Abigail Shrier : « Ados transgenres, un aller sans retour possible » (Le Figaro)

Le Figaro (site web)
vendredi 29 avril 2022
Abigail Shrier : « Ados transgenres, un aller sans retour possible »
Ungemuth, Nicolas

EXTRAITS EXCLUSIFS – Dans Dommages irréversibles, un saisissant essai jamais idéologique mais purement factuel, la journaliste au Wall Street Journal montre comment des adolescentes américaines décident de changer de sexe sous l’influence d’internet. Un phénomène qui pourrait bientôt toucher la France.

La dysphorie de genre, anciennement appelée « trouble de l’identité de genre », se caractérise par un malaise profond et persistant vis-à-vis de son sexe anatomique. […]. Historiquement, elle n’a concerné qu’une infime partie de la population (environ 0,01 %) et presque exclusivement des garçons. Au cours de la dernière décennie, la donne a changé de façon spectaculaire. L’Occident a vu une augmentation subite du nombre d’adolescents affirmant souffrir de dysphorie de genre et s’identifiant comme « transgenres ».

Pour la première fois dans l’histoire de la médecine, des adolescentes de sexe féminin à la naissance ne sont pas seulement présentes parmi ceux qui s’identifient ainsi, mais constituent la majorité du groupe. Pourquoi ? Que s’est-il passé ? Comment un groupe d’âge (les adolescents) qui avait toujours été minoritaire parmi les personnes concernées en est-il venu à constituer la majorité ?

La solitude des ados à l’ère numérique

Aux États-Unis, l’adolescence est pratiquement synonyme chez les filles d’angoisse de ne pas être physiquement à la hauteur. […] Les personnages des réseaux sociaux – c’est-à-dire les «amis» les plus intéressants pour les ados d’aujourd’hui et avec lesquels ils passent le plus de temps – ne présentent pas de telles imperfections. Soigneusement choisies et «facetunées», leurs photos définissent un standard de beauté qu’aucune fille réelle ne peut atteindre. Et elles sont constamment dans la poche des adolescentes, nourrissent leurs craintes de ne pas être à la hauteur, alimentent leur obsession pour leurs propres défauts ou ce qu’elles perçoivent comme tels, tout en les exagérant considérablement. Beaucoup d’adolescentes de la génération Z qui tombent dans les filets du phénomène transgenre appartiennent à la classe moyenne supérieure.

Maternées par des parents pour qui «élever» est un verbe actif, voire l’œuvre d’une vie, elles sont souvent des élèves brillantes. Jusqu’à ce que la folie transgenre les frappe, ces adolescentes se distinguent par leur gentillesse, leur serviabilité et leur absence totale de rébellion. […] Internet ne leur laisse jamais un jour, ni même une heure, de répit. Elles veulent ressentir les émotions fortes de l’amour adolescent, mais la plus grande partie de leur vie se passe sur un iPhone. Elles essaient l’automutilation. Elles tâtent de l’anorexie. Les parents les envoient chez des psychiatres qui leur prescrivent des médicaments en guise de ouate pour amortir leurs humeurs, ce qui aide – à moins que ressentir quelque chose n’ait été le but.

Gayatri, un cas problématique parmi d’autres

Gayatri a toujours été «très fille», m’a dit son père, immigrant indien et médecin. Enfant, elle adorait Dora l’exploratrice et les princesses de Disney. Au collège, une de ses amies de l’école primaire a «transitionné»: elle a commencé à se bander la poitrine, a annoncé qu’elle avait un nouveau nom, et a demandé aux autres d’utiliser les pronoms masculins pour s’adresser à elle. Les parents de Gayatri se présentaient comme progressistes. À l’époque, ni l’un ni l’autre n’a fait grand cas de ce changement, qui n’a pas semblé impressionner leur fille. Mais l’année suivante, en troisième, les parents de Gayatri lui ont acheté un ordinateur portable et – après maintes discussions – un smartphone. Elle s’est mise à passer beaucoup de temps sur Tumblr et DeviantArt, le site de partage artistique qui séduit une grande audience transgenre.

Elle a commencé à parler d’identité de genre à sa mère. Ses parents ne se doutaient pas de la corrélation entre ses propos et le temps passé sur internet. L’été est arrivé et les longues journées se sont profilées devant elle comme une main tendue. Tous ses moments libres, Gayatri les passait sur internet. Un jour, Gayatri a lancé l’idée de commencer un traitement à la testostérone et de subir une « chirurgie du haut ». Ses parents se sont alarmés. Elle agissait à leur insu. Ex-balourde de la classe, Gayatri s’était réinventé une personnalité d’ado transgenre branchée. Les « likes » et les émojis qui pleuvaient sur son profil Instagram parlaient d’eux-mêmes: cette nouvelle identité était une version upgradée d’elle-même. En tant que « garçon trans », Gayatri avait des amis – beaucoup d’amis.

Chiffres et tendances

En 2016, Lisa Littman, gynécologue-obstétricienne devenue chercheuse en santé publique et mère de deux enfants, parcourait les réseaux sociaux lorsqu’elle a remarqué une singularité statistique : plusieurs adolescents, pour la plupart des filles, de sa petite ville du Rhode Island se déclaraient transgenres – tous au sein du même groupe d’amis […]. Le Dr Littman ne connaissait pratiquement rien à la dysphorie de genre. […] Mais elle en savait suffisamment pour constater que les chiffres étaient beaucoup plus élevés que la prévalence attendue. […] La hausse, effectivement, s’est révélée sans précédent. Aux États-Unis et dans le monde occidental, on constatait un pic soudain d’adolescentes déclarant une dysphorie de genre – la pathologie associée à la désignation sociale « transgenre ».

Entre 2016 et 2017 aux États-Unis, le nombre d’interventions en chirurgie transgenre pour les jeunes femmes a quadruplé, cette population représentant soudain – comme on l’a vu – 70 % de toutes les interventions en chirurgie transgenre. En 2018, le Royaume-Uni a signalé une augmentation de 4400 % par rapport à la décennie précédente du nombre d’adolescentes cherchant à obtenir des traitements de genre. […] Au cours de la dernière décennie, comme le Dr Littman l’a découvert, les chiffres de la dysphorie de genre chez les adolescents ont bondi dans l’ensemble du monde occidental. Aux États-Unis, la prévalence a augmenté de plus de 1000 %. 2 % des lycéens s’identifient aujourd’hui comme « transgenres », selon une enquête menée en 2017 auprès des adolescents par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies. En 2016, les personnes assignées femme à la naissance représentaient 46 % de toutes les chirurgies de réattribution sexuelle aux États-Unis. Un an plus tard, ce pourcentage était de 70 %.

YouTube et testostérone : le rôle des influenceurs du net

Alex Bertie, un youtubeur anglais FtMFemale to Male», NDLR), sans doute le plus populaire (300.000 abonnés), a tenu un vlog (blog vidéo) sur sa première année de testostérone. « C’est le jour que je n’aurais jamais osé espérer, s’enthousiasme-t-il, adorable garçon à la mâchoire ombrée. Ça fait officiellement un an que je suis sous testostérone. Avant les hormones, je souffrais de la haine de soi, de la jalousie et de l’envie, je voulais constamment m’isoler du reste du monde… Aujourd’hui, un an après avoir commencé les hormones, je ne pourrais pas être plus heureux ! Les changements apportés par la testostérone ont vraiment amélioré ma qualité de vie et redessiné mes projets d’avenir. » Sa voix est plus grave. Ses épaules sont plus larges, ses bras plus imposants, sa mâchoire carrée. Sa graisse est redistribuée (moins dans les cuisses et les hanches). Et le plus réjouissant pour lui : ses règles ont disparu. « Heureusement, après deux mois de T, elles se sont complètement arrêtées, Dieu merci. Cette année, j’ai aussi fait la chirurgie du haut. C’est un truc à part. Je pourrais consacrer un million de vidéos à la chirurgie du haut. Associé aux hormones, cela a carrément fait disparaître ma dysphorie de genre. Donc, en gros, la testostérone… c’est génial. » […]

Tous les vlogueurs trans ne partagent pas la modération de Chase. Le gourou Instagram MtF (Male to Female, NDLR) Kaylee Korol, femme frêle aux cheveux bleus comme ses yeux et qui ressemble à une adolescente ordinaire, offre ce « conseil trans » : « Vous n’avez pas besoin d’être sûrs à cent pour cent d’être trans pour essayer les hormones, vraiment, assure Kaylee à ses followers. Vous pouvez essayer les hormones pendant trois mois. Après cette période, il commence à y avoir des effets permanents, mais avant, vous pouvez simplement tester et voir comment vous vous sentez. C’est génial, c’est aussi simple que ça. Les hormones ne doivent pas vous effrayer. » Inutile, donc, d’avoir la certitude d’être trans pour prendre des hormones. En fait, Kaylee ajoute que le traitement hormonal est « probablement le meilleur moyen de savoir si vous êtes trans ou non ». Il est prouvé que la testostérone a des effets secondaires néfastes, mais vous en entendrez rarement parler. Les gourous de YouTube et d’Instagram sont là « pour le fun », et les risques accrus de divers cancers et d’hystérectomie prophylactique ne sont pas vraiment fun.

Des traitements loin d’être anodins

La testostérone épaissit le sang. Les filles transidentitaires reçoivent une dose de testostérone 10 à 40 fois supérieure à ce que leur corps pourrait normalement supporter pour produire les changements qu’elles recherchent. Selon certaines indications, les femmes biologiques recevant ces doses de testostérone auraient un risque de crise cardiaque près de cinq fois supérieur à celui des femmes, et deux fois et demie supérieur à celui des hommes. Le dosage étant déterminé par l’apparence physique désirée – plutôt que par le traitement d’une maladie -, il obéit à des critères esthétiques et non pas médicaux. On justifie généralement la testostérone comme un traitement de la « dysphorie de genre », mais les endocrinologues qui la prescrivent semblent rarement évaluer ses effets sur la dysphorie du patient. Ils examinent plutôt son taux sanguin pour s’assurer que la testostérone reste dans la fourchette normale pour un homme. […] Peu de temps après la prise d’hormones mâles, des changements permanents se produisent.

Si une fille biologique regrette sa décision et arrête la testostérone, sa pilosité corporelle et faciale restera probablement en place, tout comme son excroissance clitoridienne, sa voix grave et peut-être même la masculinisation de ses traits faciaux. Même si des doses massives de testostérone doivent être maintenues pour que les effets de la transition se poursuivent, l’élimination de la T ne ramène pas l’adolescente à son point de départ. La testostérone s’accompagne également de douleurs et de désagréments. Il y a le problème de l’atrophie vaginale, mais aussi des douleurs musculaires, des crampes sévères dues à l’endométriose, une hausse de la sudation, des sautes d’humeur et de l’agressivité. Les effets à long terme comportent une augmentation des taux de diabète, d’accidents vasculaires cérébraux, de caillots sanguins, de cancers et, comme nous l’avons vu, de maladies cardiaques. Globalement, le risque de mortalité augmente. Il existe un dernier risque, inévitable, dû au fait qu’aucune patiente sur la Terre ne prend son traitement exactement à la même heure: à un moment donné, une jeune fille sous T se fera une injection un jour ou deux après la prise prévue. […] Après tous ces risques et ces sacrifices insensés, au moins la dysphorie a disparu, non ? En fait, il n’existe aucune étude à long terme indiquant que la dysphorie de genre ou les idées suicidaires diminuent après une transition médicale. Souvent, la dysphorie d’une jeune femme augmente avec la testostérone, car elle se rend compte que même avec une voix d’homme, des poils, une mâchoire carrée, un nez rond et une barbe fournie, elle ne ressemble pas tout à fait à un homme.

Les « détransitionneuses » : celles qui tentent de faire machine arrière

Presque toutes les détransitionneuses à qui j’ai parlé sont percluses de regrets. Si elles ont pris de la testostérone quelques mois seulement, elles ont une voix étonnamment masculine qui restera grave. Si elles ont été sous T pendant plus longtemps, elles souffrent de la gêne d’avoir une géographie intime inhabituelle : un clitoris élargi qui ressemble à un petit pénis. Elles détestent leur barbe naissante et leur pilosité corporelle. Elles vivent avec une poitrine lacérée et des tétons masculins (oblongs et plus petits) ou des rabats de peau qui ne ressemblent pas à des tétons. Chez celles qui ont conservé leurs ovaires, une fois privé de testostérone, le tissu mammaire se gonfle au retour des règles d’un liquide qui, souvent, n’est pas correctement drainé. […] Les désisteuses et détransitionneuses à qui j’ai parlé m’ont toutes dit qu’elles étaient sûres à 100 % d’être trans à vie – jusqu’à ce que, soudainement, elles ne le soient plus. Presque toutes reprochent à leur entourage adulte, en particulier les professionnels de la santé, d’avoir encouragé et facilité leur transition.

[Esprit de suicide] – Néoféminisme et Zététique : l’alliance de la carpe et du lapin

C’est avec un certain étonnement que j’ai découvert ces derniers jours le drama zétético-woke qui s’est joué à l’issue des Rencontres de l’Esprit Critique (REC) de Toulouse le week-end dernier ; une assemblée réunissant, au terme d’efforts louables, diverses chapelles de la Zététique (mais pas toutes, une fraction victimaire s’en étant exclue d’elle-même). Il faut savoir que le mouvement zététique traverse depuis plusieurs années quelques tensions internes, dues notamment à des positionnements qualifiés de part et d’autre d’idéologiques. En gros, il y a des Zets qui penchent à gauche, voire très à gauche, et de l’autre, des Zets restés fidèles à eux-mêmes, mais qui se voient traités par les premiers d’extrême droite, voire de nazillons en puissance – car tout ce qui ne communie pas au féminismo-wokisme est par définition nazi (le monde est toujours si simple, vu du camp victimaire).

Dans des échanges assez lunaires postés sur Twitter, j’ai donc découvert qu’un groupe de néoféministes se disant zététiciennes (un oxymore, comme on va le voir plus bas), appliquaient assez logiquement leur plan de bataille néoféministe sur le dos de malheureux zététiciens assez suicidaires pour avoir cru bon d’ouvrir leurs chakras à la diversité woke. Pour résumer cet épisode en deux mots, les néofems leur envoient le feu nucléaire parce qu’ils ont tenté une petite blague potache avec un des leurs (Astronogeek, qu’elles regardent comme s’il était le diable) revêtu pendant quelques minutes d’une camisole de force (« Et ouin ouin, et que c’est de la psychophobie, et gnagnagna »). Je vais t’en foutre, moi, de la psychophobie ! Les Zets devraient porter plainte pour humourophobie.

La gousse d’ail anti-humour-oppressif, nouvel attribut du.e.la Zététicien.n.e des temps nouveaux (oui car chez les Zets, on torchonne aussi en inclusive, maintenant)

Des femmes zététiciennes, oui, trois fois oui, mais quand même pas des néo-féministes !

En accueillant des néo-féministes en son sein, cette frange bienveillante du Zététisme de la gauche et du centre aura semble-t-il commis une confusion regrettable pour elle – car c’est sur elle que pleuvent aujourd’hui d’énormes boules puantes –, une confusion, donc, entre les femmes, qui ont toute leur place dans le mouvement zététique, et les néo-féministes, qui ne sont pas nécessairement des femmes (les plus violents wokistes, ceux qui menacent de mort, étant généralement des hommes), mais des idéologues et des activistes d’extrême gauche avec un agenda bien précis ! Eh oui ! Une femme biologique n’est pas une idéologie gauchiste, qu’on se le dise ; je me dois sans cesse de dénoncer cet amalgame fâcheux 😉 ! Collaborer avec des femmes, ou même les défendre quand c’est nécessaire, ne devrait jamais revenir à défendre les délires paranoïaques d’une Sandrine Rousseau ou d’une Alice Coffin déguisées en zététiciennes !

Comment ces Zets ont-ils pu oublier un seul instant que les néo-féministes n’avaient qu’un seul ennemi sur terre : l’homme blanc occidental et sa Raison héritée des Grecs ? Si les Zets qui prennent aujourd’hui publiquement la parole se trouvent être pour leur plus grand malheur des hommes, blancs, occidentaux, hétérosexuels, cisgenres, de plus de 40 ans (plus de 50, on n’en parle même pas, c’est la mort au bout du fusil), pères de famille, rationnels, au QI élevé et/ou appartenant aux classes favorisées, ils sont de facto les ennemis de classe (et de race et de genre) des néo-féministes ! Ils sont par définition des cibles à abattre et elles ne leur laisseront aucun répit ! Quoi qu’ils disent, quoi qu’ils fassent, quels que soient les gages qu’ils donneront à ces harpies, quelles que soient leurs reptations « bienveillantes » ou « open-minded », ils se feront démonter jusqu’à l’os pour leur plus grande stupéfaction – puisqu’elles ne sont là que pour ça !

Car l’arsenal militaire néo-féministe est rempli à ras bord de redoutables armes à fragmentation : leur catalogue interminable de « phobies » imaginaires en tous genres – elles en inventent dix par jour (« ouin, ouin, ouiiiinnn !!! »), grâce auxquelles elles n’en finiront jamais de vous poursuivre dans vos retranchements les plus sincères ou les plus rationnels. Puisque-C’EST-LEUR-PRO-JEEEET ! Vous abattre !

Il ne faut jamais oublier que le logiciel néoféministe vomit la civilisation occidentale issue des Grecs, de la logique et de la raison (je ne reviendrai pas ici sur leur célébration ininterrompue des sorcières, par exemple). C’est même un des piliers de leur mouvement, comme le rappelle cet ouvrage de référence du mouvement néoféministe : Une lecture féministe de l’histoire de la logique (tout un programme !) ; aussi j’enjoins les défenseurs de la raison à ne jamais sous-estimer cet adversaire :

Andrea Nye, Words of Power. A Feminist Readig of the History of Logic, Londres, 1990

Cette vidéo récente, où une néoféministe zététicienne défend l’irrationnalité à visage découvert, devrait vous mettre la puce à l’oreille, amis zététiciens : vous avez laissé entrer le loup dans la bergerie, ou plutôt les termites dans la cabane ! Les néofems sont en train de faire leur nid pour tout ronger et tout grignoter – rien que l’emploi de l’écriture inclusive devrait être pris pour une alerte sérieuse : il signifie que le processus de destruction est en place ! Des fondations jusqu’à la toiture, elles ne laisseront rien debout, puisque encore une fois, elles haïssent fondamentalement tout ce que vous êtes.

Amis zététiciens, je m’en remets à vous pour nous protéger du programme de guerre des sexes et de l’intellect mis en œuvre par les néofems ; de grâce, ne leur servez plus la soupe, mais regardez-les bien en face pour ce qu’elles sont : des racistes et des sexistes qui ont trouvé un angle d’attaque imparable pour vous ravager de l’intérieur. Leurs techniques de harcèlement sont également les plus efficaces au monde car elles consistent, à grands renforts de bassines de larmes de crocodile, à rabattre tout ce que vous penserez ou direz sur ce que vous êtes biologiquement, intellectuellement et socialement – des données sur lesquelles vous n’avez pas de prise et dont vous n’avez de toutes façons pas à vous justifier. Elles s’en prendront aussi à vos vies privées, car elles confondent le débat d’idées et le cyber-harcèlement. Et même si vous vous suicidez, elles ne vous lâcheront jamais et continueront à vous persécuter ; les néofems ayant un goût immodéré pour attaquer les morts (une manière pour elles de se prémunir de procès en diffamation – voyez par exemple comment elles traitent la mémoire de Picasso).

Un dernier mot : je n’écris pas ce billet en tant que zététicienne, je ne suis qu’une observatrice extérieure des faits. Je ne les représente donc aucunement et mes opinions n’engagent que moi et n’ont pas à être amalgamées aux leurs (qui sont de toutes façons très diverses, puisque certains défendent becs et ongles les neofems). Mais comme je sais que la tactique néofem consiste justement à pratiquer l’amalgame – et le déshonneur par association, une posture actuellement très en vogue chez les néo-Zets – je préfère prendre les devants.

  • [Edit. – Mise à jour]

Ne suivant pas de très près l’actualité de la Zététique, j’ignorais qu’elle était d’ores et déjà tombée aux mains de l’Église de la Pleurnicherie Perpétuelle, comme j’appelle la secte des bigotes féministes, avec ses espaces non mixtes de fausses victimes du « patriarcat », qui s’écoutent pleurnicher en rond sur fond de sorcières et « d’oppressions systémiques » en carton – en écriture pour débil.e.s, comme il se doit. Je découvre aussi que le Féminismo-Zététisme est déjà constitué en Politburo de la Vertu Morale et Sexuelle, où l’on traque sans répit toute trace de « sexisme », même la plus infime et où l’on oblige tout libertin ou tout esprit libre à battre sa coulpe et s’autoflageller ad vitam s’il veut être absous et continuer d’appartenir à l’Église Zététicienne des Bonnes Mœurs Bienveillantes. Et encore, il restera traité à vie comme un pestiféré s’il ne communie pas à la tarte à la crème de la « culture du viol »… Bref, la situation était en réalité bien pire que ce que j’imaginais.

La Zététique a bien changé, dis-donc :/

Tout ce que touche l’idéologie néo-féministe, elle l’empoisonne, le détruit de l’intérieur et le tue à brève ou moyenne échéance (l’Université, le Festival de Cannes, les César, … et maintenant la Zététique 🙁 ). Que la Zet en soit à ramper devant un aréopage de névrosées juste bonnes à taper leur crise d’hystérie et lancer des lynchages publics pour une pauvre blague prétendument « psychophobe » n’était donc pas un épiphénomène comme je l’ai cru innocemment… mais le signe que le cancer avait métastasé depuis longtemps et que la Zététique était déjà officiellement en état de mort cérébrale. Il ne me reste alors qu’à présenter mes plus sincères condoléances à tous ceux que cette situation afflige autant que moi.

RIP l’esprit critique, celui qui ne se couche pas devant le terrorisme victimaire

« Requiem æternam dona ei, Domine.
Et lux perpetua luceat ei :
Requiescat in pace.
Amen. »

  • Voir aussi :

. L’entretien de Xavier-Laurent Salvador avec un zététicien (non woke) sur la question du wokisme dans l’université française :

. Mon point de vue sur l’écriture inclusive :

. L’analyse de l’affaire par le Penseur Sauvage :

[Féminophobie] – Le féminisme et la haine de la féminité

Un des paradoxes les plus saisissants, chez les Gender feminists (féministes idéologues du genre), notamment chez certaines lesbiennes agressives de type Coffin, ou certains « transgenres FtM » (« hommes à vagin ») tout aussi agressifs de type Preciado, est tout à la fois leur misandrie décomplexée (« Tous les hommes sont des violicideurs et des féminicideurs en puissance ! ») et leur survalorisation fantasmatique du masculin (« Je suis un homme comme les autres ; à moi le pouvouââr !! ») – avec pour corollaire leur guerre déclarée à la féminité et aux femmes elles-mêmes ; ce qui pourrait surprendre au premier abord. Dans ce sillage, on voit proliférer pléthore de discours sur le genre et la transidentité qui poussent un nombre toujours croissant de jeunes femmes à vouloir renier ou abolir leur condition féminine afin de « devenir » des hommes. Dans le prolongement de cela enfin, tout ce qui peut renvoyer aux fondements biologiques du sexe féminin est devenu plus qu’un tabou, un interdit ; la terreur s’abattant sur quiconque y ferait allusion – au point que le mot « femme » est devenu imprononçable chez EELV (honte à eux), de même que dans toutes les nouvelles chapelles du wokisme (jusque chez SOS Homophobie).

Les mêmes qui veulent voir les hommes morts (« Mort aux mecs ! », « Kill all Men ! ») sont subjuguées par une « domination masculine » fantasmée au dernier degré dont elles veulent obsessionnellement s’emparer – comme si les femmes étaient par nature et depuis toujours entièrement dépourvues de toute forme de pouvoir. Une très grosse erreur d’appréciation, comme les travaux d’Emmanuel Todd viennent encore récemment de le démontrer, ou comme je l’évoque moi-même régulièrement sur ce site (par exemple : [Antiféminisme] – Éloge de la femme forte).

Moi qui suis une femme assumée, qui me suis toujours sentie forte dans ma nature de femme, cette complainte larmoyante et victimaire de plus en plus folle et de plus en plus féminophobe m’apparaît aussi incompréhensible que déprimante. Pourquoi de plus en plus de jeunes femmes décident-elles de « transitionner » ? Comment en est-on arrivé là et pourquoi cela semble-t-il empirer chaque jour ? Il me faut commencer par résumer ce que cette situation doit directement au néo-féminisme, avant de développer ce qu’elle révèle encore de la nature profondément toxique de cette idéologie.

Le féminisme fabrique des femmes faibles à la pelle

J’ai déjà évoqué cet aspect :

  • Le féminisme a détruit la cellule familiale, assassiné la paternité, encouragé la maternité sans père et sans repères et mis au monde des générations entières de filles sans référent masculin pour se construire psychiquement. Des filles que l’on verra parfois, au sortir de l’adolescence, se transformer elles-mêmes en hommes (j’en connais) ou devenir lesbiennes, comme si elles se sentaient tenues, inconsciemment, de suppléer en personne à cette absence de figure masculine constructive. Pour autant, je ne saurais dire quel rôle a joué exactement l’absence de père dans ce processus, n’étant pas spécialiste du sujet (je m’interroge seulement, puisque je ne connais pas de lesbienne dans mon entourage, quel que soit son âge, dont le père a été présent ou a joué le rôle espéré – si vous en connaissez, dites-le moi dans les comms). Le sujet est de toutes façons trop complexe pour être résolu en un paragraphe – d’autant que je suis convaincue que l’orientation sexuelle ne se décide pas, étant selon toute vraisemblance une donnée hormonale de naissance (voir plus bas).
  • Même s’il est difficile de distinguer l’œuf de la poule, le féminisme produit du trouble mental, tout en étant lui-même une conséquence des troubles psychiques. Un cercle vicieux qui trouve actuellement son illustration parfaite dans la jeune femme née d’une « femme libérée des années 80 ♫ » (puis 1990, puis 2000), c’est-à-dire élevée sans père (« Elle a fait un enfant tou-ou-te seule ♪ ») et qui, arrivée à l’âge adulte avec des troubles psychiques importants (allant de la dépression à l’anorexie), va trouver dans le féminisme une église et un refuge pour exprimer sa souffrance et sa rancœur vis-à-vis de la gent masculine. Il ne fait aucun doute pour moi qu’il s’agit d’un continuum.
  • Le féminisme n’est pas un « empouvoirement », mais un « dépouvoirement » de femmes qui ont perdu la guerre de la compétition sexuelle à partir du moment où elles ont renoncé à la séduction, à la maternité voire même à l’hétérosexualité quand ce n’était pas dans leur nature profonde. Je considère en effet qu’il existe deux sortes de lesbiennes : celles qui le sont pour des raisons biologiques et congénitales – comme il en va de l’homosexualité masculine – parce que durant leur gestation, des influx hormonaux (ici d’androgènes), ont modelé leur cerveau en ce sens. Ces données biologiques irréversibles déterminent ensuite non seulement leur « genre », mais leur orientation sexuelle – et il n’y a rien à en dire, c’est la nature, c’est comme ça (sur ce sujet voir notamment les travaux de Jacques Balthazart, qui montrent que l’orientation sexuelle trouverait sa source dans les noyaux cérébraux de l’aire préoptique, dont la taille est déterminée par la testostérone prénatale). Comme la question difficile de l’inné et de l’acquis soulève toujours des polémiques, je rajoute ici cet échange avec Jaques Balthazart, où il résume clairement ses données sur l’origine biologique de l’homosexualité:
Non merci. D’une part, l’orientation sexuelle ne se commande pas et d’autre part, je n’ai pas d’ordre à recevoir.

Ces femmes qui se sont elles-mêmes mises en retrait du marché amoureux, qui pleurent dans leur coin sur leur misère féministe au lieu d’aller au combat, de se frotter aux hommes (c’est une image !), ont en réalité déposé toutes leurs armes et renoncé à toute forme de pouvoir (car le pouvoir des femmes sur les hommes est évidemment immense depuis toujours – mais pour le savoir, encore faudrait-il être capable de s’extraire de ses jérémiades). Ce sont des perdantes, des femmes condamnées à se lamenter ad libitum en regardant passer le train de la vie. À leur décharge, ce n’est pas entièrement de leur faute, puisqu’avant même leur naissance, l’idéologie féministe ne leur avait laissé aucune chance.

  • On pourrait dire un mot aussi de l’injonction faite aux adolescentes de singer les hommes en misant tout sur leur carrière professionnelle et en reculant sans cesse leur projet de fonder une famille – jusqu’à devoir y renoncer, une fois leur fertilité en berne (l’endométriose fait en ce moment des ravages chez les trentenaires, mettant en péril leur capacité à procréer – cf. « Ça a détruit un peu ma vie » : Enora Malagré, pas d’enfant à 41 ans et anéantie). D’autant que l’on sait que tout miser sur sa carrière n’empêche pas de finir seule et dépressive, comme le montrent les chiffres : les cadres les plus malheureuses sont les femmes célibataires sans enfants – même quand leur vie professionnelle est une réussite. Je ne suis évidemment pas pour renvoyer les femmes à la maison : je suis simplement pour qu’on prenne en compte la maternité et qu’on la valorise, tout en permettant aux femmes de mener conjointement leurs deux vies, en encourageant tout à la fois le temps partiel, un congé de maternité pouvant être très long et bien sûr, la vie maritale, puisque les premiers ne peuvent aller sans la seconde.

Le féminisme terrorise les jeunes femmes en construction

C’est un des aspects les plus délétères et les plus honteux de l’idéologie féministe, car celle-ci cible prioritairement des enfants (avec la complicité de l’Éducation Nationale) et des adolescentes fragiles en devenir. Or l’intégralité du discours féministe, avec ses injonctions contradictoires, n’est plus qu’un discours de manipulation et de terreur qui ne peut que conduire à la scission psychique :

  • Les adolescentes sont terrorisées par un discours absolument mensonger et 100 % sexiste sur la « masculinité toxique » qui essentialise honteusement les garçons, les présentant tous comme des criminels en puissance qui n’en voudraient qu’à leur vertu ou leur vie. Je vais revenir plus bas sur ce nouveau « chœur des vierges en treillis » (la formule est d’Annie Le Brun) et leur vision rétrograde des relations H/F.

En attendant, cette terreur est telle qu’elle finit par perturber un grand nombre de jeunes femmes en souffrance – pour des causes diverses, dont souvent le manque de père – et qui, au-delà de l’anorexie ou de difficultés parfois causées par des caractères autistiques ou Asperger (assez fréquent chez les vraies lesbiennes ; probablement une forme du « cerveau masculin » de Simon Baron-Cohen), vont alors se tourner vers le changement de sexe. Caroline Eliacheff et Céline Masson parlent justement et courageusement de cette nouvelle épidémie dans leur dernier livre, La fabrique de l’enfant-transgenre, Paris, 2022. Comme C. Eliacheff le dit dans cet entretien avec l’Express :

« Dans tous les pays qui ont ouvert des consultations dédiées, le ratio s’est inversé entre garçons et filles. Nous n’avons pas d’explication définitive. Mais il semble y avoir aujourd’hui une difficulté, pour une majorité de ces filles, à assumer leur féminité. Cela ressemble d’ailleurs aux troubles du comportement alimentaire, et en particulier à l’anorexie mentale, qui concernent davantage les filles. Sur le plan social, le discours victimaire bat son plein : les filles sont exposées à l’inceste, au viol, aux violences conjugales, à la soumission… Ce n’est pas très engageant. » 

En leur dépeignant un avenir d’esclavage et de soumission où elles seraient inexorablement piétinées par un « patriarcat » tout-puissant (en réalité totalement imaginaire), dans un monde cauchemardesque où le simple fait de mettre la tasse de son mari dans le lave-vaisselle constituerait le summum de la domination masculine, ces harpies féministes leur retournent la tête H24.

Quel paradoxe alors de voir des filles terrorisées par les hommes et dégoûtées des hommes… vouloir devenir des hommes ! Comment peut-on à la fois vomir la masculinité chez les autres et réclamer pour soi des hormones mâles ? Pourquoi n’aide-t-on pas plutôt ces jeunes femmes à incarner leur féminité et vivre heureuses avec ? Mais il faudrait pour cela pouvoir déconstruire en amont tout le discours toxique du féminisme victimaire et de ses oiseaux de malheur. Il me semble donc urgent de prendre conscience de la catastrophe qu’est, pour toutes ces adolescentes, l’injonction féministe à la victimitude, ce discours névrotique destiné à les cloîtrer dans une réalité parallèle dont elles ne pourront parfois plus jamais sortir, et qui n’est dans les faits qu’une manière de les déposséder de leur futur et de leur voler leur vie.

  • Les « lesbiennes butch » premières victimes de ce féminisme paranoïaque

Un petit tour sur un site de témoignages, essentiellement de jeunes femmes devenues hommes mais ayant décidé de détransitionnner afin de revenir à leur sexe biologique (donc des FtMtF : Female to Male to Female), fait clairement ressortir un profil aussi répandu qu’inattendu (enfin… pas tant que ça, puisqu’il illustre ce que j’écrivais plus haut) : celui de jeunes femmes « vraies lesbiennes », comme je dis, c’est-à-dire des lesbiennes biologiques, des filles qui au sortir de l’adolescence ou au début de l’âge adulte ne se révèlent attirées – quasiment, car il y a toujours des variantes individuelles – que par des femmes et qui ressentent un besoin irrépressible de masculiniser leur apparence ; ceci s’accordant avec de nombreux traits psychologiques et comportementaux inscrits en elles depuis toujours, que les hormones sexuelles vont révéler de manière incontournable à l’âge adulte. Comme l’explique en effet Jacques Balthazart, l’orientation sexuelle s’affirme à la sortie de l’adolescence sous l’expression d’hormones sexuelles qui vont réactiver un cerveau déjà présensibilisé à leur action par les hormones sexuelles prénatales.

Ce sont ici ce que l’on appelle les « lesbiennes butch » (« camionneuses » ou « hommasses »), des profils de femmes qui ont toujours existé, bien avant le déferlement de l’idéologie du genre, évidemment, puisque leur comportement serait principalement lié à la conformation des aires préoptiques de leur cerveau lors de la gestation. Ces lesbiennes butch ont alors pris de plein fouet l’injonction à changer de sexe et à s’identifier à des hommes ; histoire de coller à la nouvelle pathologie du sexe (en anglais : gender trouble) forgée par Judith Butler – alors que l’homosexualité n’est ni un trouble ni une pathologie, faut-il le rappeler ; c’est juste un état de la nature ! Ce n’est donc pas une construction sociale (l’hypothèse hormonale, à laquelle la voie épigénétique, qui commence à être explorée, pourrait apporter des pistes – même si gènes et hormones sont des choses différentes –, me semblant encore une fois la plus recevable scientifiquement). Voici quelques extraits assez parlants de ces témoignages :

« J’étais en pleine découverte de mes attirances lesbiennes aussi, alors j’ai décidé que je serais un homme trans hétéro. (…) J’ai finalement accepté ma vraie identité, celle d’une lesbienne butch ».

 » Je suis une lesbienne butch de 25 ans. Je me suis identifiée ouvertement comme un homme trans pendant 6 ans, dont 3 durant lesquels j’ai transitionné médicalement. (…) Les hormones m’ont amenée à subir une hystérectomie. Elles m’ont causé une hypertension artérielle. (…) Je me suis rendu compte que je ne pourrais jamais être un homme biologique (…). Maintenant, je me réapproprie l’identité lesbienne butch et je m’épanouis en devenant la femme lesbienne que j’ai toujours été ».

« Je suis une femme, je suis lesbienne. Pas à cause d’une sensation particulière dans ma poitrine, pas parce que c’est un désir ou un choix. C’est simplement la vérité factuelle de mon existence. « 

« J’ai compris que ma transidentité venait du fait que (…) j’étais tellement immergée dans la communauté LGBT que j’ai cru que la seule manière d’être une lesbienne masculine était d’être un homme trans. »

« Peu après le début de ma transition, ma santé mentale et physique s’est détériorée. Cela a changé ma vie d’une manière que je regrette à présent. Je sais maintenant que je suis simplement une lesbienne butch ».

Mais à lire ces témoignages, ainsi que d’autres en ligne, il ressort également que ces filles ont toujours subi le matraquage et le lavage de cerveau féministe victimaire, ce délire paranoïaque en barre, cette féminophobie en roue libre qui essaie de faire croire à toutes les jeunes femmes en construction qu’être biologiquement une femme, en gros, c’est de la merde (je caricature à peine). Dans les témoignages du site Post-Trans, on lit aussi ceci :

« Je prévois d’arrêter de prendre de la testostérone et de revenir à une apparence plus féminine afin de lutter contre l’image négative des femmes que j’ai intériorisée et d’en accueillir une nouvelle, plus forte ».

« Vers la fin du temps où je m’identifiais comme un homme trans, j’ai réalisé que je n’aimais que les femmes. Mais je m’identifiais tellement à l’identité gay que j’ai décidé que je serais un homme bisexuel. Cela était dû en grande partie au déséquilibre de pouvoir entre les hommes et les femmes et aussi parce que je me savais être homosexuelle. »

« Lorsque j’étais trans, j’avais l’impression qu’être un homme gay résoudrait certains de mes problèmes comme la haine que j’avais envers moi-même, mon manque de relation à la féminité et un mal-être général. Je pensais que la masculinité gay serait plus sûre et respectable que d’être une femme en dehors des normes de genre. Je me suis injectée de la testostérone et j’ai subi une mastectomie. Elle a été approuvée par mes médecins même si j’étais suicidaire à l’époque. Mais ma transition ne m’a pas aidée à me sentir mieux ».

Tout ceci irait donc dans le sens que j’ai donné à ce petit billet : le discours du féminisme victimaire (et du féminisme trans) aurait véritablement des conséquences délétères sur bien des jeunes femmes, dont certaines vont se retrouver stérilisées, mutilées à vie ou en proie à des troubles pouvant aller jusqu’au suicide… parce qu’elles auront été convaincues qu’être une femme en France au XXIe siècle, c’est à peu près comme vivre dans un camp de concentration ! Il va vraiment être temps que ce délire s’arrête !

Le féminisme célèbre la laideur physique et la bassesse morale, vouant une haine féroce non seulement à la féminité, mais aux femmes elles-mêmes

  • La bassesse morale est ce reflexe conditionné qui conduit toute féministe à sombrer dans la misandrie et le sexisme les plus décomplexés aussitôt qu’un homme lui cause la plus petite contrariété ; réflexe de petite princesse narcissique qui la conduit à piétiner toutes les valeurs de l’humanisme et à conchier la moitié du genre humain sur la base de son sexe, avec des concepts aussi lamentables que la « masculinité toxique », la « culture du viol » ou le « blantriarcat » (qui associe racisme et sexisme). J’en parle dans cet article.
  • Je pourrais développer aussi sur le néo-féminisme allié à l’activisme trans qui interdit désormais de faire la moindre allusion à la réalité biologique du sexe féminin – mais des voix qui portent largement s’en sont déjà emparées et c’est tant mieux. Rappeler qu’une femme est une créature dotée d’organes sexuels féminins pourrait donc me valoir une accusation de transphobie et un harcèlement sur les réseaux sociaux, comme ce qui est arrivé à J. K. Rowling. Depuis cet épisode, plus personne aujourd’hui ne peut ignorer que le néo-féminisme est parti en guerre non seulement contre la féminité, mais contre toute femme bien dans sa peau qui se contreficherait des nouvelles élucubrations transidentitaires. C’est ainsi que derrière la lutte contre « l’hétéronormativité sexuelle », concept forgé par l’imposteur en chef Judith Butler, se cache en réalité une guerre sans merci contre toute forme de féminité assumée.

Des « vierges en treillis » au féminisme trans : le grand retour de la bitophobie

C’est en découvrant ces derniers jours les discours portés par le féminisme du genre sur un chapiteau de Vézelay du XIIe siècle, où le simple fait qu’une femme se travestisse en moine (uniquement à l’origine pour accomplir une ascèse de type gnostique et protéger sa virginité) autorise à parler de « figure transgenre », « d’assignée femme » ou de « laboratoire du genre » (🙄), que j’ai réalisé combien les féministes trans d’aujourd’hui étaient le décalque exact de ces « vierges radicales » du IVe siècle, que l’on appelle « monachoparthénoï » (« vierges-moines »).

Comme le relate la légende de sainte Eugénie, la vierge-moine du chapiteau de Vézelay, c’était, comme pour nos féministes trans d’aujourd’hui, le sentiment exacerbé de la fragilité de son sexe qui l’avait poussée à se travestir en homme, une manière tout à la fois de protéger sa virginité et de gagner en pouvoir. Je cite le passage de la légende où son auteur met dans la bouche d’Eugénie une explication qui pouvait valoir pour son siècle et qui, à mon grand étonnement, semble toujours d’actualité :

« Car je suis une femme par le sexe, et parce que je ne pouvais pas réaliser mon désir et servir Dieu comme je l’estimais nécessaire et en toute sécurité du fait d’être une femme, je me suis donc déguisée en homme, et d’une manière juste et appropriée, j’ai dissimulé mes charmes ; dans l’émulation et à l’exemple de ma maîtresse Thècle, fuyant ce qui est destructible et éphémère, j’étais résolue à atteindre les bontés du ciel. C’est pour conquérir une telle gloire et satisfaire mes envies de vertus divines que j’ai déguisé la fragilité de mon sexe sous des vêtements masculins. Pour cette cause et parce que j’étais piquée du désir du culte divin, j’ai pris la forme d’un homme, afin qu’au masculin je puisse courageusement garder intacte ma virginité » (Actes de sainte Eugénie, traduction d’une version arménienne de la légende datant des Ve-VIe siècles).

Dix-sept siècles plus tard, nous en sommes donc exactement au même point avec les féministes du genre, éternelles vierges apeurées qui n’ont d’autre solution que de se faire passer pour des hommes afin de tenir à distance tout commerce charnel avec eux. Autant au IVe siècle, et bien qu’il s’agissait de comportements inspirés par les sectes gnostiques, cela pouvait paraître justifié – que ce soit par envie sincère de spiritualité ou pour échapper à des mœurs sociales laissant peu de champ au célibat volontaire (les couvents se sont développés ensuite, permettant d’accueillir ces femmes désirant échapper au mariage et à la procréation) ; autant au XXIe siècle, au terme de tant d’évolutions sociétales, psychologiques et politiques, on pourrait se demander pourquoi tant et plus de jeunes femmes en arrivent à se victimiser au point d’opter elles aussi pour le changement de sexe, en proie au même irréductible effroi devant le sexe masculin.

Tout ceci est bien évidemment l’œuvre du matraquage des nouvelles puritaines féministes et de leur bitophobie congénitale. Si à l’époque de la libération sexuelle des années 1960-1970, les féministes avaient cru surmonter leur antique terreur, celle-ci a reflué tel un tsunami dès les années 1980, avec la reprise en main des universités américaines par les idéologues du genre et leurs bataillons de féministes misandres, lesbiennes ou névrosées. J’ai déjà évoqué ce tournant féministe face au pénis (cf. « L’envie du pénis chez les féministes »), quand la fascination phallique s’est commuée en jalousie pathologique et en rage féroce. Les anciennes féministes étaient davantage dans la fascination et le sentiment de liberté, les nouvelles se sont enferrées dans la fureur et le ressentiment.

Les conséquences de l’idéologie du genre, on les constate aujourd’hui dans cette frayeur rétrograde et irrationnelle devant tout homme, chez toutes ces jeunes femmes manipulées par les féministes, qui se mettent à haïr toute forme de féminité en elles, terrorisées qu’elles sont par le genre masculin – mais tout autant fascinées, puisqu’elles veulent s’approprier ce sexe et le pouvoir qu’elles lui attribuent. La fascination phallique est donc plus que jamais d’actualité chez les féministes du genre qui transitionnent, ce qui semble curieusement leur échapper.

Les origines gnostiques et sectaires de l’idéologie du genre, à travers leur objectif commun d’abolir la biologie et les différences sexuelles, sont aussi un aspect qui n’est pas suffisamment souligné. Nous sommes ici dans des postures bien connues des historiens des idées religieuses ; de celles qui participent de la condamnation de la chair et du puritanisme les plus exacerbés.

La féminophobie féministe ou la misogynie de l’idéologie du genre

Il me reste à conclure sur la manière dont ce féminisme hait la féminité et pousse les femmes à se haïr pour ce qu’elles sont biologiquement et anthropologiquement.

C’est un des aspects les plus inattendus en apparence, que cette misogynie décomplexée qui s’affiche désormais sous l’égide du féminisme, au nom de l’indifférenciation des sexes et de la négation de la biologie. Le néo-féminisme en est arrivé à pourchasser toute femme qui s’identifierait biologiquement comme une femme, considérant que sa génétique, ses caractères sexuels et son hétérosexualité, pour peu qu’ils lui conviennent, sont une forme naturelle de transphobie, d’homophobie ou « d’hétéronormativité », autant de marques d’infâmie distribuées au fusil automatique par la nouvelle police de la pensée woke ou d’extrême gauche. Si une femme assume sa beauté physique et gagne sa vie avec, les féministes peuvent lui faire perdre son travail. Si elle fait des efforts pour rester mince, elle est accusée de grossophobie. Si elle ne cultive pas la haine de soi, elle est rétrograde (lire : Jean-Marc Albert, « L’idéologie du genre ou la haine de soi » ). Si elle trouve que se rouler dans sa fange en exhibant ses règles ou en se promenant avec des sachets d’excréments n’est pas pour elle, elle est une affreuse réactionnaire, etc. On pourrait prolonger indéfiniment cette liste, mais je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. Je sais déjà que le futur proche ne manquera pas de me livrer pléthore d’exemples édifiants démontrant que le projet néo-féministe d’abolir la féminité n’est pas une simple vue de l’esprit.

[à suivre…]

  • Voir aussi :

Sur le chapiteau de Vézelay:

. Sur les risques pour la santé féminine de la testostérone :