Anthologie du féminisme urinaire

L’idéologie néo-féministe est une forme de « pensée » (le mot requiert ici des guillemets) simpliste dont le credo binaire (« L’homme est coupable de tout ; la femme est son éternelle victime ») s’accompagne habituellement d’une expression artistique de type régressif car fondée quasi exclusivement sur les organes sexuels (et tout ce qui s’y rapporte : pipi, règles, etc.).

Du clitoris au pénis et vice-versa

L’appareil reproducteur féminin y tient en général le haut du pavé via son totem, le clitoris, sorte de bite puissance 4 (il a quatre branches et une tête), suivi de près par la vulve et les règles (articles à venir sur le sujet). Viennent ensuite la pilosité (aisselles, jambes, pubis), la cellulite et les seins – le pubis poilu et les seins continuant toutefois de poser problème, car leur représentation conserve un fort pouvoir érotique sur les hommes, ce qui ne manque pas d’agacer nos guerilleras misandres.

Mais la fixation obsessionnelle des néo-féministes se fait en réalité sur le pénis masculin, ou plus exactement sur la frustration de ne pas en posséder.

Le clito, c’est formidable, mais à travers la récente campagne Instagram tasjoui de Dora Moutot, la « survoltée du clito » (qui reproche aux hommes de ne pas savoir faire jouir les femmes), le féminisme vient de passer aux aveux : il n’y a en réalité rien de mieux qu’un bon orgasme fourni par un homme, pas vrai ? Un siècle de lutte pour l’indépendance (y compris orgasmique) pour en arriver là… (soupir).  Mais il est si jouissif d’accabler les hommes pour tout, que renier son émancipation ne pose visiblement aucun souci.

L’absolue dévotion féministe envers le phallus masculin s’exprime de manière le plus souvent inconsciente, comme on peut s’y attendre – car nos pauvres néofem sont restées fixées comme des moules au bon vieux complexe phallique du docteur Freud. Et ce n’est pas l’écrivain féministe Chloé Delaume, quand elle écrit :  « En français, la langue reste attachée au phallus », qui nous démentira ! (Chloé, pas la peine de dissimuler derrière du charabia pro-inclusif ton envie de sucer ; suce plutôt, et tout ira bien 😉 ).

Les artistes féministes reportent donc la fonction phallique sur le clitoris, lequel court à perdre haleine derrière son illustre modèle. Dans la mesure où la physiologie humaine l’a de toutes façons calqué sur le pénis, il est normal que sa représentation dans l’art fasse in fine penser à l’appareil génital masculin (damned !).

Sophia Wallace, Cliteracy, 2014

Cette vénération du clito ne serait au final qu’un décalque de la vénération du phallus et des bourses telle qu’on la trouve par exemple chez Picasso ou chez Félicien Rops  :

Félicien Rops, Le beau paon (femme assise devant un symbole phallique), encre sur papier, 1851/1898 (Namur, Musée Félicien Rops) [cliquer sur l’image pour agrandir]
Félicien Rops, Sainte Marie Madeleine (Série Pornocratès), encre sur papier, 1878 [cliquer sur l’image pour agrandir]
En latin, le mot « fascinus » (nom masculin) désigne à la fois le membre viril et l’enchantement, le maléfice, le sort… Un registre sémantique plus passionnant encore à explorer dès lors qu’on observe le féminisme. Ce tableau féministe d’Orlan pourrait d’ailleurs en être  une parfaite illustration [article à venir sur le sujet].

Orlan, L’Origine de la guerre, 1989-2012, C-print, diasec sur dibond

Du pénis au pipi

Mais si les féministes jalousent à mort le pénis, c’est aussi parce qu’il permet de faire des choses qui leur sont inaccessibles, comme faire pipi debout, quand on veut, où on veut. Ô insupportable dysmorphie corporelle, scandaleuse oppression patriarcale ! Il faut nous battre pour nous libérer de cette injustice, mes soeurs !

Les féministes se lancent alors à corps perdu dans cette noble reconquista du pipi ; ce que j’ai baptisé le « féminisme urinaire », tant la récurrence de ses manifestations est devenue un poncif du discours néofem.

On a d’abord vu, en 2012-2013, l’injonction féministe faite aux hommes de devoir pisser assis, sur le modèle suédois, tant la posture debout de l’homme pissant était une insupportable démonstration de domination phallico-patriarcale (plus vraisemblablement un fantasme sexuel inavoué dans leurs cervelles de refoulées – j’y reviens plus bas).

Voyant que cela ne prenait pas vraiment (encore heureux), l’idée du Pisse-Debout a alors émergé – mais l’inénarrable gadget avec son logo de féministe à lunettes est bien loin de faire l’unanimité, y compris chez les féministes. Personnellement, cette obsession à vouloir singer les hommes me fait surtout pitié.

Le « pisse-debout », singerie pénienne pour féministes à lunettes.

On mentionnera aussi la lutte féministe contre le « sexo-séparatisme des WC publics« , noble combat s’il en est et d’une urgence absolue – qui ne fait cependant pas l’unanimité non plus.

Mais c’est surtout à l’automne 2018 que le féminisme urinaire nous a servi son feu d’artifice, avec la vidéo « Pas pipi dans Paris » de Swann Périssé pour le compte de la Mairie de Paris.

Son abyssale bêtise, sa vulgarité confondante, son absence totale de subtilité et sa délectation pour l’urine m’ont tout de suite fait penser à une création féministe. Bingo ! Swann Périssé, son auteur et actrice principale, est bien une féministe bon teint régulièrement encensée par MadMoiZelle, le webmédia des nunuches néofem.

Sur le coup, j’avais pensé que le clip avait été décidé à l’issue dune orgie ondiniste chez un collaborateur de la mairesse de Paris, ce qui n’est d’ailleurs pas à exclure non plus – puisque le fantasme ondiniste inavoué (« Oh ouiii, inonde-moi DEBOUT avec ta belle bite ») sous-tend probablement toute l’inspiration inconsciente du féminisme urinaire. Je vais donc poursuivre l’enquête 🙂

[A suivre…]

. Et sur l’art féministo-clitoridien :

Des clitos, des clitos, et encore des clitos

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