat c’est trop dur, je préfère être seule, gneu gneu ») n’est qu’une manière de dissimuler leur dépit et d’acter leur mise en échec.
      A mon sens, le problème des néoféministes s’appelle l’HYPOGAMIE FEMININE. Les femmes ont obtenu tous les pouvoirs et trustent le marché de l’emploi; elles n’ont objectivement plus besoin des hommes. Elles sont plus diplômées, n’ont plus besoin d’eux pour faire des enfants ni subvenir financièrement à leurs besoins, elles sont totalement autonomes.
      Le problème est alors qu’elles ne peuvent plus pratiquer l’hypergamie : il n’y a plus suffisamment d’hommes en face d’elles qui gagnent plus qu’elles, peuvent encore leur servir d’ascenseur social tout en leur apportant du prestige. Sachant que dans le même temps, une femme (surtout féministe) de la classe moyenne ou supérieure ne peut pas se résoudre à pratiquer l’hypogamie. Autant les hommes n’ont jamais eu de problème à épouser une femme d’une classe ou d’un niveau d’études inférieurs aux leurs; jamais une féministe CSP+ ne pourra accepter de rabaisser ses prétentions, voire d’entretenir son conjoint. Si on rajoute à cela que la féministe est souvent une casse-couilles exigeante, névrosée, misandre, à tendance rééducatrice, ne voulant pas d’enfants, attendant d’approcher la quarantaine pour se caser et ne faisant pas de concessions sur le statut, on comprend qu’il ne lui reste qu’à épouser son chat.

  4. Bonjour, ce que tu dis fait particulièrement écho en moi.

    Je me rappelle que l’Observateur a parlé du principe des 20/80 (20% des hommes prisés par 80% des femmes, 80% des hommes se partageant le reste des femmes), lequel est une bonne illustration de l’hypergamie dans notre société. Il mentionne aussi ce mécanisme inconscient issu de l’évolution qui pousse les femmes à choisir celui le plus à même à subvenir à tous les besoins d’un foyer. Si ce trait a perduré, c’est bien parce qu’hommes comme femmes y trouvaient leur avantage. Assez cyniquement, je dirai que c’est l’illustration de la loi du marché qui régit actuellement les relations hommes-femmes, malgré la conscience de celle-ci par les individus.

    Concernant les féministes en particulier, je te fais suivre la vidéo de l’Observateur sur le sujet : https://www.youtube.com/watch?v=qA7N7oJ0XYw.Il. Elle rejoint dans ses points principaux tes observations sur les féministes-enfants.

    Bien à toi.

      1. A l’adresse de Dionysiac, même si je suis plus souvent Apollinien, j’aime ce mélange entre harmonie et désordre, sagesse et folie qui ponctue une vie humaine, et que je ne veux pas voir moraliser par des ligues de vertus hystériques : je suis d’accord, il faut apprendre à les laisser geindre et se suicider dans leur coin et nous tourner vers la part de beauté que la vie offre encore.

        Cela dit, le problème que j’apprends seulement à dépasser maintenant est d’apprendre à « m’en foutre ». Quand vous êtes en entreprise, à la pause café, ou même parfois quand vous rencontrez des personnes intéressantes du sexe opposé, on vous enjoint assez fréquemment à l’indignation facile, au choix d’un camp rapide. Et un tel réflexe corporatiste m’est impossible sans essayer de comprendre… Heureusement, ce site offre beaucoup d’outils, y compris des analyses d’art capables de faire relativiser la laideur de ce qu’on nous impose. Le réel triomphe toujours, in fine, je commence à m’en rendre compte, enfin.

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