[Sexiste ou pas sexiste ?] – Eric Zemmour, Le Premier Sexe (compte-rendu)

À longueur d’antenne, Le Premier Sexe (2006) nous est présenté comme un « pamphlet sexiste et misogyne », sans que l’on sache précisément à quoi cela renvoie – sinon qu’Éric Zemmour (EZ) y dénoncerait (forcément à tort) la « féminisation de la société contemporaine » et la « dévirilisation de l’homme occidental ». L’ouvrage étant un bref opuscule d’une centaine de pages au prix de 7€ dans la collection J’ai Lu, j’invite chacun à le lire pour se faire sa propre idée. J’en propose en attendant ce compte-rendu dans lequel, pour chaque idée-force développée dans le livre, je poserai la question : « Vrai ou faux ? » puis, en conclusion : « Cet ouvrage est-il sexiste ou non ? », invitant chacun à y réfléchir et à apporter éventuellement ses sources ou ses chiffres afin d’étayer ou infirmer chacune de ses allégations.

« La femme n’est plus un sexe mais un idéal »

Cette formule (p. 11) explique entre autres le titre du livre : le « deuxième sexe » de Simone de Beauvoir (1949) est en réalité le premier et même plus que cela, il est le sexe idéal, le sexe-modèle pour tous.

Le chapitre 1 – et il a beaucoup énervé en cela le camp d’en face – fait usage de ce que l’on nomme les « stéréotypes de genre », ces caractères quasiment universels et transculturels, contrairement à ce que prétendent les féministes, qui font que dans toutes les cultures humaines (et même parfois animales), chaque sexe est immédiatement identifiable et différencié. Les féministes dénient obsessionnellement, à l’encontre du réel et de la biologie, l’existence et le bien-fondé de ces stéréotypes – alors que ceux-ci ne sont en soi ni positifs, ni négatifs : comme l’explique fort bien David Geary, « les stéréotypes ne font que décrire les comportements typiques des garçons et des filles ». Il n’y a donc pas de quoi hurler comme si on avait vu le diable dès que l’on entend ce mot :

EZ commence donc par évoquer cette « mutation anthropologique » contemporaine qui mettrait en avant « la supériorité évidente des « valeurs » féminines, la douceur sur la force, le dialogue sur l’autorité, la paix sur la guerre, l’écoute sur l’ordre, la tolérance sur la violence, la précaution sur le risque » (p. 10-11).

  • Vrai ou faux ?

Je vois difficilement comment on pourrait nier que ce soit vrai puisqu’on nous bassine à longueur de journée avec la « masculinité toxique » (sur ce concept, lire : Yana Grinshpun, « Masculinité toxique » : pléonasme ou métaphore d’une mise à mort ?). Pour ne prendre que l’exemple de la précaution, dans la gestion récente de la crise du Covid, l’État s’est montré si maternant et protecteur, appliquant si scrupuleusement le principe de précaution qu’il en a souvent été incompris. On a également vu les féministes célébrer la soi-disant meilleure gestion de la crise par les gouvernements dirigés par des femmes (« Mutti » Angela Merkel en Allemagne, le Danemark ou la Finlande – ce que les faits n’ont d’ailleurs même pas confirmé : « Covid-19 : les pays dirigés par des femmes n’ont pas obtenu de meilleurs résultats »). Mais il était entendu pour tout le monde, y compris pour les féministes elles-mêmes, que dans ce cas, les stéréotypes féminins – plus maternant, plus protecteur, plus dans le « care » – fonctionnaient parfaitement. Les assertions d’EZ ne sont donc pas ici plus « sexistes » que celles des zélatrices des gouvernances féminines.

« Le féminisme est une machine à fabriquer du même »

EZ évoque ensuite la guerre contre l’esthétique des poils masculins portée tout à la fois par les femmes, les « métrosexuels », une partie des homosexuels, la publicité et l’esprit du temps des années 2000. On pourra lire aussi à ce sujet le livre de Stéphane Rose sorti la même année, Défense du poil (Paris, 2006) qui lui, défendait plutôt les poils pubiens féminins.

En 2013, j’avais moi-même créé une page Facebook en défense des poils pubiens masculins tellement, en tant que femme, je trouvais – et trouve toujours – absolument déprimants les croupions de poulets plumés des hommes du XXIe siècle. Ça n’avait pas manqué, les féministes m’étaient tombées dessus et avaient obtenu la fermeture de ma page – mais maintenant que j’ai mon site, je peux poster les photos que je veux, donc je vais en remettre juste pour le plaisir :

Et parce qu’un peu de beauté masculine ne nuit jamais…

EZ évoque donc « les poils symboles du mal » (p. 21) et critique l’épilation et le relookage des hommes en fonction de l’esthétique homo et de la « tentation lesbienne du même », alors que « le désir repose sur l’attraction des différences » (p. 22-23) – ici, il aurait pu préciser le désir « hétérosexuel ». Il dénonce en tout cas le désir commun homosexuel et féministe de « dénaturaliser la différence des sexes », de même que l’idéologie de la « déconstruction sexuelle » qui survalorise le « lisse » féminin ; les poils étant une image de la virilité masculine qu’il convient d’abolir (p. 30).

  • Vrai ou faux ?

L’épilation pubienne masculine est toujours (hélas) une triste réalité. Le culte du glabre et du lisse a toutefois, depuis les années 2000, laissé place à un retour en force de la barbe, que je n’ai pas manqué de mettre sur le compte d’une possible réaction aux excès du culte du même. Mais j’attends toujours que les hommes assument leurs poitrines velues et ne se rasent plus le torse…

Le mot « macho », ou quand on a transmuté « l’éternel masculin en insulte » 

EZ revient à plusieurs endroits dans son livre sur le mot « macho », trouvaille linguistique des années 70 qui a permis de ridiculiser et de rabaisser la masculinité tout en œuvrant à sa féminisation (p. 12 ; p. 27). De même, « dans notre société féminine, toute séduction est assimilée à une violence insupportable de l’infâme macho » (p. 53).

  • Vrai ou faux ?

Vrai et re-vrai. En 2017, #Balancetonporc et #MeToo ont été les illustrations plus que parfaites de cette hystérie collective anti-machos. Sabrine Prokhoris revient d’ailleurs en ce moment-même sur les dérives de #MeToo :

Dans l’entreprise, « le paternalisme est remplacé par le maternalisme »

Dans le monde de l’entreprise, on a vu apparaître des séminaires de « management féminin » (preuve encore une fois que les stéréotypes existent bien et que tout le monde s’entend pour comprendre implicitement ce que « féminin » veut dire) et au lieu du management hiérarchique et vertical, ce sont « l’intuition et l’intelligence collective par le dialogue et l’écoute » qui sont portés au pinacle (p. 39-40)

  • Vrai ou faux ?

Entièrement vrai. Les écoles de management se gargarisent toutes de leurs séminaires d’intelligence collective et autres fantaisies sur le management horizontal ou l’égalité de genre. Il est intéressant d’observer dans le même temps la fuite des salariés dans les secteurs intermédiaires, les services ou la santé. Aux États-Unis, (« La « Grande Démission » est en train d’accélérer », Le Point, 28/10/21), mais aussi en France, où c’est en ce moment même la panique à l’hôpital : les gens ne veulent plus travailler – à cause de la crise, mais pas seulement, car le mal est plus profond. J’ai la conviction pour ma part que les entreprises d’aujourd’hui, livrées à la chasse aux sorcières, à la délation et aux accusations sans preuves des féministes – particulièrement celles où sévit Caroline de Haas, pour ne pendre que cet exemple – sont bien plus difficiles à vivre pour les deux sexes que les anciennes structures gérées en bon père de famille. Je pense qu’on en reviendra vite, du management à l’horizontale et de ses mots creux.

« Lorsque la loi du père trépasse, c’est toujours la chimie qui gagne »

Après avoir évoqué les garçons féminisés élevés par leurs mères célibataires soixante-huitardes et féministes, avec des pères jamais là (p. 20), EZ fait valoir les liens entre la prévalence de l’anorexie des filles, la violence des garçons sans repères ni limites et l’absence de pères – « on trouve même maintenant des filles violentes et des garçons anorexiques » – de même que les liens avec l’hyperactivité des garçons (p. 41-42). 

  • Vrai ou faux ?

C’est une certitude. L’absence de père (absence réelle ou symbolique) est un fléau pour le développement psychique des enfants, ce que plus personne ne peut nier. Je sais que chacun d’entre nous en a de nombreux exemples autour de lui ; qu’il lui suffise d’observer.

Les hommes sont « tous malades, tous pervers, tous addicts, tous drogués »

Dans le chapitre 2, EZ revient sur les pratiques féministes consistant à criminaliser toute forme de sexualité masculine. C’est ainsi que l’accusation de sex-addict va faire florès, avec tous ces « hommes drogués du sexe » (p. 43-45), « tous coupables », suivant les « intuitions des bigotes » (p. 46).

  • Vrai ou faux ?

Vrai. En 2008, l’actrice américaine Tea Leoni, qui a obligé son compagnon David Duchovny à suivre une thérapie pour son « addiction au sexe », tout simplement parce qu’il avait des maîtresses, est une parfaite illustration de ces dérives (lire : « J’ai épousé un sex addict : David Duchovny et Téa Leoni »).

Le féminisme ou « les chemins balisés du puritanisme, mais avec une puissance de feu bien supérieure »

EZ critique ici la détestation féministe du « sexe sans amour, du sexe tarifié, du sexe pour le sexe », en somme de la pulsion sexuelle (p. 46-47). Il fait également le lien entre la détestation du secret de ces femmes et les régimes totalitaires. L’objectif du féminisme est de « changer l’homme », rompre la chaine millénaire de père en fils, supprimer les rites d’initiation pour valoriser à la place la « transparence et la fusion placentaire » du matriarcat  (p. 48-49). Il souligne ainsi « l’ambition prométhéenne du féminisme » et sa volonté de « détruire l’héritage judéo-chrétien ». Le féminisme est un « -isme » du XXe siècle qui ne peut échapper à ses démons totalitaires ; il en prend pour exemple la campagne contre la prostitution et contre les clients de la prostitution, où l’on omet toujours d’envisager que « le client veuille juste assouvir un besoin sexuel », une option systématiquement ignorée au profit des habituels laïus sur la domination masculine. L’objectif du féminisme est bien de rééduquer l’homme, comme dans la Chine maoïste (p. 50).

  • Vrai ou faux ?

Je l’ai déjà écrit sur ce site, je suis du même avis sur les clients de la prostitution et je vois le féminisme abolitionniste comme une posture bigote d’un autre temps. Sur le « mysticisme religieux » des féministes, voir [Néo-bigotes et chaisières d’église] : les féministes et la religion et sur leur volonté de rééduquer les hommes : [Féminisme punitif] – Valérie Rey-Robert, la control freak qui veut rééduquer les hommes.

« L’homme n’a plus le droit de désirer, de séduire, de draguer, il a seulement le droit d’aimer »

EZ aborde ensuite l’insoluble et toujours très intime question de l’infidélité sexuelle et/ou amoureuse. Les femmes ont, suivant les préceptes de Mai 68, tenté d’imiter les hommes et de séparer désir et amour – sauf que pour elles, cela ne marche pas : les femmes ne supportent pas l’infidélité. N’ayant pas réussi à se transformer en hommes, il leur faudra donc transformer les hommes en femmes (p. 54sv).

EZ décrit « l’équation implacablement féminine : si on « trompe », c’est que l’on n’aime plus, donc on se sépare ». Il conteste cette manière d’assimiler la solidité de la relation amoureuse à l’amour en oubliant l’attachement qui fait durer les couples bien au-delà de la passion amoureuse et sexuelle des débuts (p. 56).  Il défend l’idée que « désir et amour sont antagonistes, ils se combattent et s’excluent souvent », défendant même le rôle des « pétasses » extra-conjugales utiles pour que les hommes puissent continuer à désirer leur amoureuse. Dans la mesure où l’entente sexuelle est érigée comme symbole de la réussite du couple, les divorces sont alors inévitables (p. 59-60).

Dans les sociétés patriarcales traditionnelles, écrit-il, « il y avait les épouses pour le mariage et les enfants ; les maîtresses pour l’amour ; les courtisanes ou le bordel pour le plaisir. Chacune de ces femmes faisait un sacrifice : l’épouse avait la sécurité et le statut social, le respect, mais rarement le plaisir et le romantisme des sentiments ; la maitresse, courtisane ou non, avait celui-ci et parfois même le plaisir, mais pas la sécurité ni le statut social ; la prostituée semblait la moins bien servie, mais elle avait l’argent, parfois elle avait même l’amour… » ; mais les féministes ont rejeté cette vieille dichotomie maman/putain. Les femmes d’aujourd’hui veulent « tout ensemble : amour, désir, statut. Mariage et plaisir, enfants et romantisme. Tout. La plupart du temps, elles n’ont rien. Qui trop embrasse mal étreint » (p. 61-62).

  • Vrai ou faux ? ou : « Madame Zemmour plus zemmourienne que Zemmour lui-même ?« 

Lisant ceci, et le confrontant à l’actualité people de ces dernières semaines, je suis un peu… interdite : « Les hommes veulent aussi aimer et désirer ensemble. Ils veulent devenir des femmes comme les autres. (…) Les hommes disent : « J’aime, j’ai un coup de foudre, je vis une aventure, je ne peux résister, je m’en vais, j’aime, tu ne peux pas comprendre, la passion, moi-même je me sens emporté ». Peu importe qu’ils répètent ces passions torrides tous les trois mois. Des mots factices » (p. 63-64).

Euh… On va donc laisser le temps nous apporter le dénouement de cette affaire. Comme l’écrit assez drôlement Closer, « Sa femme refuse de divorcer » : « “Les femmes devraient remercier les hommes de les tromper avec une pétasse”, écrivait Eric Zemmour dans Le Premier Sexe, son livre paru en 2006. Pour Mylène Chichportich, les choses semblent claires : quelle que soit la situation sentimentale de son mari, elle reste son épouse. »

« Quoi de plus fragile et mystérieux que le désir masculin ? »

Si aujourd’hui les femmes se gavent d’anxiolytiques et que les hommes se ruent chez les sexologues « pour parler de leur problème d’impuissance » (p. 64), EZ met cela sur le compte de « leur obsession du « respect » qui ramène les femmes au point de départ puritain d’où elles viennent » – car « le sacro-saint respect néo-puritain fonctionne comme une machine qui annihile le désir des hommes ». Paradoxalement, c’est dans cette époque castratrice que les femmes s’hypersexualisent de plus en plus et ce, en réponse à la baisse du désir masculin, inhibé par le diktat du respect et de l’amour obligatoire. Car « c’est l’inégalité qui était le moteur traditionnel du désir » (p. 67-68).

EZ termine ce chapitre par l’évocation de la descente aux enfers du porno, avec les fameux « gonzos » (p. 70-72) : au fur et à mesure que les femmes s’imposent partout, avec la parité, l’égalité, les valeurs féminines dans l’entreprise, « le porno prend le contrepied de la société et s’enfonce dans une violence rageuse. Comme si les hommes s’accrochaient à leur ancien état avec l’énergie, la violence et la haine du désespoir. La haine de ce qu’ils sont devenus. La haine de ce qu’ils ont voulu devenir ».

  • Vrai ou faux ?

C’est bien possible. Le phénomène des « hyperfemelles » et de l’hypersexualisation des jeunes filles est aujourd’hui bien connu. J’ai aussi écrit pour ma part sur « L’équilibre asymétrique des désirs ». Il me semble enfin assez évident que l’évolution du porno vers l’hyperviolence et le trash est une forme de réponse au féminisme tout puissant – féminisme autoritaire et porno « gonzo » étant les deux faces de la même médaille. Raisons pour lesquelles je milite pour la réconciliation des sexes.

« Les hommes sont des mères comme les autres »

Le chapitre 3 s’ouvre par l’évocation de l’énorme succès cinématographique de Trois hommes et un couffin, le film de Coline Serreau sorti en 1985 ; la morale du film étant que « les hommes sont des mères comme les autres » et que « l’instinct maternel n’existe pas, version cinématographique de la thèse d’Élisabeth Badinter » (p. 73-74).

  • Vrai ou faux ?

Je fais partie de ceux qui pensent que l’instinct maternel existe et qu’il n’est en rien une construction sociale (je l’ai vécu personnellement comme un véritable coup de foudre et un formidable choc émotionnel). Je pense que celles qui en sont dépourvues ont juste avalé un peu trop de mensonges féministes ou ont des troubles dépressifs parfois sévères – ceci expliquant cela et réciproquement. J’ajoute que je pense exactement comme EZ sur la place des hommes à la naissance : la toute petite enfance est d’abord l’affaire des mères. Le rôle des pères est d’être là plus tard, quand l’enfant grandit. Un père qui biberonne comme une femme à la naissance puis qui abandonne tranquillement son enfant par la suite a tout faux.

« Le fardeau de l’homme blanc est trop lourd à porter »

EZ pose ensuite sa fameuse hypothèse, à savoir que « le mâle revanchard souhaite ce qui lui arrive sans oser se l’avouer. C’est même lui et non sa compagne, qui a lancé la machine infernale de l’indifférenciation sexuelle ». La guerre étant l’ultime marqueur de l’identité masculine, « les hommes n’oublieront plus leur avilissement mécanisé » lors de la guerre de 1914. « Le mâle incarnait la guerre, la mort, et ils voulaient désormais jouer dans le camp du bien, de la paix, de la vie. Peace and love » (p. 75-78).

  • Vrai ou faux ?

L’idée que les hommes ont démissionné de leur rôle et que la boucherie de 1914 y soit pour beaucoup me semble une intuition très pertinente qui a toutes les chances d’être juste. EZ reviendra sur la démission des hommes en conclusion.

« La République a renvoyé les femmes à leurs casseroles parce que la monarchie les en avait sorties » 

EZ consacre ensuite plusieurs pages aux parallèles entre notre époque et l’époque moderne (p. 79-84), rappelant qu’au XVIIIe siècle, les femmes de la haute société avaient un pouvoir considérable et que les féministes n’aiment pas qu’on le leur rappelle. Elles disent que cela concernait seulement les femmes de la haute société – comme si le roi demandait leur avis aux paysans mâles ! – et que ces femmes passaient par le lit du roi. Ce à quoi EZ répond qu’aujourd’hui, les femmes en politique passent aussi par le lit des hommes politiques – ce qui a suscité un concert d’indignation et de postures outrées. Pour autant… « Nous sommes des nonnes », se plaignait Roselyne Bachelot, quand Clémentine Autain avouait : « on ne me drague plus » ; toutes deux déplorant l’effet repoussoir du pouvoir sur le sex-appeal des femmes politiques (p. 34-35).

  • Vrai ou faux ?

Je ne vais pas creuser la vie (très) privée d’un grand nombre de femmes politiques car-cela-ne-nous-regarde-pas, mais il ne semble pas que cela soit si rare que cela… Edith Cresson et F. Mitterrand, Audrey Pulvar et Arnaud Montebourg, les exemples fourmillent toujours de femmes embrassant une carrière politique après avoir été la maîtresse ou la compagne d’un homme politique.

Dès le XVIIe siècle, écrit EZ, « les femmes cherchaient à contrôler le langage et les appétits masculins. Trois siècles avant le politiquement correct et les lois sur le harcèlement sexuel ! » (p. 81). Ceci résonne parfaitement avec l’époque actuelle et le langage inclusif, pas encore à la mode au moment où EZ écrivait ces lignes.

Il passe ensuite en revue l’influence néfaste des femmes dans les affaires du pays – il prend les exemples d’Aliénor d’Aquitaine, Catherine de Médicis, Madame de Maintenon, la marquise de Pompadour ou Marie-Antoinette (p. 82-83)

  • Vrai ou faux ?

Je ne suis pas au fait de l’influence réelle de toutes ces femmes sur l’histoire de leur temps, donc je ne me prononcerai pas sur ces questions. Si d’aucuns sont mieux renseignés que moi…

Du projet paternel d’instruire au projet maternel d’éduquer

À propos du remplacement de l’Instruction Publique par l’Éducation Nationale en 1945, EZ cite Hélène Vecchiali, qui rappelle l’étymologie latine des verbes « instruire » et « éduquer » : Instruere signifie « armer pour la bataille, équiper, outiller » et educare « nourrir », au sens premier : « l’instruction qui fait appel à l’intelligence est supplantée par l’éducation, avec sa dimension affective, tournée vers l’épanouissement de l’enfant » (p. 85).

  • Vrai ou faux ?

Je suis entièrement d’accord avec EZ sur l’état de l’enseignement. Si quelqu’un veut tenter de me démontrer que l’hyperféminisation de l’école est une chose positive, de même que le charabia féministe et pédagol des instituts de formation des enseignants, qu’il essaie.

Le propre du mâle : subvenir aux besoins des autres

Le chapitre 4 s’ouvre par le rappel d’une donnée anthropologique « propre de l’homme », puisque « chez les primates, le mâle ne pourvoit pas à l’alimentation de la femelle. Il faut qu’elle se débrouille toute seule ». Alors que dans les sociétés humaines, « les hommes apprennent la nécessité de subvenir aux besoins des autres ». Et « parce qu’il est acquis, ce comportement reste fragile et peut se perdre facilement si les conditions sociales ne sont plus contraignantes. » Lorsque la famille se désagrège, le fil est rompu. « Et l’unité élémentaire, le donné biologique, redevient la femme et l’enfant. La continuité et le rétablissement de la famille, après des catastrophes ou des bouleversements idéologiques, n’est pas une garantie » (p. 89).

  • Vrai ou faux ?

Je vois difficilement comment on pourrait démontrer le contraire.

« Les femmes rêvent toujours du prince charmant »

EZ revient à nouveau sur la question du divorce, déjà abordé plus haut : les femmes déchantent des « papa Pampers » ; elles les quittent : « l’ère du divorce de masse s’ouvre, sans que personne ne mette en relation les deux phénomènes. » (p.79). EZ avait aussi rappelé que les statistiques montrent que « le divorce, demandé par la femme, s’intensifie lorsque l’homme est au chômage. Et pourtant la femme travaille, gagne sa vie » (p. 68).

C’est le décalage entre couple rêvé et couple réel qui pousse les femmes à divorcer, écrit EZ car, « tant que l’idéologie masculine s’imposait à la société, le mariage demeurait un arrangement commercial ». Aujourd’hui, le couple est exalté, c’est pour cette raison qu’il devient fragile : « toute la société est emportée par le romantisme du couple ». Les femmes restent plus souvent seules car elles rêvent toujours du prince charmant, même si elles le nient et souvent leur divorce a été vain, elles ne refont pas leur vie (p. 91-93).

  • Vrai ou faux ?

Tout ceci est vrai. Une étude récente montrait encore que, malgré le fait qu’elles gagnent leur vie, les femmes continuent à pratiquer l’hypergamie et choisir des hommes argentés : rien n’a donc changé. Il en va de même pour la croyance au prince charmant : Monet Chollet explique dans son dernier livre qu’elle l’attend toujours  (« Mona Chollet – Réinventer le célibat »).

« Les hommes ont déserté : le rôle de père leur pesait depuis des millénaires sans qu’ils osent le dire »

Pour une poignée d’hommes qui prennent leur rôle à cœur, combien disparaissent de la vie de leur enfant ? Les femmes restent seules avec leur progéniture et les mères célibataires n’ont jamais été aussi nombreuses ni aussi pauvres. Alors « elles s’affolent, fulminent, vindicatives souvent ». Elles font appel à la société, à la loi, au pouvoir coercitif et les lois empilent les obligations « alimentaires » des maris (p. 93-94).

  • Vrai ou faux ?

Vrai et re-vrai, je n’ai même pas besoin d’argumenter ; chacun peut le constater autour de lui.

De l’avortement à « la fin de l’histoire »

Les pages qui suivent sont consacrées au douloureux sujet de l’avortement. Si les femmes ont désormais la haute main sur leur désir et leur reproduction, les hommes n’ont plus de pouvoir sur rien, alors ils se défaussent des responsabilités qui allaient avec et font même pression pour que les femmes avortent. Dans les suites de la libération sexuelle, les femmes se sont données pour ne rien obtenir en échange : « le plus souvent la mort dans l’âme, elles se résignent à avorter » (p. 95-96).

EZ rappelle que le taux d’avortement, environ une grossesse sur cinq, correspond au taux de mortalité infantile sous Louis XV tel que rapporté par Emmanuel Le Roy Ladurie – un peu comme si on avait fait reculer de l’aval la disparition de ces enfants (p. 97). « Depuis 30 ans on s’extasie sur la maitrise parfaite, entre contraception et avortement de la fécondité des femmes. On ne dit jamais que la fin de cette histoire est funeste, qu’elle se conjugue justement avec la fin de l’histoire, avec la disparition programmée des peuples européens » (p. 98-99).

  • Vrai ou faux ?

Sur l’avortement, je renvoie à cette interview de Camille Paglia qui, malgré sa formation féministe, refuse de banaliser cet acte et l’envisage dans toute sa laideur.

Quant à « la fin de l’histoire » occidentale du fait de la dénatalité, c’est un sujet d’une actualité brûlante sur lequel j’aurai sans doute l’occasion de revenir. Il est en tout cas indéniable que les françaises ne font plus assez d’enfants et que des arbres généalogiques entiers s’arrêtent un peu partout.

« Une virilité venue du dehors »

La solution apportée à la dénatalité a donc été l’immigration. EZ note que « les grandes lois sur le divorce et l’avortement sont exactement contemporaines de la législation sur le regroupement familial. Ce sont d’ailleurs des chiffres d’un même ordre de grandeur » (p. 98).

La machine du regroupement familial a alors transformé l’immigration de travail en immigration de peuplement « comme si la France s’était déclarée terre ouverte, attendant d’être fécondée par une virilité venue du dehors » (p. 99).

  • Vrai ou faux ?

Je vous laisse juges !

« Un no man’s land anthropologique »

EZ revient ensuite sur l’imagerie macho qui, si elle est condamnée quand elle doit s’appliquer aux hommes blancs (cf. supra), voit les Arabes, les Blacks et les chanteurs de rap s’en emparer sans aucun complexe, sous l’œil envieux des petits blancs : « les hommes occidentaux miment la femme : c’est cette société que les jeunes Arabes vomissent ».

En France, la famille maghrébine a explosé. La loi du père a été foulée aux pieds ; le père est absent physiquement et les jeunes Arabes, privés de référence paternelle, grandissent eux aussi dans un « no man’s land anthropologique » – la formule est d’Emmanuel Todd (p. 100-105).

EZ oppose « l’intégration » féminine à « l’assimilation » masculine. Devant cette faiblesse, les enfants des immigrés préfèrent renouer avec la loi de leur père idéalisé, le venger ; ils seront aussi la revanche de leur mère : ils vont brûler les symboles de la douce protection maternante de la France, ses écoles, ses pompiers. Un combat à mort va s’engager contre les flics, les seuls qui osent encore les affronter (p. 107).

  • Vrai ou faux ?

Il me semble que l’actualité lui donne chaque jour un peu plus raison. Si je me trompe, expliquez-moi.

« Les femmes sont l’armée de réserve du capitalisme »

Le chapitre 5 défend une des thèses zemmouriennes les plus polémiques, à savoir qu’après avoir exploité « l’armée de réserve » des immigrés et du regroupement familial, le capitalisme a fait appel à sa « seconde armée de réserve » : les femmes (p. 109-110).

EZ rappelle très justement que les femmes ont toujours travaillé et que seule la bourgeoisie occidentale du XIXe siècle, imitant en cela l’aristocratie, avait eu cette idée saugrenue de laisser les femmes au repos. La seule nouveauté sera ensuite la salarisation des femmes, avec des salaires généralement inférieurs aux hommes – mais pas pour des raisons « sexistes » : « à qualification et ancienneté équivalentes, la « discrimination » n’est que de 6% » (p. 111).

  • Vrai ou faux ?

Sur l’écart réel des salaires, c’est le bon chiffre, il n’a guère varié depuis. Cela fait donc 20 ans que les vrais chiffres sont connus, mais que les féministes continuent à nous assaisonner avec les 20% de différences salariales. Sur le sujet :  [Mensonge féministe] – Écart salarial / Gender Pay Gap : c’est un fake féministe !

« Le duo ravageur de la féminisation et de la prolétarisation »

Les femmes choisissent des métiers de service plus que des fonctions de pouvoir, suivant un « modèle féminin » qui rejette le pouvoir comme pulsion de mort : « tout se passe comme si les femmes investissaient les lieux que le pouvoir et l’argent désertaient : Éducation nationale, magistrature, médecine, procédure judiciaire, journalisme. Toutes ces professions ont subi le même duo ravageur de la féminisation et de la prolétarisation, sans que l’on sache distinguer l’œuf de la poule » (p. 112) ; « comme si le lien entre le phallus, l’argent et le pouvoir demeurait indéfectible ».

« Ce ne sont pas les femmes qui rattrapent les hommes, mais l’inverse ; pas les salaires féminins qui rattrapent les salaires masculins, mais ceux-ci qui descendent peu à peu au niveau de ceux-là » (p. 113),

  • Vrai ou faux ?

Je vous laisse juges !

« Les hommes abandonnent les apparences d’un pouvoir défunt. Quand elles l’investissent, si fières de leurs victoires, les femmes trouvent le vide »

De même, en politique, « les femmes investissent la politique au moment où il y a de moins en moins de pouvoir et de moins en moins d’argent » (p. 114). « Depuis longtemps les députés ont été transformés en assistantes sociales » ; « de RMI en politique de la ville, l’élu est devenu l’assistance sociale d’un capitalisme mondialisé », ne pouvant plus servir qu’une « politique compassionnelle » (p. 115). Il évoque aussi les ratés de la loi sur la parité, car il est souvent difficile de trouver des femmes intéressées. « La féminisation n’est en réalité qu’une dévirilisation ». De toutes façons, « le pouvoir n’est plus là où il fut. Il est désormais dans la finance et les hautes sphères de l’industrie. Où il n’y a pas de femmes » (p. 117).

  • Vrai ou faux ?

Il est tout à fait vrai qu’il n’y a pas de femmes dans les hautes sphères de la finance. Et ce n’est pas pour des raisons sexistes ; personne ne les empêche de devenir traders ou de travailler dans les back ou les front offices si elles le souhaitent. La raison en est que les femmes ne sont pas attirées par les métiers de l’argent pur, ce qui validerait la thèse d’EZ.

« La malédiction féminine »

La conclusion de l’ouvrage est probablement ce qui a choqué le plus ; cette assertion notamment : « On explique la stagnation intellectuelle et économique de l’Europe par le vieillissement de sa population. On ne songe jamais – ou on n’ose jamais songer – à sa féminisation » (p. 118). Il fallait en effet oser l’écrire.

EZ revient plus loin sur la dialectique des femmes et du pouvoir : « Le pouvoir, c’est la capacité ultime de tuer l’adversaire. C’est, au final, l’instinct de mort. C’est pourquoi le pouvoir est le grand tabou de notre époque » ; ce qu’il complète par cette analyse de Patrick Degrave : « Les femmes sont en moyenne, assez peu attirées par le pouvoir. Elles sont en pointe sur l’éloignement des comportements hiérarchiques et sur la recherche d’une société plus harmonieuse. Aux comportements masculins orientés vers la compétition, les plaisirs intenses, le respect des rôles traditionnels, la rationalité, elles opposent l’émotion, la sensibilité, la société protectrice, la qualité de vie, le désir de donner un sens à sa vie » (p. 119).

  • Vrai ou faux ?

Les stéréotypes énoncés par Patrick Degrave sont justes et je sais qu’au fond d’elles, les femmes et les féministes le savent aussi. Sur l’opposition entre rationalité et émotion, il touche juste car depuis ce temps, les féministes ne se cachent même plus pour promouvoir les « énergies », la « terre-mère » Gaïa, la sorcellerie, « l’éternel féminin », le New Age ou les sciences occultes (lire : « Sandrine Rousseau préfère les sorcières aux ingénieurs : l’arnaque de l’écoféminisme », Marianne, 13/06/21).

Sur le déclin de l’Occident du fait de sa féminisation, je trouve la thèse quand même un peu hardie – même si c’est en filigrane celle du livre. Pour ma part, je sépare les femmes du féminisme et je pense que c’est davantage l’idéologie féministe que les femmes en tant que telles – car c’est une idéologie portée aussi par des hommes – qui contribue à l’affaiblissement de l’Occident.

Le malheur de l’Occident

EZ termine son livre en opposant la virilité islamique (« quand on demande à Malek Chebel, écrivain, psychanalyste et anthropologue, pourquoi choisir l’islam plutôt que le christianisme, il répond : « pour sa virilité », p. 121) et le malheur de l’Occident : « pour les femmes françaises, la féminisation des hommes provoque un immense désarroi, une frustration insupportable pour elles, un malheur intolérable pour leurs enfants. (…) Il me semble en revanche que la plus grande résistance viendra des hommes, trop contents de s’être enfin débarrassés du fardeau qui court entre leurs jambes. Même si la soumission, l’humiliation, le malheur sont leur destin » (p. 123).

C’est la dernière phrase du livre et elle éreinte les hommes davantage que les femmes – car ils semblent avoir été, tout au long du XXe siècle et du fait de leur démission, les véritables responsables de ce gâchis.

Dans son ensemble, le livre ne critique d’ailleurs pas tant les femmes que les hommes de l’après-guerre et particulièrement les fameux baby-boomers, la « génération de tous les renoncements ». Le chapitre 3 s’achevait précisément par une attaque en règle de ces baby-boomers « qui ne prendront pas le pouvoir, ils le mineront. (…) Ils refusent les responsabilités qui vont avec le pouvoir ; ils désirent imposer leur morale. Ce sont des prêtres ». « Génération de tous les renoncements, de tous les abandons, de toutes les irresponsabilités », ils veulent être du côté de la vie et des femmes (…) Comme s’ils abandonnaient une ancienne armure trop lourde à porter » (p. 86).

Bonus :

J’avais oublié de citer une des meilleures formules d’Éric Zemmour :

« Une femme n’aurait jamais peint les tournesols de Van Gogh ; une femme n’aurait jamais pu devenir Kafka… Il y a des femmes qui sont folles et il y a des femmes qui ont du talent, aucune n’a cette folie dans le talent qu’on appelle le génie. »

Ah oui, quand même, je… Excusez-moi, on me parle dans l’oreillette… Comment ça, ce n’est pas de Zemmour ? C’est de Simone de Beauvoir ?! Au temps pour moi, je ne savais pas que Zemmour était beauvoirien et que le Premier sexe disait la même chose que le Second, mais c’est toujours bon de le savoir !

Alors, sexiste ou pas sexiste, ce livre ?

Si je reprends les idées-forces que j’ai mises en exergue sous forme de sous-titres, il n’y a pour moi pas grand-chose de véritablement sexiste – mais plutôt des constats amers ou lucides, c’est selon, et des pistes d’interprétation qui ont le mérite d’être proposés.

Ainsi, des thèmes tels que « La femme n’est plus un sexe mais un idéal » ; « Le mot « macho », ou quand on a transmuté « l’éternel masculin en insulte » ; « Lorsque la loi du père trépasse, c’est toujours la chimie qui gagne » ; Les hommes sont « tous malades, tous pervers, tous addicts, tous drogués » ; « L’homme n’a plus le droit de désirer, de séduire, de draguer, il a seulement le droit d’aimer » ; « Quoi de plus fragile et mystérieux que le désir masculin ? » ; « Le fardeau de l’homme blanc est trop lourd à porter » ; « Le propre du mâle : subvenir aux besoins des autres » ; « Les hommes ont déserté : le rôle de père leur pesait depuis des millénaires sans qu’ils osent le dire » ; « Une virilité venue du dehors » ; « Un no man’s land anthropologique » ne sont pas sexistes, mais décrivent plutôt le comportement ou la situation des hommes et appellent à un sursaut de leur part.

« Le féminisme est une machine à fabriquer du même » et « Le féminisme ou « les chemins balisés du puritanisme, mais avec une puissance de feu bien supérieure » ne sont pas sexistes ni misogynes, mais simplement anti-féministes ; ce qui n’est pas la même chose. Le propre de l’accusation de sexisme et de misogynie est justement de tout mélanger et de faire croire que « femme » et « féministe » sont synonymes. Comme je l’explique ici, il n’en est rien :

[Amalgames faciles] – L’antiféminisme n’est PAS la misogynie

« Les femmes rêvent toujours du prince charmant » ; « Les hommes sont des mères comme les autres » ; « De l’avortement à « la fin de l’histoire » ; « Dans l’entreprise, « le paternalisme est remplacé par le maternalisme » ; « Du projet paternel d’instruire au projet maternel d’éduquer » ; « La République a renvoyé les femmes à leurs casseroles parce que la monarchie les en avait sorties » ; « Les femmes sont l’armée de réserve du capitalisme » ; « Les hommes abandonnent les apparences d’un pouvoir défunt. Quand elles l’investissent, si fières de leurs victoires, les femmes trouvent le vide »; « Le duo ravageur de la féminisation et de la prolétarisation » : ce sont à chaque fois des observations que l’on a le droit de faire sans devoir être taxé de sexisme. Un fait historique est un fait, que cela plaise ou non aux mères-la-morale.

Les généralités sur la féminisation en tant que vecteur de déclin telles que : « La malédiction féminine » ou « Le malheur de l’Occident » me semblent effectivement une critique de la féminité (ou de la féminisation) en tant que telle. J’ai expliqué plus haut que je préférais, à titre personnel, critiquer le féminisme plutôt que les femmes elles-mêmes. Pour autant, en tant que femme, le point de vue d’EZ ne me pose pas de problème particulier, dans la mesure où je suis contre le suprématisme féminin et plus encore, féministe. Si l’Éducation nationale décline, ce n’est pas seulement parce qu’il y a trop de femmes et plus assez d’hommes – c’est aussi parce que certaines idéologies pseudo-progressistes, féministes et authentiquement gauchistes y prennent beaucoup trop de place. Je pense également que la « déconstruction » (en clair, la destruction) des hommes est une calamité autant pour les hommes, les femmes et les enfants que pour la société toute entière, dans tous ses domaines – donc isoler les problèmes, nommer les choses et chercher des solutions ne me gène pas, bien au contraire.

Les commentaires sont ouverts, c’est à vous !

[à suivre…]

  • Voir aussi :

Laetitia Strauch-Bonart : « Les hommes font l’expérience d’une forme de déclin »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *