[Fake Christ] – La « première image connue du Christ » (noir) est une icône post-byzantine du XVIIIe siècle !

Le nouveau racialisme BLM va vraiment se nicher où on l’attend le moins… Depuis quelques années, une peinture byzantine conservée au Musée Copte du Caire circule sur internet avec des légendes toutes plus invraisemblables les unes que les autres – par exemple ici dans la Dépêche d’Abidjan : « Fresque datant de -310 AV JC (Musée copte du Caire) on y voit le KER SESHETA (Christ) Issa qui est un négro africain » (13/03/2018). Lol !

Depuis 2016 en effet, les partages pullulent sur Twitter, Facebook ou Pinterest (sans parler de tous les sites de propagande raciale), toujours sans la moindre vérification, ni même la moindre trace de doute – et dans une inculture artistique totale – afin de faire croire qu’il s’agirait de la plus ancienne représentation attestée du Christ : un africain à la peau noire, donc.

À l’origine de ce militantisme africaniste, on retrouve sans surprise l’historien sénégalais très controversé Cheikh Anta Diop, connu également pour avoir tenté de faire croire que les pharaons égyptiens anciens étaient des noirs africains : « Jésus-Christ est noir ». Ayant vu passer ce matin ce fake iconographique sur Facebook et ne trouvant rien en français pour le débunker d’un simple clic, j’ai pensé qu’il ne serait pas inutile de jeter les bases d’un petit point historiographique sur la question.

Que chaque peuple veuille s’approprier la physionomie, l’ascendance ou la généalogie du Christ, après tout, pourquoi pas… C’est ainsi que l’histoire des religions a toujours procédé : un peuple doit pouvoir, d’une manière ou d’une autre, s’identifier avec sa figure divine tutélaire. Que le Christ soit perçu comme un homme blanc, noir ou métis, avec des cheveux lisses, crépus, bruns ou blonds ne pose en soi aucun problème – et ce, d’autant moins que le christianisme a toujours porté un message universaliste. Par contre, j’ai un très gros problème avec la manipulation et la réécriture de l’histoire de l’art à des fins de propagande racialiste.

Voici donc le genre de légende que l’on trouve associée à cette représentation, toujours accompagnée de commentaires poussant à croire que l’on se trouverait devant un portrait copte original (Ve-VIIe siècles) du « Christ noir » :

La vraie légende est : Incrédulité de saint Thomas, icône du début du XVIIIe siècle, Musée copte du Caire (Égypte).

De quoi s’agit-il exactement ?

Comme on peut le lire dans cet article universitaire de Sherik SADEK EL GENDI, « Different Attitudes of Jesus Christ in Coptic Art », The Conference Book of the General Union of Arab Archeologists, 2013,  16, p. 209-246 (sp. p. 228), il s’agit en réalité d’une icône byzantine du début du XVIIIe siècle. Je traduis le paragraphe consacré à cette oeuvre :

« Dans l’épisode de l’Incrédulité de Thomas ornant une autre icône rare du Musée Copte du Caire, le Christ est debout sur une volée de marches, entouré de ses disciples (n°4871). Ses cheveux bruns mi-longs sont ornés d’un nimbe doré crucifère. Pieds nus, il lève la main droite pour montrer ses plaies. Sur son autre main, son flanc droit et ses pieds, d’autres blessures sont visibles. Portant barbe et moustache, Jésus est vêtu d’une tunique blanche sous un pallium orange. Six disciples, dont Thomas, se tiennent à gauche de Jésus. À sa droite, cinq autres disciples sont présents, qui le désignent de leurs mains. Portant des tuniques et des pallia de différentes couleurs, ils ont les cheveux bruns ou gris, des barbes et des moustaches. Comme le premier disciple de droite, Thomas a un ruban rouge autour de son bras droit. Tous ont de petites têtes, des sourcils légèrement incurvés, de petits yeux et une petite bouche et un nez droit. La scène se déroule sous une arcade rouge-brun. À gauche et à droite de l’arrière-plan, les bâtiments sont représentés sous un ciel doré. Au-dessus des bâtiments, il est écrit: « Incrédulité de Thomas ». Sur le nimbe crucifère du Christ, on peut lire : « Celui qui est ». Datant du début du XVIIIe siècle après J.-C., l’icône est peinte sur une toile de lin fixée à un panneau ».

Dimensions : 43,9 x 59,1 x 1,8 cm.
Provenance : achetée à NICOLA KYRODOS le 26 juin 1939.
Bibliographie : V. GIRGIS, Icons from the Coptic Museum, Le Caire, 1965, p. 59, nº66, fig. 66 ; The Icons. Catalogue général du Musée Copte, par P. VAN MOORSEL, MAT. IMMERZEEL et L. LANGEN, avec la collaboration de A. SERAFEEM, Le Caire, 1991, pp. 108-109, nº 119, pl. 31/b.

Saint Thomas, vêtu d’un pallium jaune, touche de sa main droite la blessure au côté du Christ, seul moyen pour lui de croire en sa résurrection. Tout comme celle du Christ, la peau de son visage paraît très sombre.

Les premières représentations du Christ figurent-elles un homme noir ?

Bien sûr que non, et il n’est pas besoin de chercher très loin pour s’en apercevoir.

Rome, catacombe de Commodille, fin du IVe siècle : le Christ entre l’Alpha et l’Oméga.

Sur la fresque du cubiculum « des boulangers » de la catacombe de Domitille (fin du IVe siècle), le Christ qui trône entre ses disciples a les traits d’un jeune homme à la peau tout aussi claire que sur le portrait contemporain de la catacombe de Commodille, de même que sur l’ensemble de ses représentations dans les catacombes romaines.

Rome, catacombe de Domitille, cubiculum des Pistores, fin du IVe siècle: Le Christ trônant.

Sur les icônes coptes anciennes (les vraies), comme sur celle du Christ et de l’abbé Ména, provenant de Baouît au VIIIe siècle, Jésus a une peau relativement claire et un type méditerranéen (éventuellement basané ou moyen-oriental), à l’image des ethnies qui produisaient ces oeuvres :

Paris, Musée du Louvre : icône copte du Christ et de l’abbé Ména, VIIIe siècle. Encaustique et tempera sur bois de figuier.

Il est inutile de multiplier les exemples. Il est tout simplement, au vu, de l’histoire de l’art, IMPOSSIBLE de prétendre un seul instant que les premières représentations du Christ dans l’art puissent avoir fait état d’un noir africain. On se contentera de rappeler que l’iconographie du Christ, à l’origine de ses représentations, se rangeait grosso modo selon deux types physiques :

  • Le type dit « hellénistique » : le Christ est un jeune homme imberbe aux cheveux bouclés, de type Apollon, comme sur le sarcophage de Junius Bassus (359) :
Sarcophage de Junius Bassus, 359 : Le Christ de type hellénistique
  • Le Christ de type dit « syrien », du fait de ses occurrences au VIe siècle dans des manuscrits provenant de Syrie, tels le Codex rossanensis (Évangiles pourpres de Rossano), où il apparaît plus âgé, barbu, avec le visage émacié et des cheveux bruns mi-longs :
Rossano (Italie), Evangiles pourpres de Rossano, réalisés en Syrie ou Asie Mineure vers le milieu du VIe siècle. Le Christ (de type syrien) entrant à Jérusalem.

Mais comme on peut le voir avec l’exemple de la catacombe de Commodille ci-dessus, le type barbu était déjà présent dans la Rome de la fin du IVe siècle. Inversement, dans la Syrie du IIIe siècle, sur les fresques de Doura-Europos, on trouve la plus ancienne figuration datable du Christ (vers 232), où celui-ci apparaît jeune et imberbe (et blanc) :

Doura-Europs (Syrie), vers 232 : La Guérison du paralytique.

Quoi qu’il en soit, c’est le type physique barbu dit « syrien » qui l’emportera et sera majoritaire dans l’art byzantin puis médiéval. C’est également celui que l’on retrouve dans notre icône tardive du musée du Caire.

  • Et de toutes façons, pour mettre tout le monde d’accord, on rappellera que la plus ancienne représentation connue du Christ est le graffiti d’Alexamenos, que l’on situe entre le Ier et le IIIe siècles, et qui figure un homme crucifié avec une tête d’âne :
Rome, Musée du Palatin, graffiti (Ier-IIIe siècles) : « Alexamenos adore son dieu »

Il s’agit d’une caricature anti-chrétienne probablement réalisée par un jeune page d’origine grecque qui se moquait de la religion d’un de ses camarades de classe (tous deux étaient en formation dans l’école de pages du palais).

Conclusion sur l’icône du Caire :

  • Le type physique du Christ y est le type dit « syrien » byzantin et médiéval ; c’est-à-dire un type physique indo-européen et/ou sémitique.
  • L’édicule architecturé qui le surplombe, avec ses colonnes de porphyre surmontées de chapiteaux corinthiens dorés et sa perspective maladroite ressortissent de l’art byzantin tardif influencé par l’art de la Renaissance – le premier art chrétien copte (Ve-VIIe siècles) ayant pour sa part renoncé à la perspective.
  • Le lieu de production de l’icône est inconnu, mais il pourrait d’agir d’une icône gréco-russe.
  • Le brunissement des visages du Christ et des apôtres de gauche (mais pas de ceux de droite) est un phénomène fréquent habituellement dû à la fumée des cierges, l’oxydation des pigments métalliques ou le vieillissement des huiles. Il n’atteste en rien d’un Christ de type négroïde.
  • Il est habituel que la physionomie du Christ s’adapte aux régions et aux peuples qui produisent ses représentations. On ne peut évidemment en tirer aucune espèce de conclusion quant à la physionomie réelle du Christ, surtout quand on essaie de faire passer une oeuvre du XVIIIe siècle pour un portrait du IVe siècle avant Jésus-Christ ! Que des gens puissent prendre au sérieux de telles divagations (un portrait de Jésus-Christ réalisé 300 ans avant Jésus-Christ lui-même !) est aussi décourageant qu’alarmant quant au niveau de réflexion de ceux qui propagent de telles énormités.

Conclusion plus générale :

  • Il est d’autant plus aberrant de se lancer dans des récupérations identitaires et de vouloir assigner une couleur de peau au Christ qu’il n’a jamais été démontré qu’il ait eu la moindre existence historique – même le « Maître de Justice » des Esséniens, qui pouvait fournir un proto-Jésus historique (mis à mort avant 60 ans J.-C.) est aujourd’hui remis en question.
  • Le christianisme est un syncrétisme religieux tardo-antique qui mêle des influences égyptiennes, gnostiques, hébraïques, grecques et hellénistiques et dont le corpus de textes (le Nouveau Testament) n’a été fixé et diffusé largement que sous l’empereur Théodose au début du Ve siècle. Auparavant, c’était une secte comme une autre et des dizaines d’évangiles, tout plus légendaires les uns que les autres (devenus par la suite les Apocryphes), pullulaient autour de la Méditerranée. Rechercher la véritable couleur de peau de Jésus au milieu de tout cela n’a donc aucun sens – sinon faire flamber les confits raciaux, ce qui est, on l’a bien compris, l’agenda à peine dissimulé derrière ce militantisme.

[à suivre…]

  • Voir aussi :

. Sur Cheikh Anta Diop et les « anciens africains noirs » :

[Real Life] – La domination féminine

Au fil des jours, je me propose de lister dans cet article les occurrences de la domination féminine, notamment dans les secteurs d’activité professionnelle ou dans la justice. L’objectif étant de démontrer que la complainte féministe victimaire tourne en réalité à vide.

Le monde de l’édition : un empire ultra féminisé

Comme cet intéressant article permet de s’en rendre compte, le monde de l’édition est devenu majoritairement féminin : 70% des éditeurs sont des femmes, pour un lectorat essentiellement féminin également : « Édition : l’empire des femmes » (L’Express, 03/03/20). L’article est à lire en intégralité ici.

Édition française : on n’est même pas surpris de retrouver en tête de liste la pleurnicheuse en chef Vanessa Spingora, incarnation même de la domination féministe victimaire.

L’école et l’université : conçues par et pour les femmes

Déjà en 2017 :

  • 44,4 % des diplômés supérieurs à bac + 2 sont des hommes.
  • 43,2 % des étudiants à l’université sont des hommes.
  • Les hommes représentent 47 % des effectifs du BAC général, contre 62 % pour les CAP, BEP et équivalents.
  • 85,6 % de réussite des garçons à comparer avec 90,1 % de réussite pour les filles au baccalauréat.
  • 6,2 % en faveur des filles, c’est l’écart entre les notes attribuées aux garçons et aux filles à performance égale en mathématiques en 6ème.
  • 84,4 % des élèves punis sont des garçons.

    (Liste complète des privilèges féminins avec les sources Insee à retrouver par exemple ici)

Les cadres de la fonction publique sont majoritairement des femmes

  • Selon le rapport de l’Insee 2017 (page 36), « le taux de féminisation varie fortement selon les catégories. Les jeunes femmes représentent ainsi 62 % des cadres hiérarchiques dans la fonction publique, 69 % parmi les professeurs et professions scientifiques, 62 % dans les professions de l’information des arts et des spectacles mais 46 % des encadrants parmi les cadres administratifs et commerciaux d’entreprise et seulement 22 % des ingénieurs et cadres techniques d’entreprise. Mais plus encore que parmi l’ensemble des cadres, les femmes encadrantes travaillent massivement dans la fonction publique : en 2013, près de 37 % d’entre elles y travaillent contre 15 % pour les hommes (respectivement 26 % et 14 % en 2001). »
  • En 2019, selon l’Insee toujours, « les deux catégories socioprofessionnelles affichant la part de femmes la plus élevée sont les professeurs et professions scientifiques (55 %) et les cadres de la fonction publique (50 %). À un niveau plus fin, « les professions les plus féminisées sont les professeurs de l’enseignement secondaire général et technique (60%), les médecins et pharmaciens salariés (59%) et les cadres spécialistes des fonctions administratives et financières (58%) » explique l’étude de l’Insee.
  • Le schéma qui suit illustre les récriminations féministes, venant essentiellement de femmes déjà favorisées sur le marché de l’emploi. Globalement, on les retrouve dans les professions intermédiaires, cadres moyens et supérieurs :

C’est une chose dont Camille Paglia parle également : « Le féminisme de deuxième vague s’est mis à privilégier les plaintes et préoccupations des femmes de carrière de la classe moyenne supérieure qui convoitent le statut enviable et les récompenses matérielles d’un système économique construit par et pour les hommes ». [Camille Paglia, Femmes libres, hommes libres, Laval (Qc), 2019, p. 318].

Les femmes qui, dans le monde du travail, occupent la majorité des postes dans le tertiaire (ceux où il n’y a pas à se salir les mains ou à ruiner sa condition physique), laissant les « sales boulots » (égoutier, éboueurs, équarisseurs…) aux hommes, en veulent encore plus : elles ont l’oeil braqué sur la poignée de très hauts revenus qui leurs échappent encore mais ignorent volontairement, et même méprisent, la majorité silencieuse des hommes dont les emplois peu valorisés leur permettent pourtant de vivre confortablement – par exemple ces laveurs de vitres qui leur permettent de contempler la ville tout en récriminant, leur tasse de thé à la main, dans leurs réunions féministes…

C’est aussi ce qui ressort du Gender Pay Gap (les différences de salaire H/F) : les seules RÉELLES différences qui subsistent se situent tout en haut de l’échelle des revenus. Ceci s’explique surtout parce que les femmes ne savent pas négocier comme les hommes (elles sont moins combatives) et parce que leur personnalité et leurs choix de vie les poussent à privilégier d’autres formes de vie professionnelle :

[à suivre…]

[Festival de connes] – Les César 21 et les pompeuses cornichonnes

* J’ai fait une exception à mes principes et j’ai féminisé les « pompeux cornichons » de Noël Godin. J’aurais pu aussi écrire « festival de con.NE.s », seul emploi de l’inclusive que je m’autorise :

… mais je vais me contenter d’une discrète allusion à César et Pompée, aux nichons de l’héroïne de la soirée et à tous ces cornichons culturels qui nous pompent l’air.

Je suis en tout cas toujours aussi étonnée, pour ne pas dire agacée, de découvrir à quel point mes descriptions du néo-féminisme sont systématiquement mises en oeuvre et illustrées, avec une régularité de métronome, par celles-là mêmes que je visais. J’eusse pourtant préféré que cette réalité n’existât point, que tous ces tableaux consternants de la féministe d’aujourd’hui ne soient que de mauvais rêves ou des inquiétudes sans fondement. Hélas, trois fois hélas.

César 2021 : le festival de connes bat son plein

À quelques exceptions près, dont la majestueuse Fanny Ardant qui a su prendre le contrepied de l’armada de pleureuses subventionnées en robe Vuitton à plusieurs milliers d’€, quand celle-ci a déclaré : « C’est une joie de fêter les acteurs, de célébrer les hommes, leur dire qu’ils sont beaux, qu’ils sont braves, qu’on rêve de les connaître (…) Qu’on désire les revoir. Et que… on les aime… on les admire. Et que vivre sans eux ne serait pas tout à fait vivre », la cérémonie 2021 a été le pénible et attendu défilé de néo-féministes et de gauchistes « culturels » avec leurs postures rebellocrates et leurs blagues téléphonées plus affligeantes les unes que les autres.

D’autres ayant déjà brillamment commenté leurs célébrations de l’agresseur Adama Traoré (mais quand c’est un racisé, ce n’est pas du viol, voyons), leurs citations d’Hitler destinées à Polanski (Vincent Dedienne et son « césar de l’abjection »), leurs soutiens à Michel Zecler ou à Dieudonné, l’insulte à Nathalie Baye traitée de merde et j’en passe, je vais surtout revenir sur le spectacle offert par Corinne Masiero.

Masiero, c’est cette actrice de second rang connue pour avoir vécu de ses charmes dans sa jeunesse avant de se recycler dans une série TV dont j’ignore tout et surtout, de militer pour l’extrême gauche.

Elle est donc une synthèse parfaite de la féministe gauchiste et raciste sur le retour et de l’actrice-bobo pleure-misère qui, ayant compris que le 7e Art (le vrai) ne se risquerait pas de sitôt à lui servir de grands rôles, a fait le calcul, comme nombre de starlettes fatiguées, d’épouser la cause féministe, voiture-balai bien connue du cinéma féminin international. Elle est l’illustration même de ce que j’écrivais dans mon article sur le « cinéma des féministes » : le meilleur rôle pour une actrice sans personnalité et sans classe, c’est de nous la jouer néo-féministe revendicative, c’est-à-dire de servir urbi et orbi sa pleurnicherie victimaire, une fois que le « patriarcat » – dont elle a en général plus que largement profité – ne la laisse plus lui faire les poches aussi facilement :

On croirait que Corinne Masiero est allée puiser son inspiration directement dans mon bréviaire de la néo-féministe en débine, ce catalogue de névroses et de revendications en carton pour bourgeoises occidentales désoeuvrées. Ou qu’elle a plagié les photos des « règles du dégoût », ces mises en scène déjà éculées mais toujours efficaces pour impressionner le chaland :

Elle incarne tellement le « féminisme trash et la haine de la beauté » que j’aurais pu écrire cet article rien que pour elle :

Quant au petit sac d’excréments promené par cette control freak revêche de Marina Foïs, tout est là :

Dans ce catalogue César 21 des postures féministo-régressives à base de pipi-caca-prout, elles ont juste oublié le pipi, semble-t-il. On notera également l’absence du clito, mais celle-ci pourrait s’expliquer par la prise en compte, il est vrai tout récente, qu’aujourd’hui, certaines femmes n’ont pas de clitoris mais un pénis et qu’il serait particulièrement malvenu de les offenser :

8 mars 2021

On relèvera par ailleurs une contradiction chez notre peau de fesse nationale : elle a pris soin de ne pas trop s’épiler la chatte (juste un ticket de métro) mais elle s’est quand même épilé les aisselles : bon, alors, c’est quoi cette demi-soumission au patriarcat ? Il fallait venir en poils et assumer ! Quand on milite pour la mort de l’érotisme et qu’on essaie de rivaliser avec un flacon de bromure pour être certaine de passer l’envie de baiser même à un bonobo en rut, on va jusqu’au bout de sa logique !

On pourrait bien sûr se demander en quoi le « combat pour l’égalité » serait défendu et l’image de la femme valorisée par ce triste spectacle ; en quoi des sacs de crotte en guise de sac à main, des tampax sanguinolants aux oreilles, des prouts et des bite-couilles-merde à tous les coins de phrases donneraient envie de défendre un sexe qui se présente hypocritement comme faible et opprimé mais qui vient de démontrer que Jean-Marie Bigard, en comparaison, c’était Pierre de Ronsard (l’humour en plus car lui au moins, il arrive à être drôle, ce qui n’est jamais le cas des féministes) :

Ce que l’on finit surtout par comprendre ici, c’est que la mascarade féministe n’a plus tellement d’autres fondements que la névrose personnelle, la haine de soi, l’immaturité sous toutes ses formes, la paranoïa et les postures régressives.

Mais pourquoi jeter ainsi la laideur féminine à la face du monde ?

Au-delà du contexte convenu et répétitif (« gneu gneu, je m’exhibe parce qu’on nous subventionne pas assez, ouin ouin »), le geste lui-même, associé ici au combat ridicule contre la pseudo-précarité menstruelle, nous renseigne aussi et surtout sur l’état psychologique de ces femmes. Quand Sébastien Thiéry venu aux Molières en 2015 dénoncer, nu lui aussi, la précarité de ses semblables, il était classe (et même sexy) :

Sébastien Thiéry, Cérémonie des Molières, 2015, avec la ministre Fleur Pellerin

Six ans plus tard, le gag est un peu essoufflé, alors elles vont prétendre que la nudité trash, c’est pour « libérer la femme des diktats de la beauté et du patriarcat », gna gna gna… Sauf que c’est faux. Déjà pour commencer, le « patriarcat » n’existe pas, il n’existe rien d’autre que la longue marche, souvent accidentée, de la civilisation humaine, portée et voulue conjointement par les deux sexes – car en période d’insécurité, seul le « patriarcat » pouvait permettre aux femmes de rester en vie. Aucune gynocratie faisant fi de la combativité des hommes ou de leur « art de la guerre » n’a jamais perduré, ja-mais. Aujourd’hui encore, face à Daesh, aucune société féministe ou matriarcale ne tiendrait deux secondes sans les bonnes vieilles recettes masculines : l’armée, la défense stratégique, l’ingénierie, le maniement des armes sur les terrains d’opérations militaires, le sang qui coule – et cette fois, pas le faux sang des règles de la comédie féministe ! –, etc.

Ensuite, le désir de beauté est un invariant chez les deux sexes, une aspiration du cerveau profond. Nos gènes ne nous ont pas programmés pour être attirés par la crasse, la décomposition, les remugles, la laideur, l’urine ou même le sang des règles, que l’on associe inconsciemment à l’impureté. Aucune femme ne renonce volontairement à être attrayante, aucun homme hétérosexuel ne se détourne spontanément de l’appel érotique d’une femme. Les féministes livrent comme toujours un combat perdu d’avance ; combat qui, en vérité, dissimule bien mal leur profond désespoir – car je suis de plus en plus convaincue que ce néo-féminisme n’est qu’une expression de la dépression féminine.

L’enrôlement dans les falbalas féministes de toutes ces quinquas dépressives, ce baroud d’honneur consistant à jeter agressivement à la figure de ceux qui n’ont rien demandé leur corps vieillissant et désérotisé, cela révèle surtout qu’elles ont fait connaissance avec l’horloge biologique, avec Chronos, avec le temps… Or Saturne n’est pas tellement l’ami de la féministe écervelée, en règle générale. L’actrice féministe est l’archétype de la femme qui a perdu le seul capital sur lequel elle avait misé, sa jeunesse et/ou sa beauté, sans anticiper que son pouvoir s’amenuiserait en même temps que sa fraîcheur ; ce qui la rend toujours très amère. Le réveil est forcément douloureux quand on réalise qu’on a perdu la bataille de la compétition sexuelle sans avoir véritablement de plan de rechange – manque d’anticipation qui est dans les faits la principale marque de fabrique féministe, voir : [Échec et mat] – Les féministes et le coup d’après.

Nihilisme et désespoir, les deux mamelles du féminisme anti-maternel

Je le dis souvent, le néo-féminisme est fondamentalement une idéologie de femmes jeunes, inexpérimentées ou restées immatures qui s’imaginent, à l’heure où elles ont tous les pouvoirs, qu’elles pourront se comporter toute leur vie comme des impératrices, avec des hommes et une société à leurs pieds. Ivre de suprématie, leur féminisme triomphant se paie le luxe de cracher sans relâche sur tout ce qui jusque-là protégeait la femme vieillissante : la si décriée institution du mariage, par exemple, ou bien le rôle sociétal des femmes à la tête de leur maisonnée, sans parler de la maternité, des enfants… Passé 50 ans, dans les sociétés « traditionnelles », la mère de famille est toujours puissante et respectée, quoi que prétendent les féministes occidentales à qui il ne reste souvent que leurs yeux pour pleurer, l’âge venu – je suis convaincue qu’aucune de ces mères « old school » ne voudrait échanger sa place avec Miss Masiero. La question m’a effleurée un instant de savoir comment réagiraient les enfants de Masiero devant ce pitoyable spectacle… Mais comme je le soupçonnais, c’est une féministe radicale anti-gosses (elle-même est incapable de prononcer le mot « enfants », elle parle uniquement de « gosses »: « Pour rien au monde, je ne ferais un gosse »). Ceci explique cela… Elle prétend qu’elle ne veut pas avoir d’enfants dans ce monde, sans comprendre que ce monde est aussi ce qu’il est à cause des gens comme elle (et c’est bien ce qui désespère ceux qui justement ont des enfants). On rapprochera aussi ces postures de la sortie de Marina Foïs à Nathalie Baye : « Donc vous êtes une mère de… ». Cracher sur la maternité est encore et toujours le seul motto de toutes ces femmes en délicatesse avec la féminité et la santé mentale.

Je me demande aussi ce que pensent les jeunes musulmanes de France quand elles voient ce spectacle, si ça ne leur donnerait pas par hasard une furieuse envie de défendre encore plus fort le patriarcat islamique… Quand elles voient que la féministe libérée d’aujourd’hui, au même âge que leurs mères, à travers le modèle d’une artiste de second rang, n’a d’autre « créativité » que d’imposer la vue de ses bourrelets et de ses chairs affaissées au monde entier, peuvent-elles réellement croire que c’est ça, la libération de la femme qu’on essaie de leur vendre ?

Le féminisme régressif vieillit mal

Peau d’âne (versions 1970 et 2021)

Je ne suis pas en train de dire qu’il faut renvoyer les mauvaises actrices aux fourneaux, loin s’en faut ! Je rappelle juste que certaines comédiennes ont quelque chose de plus que d’autres – et ce n’est pas que le physique ! Car celles-là ont su gérer le fameux mur : elles s’appellent Nathalie Baye, Fanny Ardant, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert… elles sont même nombreuses, si nombreuses que je ne saurais toutes les citer. Et incidemment, elles ne se vautrent pas dans le néo-féminisme victimaire, elles… Leur capital-beauté naturelle résiste parfois mieux au temps, c’est un fait, mais il se trouve surtout qu’ayant une personnalité et un talent véritables, elles n’ont pas besoin de se perdre dans ces pleurnicheries et récriminations féministes à tiroirs. Ce ne sont pas Catherine Deneuve ou Brigitte Bardot qui, à l’âge de la ménopause, se seraient barbouillées de faux sang pour nous jouer le sketch de la « précarité menstruelle » aux César… Rien que ce détail montre d’ailleurs que la néofem est bien restée une adolescente incapable de s’inscrire dans le temps long de la vie d’une femme.

En bref, si les féministes étaient un peu moins « cancel culture », elles se souviendraient des petites fables morales de La Fontaine : « La cigale, ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvue lorsque la bise fut venue », etc. Corinne Masiero n’est peut-être plus très bankable, tout simplement, alors, au nom de toutes les actrices féministes de son âge, celles qui n’ont plus rien à perdre parce qu’elles n’ont plus rien en magasin, elle jette en pâture son corps sans charme, encore enlaidi par le faux sang et ces inscriptions de vieille punk décatie, fautes d’orthographe comprises (« Rend l’art », franchement… Pas de « s », et prononcer le mot « art », lol, j’aurais plutôt parlé de « lard », moi…). On comprend aussi que le « no future » inscrit sur son ventre est surtout pour elles, ces féministes no-kids qui ont mal calculé et se retrouvent gros jean comme devant passée la cinquantaine.

Des féministes de la Mairie de Paris avaient demandé en 2018 le retrait de cette pub Aubade

Ce féminisme trash qui cultive la haine de la beauté et la haine de soi en croyant éradiquer le « male gaze » (le regard masculin désirant) livre un combat dans lequel peu de femmes équilibrées peuvent réellement se retrouver. Vouloir exclure l’image de la femme du champ de la séduction, de l’esthétique, de toute forme d’art autre que les pires productions de l’art contemporain (avec ses impératifs ultra-conformistes de transgression, de laideur, de culte du vomi, etc.), est un petit jeu qui plait beaucoup à la « gauche culturelle » (ou « inculturelle »), certes, mais à elle seule. Et son champ se rétrécit de jour en jour : les César 2021 ont connu le pire flop d’audience de toute leur histoire. Ils ont beau avoir tout misé sur le buzz médiatique de leurs provocations, le résultat sera le même : le 7e Art s’est fait cracher dessus l’autre soir et les français sont désormais plus nombreux que jamais à rêver de les voir tous disparaître. Beaucoup ne sont pas à la veille d’acheter un ticket pour retourner s’assoir dans une salle obscure (surtout pour se taper un de leurs navets moralisateurs à base de féminisme, gauchisme, racialisme, lesbianisme à toutes les sauces et autres niaiseries sans cesse recyclées). Adieu, les fossoyeurs !

La guerre du néo-féminisme aux femmes

Ces tendances vues aux César sont probablement aussi à mettre en lien avec l’émergence d’une nouvelle ligne chez les néo-féministes, une ligne qui, après voir déclaré la guerre à la masculinité, la déclare désormais ouvertement à la féminité. Car le néo-féminisme n’aime ni les femmes ni la féminité ; il ne veut d’ailleurs même plus prononcer le mot « femme » : une femme est aujourd’hui seulement une « personne qui menstrue ». Un professeur de genre au Canada s’est faite attaquer récemment parce qu’elle avait prononcé en cours les mots « homme » et « femme ». On se souvient également de ce genre d’affiches pour un week-end néo-féministe l’automne dernier : du gras, des poils, du muscle, des looks hommasses. Exit toute forme de féminin ou de féminité, des concepts en passe de devenir définitivement tabous :

J’avais évoqué cet événement dans cet article : [Désespoir féministe] – Incelles et vénères, les néofems nous font visiter leur enfer.  Il fait assez peu de doutes pour moi que sur le fond, toutes ces tendances s’inscrivent dans la même ligne désespérée.

[à suivre…]

  • Voir aussi :

. Sur Catherine Deneuve :

[« Féminité toxique » ?] – Harcèlement scolaire : la part des filles

La tragédie qui fait l’actualité ces jours-ci, le meurtre prémédité de la petite Alisha, 14 ans, par un couple de jeunes barbares (un garçon dont on a vu la malheureuse mère à la TV et une fille dont on protège soigneusement l’identité), 15 ans tous les deux, jette une lumière crue sur le harcèlement scolaire et la part qu’y prennent les filles. Mais avec, comme toujours, un traitement différencié : on glose à n’en plus finir sur la toxicité des garçons tout en prenant soin de balayer sous le tapis celle des filles. C’est le cas d’Anne-Liz Deba, brillante jeune femme qui parle très bien du harcèlement qu’elle a subi, mais qui curieusement, ne mentionne le sexe de ses harceleurs que pour parler d’un groupe de garçons en 3e. Son harcèlement a cependant commencé en 6e, puis s’est poursuivi en 5e, puis en 4e, etc., mais il ne s’agissait toujours que de « personnes » : à aucun moment, l’intervieweuse de BFMTV ne lui demande non plus de préciser le sexe de ses harceleurs. J’ai trouvé cela un peu curieux. Il est vrai que, au lendemain de la Journée de la Pleurnicherie Universelle, cela aurait fait un peu tache, après avoir été bien obligés d’ouvrir les journaux du 8 mars par les aveux du scandaleux mensonge de la collégienne qui a abouti à la décapitation de Samuel Paty, de poursuivre dès le lendemain en examinant l’implication d’une fille dans l’assassinat d’une autre fille ou sur la part féminine, non négligeable, du harcèlement scolaire.

Les filles sont aussi des harceleuses

Je vais commencer par mon témoignage personnel, puisqu’il se trouve qu’en classe de 5e (j’avais 11 ans), j’ai eu à subir des violences de ce type. Tout était parti d’une broutille sur le chemin du retour de l’école, lorsqu’une fille, plus âgée que moi et inconnue (elle devait être dans une classe supérieure et de toutes façons, je ne connaissais personne, étant arrivée quelques mois plus tôt dans cette ville où mon père s’était fait muter pour un an) ; cette fille, donc, m’avait provoquée en me demandant de porter son cartable. J’avais refusé. Il s’en est alors suivi une traque qui a duré des semaines : au retour du collège et alors que je devais emprunter des sentiers de traverse dans un quartier en construction pour rentrer chez moi, elles me tombaient dessus en bande et nous nous battions à coups de poings, de pieds et de cheveux arrachés. Une fois, elles m’ont même capturée et entraînée dans un terrain vague, une sorte de no man’s land où elles m’ont bandé les yeux et attachée à une carcasse de landau. Je les entendais glousser et s’activer, puis j’ai senti une énorme brûlure sur mon visage : elles y faisaient couler de la cire fondue au moyen d’une bougie – on notera le raffinement, tout féminin, du supplice. Elles ont continué à rire puis sont parties en courant, me laissant me dépêtrer seule du landau et rentrer chez moi. C’est un souvenir brûlant et je n’ai aucun besoin d’une Muriel Salmona pour le faire remonter de ma mémoire. Bon, je m’en suis remise (j’ai quand même redoublé ma 5e ; je m’étais laissée couler en classe, pour diverses raisons, alors que j’étais jusque là une plutôt bonne élève) et peut-être en ai-je gardé la conviction, encore inconsciente à l’époque, que la « sororité » était une bonne blague – pour ne pas dire un tas de merde (je conchie vigoureusement ce concept, comme je l’écris régulièrement sur ce site).

De fait, mon histoire de harcèlement est tout à fait classique, puisqu’elle coche les cases les plus caractéristiques du genre : enfant isolé qui vient d’arriver dans un nouveau collège, petit côté intello, âge de 10-11 ans et surtout profil de la « cheftaine de bande », récurrent dans les témoignages.

Des années plus tard, j’ai vu mes propres enfants, une fille et un garçon, subir eux aussi des actes de harcèlement et de moqueries, tous deux vers l’âge de 10 ans ; actes impliquant aussi des filles. Il va de soi que les garçons harcèlent aussi et je ne doute pas que ce soit un comportement partagé à égalité par les deux sexes – avec peut-être même une prévalence féminine, mais on ne le saura jamais, car on peut compter sur les féministes pour minimiser et occulter l’implication des filles… quand ce n’est pas la retourner complètement et prétendre que si elles sont harceleuses, c’est forcément de la faute des garçons ou du « patriarcat ». C’est faux, mon seul témoignage démontrant le contraire : il n’y a jamais eu le moindre garçon dans cette bande de pisseuses et je doute, vu leur niveau de violence, qu’elles les craignaient particulièrement. Il semble assez récurrent de toutes façons que les filles harcèlent majoritairement des filles et les garçons des garçons, le harcèlement scolaire étant une forme assez primitive de compétition intra-sexuelle.

La réalité du harcèlement féminin

Le sujet du harcèlement féminin est évoqué au détour d’un paragraphe dans cet article, « Différences entre les sexes : Darwin avait raison » (Le Point, 12 juin 2019) et j’espère que c’est un sujet qui sera amené à être exploré plus avant, malgré la doxa féministe victimaire : « Autre exemple de différence marquée : les troubles mentaux comme la dépression et l’anxiété, qui touchent en moyenne deux fois plus les femmes que les hommes. Les travaux analysés par Archer révèlent un lien avec l’importance accrue que les relations sociales revêtent pour les femmes. À l’adolescence, la dépression est aussi corrélée à l’agression indirecte (ragots, médisances, ostracisation), dont font davantage usage (et sont davantage victimes) les femmes ». J’avais vu passer il y a un an ou deux ans un article d’un journal canadien sur ce phénomène du harcèlement féminin, mais impossible de le retrouver (si quelqu’un le connaît, merci de me le signaler 😉 ).

« Quand c’est une fille qui harcèle une autre fille, c’est forcément qu’elle est victime du patriarcat » (ben voyons)

C’est pourtant l’angle souvent retenu pour relater ces affaires : « En primaire, j’ai frappé une fille de mon école pendant un an », se souvient Emma, qui travaille aujourd’hui dans la haute couture. « Je l’injuriais, je la bousculais, je lui donnais des claques. Elle était toute petite, elle avait de l’argent, des fringues de marque. Cela a suffit pour faire d’elle mon défouloir ».  Et l’article de tout mettre quand même sur le dos du père d’Emma: « Son père est parti, la laissant seule avec sa mère et son grand frère. Les temps sont durs : l’argent manque, la maman, souvent absente, travaille beaucoup, et Emma s’enfonce dans la dépression, sans que personne ne s’en aperçoive. » Ben oui, une fille ne peut pas être foncièrement méchante, sa nature étant le bien par définition. Sauf que ce n’est pas aussi simple que cela.

Une autre fille témoigne avec honnêteté que son comportement de harceleuse était seulement lié à sa personnalité dominante et très sûre d’elle : « Je chantonnais aussi à tue-tête au milieu de la cour un chant raciste à l’intention de mon camarade Mohammed… En CM2, j’ai pris le soin de voler l’amoureux de ma meilleure amie. Pour passer le temps, je liguais mes copines les unes contre les autres. (…) J’ai aussi, pour le plaisir, giflé si fort Louis, un amoureux, que ses lunettes en sont tombées de son nez en pleine classe. Là, l’enseignante m’avait remise à ma place. Toutes ces choses, je les ai faites juste pour le fun. Harceler était mon hobby. Et même quand une amie m’a dit qu’une de mes cibles pleurait la nuit à cause de mes remarques, je n’ai pas changé de comportement ». Le « patriarcat » a bon dos…

Autre exemple, dans cet article : « Ma fille est accusée de harcèlement scolaire », où l’on a affaire à une famille parfaitement équilibrée, avec la présence d’un père. La gamine harceleuse, 10 ans, explique : « J’avais l’impression que Marie allait me voler Suzanne, alors j’ai pensé que le plus simple c’était de l’éloigner de la bande. » Marie termine à l’hôpital, complètement détruite pour de banales histoires de jalousie et de possessivité, donc, comme c’est hélas fréquent chez les filles. Filles que l’on retrouve encore dans l’exemple tragique relaté par la mère : « À la télé, les reportages passent en boucle avec le témoignage poignant de cette mère qui a créé une association parce que sa fille Margot s’est pendue après avoir été moquée pendant des mois dans son école par sa rivale, à la tête d’une bande de trois harceleuses. » 

Et c’est en effet une réalité bien connue, y compris des tribunaux : « Harcèlement scolaire : « Elles lui ont écrit qu’elles allaient la tuer », et de fait, les deux collégiennes de 11 ans sont mises en examen : « tout s’est passé dans l’enceinte d’un collège mosellan, dans une classe de sixième, à l’intérieur d’un groupe de filles qui n’a pas accepté l’arrivée d’une élève qu’elles ne connaissaient pas ». Tout simplement. Les témoignages de harcèlement féminin ont beau être légion sur internet (« Enjoy Phoenix : ses harceleuses refusent de s’excuser » ; « La réponse parfaite d’une petite fille à ses harceleuses »; « Harcelée au collège, Élisa, 15 ans, souffre d’anorexie : « J’ai failli y passer »: « Mes amies, qui n’étaient en fait pas mes amies, passaient leur temps à me dire que j’avais un physique disgracieux, que j’étais grosse, que je ne trouverais jamais de petit copain », raconte la jeune fille », etc., malgré tout, rares sont ceux qui osent vraiment travailler le sujet.

À ma grande surprise, MadMoiZelle livre un article plutôt objectif sur le sujet, ses auteurs n’ayant pu trouver, malgré tous leurs efforts, le moindre angle pour blâmer le patriarcat : « Harcèlement scolaire : parole aux ‘harceleuses' » (elles ont quand même mis des guillemets à « harceleuses », tant c’est une réalité difficile à accepter pour elles). Mais la neutralité de l’article est d’autant plus appréciable que cette production « scientifique » (« Harceleurs et harcelés : des expressions du mal-être différentes », 2016) fait pour sa part une conclusion nettement plus polluée par les études de genre et qui a va à l’opposé de leurs proches chiffres. Alors que ceux-ci montrent que les garçons sont davantage victimes de harcèlement que les filles, ils concluent quand même que ce sont ces dernières qu’il faut davantage protéger, même quand elles sont harceleuses… Il y a donc encore du boulot…

[à suivre…]

  • Voir aussi :

. Peggy Sastre – Conflans, Argenteuil : deux cas de « féminité toxique » (Le Point, 12/03/21)