Des clitos, des clitos, et encore des clitos

L’art féministe ou le déficit d’inspiration

L’art féministe est une galerie monomaniaque et fastidieuse qui a pour unique thématique l’étalage pseudo-provocateur des organes sexuels féminins.

Que le sujet représenté soit le clitoris, le vagin, la vulve, les poils pubiens, les seins, les règles ou la cellulite, son message est toujours le même : refuser au corps féminin toute fonction érotique et faire croire que la femme – réduite ici à son système reproducteur – est la grande perdante de l’histoire de l’art. Et bien sûr que toujours et partout, elle reste l’éternelle victime du « patriarcââât« .

L’art féministe se réduit donc souvent à une banale défense de la masturbation féminine (qui ne l’a de toutes façons pas attendu pour exister dans l’art) et surtout à une entreprise agressive visant au final à dégoûter les hommes et les autres femmes du sexe féminin. Car celui-ci est toujours représenté de manière froide, anatomique, laide ou carrément vulgaire.

Le clitoris comme unique totem

Les artistes féministes militantes adorent représenter des clitoris, ce qui n’est pas sans rappeler le goût un peu régressif des petits (et grands) garçons qui dessinent des bites partout.  En soi, ce n’est pas critiquable – après tout, Picasso aussi dessinait des bites. C’est un sujet comme un autre.

Pablo Picasso, Le Phallus, 1903

Mais l’intérêt du clitoris, pour les féministes, c’est que sa représentation anatomique est aussi bandante que celle d’un rein ou d’un intestin – nulle, donc. Enfin un organe sexuel féminin qui n’excite pas les hommes ! (surtout de la manière dont elles le représentent). Les féministes ont enfin trouvé leur Graal et elles peuvent jouir de leur unique obsession : interdire le désir masculin.

Une fois, ça va, on peut entendre le message – car il est exact que le clitoris était jusqu’à récemment un organe quasi inconnu. Mais la répétition ad nauseam de cette thématique unique finit surtout par faire apparaître une chose : le manque flagrant d’inspiration d’une armée de copieurs et de copieuses en total manque de créativité ! 🙂

Exemple de sujet « original » : le clitoris géant

Sophia Wallace, Cliteracy (installation « Unconquerable »), 2013

Depuis cette création plutôt esthétique, il faut le reconnaître, de Sophia Wallace en 2013 – qui n’est pas sans évoquer une bite et des couilles stylisées avec des ailes (et un petit air de L’Oiseau dans l’espace de Constantin Brancusi, 1928) –, une armée de féministes s’est emparée du sujet.

Mathias Pfund, Instant Pleasure (clitoris géant, mixed media), Neuchâtel, 2017

Le clitoris géant (polystyrène, bois, résine polyester, aimants, gaffer, latex, peinture acrylique et vernis pour bateau) de Mathias Pfund n’est qu’un des exemplaires de cette pluie de clitoris géants en 2017.

Alli Sebastian Wolf, Glitoris, Sydney, 2017
Matthew Ellis, Clitoris géant en inox, Université de Poitiers, 2017
Laurence Dufaÿ, « Clitoriz soufflé » (Clitoris géant en mousse polyuréthane), Bruxelles, 2017

Sans oublier la dessinatrice Emma, qui court toujours derrière les poncifs du néo-féminisme :

. Pour une autre approche du plaisir féminin dans l’art :

Le plaisir féminin en peinture

. La fixation féministe sur le phallus et la miction masculine masquerait-elle maladroitement un fantasme ondiniste ?  

Anthologie du féminisme urinaire

 

La femme nue et les hommes vêtus

Édouard Manet, Le Déjeuner sur l’herbe, 1863 (Paris, Musée d’Orsay)

Lorsque Manet fait d’elle le point focal de son célèbre tableau, Victorine Meurent n’a que 19 ans – mais elle a déjà une personnalité affirmée et une présence physique qui l’est tout autant.

Victorine est une femme libre qui se jouera toute sa vie des cadres corsetés de la société française du XIXe siècle. Son parcours nous laisse entrevoir un monde finalement pas si différent du nôtre.

Elle a été tout à la fois modèle et professeur de musique, puis artiste peintre reconnue. Elle a enchaîné les liaisons amoureuses avec les hommes (avec le peintre Alfred Stevens, peut-être avec Manet lui-même…) puis avec les femmes, et entre les deux, elle est partie vivre quelques années aux Etats-Unis.

Le corps que Manet lui peint est le sien, presque grandeur nature. Il n’est pas idéalisé : c’est celui d’une femme réelle qui assume avec le plus grand naturel sa nudité. Elle plante même son regard amusé dans celui du spectateur, semblant lui dire : « Et alors… il est où, le problème ? ». Aujourd’hui, elle dirait à la féministe du XXIe siècle : « Alors comme ça, vous pensez vraiment que je suis la proie sans défense du désir concupiscent des mâles ? »

Victorine ou la nudité assumée

Les réactions outragées de la bourgeoisie parisienne des années 1860 face au tableau préfigurent celles de nos féministes offensées – d’ailleurs souvent des bourgeoises de centre-ville elles aussi. Mêmes cris d’orfraie face au corps dénudé d’une femme au milieu d’hommes vêtus (forcément des voyeurs et des machos), mêmes fureurs face à tout ce qui peut évoquer le désir masculin ou la prostitution (symbole de l’esclavage féminin selon les féministes abolitionnistes).

Car Victorine et son complice Manet se sont bien amusés et n’ont rien oublié de ce qui allait à coup sûr déclencher l’émoi, voire la colère du spectateur. Les allusions à la partie carrée, au sexe et à la prostitution sont partout ; tout est provocation assumée – et pince-sans-rire.

Le regard assuré de Victorine balaie toutes les lectures misérabilistes des néo-féministes. Elle incarne une liberté empreinte à la fois de fermeté et de légèreté. Victorine est pleinement consciente de sa nudité et de l’effet qu’elle provoque, et elle s’en amuse (tout comme Manet, qui baptisait lui-même son tableau La partie carrée).

En réalité, la véritable féministe, c’était elle. Victorine, autant par sa vie que par sa présence sur cette toile, illustrait cette force, cette liberté, cet humour et cette audace qu’ont autrefois pu incarner les mouvements de libération de la femme – mais que les néo-féministes d’aujourd’hui ont préféré abandonner.

Aujourd’hui, justement…

C’est Jennifer Lawrence, en promo à Londres pour son  film Red Sparrow, qui fait capoter les féministes (comme disent les Canadiens), parce qu’elle pose dans une robe Versace décolletée et fendue alors que ses collègues masculins sont chaudement vêtus. Il fait tout de même 9° dehors et la prise photo a duré 5 minutes.

Mais les féministes hurlent comme à leur habitude à l’hétéropatriarcat et au sexisme !

 

Jennifer Lawrence en robe Versace (Londres, 21 février 2018)

Heureusement, Jennifer Lawrence les a toutes envoyé fermement se faire voir en leur rappelant qu’elle est LIBRE : libre de choisir cette robe et de la porter, libre de se découvrir, libre de se faire plaisir et même d’avoir froid si ça lui chante !

Victorine n’aurait certainement pas mieux dit 🙂

(à suivre…)

 

 

Pour découvrir tout l’oeuvre peint de J.-P. C. :

Jean-Patrick Capdevielle. L’œuvre peint