[Marâtres, sorcières et rivales] – Blanche-Neige et les féministes

Ce printemps 2021 voit fleurir une nouvelle offensive de la « cancel culture » américaine. Les féministes bigotes, misandres et anti-hétérosexualité s’en prennent cette fois-ci au baiser du prince charmant au prétexte que, étant plongée dans un sommeil éternel, Blanche-Neige n’aurait pas été invitée au préalable à signer une attestation en bonne et due forme comme quoi elle consentait à ce que son amoureux effleure ses lèvres :

Au nom de leur prétendue « culture du viol », les féministes viennent encore se poser en défenseurs de la pauvre victime soumise aux assauts du mâle blanc, hurlant comme devant au harcèlement sexuel et au forçage de consentement – en totale incompréhension, naturellement, des ressorts narratifs et symboliques du conte.

Il ne s’agit, une fois de plus, que des habituelles frustrées hystériques qui font fuir tous les mâles, puis s’étranglent de rage à l’idée que de jeunes et jolies femmes puissent encore bénéficier de l’intérêt d’un homme – ou du « male gaze », le fameux regard masculin désirant. Une frustration qui les rend folles de jalousie, en vérité, mais elles préféreraient mourir que de le reconnaître. Alors c’est bien connu, la meilleure défense, c’est l’attaque.

  • Néo-féministe et reine-sorcière, même combat

Car il ne faut pas en douter, la « sororité » n’existe pas ; seule la compétition sexuelle existe. Et plus particulièrement, la « compétition intra-sexuelle », à savoir les femmes qui se jalousent et se concurrencent férocement entre elles : le thème même du conte populaire Blanche-Neige ; la haine assassine de la belle-mère n’étant motivée QUE par la jalousie et l’envie de détruire sa jeune rivale qui la surpasse en beauté. Et s’il y a bien une chose que les féministes ne supportent pas, ce sont justement les jeunes et jolies femmes qui pratiquent l’hétérosexualité, crime par excellence de lèse-lesbienne. Si en plus elles sont blanches, et que c’est même inscrit dans leur nom… on n’en parle même pas ! Il faut bien comprendre que cette fureur contre la jeunesse et la beauté féminines, incarnée ici par la sinistre sorcière de la version Disney, est un caractère tout aussi récurrent chez la néo-féministe :

  • « Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler », clament-elles…

Les féministes se revendiquent sorcières et on ne les contredira pas totalement sur ce point. Je réalise qu’en écrivant mon article sur les sorcières, j’en avais oublié la plus typiquement féministe d’entre elles. Où donc avais-je la tête… Elle était pourtant là, sous mes yeux, leur mère ou leur grand-mère à toutes :

La féministe, euh, la sorcière de Blanche Neige

Si dans le conte des frères Grimm (1812), lui-même inspiré de légendes germaniques anciennes, la sorcière n’apparaissait pas (il s’agissait seulement d’une figure de paysanne), celle-ci en est devenue un des personnages les plus marquants depuis le célèbre long-métrage d’animation de Walt Disney, Blanche-Neige et les Sept Nains (1937), considéré à juste titre comme un chef d’oeuvre et un monument de la culture occidentale – d’où la rage destructrice de nos cancelleuses.

Dans le conte, la reine incarne la marâtre, la belle-mère de la princesse Blanche-Neige, maladivement jalouse de sa jeunesse, de sa beauté et de l’avenir radieux qui l’attend avec son prince. Dans la version de Disney, « la sorcière est la seconde identité de la reine, qui décide de se transformer afin que Blanche-Neige ne la reconnaisse pas. La vieille femme est une sorcière cruelle et manipulatrice, prête à tout pour arriver à ses fins mais qui sera finalement battue par les nains ».

Méchante, jalouse, aigrie, manipulatrice, ne supportant pas qu’une jeune et jolie femme reçoive un baiser de son prince… on voit déjà se profiler les principaux traits de caractère de la néo-féministe. Si la « culture du viol » avait été à la mode dans les années 30, nul doute que l’infâme reine-sorcière aurait hurlé au harcèlement sexuel ou au viol pour délégitimiser et bannir le malheureux prince, laissant en prime pour morte la pauvre Blanche-Neige.

« Qu’il me baise des baisers de sa bouche » (Cantique des cantiques 1, 1)

Le thème du baiser du prince, qui sort la princesse de son sommeil éternel, ne figurait pas dans les versions anciennes ; il n’est introduit que dans une première version cinématographique de 1913, que Disney reprendra en 1937. Dans les contes anciens, c’était soit un porteur du cercueil de Blanche-Neige trébuchant sur une racine, soit le prince en soulevant son buste, qui délogeaient involontairement le morceau de pomme empoisonnée coincé dans sa gorge, lui permettant alors de se réveiller.

C’est donc un script de 1934 qui apporte ces particularités :
. La reine ne se déguise plus en vendeuse mais se transforme en sorcière.
. Une seule tentative de meurtre par le chasseur et une d’empoisonnement avec la pomme, alors que dans le conte d’origine, la reine s’y reprend par trois fois.
. La léthargie stoppée par le baiser du prince et non par le rejet du morceau de pomme.

Il faut savoir également que la fameuse scène du baiser délivrant la princesse est un emprunt à l’histoire de La Belle au bois dormant. Il s’agit d’un thème romantique qui plonge ses racines dans les tréfonds de l’âme et du sentiment humains, comme en témoigne également cette oeuvre préraphaélite anglaise :

Henry Meynell Rheam, The Sleeping Beauty, 1899 (Collection privée)

Le physique de Blanche-Neige, dans le film de Disney, a été inspiré, entre autres, par Hedy Lamarr, actrice oubliée d’une immense beauté, qui partageait avec l’héroïne des lèvres vermeilles, une peau diaphane et des cheveux de jais (le rouge, le blanc et le noir, les trois couleurs principales de la symbolique ancienne, que l’on retrouve aussi dans la pomme rouge, la sorcière noire et le nom de Blanche-Neige). Elle est également connue pour avoir été l’une des toutes premières actrices à tourner nue (dans le film Extase, 1933), provoquant le scandale. Parce que les néo-féministes haïssent la beauté et la nudité féminines, je lui rends hommage ici :

Hedy Lamarr, une des inspiratrices de Blanche-Neige
  • Reine-sorcière, féministes et poisons

Dans le film, la reine devient laide et menaçante après avoir mélangé ses poisons et ce sont ses potions magiques qui la transforment en vieille et maléfique sorcière. J’avais déjà relevé que si, dans l’histoire, les femmes utilisent habituellement le poison pour commettre leurs homicides (les empoisonneuses célèbres éliminent ainsi leurs amants, maris, fils, etc.), la néo-féministe d’aujourd’hui recourt tout autant au poison : celui des fausses accusations, des lynchages médiatiques, des chasses à l’homme sur les réseaux sociaux… Manière plus contemporaine mais toujours aussi efficace d’actualiser l’arme féminine bien connue du commérage et de la diffamation, dont les conséquences peuvent être aussi dramatiques qu’un assassinat en bonne et due forme – sinon que le poison de l’accusation sans preuves étant une arme lente, la mort par suicide, déclassement social, dépression ou autodestruction arrive de manière différée. Le crime parfait, en quelque sorte :

  • Le deux poids-deux mesures des néo-sorcières

Les féministes s’offusquent du baiser d’un amoureux – dans l’histoire, Blanche-Neige et le prince sont déjà amoureux l’un de l’autre car ils ont fait connaissance avant les manigances de la reine-sorcière –, mais ne pipent pas mot des tentatives de meurtre répétées de cette dernière. Elles restent résolument aveugles à la jalousie, la cruauté, la mesquinerie, la manipulation, la haine ou la volonté de tuer qui peuvent animer une femme vis-à-vis d’une autre femme. Les exemples de « féminicides » commis par des femmes sur d’autres femmes ou sur des petites filles ne manquent pourtant pas, mais elles n’ont jamais rien à en dire, curieusement.

Ce conte propose d’ailleurs une forme si archétypale, si profondément ancrée dans les mœurs et les esprits de la manipulation et de la compétition féminines que les féministes ne le remarquent même plus – ou alors elles font semblant. D’ici à ce qu’elles se reconnaissent elles-mêmes dans la sorcière jalouse aux envies destructrices face à la concurrence, il n’y a qu’un pas, que je serais assez tentée de franchir…

[à suivre…]

  • Pour aller plus loin…

. Sacha O., une de mes amies Facebook, revient à sa manière sur l’affaire Blanche-Neige et sur les parallélismes (pas si inattendus que cela) entre wokisme et islamisme :

« Pour une fois, il faut remettre ce qu’on appelle aujourd’hui « contes » dans leur contexte historique. A l’origine ils n’ont pas été écrits pour des enfants ; si vous reprenez vos Lumières dans les textes, les enfants n’ont aucun intérêt pour personne avant le milieu du XVIIIe. Les seigneurs ont besoin d’un mâle pour transmettre les biens et les titres, si c’est une femelle, elle aura l’utilité de nouer des alliances politiques à travers des mariages, les autres sont envoyés dans les armées et les couvents afin d’éviter partages des héritages et dots à payer. Les enfants des gueux quant à eux sont des bouches inutiles à nourrir et sont placés en apprentissage dès que c’est possible.
La majorité de la population n’a pas de livre, excepté parfois un livre de prières ; le livre est un bien précieux, rare, réservé à une élite lettrée qui se nourrit de symbolique et ça n’est pas un objet qu’on va donner à un enfant. Personne ne s’attarde le soir à lire de conte à un enfant chez les puissants qui ont des nourrices qui se chargent des besoins essentiels des mioches, quant aux gueux ils n’ont pas les moyens de dépenser une chandelle pour lire. De manière générale, on ne s’attache pas aux enfants parce qu’il en meurt presqu’autant qu’il en nait.
Les fameux contes, de Perrault notamment, sont rédigés pour des adultes précis, et écrits pour remercier des protecteurs. En effet, ceux que nous appelons « artistes » aujourd’hui, ne vivaient de leurs arts que grâce aux bienfaits de leurs mécènes qu’il fallait remercier. Pour ce qui est des textes en eux-mêmes, je vous renvoie à Ovide et Esope, je suis suffisamment flemmarde pour vous ne pas faire l’étude de textes ^^
Avec le temps, ces textes pour adultes ont été édulcorés, moralisés, symbolisés, et c’est ainsi que l’imaginaire des sociétés occidentales s’est construit avec des références simples au bien et au mal (je résume, hein…).
Pourquoi les wokes et leurs nouveaux alliés (dont je parlerai plus tard) s’acharnent-ils à détruire tout ça ? Parce que dans le monde des wokes, il est interdit d’avoir des rêves, seules les névroses de femmes à pénis et de reines d’Angleterre nigérianes sont autorisées. Ils redistribuent leurs cartes du bien et du mal et imposent leur réalité d’aliénés. Et comme nous en avons souvent parlé avec mon amie Éloïse, ils trouvent de parfaits alliés dans l’univers de la religion dont on ne doit pas dire le nom.
En effet, il n’existe pas de contes et légendes qui construisent les enfants dans le monde musulman, tout l’imaginaire est relatif à la religion et n’est pas censé être imaginaire, mais réel. Les enfants se construisent sur un monde de terreur, dans lequel on ne joue pas, duquel on ne s’évade pas, et les références sont très particulières. Comme dans Sa Majesté des Mouches, les garçons sont très vite livrés au groupe et à la rue ; quant aux filles, collées aux culs de leurs mères, elles apprennent le métier d’épouses, de gardiennes du foyer et de la foi (revoir les vidéos d’apprentissage de Asif Arif ou de Bajrafil). L’imaginaire est fait d’imitations, de peurs et de frustrations. Comme pour les woke, le réel devient une névrose dont on ne s’échappe pas et où tout est possible, même le pire. »

2 réponses sur “[Marâtres, sorcières et rivales] – Blanche-Neige et les féministes”

  1. Détruire l’imaginaire, pour quoi ? Pour obliger le reste du monde à s’adapter à leurs névroses je suppose ? Ce rapprochement entre islamisme et cancellisme/wokimse est autant pertinent qu’osé et trouverait si peu d’écho dans la plupart des médias.

    « Parce que (…) seules les névroses de femmes à pénis et de reines d’Angleterre nigérianes sont autorisées ». Je suppose que votre amie fait référence à la « netflixisation » de la société, j’emprunte ce néologisme à Eugénie Bastié, et me refuse d’ailleurs à voir ces séries qui répandent de l’idéologie en barre sous couvert de relativisme culturel.

    Plus l’agenda cancelliste avance, plus je me demande de quoi ils sont capables et à combien de troubles (au sens entre autres psy du terme) ils créeront à moyen terme s’ils infestent toujours plus enseignement et médias.

  2. C’est ahurissant cette fixette sur le baiser, en oubliant que l’héroine a été empoisonnée par une rivale jalouse, et qu’elle ne doit la vie qu’à la bienveillance des hommes (le serviteur, les nains, le prince).

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