[Désespoir et solitude] – Le féminisme en échec

J’ai souvent décrit le cirque féministe victimaire comme des simagrées ou comme des sketchs de pleureuses professionnelles. Cependant, en n’évacuant nullement leurs fausses postures de tragédiennes et leurs mises en scènes de victimes imaginaires, force est de reconnaître que les torrents de larmes déversés quotidiennement par les féministes pourraient tout de même bien correspondre à un authentique fonds dépressif.

Il convient alors de se demander : est-il possible qu’après un siècle de féminisme, non seulement les femmes n’aient pas gagné en bonheur et en satisfaction, mais qu’elles y aient perdu ? Et si c’est le cas, comment cela se fait-il ? On nous aurait menti, le féminisme n’aurait pas fait descendre sur terre le bonheur égalitaire ? Sainte Simone n’aurait pas tenu ses promesses et ne serait finalement pas cette pourvoyeuse de grâces tant célébrée ? Voyons cela de plus près.

I. Le constat : féminisme, larmes, désespoir et dépression

« Jamais la condition des femmes n’a été pire qu’aujourd’hui !!! », s’égosille la féministe hardcore Solveig Halloin ébouriffée, dépoitraillée et au bord de la démence dans cette vidéo qui compile le « Top Ten de ses folies ». Objectivement, on sait pourtant que c’est faux : jamais les femmes n’ont eu autant de droits civiques, autant de pouvoir sur leur procréation (pilule, avortement, PMA, accouchement sous X…), sur leur situation conjugale (droit au divorce, pensions alimentaires, associations d’aides, justice en leur faveur…), sur l’accès aux études (davantage de femmes que d’hommes diplômés), sur leur santé (meilleure longévité), sur l’accès aux ressources et à l’emploi (on leur fait même des quotas de parité avec lourdes amendes à la clé si les entreprises n’embauchent pas une femme incompétente à la place d’un homme compétent afin de complaire au féminisme tout puissant), etc. Bref, la liste des « avancées féministes » est longue comme le bras. À croire qu’avant les années 1960, toutes les femmes ne connaissaient que l’esclavage et la torture.

Oui, mais, et les critères subjectifs, on en parle ?

II. Les chiffres qui tuent : les femmes se sentaient plus heureuses avant le féminisme !

Allons bon ! Les chiffres ne confortent pas le féminisme : plus les décennies passent, plus les sociétés « égalitaires » se mettent en place et plus, au fil des études sur les taux de satisfaction et de dépression, les femmes se déclarent malheureuses ! D’aucuns vont expliquer que ce « ressenti » peut être totalement décorrélé de leur situation réelle, ce qui est fort possible. Mais tout de même, il y a des signes qui ne trompent pas : jamais les femmes n’ont été aussi dépressives, aussi suicidaires, aussi malheureuses, aussi célibataires, aussi stressées, autant sous anti-dépresseurs et autant en peine pour trouver un mari, un père ou même un simple géniteur pour leurs enfants. Sur ce dernier point, voici par exemple le genre d’annonce qu’une femme de 41 ans dépose aujourd’hui sur un forum internet :

Femme célibataire de 41 ans en quête d’un donneur de sperme

Cette annonce récapitule en tous points la situation de la femme biberonnée au féminisme de ces 40 dernières années. Née en 1980, elle arrive en 2021 en ayant uniquement privilégié (on le devine aisément) sa vie professionnelle, sa vie sociale et probablement sa vie sexuelle. Elle s’est donc comportée en beauvoirienne modèle, pour le résultat qu’on découvre ici : elle a désormais renoncé à tout espoir de fonder un couple ou une famille avec la présence d’un homme. Pour autant, en dépit du matraquage féministe du genre, elle n’en reste pas moins une femme habitée par des désirs de femme – particulièrement le plus irréductible entre tous : être un jour mère. Le féminisme anti-maternel n’aura donc pas réussi à extirper en elle ce vieux « conditionnement » : malgré tous ses efforts, il aura juste réussi à lui faire perdre un temps précieux (elle n’a plus que 4 follicules viables) et à transformer la seconde moitié de sa vie en une solitude irrémédiable. De plus, si jamais elle arrive par miracle à enfanter, son enfant pourra être certain de n’avoir pas de père. Ajoutons qu’une loi est en préparation pour protéger les géniteurs qui n’ont pas envie de s’impliquer comme pères, donc il n’est même pas dit qu’elle pourra exiger de lui des subsides pour son enfant. Ce sera à elle d’assumer ses choix de vie – ce qui après tout est bien normal.

Plus largement et indépendamment de ce cas, la consommation d’antidépresseurs explose chez les femmes car la dépression touche deux fois plus souvent les femmes que les hommes : en 2018, selon une étude de Santé Publique France, « 13% des femmes souffraient de dépression contre 6,4% d’hommes ». Et, précise l’étude, les étudiantes et les célibataires sont parmi les plus touchées, preuve s’il en était que la vie de couple et de famille sont bien un élément protecteur. C’est également un démenti cinglant à la continuelle propagande féministe pro-célibat et anti-famille. Aux États-Unis, une étude de 1992 montrait que le taux global le plus élevé de dépression féminine parmi les générations plus âgées n’était que de 3,7 % ! Il a donc déjà plus que triplé… Sur les chiffres du désespoir féminin, on pourra aussi se reporter à cet article d’Aristide Renou, « Les chiffres sont là : les femmes ne sont pas heureuses » (14/11/20). Et les statistiques sont les mêmes pour tous les pays développés (États-Unis, pays scandinaves, France…). Alors, comment expliquer cela ?

III. L’angle mort des explications : le féminisme

Evidemment, il ne faut pas s’attendre à ce que nos labos d’études de genre se posent la question de l’impact du féminisme ou en dressent l’inventaire. Sans qu’ils aient besoin d’analyser quoi que ce soit, leur conclusion est déjà tirée : « Si ceux que l’on « aide » depuis des décennies avec notre idéologie sont aujourd’hui à moitié morts, c’est parce qu’on n’est pas allés assez loin dans l’application de nos thèses ! », clament-ils toujours en chœur. On connaît bien cette chanson : les gauchistes nous la servent aussi bien pour leurs programmes politiques néo-marxistes que pour la pédagogie des destructeurs de l’école. Aucun risque donc de les voir se renouveler sur la question du féminisme, d’autant que c’est aussi un gauchisme depuis le début – et ce n’est pas l’église du beauvoirisme qui nous contredira.

L’escroquerie Simone de Beauvoir

S’il y a déjà peu de choses qui me touchent chez Simone de Beauvoir, il n’y en a encore moins chez ceux qui s’en réclament – l’église beauvoirienne ayant certainement fait pire que sa fondatrice.

  • Je déteste sa formule détournée d’Erasme, « on ne naît pas femme, on le devient ». C’est sur cette contre-vérité anthropologique que les idéologues du genre ont construit leurs théories bancales sur l’indifférenciation des sexes ; et c’est grâce à elle que les trans viennent aujourd’hui claquer le museau des féministes. Grand bien leur fasse ; il fallait réfléchir un peu en amont (cf. « Les féministes et le coup d’après »). J’entends beaucoup les TERF pleurer depuis quelques temps, mais je n’en ai toujours entendu aucune faire son autocritique, comme c’est étrange. Aujourd’hui, elles disent que Simone de Beauvoir n’aurait jamais nié la biologie du sexe féminin – ce que je veux bien croire. Je note alors qu’en tant que féministe en chef, elle est donc parfaitement représentative du manque d’anticipation congénital de son église.
  • Je déteste l’injonction de Simone de Beauvoir faite aux femmes d’abandonner la maternité pour la vie en entreprise : « aucune femme ne devrait être autorisée à rester à la maison pour élever ses enfants », déclarait-elle benoîtement en 1975. Mépriser la mère de famille et l’obliger à se trouver un métier était son mot d’ordre – étant entendu que son modèle personnel de femme de lettres devait être l’exemple à suivre, ignorant délibérément que pour les 99% de femmes réelles, la libération par le travail passerait surtout par les trois-huit à l’usine et les petits boulots peu gratifiants, tout en ne voyant plus leurs enfants grandir ou en payant parfois cher d’autres femmes pour faire moins bien ce qu’elles auraient pu faire elles-mêmes.
Betty FRIEDAN, Simone DE BEAUVOIR, « Sex, Society and the Female Dilemma », Saturday Review, June 14, 1975, p. 18.

Suite à cela, depuis l’après-guerre et surtout depuis la seconde vague féministe (née en 1966 aux États-Unis lors de la création par Betty Friedan de la NOW, National Organisation for Women), le féminisme se targue d’avoir libéré la femme du soi-disant « carcan patriarcal » du mariage et de la vie de famille, toujours présentés comme des institutions réactionnaires ou pétainistes, quand ce n’est pas carrément d’extrême droite.

Aujourd’hui, la propagande féministe poursuit dans cette voie auprès des adolescentes, leur mettant une pression considérable, leur faisant bien comprendre que si elles ne devenaient pas ingénieur, avocate, chef d’entreprise, astronaute ou la nouvelle Marie Curie, elles ne seraient à vie que des nullités exploitées par le « patriarcat ». Que ces mêmes femmes se suicident à 40 ou 50 ans après une vie de misère affective ou qu’elles passent leur vie entière sous cachets ne les effleure pas un instant : il vaut mieux mourir jeune en femme libérée que vivre heureuse longtemps en femme soumise et les mânes du féminisme seront satisfaites, n’est-ce pas…

Ce discours interdit de fait aux femmes toute forme de satisfaction dans leur vie future. Car peu d’entre elles seront capables – ou auront même seulement envie – de ces trajectoires ; la plupart des filles aspirent simplement à être heureuses avec leur amoureux, à avoir d’éventuels enfants (dans un avenir lointain) et un boulot qui leur plait et pas nécessairement à plein temps – car toutes n’ont pas fondamentalement envie de sacrifier leur vie de femme sur l’autel de la performance et de la compétitivité en entreprise, quoi qu’elles récitent par conformisme. La confrontation avec la vie réelle leur sera souvent cruelle, mais cela, les féministes ne sont pas prêtes à l’entendre.

Cette terrible pression fabrique des cohortes de jeunes femmes déjà anxieuses et dépressives avant même d’être entrées dans la vie adulte. Le reste de leur vie sera à l’avenant : une étude américaine de 2009 aborde le sentiment de tristesse, de plus en plus important, qui accompagne les femmes occidentales, au fur et à mesure que le féminisme impose ses normes : « Le paradoxe du déclin du bonheur féminin » (en anglais). Les résultats sont accablants : plus un pays est égalitaire et féministe et plus les femmes y sont dépressives.

Aucune des injonctions féministes n’a donné de résultats probants. Le « paradoxe scandinave » a également démontré que plus une société est égalitaire et féministe, plus ses filles sont libres de choisir leur orientation professionnelle et plus elles vont en quasi totalité vers des métiers de femmes et des comportement hypergenrés (90% d’infirmières contre 10% de femmes ingénieurs). Les féministes suédoises en sont maintenant à se demander comment elles pourraient forcer les filles à embrasser des carrières masculines – alors que celles-ci n’en ont fondamentalement pas envie. Mais comme pousser toutes les femmes à la dépression et au célibat semble être leur seul mot d’ordre…

Le ressenti des femmes cadres

Les féministes pourraient répondre que l’on n’est plus au temps des trente glorieuses de S. de Beauvoir et que les femmes d’aujourd’hui ne travaillent plus à l’usine ou aux champs mais occupent essentiellement des emplois du tertiaire – notamment de cadres moyens ou supérieurs (laissant aux hommes les métiers les plus sales, les plus ingrats et les plus dangereux, ce qu’elles omettent en général de rappeler). Et il est vrai qu’elles sont souvent cadres sup, notamment dans la fonction publique, où elles sont même plus nombreuses que les hommes à bénéficier de cette sécurité de l’emploi, en catégorie A qui plus est. Cela les a-t-il rendues plus heureuses ? Que nenni.

Une étude américaine de 2011 réalisée auprès de 670 cadres, commentée dans cet article de Psychology Today : « Meet the Least Happy People in America » (17/09/11), révèle que les hommes sont « toujours plus heureux que les femmes », tant au bureau qu’en dehors. Les résultats ont également révélé que les hommes sont deux fois plus nombreux à se sentir équilibrés dans leur vie professionnelle et personnelle et que les femmes sont plus susceptibles que les hommes de souffrir de stress, de maux de tête, de tension musculaire, de prise de poids et de dépression.

L’étude a également révélé que les américains les plus heureux sont les cadres et chefs d’entreprise masculins d’âge moyen (39 ans) mariés avec un enfant à la maison et une femme qui travaille à temps partiel. Inversement, les cadres les plus malheureux sont les femmes de la même tranche d’âge (42 ans), célibataires et sans enfants, bien que professions intellectuelles et supérieures (médecin, avocat, etc.). En clair : leur réussite professionnelle ne suffit pas à leur bonheur !

Les explications avancées diront toujours que les femmes sont plus stressées et dépressives parce qu’elles font des doubles journées et doivent s’occuper de tout : travailler à l’extérieur tout en se tapant les corvées domestiques (la fameuse « charge mentale »), bla bla bla, le sexisme, ouin ouin, le « patriarcat »… Sauf que dans l’exemple ci-dessus, les femmes les plus malheureuses sont célibataires et n’ont donc PAS d’enfant ni de « charge mentale » ou familiale ! Étude dont les conclusions rejoignent évidemment celles de l’étude de 2018 citée plus haut sur la dépression. Mais la détresse des célibataires n’intéresse pas les féministes car elle les obligerait à envisager ce qu’elles ne veulent surtout pas voir : la plupart des femmes sont plus heureuses avec un homme à leurs côtés et ça, ce n’est pas politiquement correct de le dire au sein de l’église du beauvoirisme tout puissant. Au fait, merci, Simone ! En voici qui ont bien suivi ton exemple et elles sont aussi malheureuses que toi en amour, vive le féminisme !

Il est donc temps de revenir sur l’arnaque beauvoirienne, le « paradoxe », comme disent nos sociologues du genre : le fait qu’à peu près tout ce que Beauvoir prêchait urbi et orbi était en contradiction avec ses aspirations les plus profondes ! Il faut voir les féministes universitaires en sueur, tordant la bouche pour tenter de justifier l’immense contradiction : dans ses lettres à son amant Nelson Algren, Beauvoir ne rêvait que d’être une femme amoureuse et une femme au foyer comme une autre : « J’aimerais être ta petite femme d’intérieur », « Je veux être ta petite grenouille d’amour », etc. ; elle veut lui faire la cuisine, lui blanchir son linge, etc. Qui plus est, Simone a gardé toute sa vie sa correspondance avec Nelson près de son lit (alors que tous ses souvenirs étaient jetés en vrac dans sa cave) et elle s’est même fait porter en terre avec l’anneau de Nelson à son doigt (cf. Irène Frain, Beauvoir in Love, Paris, 2012). Il y avait donc bien Miss Simone et Docteur de Beauvoir… C’est dire aussi si sa vie de femme amoureuse a été avortée et sa vie de mère passée par pertes et profits – quoi que prétendent les prêtresses de son temple. Il n’y a qu’à travers ces épisodes amoureux et passionnels, et même ses attitudes de midinette, que je me sens une proximité avec Beauvoir ou que je ressens une véritable sympathie pour elle. Mais le reste du temps, comme le dit ici Peggy Sastre (vers 18 min.), Beauvoir était un moine-soldat, dogmatique, fanatique et manichéenne qui a choisi de piétiner sa véritable nature pour la faire entrer au chausse-pied dans son idéologie. Les vraies femmes ne lui disent pas merci, car pour les plus naïves, suivre l’exemple de Beauvoir n’aura été que la garantie d’être malheureuses toute leur vie.

Beauvoir et la maternité

  • Je déteste ses postures sur la maternité. Selon ses zélatrices, qui essaient maintenant de se raccrocher aux branches, Beauvoir mettait « uniquement en cause la maternité qui aliène. Elle veut une maternité choisie et non subie ». Mais qu’est-ce qu’une femme qui a décidé de sacrifier sa maternité sur l’autel de sa carrière a à dire sur ce sujet ? Elle y connait quoi, à la maternité ? Rien du tout ! Qu’est-ce qu’elle en sait, qu’une maternité doit être « choisie » pour être valable ? Et en quoi une maternité « non choisie » serait-elle si aliénante ? J’ai moi-même eu tous mes enfants par surprise et j’en ai toujours pris mon parti (y compris dans des conditions économiques très défavorables – comme quand j’étais étudiante célibataire, intellectuelle comme elle, mais beaucoup moins riche). Je pense profondément qu’un enfant, que la vie, ne se calculent pas et que c’est à nous de nous adapter et de faire avec ses aléas – comme l’humanité l’a toujours fait. C’est évidemment un positionnement très personnel, qui découle directement de ma nature optimiste et étrangère à la dépression (et je m’en porte plutôt bien, ce qui explique aussi certainement ma profonde allergie au féminisme, cet autre nom du désespoir et de l’anxiété inguérissables). Même si personne ne peut plus le comprendre, on peut aussi envisager un enfant autrement que comme une somme de tracas ou comme « un choix ». Sur ce point, je rejoins la réflexion d’Ingrid Riocreux, « Le “désir d’enfant” et ses dérives » (Causeur, 19/04/21) : « Qu’il est bon, à l’inverse – et quel sentiment de liberté, quelle force vitale on puise en cette contingence – d’avoir surgi dans un monde qui ne vous attendait pas et de ne devoir sa vie à la volonté planificatrice de personne ! ».

Le post-beauvoirisme et les discours anti-maternité, anti-paternité et anti-hommes

Je veux bien admettre que Beauvoir n’était elle-même pas aussi toxique que ses suiveuses. Je veux bien lui laisser le bénéfice du doute, dans la mesure où elle essuyait les plâtres et qu’elle pouvait en toute sincérité s’imaginer que proposer aux femmes un modèle de vie débarrassé du mariage, de la maternité et de la vie de famille allait les « libérer » (personnellement, je ne vois pas de quoi, mais admettons) et en faire des femmes heureuses et accomplies.

Sauf que ce n’est pas du tout ce qui s’est passé. 50 ans après Beauvoir, c’est un échec sociétal : les taux de célibataires ont augmenté drastiquement (avec des Incels des deux sexes malheureux comme des pierres), la natalité s’est effondrée, les dépressions féminines ont explosé, les suicides aussi et la misère affective frappe à presque toutes les portes. Quant aux pères, quand ils n’ont pas déserté ou démissionné, ils sont chassés ou traînés au tribunal pour être tout à la fois privés de leurs enfants et rincés financièrement (article en préparation : « Où sont les pères? »).

Mais les féministes trouvent qu’elles n’ont pas encore suffisamment détruit les relations hommes-femmes et parents-enfants. Elles continuent de militer contre la maternité et contre l’investissement maternel et familial – alors que les études montrent toutes que c’est ce qui apporte le plus de bonheur de femmes (seule une étude féministe bidonnée a piteusement essayé de démontrer le contraire, mais cela n’a pas fait illusion très longtemps ; cf. « Non, la science n’a pas prouvé que les femmes célibataires sans enfant sont plus heureuses »).

Les féministes sont désespérément incapables de comprendre que le « patriarcat », à travers les institutions du mariage et de la vie de famille, protégeait en réalité la femme vieillissante de la dépression et de la solitude bien davantage que sa vie professionnelle, fut-elle brillante. Elles ciblent toujours comme des vautours les femmes jeunes, entre 20 et 35 ans ; un âge où leur idéologie est la plus toxique et la plus délétère et où ses dégâts sont souvent irrattrapables : quand les chances de se mettre en couple et d’enfanter ont été ruinées, il est en général impossible de revenir en arrière. Un homme de 45 ans peut facilement démarrer sa vie de famille à cet âge en se mettant avec une fille de 25 ans. Pour une femme de 45 ans, c’est fini. Après avoir reçu le baiser de la sorcière, il ne reste aux femmes qu’à devenir à leur tour de vieilles sorcières aigries.

IV. Quelle solution, alors ?

Il ne s’agit évidemment pas de renvoyer les femmes à la maison. Je rappelle que je suis moi-même une intellectuelle, j’ai fait des études supérieures et je travaille à l’extérieur (autant que possible à temps partiel, car je n’ai pas vocation à être une executive woman ; je préfère gagner moins d’argent mais être plus libre et en meilleure santé). Je trouve donc très bien que les femmes aient la possibilité de s’accomplir aussi bien dans le travail que dans leur vie de femme, c’est ce que je m’efforce moi-même de faire. Mais je ne comprendrai (et ne respecterai) le féminisme que quand lui-même respectera les envies profondes des femmes et qu’il cessera de dénigrer les hommes, les pères, les enfants et la vie de famille.

Aujourd’hui, il est possible de s’accomplir dans le travail ET dans la vie privée, il suffit de ne pas demander l’impossible aux femmes. Mais il faut cesser de leur mentir et de leur faire croire qu’elles seront forcément aussi heureuses par le travail que par le reste car ce ne sera pas vrai pour toutes, loin de là – et ce n’est pas moi qui le dis, mais les statistiques, voir plus haut. Beauvoir avait tort en voulant « libérer » de force « les femmes » dans leur ensemble de ce que beaucoup d’entre elles ne vivaient pas du tout comme une « soumission ». Le grand tort des féministes est de vouloir faire croire à toutes les femmes que ce qui est l’horizon fantasmatique de l’étudiante féministe de 20 ans (qui n’a quasiment rien vécu) est celui de toute femme. La réalité ne rentre pas dans les cases de l’idéologie et ses fruits sont souvent amers. Il faut prévenir les jeunes adultes que si elles veulent tout miser sur leur carrière, elles risquent d’en payer le prix fort sur le plan personnel.

De mon point de vue, il y a peu de métiers et de vies professionnelles qui justifient le sacrifice de sa vie personnelle. Je pense même qu’il n’y en a aucun (mais encore une fois, ce n’est qu’une position très personnelle). À chacune donc de décider puis d’assumer ses choix l’âge venu. Je ne comprends pas cette obsession féministe de vouloir singer les singes en tout, de toujours vouloir obsessionnellement faire exactement la même chose en tous points, quand c’est au final le meilleur moyen d’enchaîner les dépressions.

Il n’y a pas de solution toute trouvée, c’est à chacune de se positionner puis d’assumer ses choix. A chacune de réfléchir (si possible avant 35 ans) si elle se sent capable de renoncer à sa fertilité et à sa vie de famille. La seule chose est de ne pas mentir aux femmes et ne pas leur faire croire qu’elles pourront facilement fonder une famille après 35 ou 40 ans car c’est généralement faux. Tout le monde n’a pas facilement un premier enfant à 39 ans comme Meghan Markle – c’est possible mais c’est un pari de plus en plus risqué, sachant que la fertilité des couples diminue d’année en année. De même, la vie ne présente pas 50 fois le même plat : quand on a craché dans la soupe une fois, deux fois, trois fois, il est souvent trop tard quand on se réveille.

Vive le temps partiel !

Il ne faut pas se mentir, cela commence à se voir que les femmes n’ont pas la même capacité (physique et psychique) de travail en entreprise que les hommes, qu’elles y souffrent davantage, qu’elles ne sont pas prêtes à faire les mêmes sacrifices personnels, qu’elles se ruinent l’esprit avec les médisances, les ragots, les cancans auxquelles elles participent d’ailleurs beaucoup (je connais des femmes qui ne veulent plus travailler qu’avec des hommes tellement elles craignent ces ambiances de volière), qu’elles se mettent la pression et se rendent malades, qu’elles rentrent souvent du boulot en pleurant (alors que c’est beaucoup plus rares chez les hommes), etc. A quoi bon alors s’acharner juste pour avoir son certificat de femme libérée et de bonne féministe ?

La photo ci-dessus est empruntée à cet article de Reporterre : « Vive le temps partiel ! » (16/01/14)

Mon opinion est la suivante et si j’étais dans la politique, je proposerais une revalorisation, symbolique et économique, du temps partiel féminin ! Voilà pour quoi devraient militer les féministes, si elles étaient réellement soucieuses de l’état de santé des femmes. Les avantages seraient nombreux :

  • Cela libèrerait des emplois pour les hommes, ce qui les rendrait globalement plus heureux (car un homme sans emploi en souffre beaucoup plus qu’une femme)
  • Cela permettrait aux femmes d’élever leurs enfants elles-mêmes en ayant bonne conscience
  • Cela leur permettrait d’avoir une vie professionnelle et sociale à moindres frais pour leur tension nerveuse et leur santé mentale et physique
  • S’il y avait des mesures gouvernementales incitatives, cela valoriserait ce type de travail qui ne serait plus vécu comme un temps partiel subi (et les féministes auraient moins de raisons de pleurer hypocritement)
  • Même si ce n’est pas pour les mêmes raisons (car eux sont des écolos bobos féministes), mon argument rejoint celui de Reporterre : « Notre hypothèse est qu’en légitimant, par le droit, le temps choisi, nous soulagerons les individus de cette pression à la conformité qui les amène (malgré eux) à se soumettre à la norme du temps plein (et à la norme de surconsommation qui va avec). »
  • Evidemment, cela ne fonctionnerait de manière optimale que si le taux de célibat chutait pour le bien de tous et que les femmes à temps partiel disposaient d’un second revenu au foyer, celui du conjoint. Il est évident que si les féministes n’ont d’autre projet que d’encourager les mères célibataires, elles condamnent ces dernières à se tuer au travail tout en laissant leurs enfants en déshérence. Et donc à ne jamais sortir du cercle vicieux des dépressions.
  • Selon les chiffres du ministère des droits des femmes, en 2014, seules 27% des demandes féminines de temps partiel étaient acceptées, contre 14% des demandes masculines. Ce qui montre qu’il existe réellement une demande féminine qui n’est pas prise en compte : il faudrait que cela change. Le droit inconditionnel au temps partiel existe déjà aux Pays-Bas, pourquoi ne pas l’instaurer en France ?

[à suivre…]

  • Voir aussi :

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