L’Écho des palais morts

. Lucrèce Borgia (2007)

Lucrezia Borgia (maquette, 2007). Musique : Jonathan Capdevielle ; Paroles et voix française : Jean-Patrick Capdevielle.
Nosferatu à Venise, film de 1988 avec Klaus Kinski.
– Filippo Rossato, Eromachie. Giochi di lotta e d’amore (sculpture, 2007)
Iconographie et montage : Lucia

« L’écho des palais morts
Noyés d’or et de soie
Et l’ombre d’une histoire
Qui n’a connu de loi
Que celles des plaisirs
Voulus par des coeurs froids
Murmure le doux nom
De Lucrèce Borgia »

Nosferatu à Venise ( 1988)

Dans ce film, Nosferatu est un vampire qui casse les codes : il savoure son reflet dans le miroir et ne craint pas la lumière du petit matin (il en raffole même).

Il est en quête de rédemption par l’amour (tout comme la capitaine du vaisseau fantôme, Le Hollandais volant ou même Hadès dans le mythe de Perséphone). Dans la scène où Nosferatu découvre la jeune femme (Anne Knecht) dans son lit, celle-ci lui demande : « Pourquoi ne m’as tu-pas tuée ? » et il lui répond : « Parce que je veux que tu m’aides à mourir ».  Comme le Hollandais volant, c’est l’amour d’une femme qui brisera sa malédiction et mettra fin à son errance de mort-vivant. Si les choses ne se passeront pas comme prévu dans le film, il nous restera au moins de puissantes images oniriques avec ce vampire au charme fou :

Comme je n’aime pas marcher dans les clous, j’ai eu envie de rendre ici un discret hommage à Klaus Kinski, désormais paria de l’histoire du cinéma, puisque vampire à la ville comme à l’écran.

Comme tant d’autres grands ou très grands artistes, Kinski nous place devant cet irréductible paradoxe : comment envisager séparément l’homme (parfois très mauvais) et le génie (parfois immense) ? Il nous faut pourtant bien séparer les deux – avant de les réunir ; et Klaus Kinski ne mérite sans doute pas moins qu’un autre la rédemption – au terme d’un purgatoire bien mérité.

Le Chant du serpent (1970)

Jean-Patrick Capdevielle, Le Chant du serpent (gouache sur carnet tibétain, années 70).

La vidéo ci-dessus était initialement dédiée au Chant du serpent, oeuvre qui m’avait donné l’occasion d’explorer la thématique érotique de la femme et du poulpe dans une de mes toutes premières vidéos (ci-dessous).  Comme elle était assez sommaire, j’ai eu envie de la reprendre et de l’étoffer. J’aurai certainement l’occasion de reparler de cette peinture dans une vidéo et/ou un article.

 

[à suivre…]

. Sur Lucrèce Borgia, voir aussi :

Lucrèce Borgia – Entre le vice et la vertu

 

Samantha Geimer : Que les féministes la laissent tranquille !

. Voici deux articles dans lesquels Samantha Geimer, assignée par les féministes à être la victime à vie de Roman Polanski, démontre ce qu’est la force et la liberté d’une femme de caractère. 

Idées, lundi 22 janvier 2018 – 

 Samantha Geimer : « Toute cette haine, cette revanche, ne guériront pas les femmes »

[En 1977, lorsqu’elle avait 13 ans, Samantha Geimer a été violée par Roman Polanski. Elle a récemment expliqué avoir pardonné à son agresseur. Elle a demandé à la justice américaine de clore le dossier afin qu’elle puisse retrouver une vie normale, déclarant qu’elle était toujours assaillie par la presse, quarante ans après les faits et le début de la procédure. Un juge de Los Angeles a refusé d’abandonner les poursuites et continue de considérer le réalisateur comme un fugitif. Peu après l’éclatement de l’affaire, Roman Polanski avait reconnu avoir eu des relations sexuelles avec une mineure et avait passé un accord amiable avec la justice, mais craignant que l’entente ne soit subitement annulée, il a pris la fuite vers la France en 1978.]

Tribune. On peut être surpris de me voir signer ou approuver une tribune critiquant le mouvement #metoo. Je suis une féministe, défendant les droits des victimes, et l’on me connaît d’ailleurs surtout pour avoir été moi-même victime d’un viol. Mais laissez-moi vous expliquer pourquoi je suis entièrement d’accord avec la tribune « Nous défendons une liberté d’importuner », [signée, entre autres, par Catherine Deneuve, Catherine Millet et Ingrid Caven].

#metoo devrait être une plateforme de soutien pour les victimes, un espace où l’on témoigne de sa solidarité, où l’on se soutient les unes les autres. Toutes celles qui, comme nous, ont souffert de différentes (mais semblables) façons, mais ont toujours eu conscience d’appartenir à un groupe plus vaste, de mères, de sœurs ou d’amies, nesont pas une minorité. Nous nous sommes toujours soutenues.

On ne peut pas empêcher les conservateurs politiques et religieux de détourner à leurs fins les initiatives les plus louables. Pour attaquer, par exemple, Meryl Streep, Hollywood en général ou des hommes politiques qui ne leur plaisent pas, ils se serviront de #metoo ou de n’importe quel autre mouvement, sans aucun souci de ce qui est réellement en jeu, des personnes qui souffrent ou ont souffert.

« On m’accuse de faire l’apologie du viol, d’être sous le coup du syndrome de Stockholm (…) et, plus grave encore, de causer du tort à toutes les autres victimes de viol. Une dérangée, en somme »

J’ai passé quarante ans de ma vie à me défendre. Contre les attaques de ceux qui considéraient qu’il n’était pas possible de se remettre d’un rapport sexuel avec un homme beaucoup plus âgé, en l’occurrence Roman Polanski. Faut-il vraiment que je souffre pour vous donner satisfaction ? Pourquoi expliquer que ce qui m’est arrivé était affreux, épouvantable ? Ça n’a pas été le cas, mais ça n’en était pas moins un crime. Un crime pour lequel Roman Polanski a plaidé coupable et fait de la prison.

Quand je refuse de me plier à ce que l’on exige de moi en faisant état des dégâts causés, on m’accuse de faire l’apologie du viol, d’être sous le coup du syndrome de Stockholm, de m’être laissé acheter et, plus grave encore, de causer du tort à toutes les autres victimes de viol. Une dérangée, en somme. Et une traînée par-dessus le marché, puisque j’étais sexuellement active à 13 ans.

Le problème quand on est une femme forte, une survivante, c’est que les militants ne peuvent rien tirer de vous. Ils le comprennent tout de suite et tournent les talons. Ils ont besoin de victimes, pas de rescapées. Qu’on se le dise : si vous vous en sortez, pourquoi auriez-vous besoin d’eux ? Il faudrait en finir avec ce genre de militantisme. Finir de s’excuser d’être un survivant heureux et solide. Nous devrions au contraire servir d’exemples, donner du courage aux femmes qui se battent et les aider à se relever. Il n’est pas vrai que notre rétablissement nuit aux autres.

Redonner aux femmes leur pouvoir d’action

Le viol, le harcèlement sexuel et l’intimidation au travail sont des problèmes graves, qui doivent être traités avec gravité. Il faut redonner aux femmes leur pouvoir d’action, pas exiger d’elles qu’elles ressassent indéfiniment le tort « assurément indélébile » qu’elles ont subi, pour prouver que ce qui leur est arrivé est mal, ou même simplement pour nous divertir. Il est triste qu’une femme confiante, ayant survécu à un drame, soit moins intéressante que le spectacle d’une femme tordue de douleur.

Si #metoo ne sert finalement plus qu’à attaquer des gens puissants ou à tirer profit de personnes maltraitées, pour prouver quelque chose ou se valoriser, si le mouvement n’offre aucun soutien, ne permet aucune guérison, mais sert juste à « valider » votre peine comme s’il s’agissait d’un mérite, d’un atout, plutôt que d’un événement que l’on peut surmonter, alors il est temps de tourner la page de #metoo.

Mettre une simple caresse au cours d’une séance photo, une mauvaise blague, certains comportements typiques des années 1970-1980 sur le même plan qu’un viol ou un véritable harcèlement sexuel, c’est minimiser la gravité de ces crimes et de ces agissements. Quand on parle de pédophilie à propos d’avances faites à des jeunes de 17 ans, c’est faire peu de cas des véritables victimes de pédophilie. Si vous sondez votre mémoire pour essayer de savoir qui, par le passé, a eu à votre égard une attitude inappropriée, c’est que vous n’êtes pas une victime, et vous ne devriez pas souhaiter l’être.

Les femmes doivent s’affirmer telles qu’elles sont

La société valorise la faiblesse et la douleur chez les femmes, mais nous valons bien plus que cela. Si les femmesveulent l’égalité, être reconnues partout, dans tous les domaines, il va falloir qu’elles s’affirment telles qu’elles sont en réalité : comme des adultes solides, qui n’ont pas besoin de protection spéciale ou de traitement particulier parce qu’elles appartiendraient au sexe faible, des femmes capables de se défendre, parce qu’on nous l’a appris et qu’on l’attend de nous.

« Ce qui change une vie, ce n’est pas une expérience douloureuse, c’est notre résilience »

Je ne suis pas d’accord avec l’idéologie puritaine qui explique aux femmes que le sexe leur fait violence et qu’il est « capté » par les hommes. Qu’elles se résument à leur vagin, à leurs corps, d’après les critères que les hommes qui les touchent ont fixés. Il faut enseigner aux jeunes femmes d’aujourd’hui que la sexualité est quelque chose de sain, de normal, de nécessaire. Ce qui change une vie, ce n’est pas une expérience douloureuse, c’est notre résilience. Toute cette haine, cette revanche ne nous guériront pas, pas plus qu’elles n’effaceront le passé. Votre beauté, votre mérite, voilà ce qu’on ne pourra jamais vous enlever.

La cause des femmes devrait nous rendre plus fortes, pas nous transformer toutes en éternelles victimes qu’il faudrait protéger du monde, des hommes, du sexe… et d’elles-mêmes. La sexualité est quelque chose de personnel, cela fait partie de la vie : c’est compliqué et ça ne se passe pas toujours bien. Mais ça ne fait pas de mal. Il ne faut pasconfondre ceux qui nous aident à nous émanciper, à regagner du pouvoir, et ceux qui nous refusent le droit de choisir notre sexualité en dehors de celle qui correspond à ce qu’ils entendent contrôler religieusement et politiquement.

Le viol est un crime, le harcèlement sexuel au travail a des conséquences graves et cela doit prendre fin. Mais qu’on nous offense est aussi le prix à payer pour être libres. Ne confondons pas tout. Il n’est pas toujours facile d’y voir clair, mais s’il vous plaît, mesdames, ne renonçons pas aux droits et à l’égalité pour lesquels nous nous sommes si durement battues, au profit de gens qui ne veulent que nous contrôler et nous mettre en cage.

(Traduit de l’anglais par Pauline Colonna d’Istria)

***

. Le Point.fr, no. 201801
Société, lundi 22 janvier 2018 –
#MeToo : victime de Polanski, elle explique son soutien à la tribune du « Monde »

Par 6Medias
Samantha Geimer reproche au mouvement MeToo d’enfermer les femmes dans leur statut de victime et de considérer celles qui s’en sortent comme des « dérangées ».

« Je suis une féministe défendant les droits des victimes. » C’est ainsi que se définit Samantha Geimer, abusée sexuellement par Roman Polanski à l’âge de 13 ans. Dans une tribune qu’elle publie dans Le Monde lundi, l’Américaine explique pourquoi elle a signé le texte publié le 9 janvier qui défendait la « liberté d’importuner » pour les hommes, corollaire indispensable à la liberté sexuelle, selon les auteurs.

Cette tribune signée par une centaine de femmes, dont Catherine Deneuve, a été très critiquée. Dans les colonnes du quotidien, Samantha Geimer affirme qu’elle sait que son choix peut surprendre. « On me connaît d’ailleurs surtout pour avoir été moi-même victime d’un viol », rappelle-t-elle. Depuis, l’Américaine a récemment affirmé avoir pardonné au réalisateur et demandé à la justice américaine de classer l’affaire. Cette agression ne l’empêche toutefois pas d’être « d’accord » avec la tribune du 9 janvier. « J’ai passé 40 ans de ma vie à me défendre. Contre lesattaques de ceux qui considéraient qu’il n’était pas possible de se remettre d’un rapport sexuel avec un homme beaucoup plus âgé », écrit-elle.

La parole des « rescapées » pas assez entendue

Samantha Geimer raconte avoir été accusée de « faire l’apologie du viol », de s’être « laissé acheter », voire « de causer du tort à toutes les autres victimes de viol », en ayant refusé de se « plier à ce que l’on exige d'[elle] en faisant état des dégâts causés ». Comme d’autres, elle déplore que le mouvement #MeToo dénonce indistinctement toutesorte de comportements comme s’ils se valaient tous : « Mettre une simple caresse au cours d’une séance photo, une mauvaise blague […] sur le même plan qu’un viol, c’est minimiser la gravité de ces crimes et de ces agissements. »

Pour elle, la prise de parole des femmes ces derniers mois a été instrumentalisée. « #MeToo devrait être une plateforme de soutien pour les victimes, un espace où l’on témoigne de sa solidarité », revendique-t-elle, avant d’observer que « le problème quand on est une survivante, c’est que les militants ne peuvent rien tirer de vous. […] Ils ont besoin de victimes, pas de rescapées. » Pour Samantha Geimer, la prise de parole des victimes ayant réussi à se reconstruire après un viol n’est pas assez entendue. Une erreur, dit-elle. « Nous devrions au contraire servir d’exemples, donner du courage aux femmes qui se battent et les aider à se relever. Il n’est pas vrai que notre rétablissement nuit aux autres. »

Tourner la page de #MeToo

C’est pour cela qu’elle plébiscite un combat quelque peu différent de celui présenté jusqu’à présent au travers des différentes prises de parole. « Il faut redonner aux femmes leur pouvoir d’action, pas exiger d’elles qu’elles ressassent indéfiniment le tort « assurément indélébile » qu’elles ont subi. » Et l’Américaine de s’agacer : « Il est triste qu’une femme confiante, ayant survécu à un drame, soit moins intéressante que le spectacle d’une femme tordue de douleur. »

Pour Samantha Geimer, si le mouvement #MeToo est revanchard, il est temps de « l’enterrer ». « S’il ne permet aucune guérison, mais sert juste à « valider » votre peine comme s’il s’agissait d’un mérite plutôt que d’un événement que l’on peut surmonter, alors il est temps de tourner la page », écrit-elle.

« Toute cette haine, cette revanche ne nous guériront pas, pas plus qu’elles n’effaceront le passé », ajoute-t-elle, avant de conclure. « La cause des femmes devrait nous rendre plus fortes, pas nous transformer toutes en éternelles victimes qu’il faudrait protéger du monde, des hommes, du sexe… et d’elles-mêmes. »

D’un désert à l’autre

Jean-Patrick Capdevielle, Dimanche Treize (album Mauvaises Fréquentations, 1984)
Wim Wenders, Paris, Texas (1984)

L’ouverture mythique de Paris, Texas (1984) m’a toujours fait penser à la chanson Quand t’es dans le désert, sortie en 1979 (« Moi je traîne dans le désert depuis plus de 28 jours… »).

Travis Henderson (Harry Dean Stanton) dans le désert de Mojave (Ouest américain).

Impossible de savoir s’il existe un lien objectif entre les deux, mais Paris, Texas étant une production franco-allemande, rien n’empêche d’imaginer que Wenders (ou un autre ayant partie prenante au film) ait entendu ou fredonné cette chanson que tout le monde connaissait –et qui a squatté les charts pendant des mois – au début des années 80.

Le film s’inspirerait vaguement des Motel Chronicles (1982) de Sam Shepard, recueil de nouvelles sur le rêve américain déchu et l’Ouest désenchanté. Sam Shepard, écrivain lié à la Beat Generation (les inspirateurs du mouvement hippie), était, tout comme Jean-Patrick,  fortement marqué par Bob Dylan  – et je sens aussi fortement planer les images des chansons de Bruce Springsteen dans ses textes.

Des Motel Chronicles à Paris, Texas

« A l’origine de Paris, Texas, dit Wim Wenders, « il y a une image qui existait dans une seule phrase des petites histoires de Motel Chronicles. L’image de quelqu’un qui quitte le freeway et se met en marche droit dans le désert. Et puis aussi, un sentiment, une image plus qu’un sentiment : regarder l’atlas, la carte routière des Etats-Unis et partir, sur le moment, vers un endroit qu’on a trouvé sur la carte. C’est une seule phrase, et c’est vraiment là que le film a commencé. Avant qu’il n’ait une biographie, avant qu’il n’ y ait le garçon, la femme, Travis était quelqu’un qui regardait la carte et qui était perdu. Et qui était un jour au Texas, et deux jours après on le retrouvait dans l’Illinois parce qu’il avait vu le nom d’une ville sur la carte et il voulait y aller. » (Postface de Bernard Eisenschitz à l’édition française des Motel Chronicles, 10/18, 1987, p. 148).

La nouvelle en question tient sur une page (p. 109 de l’édition française). Elle commence par :

« Il est debout immobile près de sa valise écrasée, scrutant ce qui reste de ses possessions. Les  savonnettes récupérées dans les douches de motel, écrabouillées. Les boîtes de haricots verts aplaties. Une carte déchirée de l’Utah. Du goudron chaud et des gravillons maculent la serviette pure et blanche qu’il avait gardée en réserve pour son premier bain du mois. »

Elle se termine ainsi : « Il jette tout sur la pile de débris. S’accroupit nu dans le sable brûlant. Fais flamber le tout. Puis se redresse. Tourne le dos à la Route US 608. S’enfonce dans la plaine ouverte. »

La nouvelle, datée du 17/2/80 et écrite à Santa Rosa, Californie, est donc postérieure d’au moins un an à Quand t’es dans le désert (on notera aussi l’ouverture parallèle avec la chanson C’est dur d’être un héros (1980) : « T’as plus qu’une chemise et t’es presque zéro / T’es perché sur ta valise, tu regardes passer les métros »).

L’errance dans le désert de l’Utah fait aussi résonner The Promised Land de Bruce Springsteen (1978) : « Sur une autoroute qui serpente dans le désert de l’Utah, j’ai ramassé mon fric et suis retourné vers la ville ». De son côté, c’est seulement en 2012 que Bob Dylan exploitera cette image, dans The Narrow Way (« La voie étroite ») : « Je marcherai dans le désert jusqu’à avoir recouvré la raison. Je ne penserai même pas à ce que j’ai laissé derrière. Il n’y a rien là-bas qui était vraiment à moi de toutes façons ».

La source d’inspiration des Motel Chronicles pour Paris, Texas reste finalement très ténue, presque tirée par les cheveux. À tel point que je me demande toujours si l’énorme succès de la chanson de Jean-Patrick n’a pas joué son rôle pour imprimer une image puissante et évocatrice dans l’esprit des uns ou des autres. 😉

Quoi qu’il en soit des influences réelles, on pourra tout au moins retenir une communauté d’inspiration, en ce début des années 80, entre les univers de JPC, de Sam Shepard et qui sait, de Paris, Texas… 

De Los Angeles à Ibiza

Quelque chose d’Ibiza, haut lieu de la communauté hippie internationale (où JP a élu domicile en 1970) flotte sur les collines de Los Angeles telles que Wim Wenders les a filmées. Le vent chaud, la végétation, les rues qui montent, les villas perchées…

Travis Henderson dans le jardin de son frère, dans la banlieue de Los Angeles.

Los Angeles, Ibiza… Jean-Patrick me dit en plus que l’acteur principal du film, Harry Dean Stanton, était par la suite devenu un ami de son fils Cyril, qui a vécu (et souffert) à Los Angeles. Ci-dessous une photo de Cyril face à JP et un autre ami (dont le nom va me revenir) sous une tonnelle d’Ibiza en 1981 (j’en profite pour envoyer des pensées affectueuses à Cyril, à qui j’ai souvent pensé).

Jean-Patrick, Cyril et un ami (Ibiza, 1981)

Parmi les sources d’inspiration de Wim Wenders pour ce film d’une beauté étourdissante, on reconnaît les toiles d’Edward Hopper. La scène où Travis revoit pour la première fois Jane (de dos) me fait penser à Nighthaws (Oiseaux de nuit), entre autres  :

Edward Hopper, Nighthawks, 1942 (Chicago Art Institute)

Par ailleurs, la tenue inoubliable de Jane (Nastassja Kinski), ce long pull-over rouge sur des collants, m’a rappelé celle de la danseuse du clip de Nancy Sinatra, These boots are made for walking (1966), ici aussi une délicieuse blonde péroxydée. On dirait que Jane a simplement enfilé le fameux pull rouge devant-derrière 🙂 . Je les ai donc réunies dans ma vidéo.

[… à suivre…]

Et si vous n’avez pas encore cliqué sur Dimanche Treize ==>

. Paris, Texas et Pleure pas, Marie

Paris,Texas m’avait déjà inspiré l’illustration de cette version oubliée (mais magnifique, avec un refrain inédit) de Gâche pas ta nuit (1980), sous la forme d’un roman-photo :

. Et pour découvrir les toiles de JP :

[Peinture] – Jean-Patrick Capdevielle. L’œuvre peint

 

Feminists love islamists

Transcription et traduction en français

Français

Les féministes aiment les islamistes

  • Je suis un islamiste
  • Je suis une féministe

Vous ne pourriez pas croire qu’on a tellement en commun
Mais on partage essentiellement la même idéologie
Et les musulmans sont opprimés, de même que toutes les femmes

  • Je dis « haram »
  • Je dis « problématique »
  • Tu dis que tout est « offensant »
  • Et tu dis que tout est « pas dans le Coran »
  • Tu es un islamiste
  • Et tu es une féministe

Nous avons tellement en commun

  • Je dis « islamophobie »
  • Je dis « misogynie »
  • J’accuse les médias juifs
  • J’accuse le patriarcat
  • Car je suis féministe
  • Et je suis islamiste

Une belle paire de tarés geignards

Islamiste : – Tu sais ce qui me fait me sentir vraiment marginalisé ? C’est quand des ignorants me rappellent que le prophète (Allahou Allah) a eu des relations sexuelles avec une petite fille de 9 ans.
Féministe : – Mahomet a eu des relations sexuelles avec un enfant ? Oh, mais c’est super ! Ça veut dire que chaque pédophile blanc cis-genré hétéronormé, ici en Occident, est coupable d’appropriation culturelle et c’est ça, le véritable problème de la société !
Islamiste : – Ah oui !
Féministe : – Tu vois, c’est simple, quand on regarde le monde à travers des lunettes problématiques !
Islamiste : – Oh, qui aurait pensé que toi et moi on irait si bien ensemble ?

  • Je dis « Justice sociale »
  • Je dis « Jihad »
  • Je dis « Slutwalk » (« Marche des salopes »)
  • Je dis « Salope ! Où est ton hijab ? »
  • Car je suis islamiste
  • Et je suis féministe

Nous avons tellement en commun

Islamiste : – Ça te dérange si je te viole maintenant ?
Féministe : – Oh, ne sois pas stupide, ce n’est pas un viol quand c’est un musulman qui le fait !
Islamiste : – Haha, elle est bien bonne, haha.

Anglais

Feminists love islamists

I am an islamist
I am a feminist
You might not think we have
Very much in common
But we share essentially
The same ideology
And Muslims are oppressed
Just like every woman
I say « haram »
I say « problematic »
You say everything is triggering
And you say everything’s unquranic
Cos you’re an islamist
And you are a feminist
We have so very much in common

I say « islamophobia »
I say « misogyny »
I blame the Jewish media
I blame the patriarchy
Cos I am a feminist
And I am an islamist
A whiny pair of little spastics

Islamist: You know what makes me feel really marginalized, yeah? When ignorant people remind me that the prophet (Allah hu Allah) had sex with a little 9 year old girl.
Feminist: Mohhammad had sex with a child? Oh that’s awesome! That means every white cis-gendered heteronormative pedophile here in the west is guilty of cultural appropriation, and that is the real societal problem!
Islamist: Oh yeah.
Feminist: See, its easy when you look at the world through problematic glasses!
Islamist: Oh, who would’ve thought you and me would get along so well

I say « Social justice »
I say « Jihad »
I say « Slutwalk »
I say « Whore, where is your hijab ? »
Cos I am an islamist
And I am a feminist
We have so very much in common

Islamist: So, do you mind if I rape you now ?
Feminist: Oh, don’t be silly, it’s not rape when a muslim does it !
Islamist: Haha, that is a good one, haha.

***

Voir aussi :

Néo-féminisme et islamisme : les convergences