L’envie du pénis chez les féministes

 

Les féministes sont obnubilées par le sexe masculin. Dès que l’on se penche sur leurs discours, leurs revendications, leurs productions artistiques… l’obsession phallique s’érige comme une évidence.

« L’Origine de la guerre » de l’artiste féministe Orlan, 2011

Le féminisme du point de vue psychanalytique

Il n’y a donc pas que « la langue française qui reste attachée au phallus », comme le disait si bien Chloé Delaume ; il y a aussi la féministe refoulée, qui pense tellement à la bite que celle-ci occupe l’entièreté de son paysage mental.

Le féminisme a toujours beaucoup frayé avec la psychanalyse, en particulier avec ses discours les plus filandreux ou les moins étayés scientifiquement. Mais on ne pense pas assez à aborder le féminisme lui-même (ou plus exactement le néo-féminisme) comme une névrose liée au phallus ; phallus qui renvoie non seulement au pénis, mais plus encore à l’image fantasmatique du pouvoir absolu qu’elles lui attribuent jusqu’à en perdre la raison. La  frustration, la jalousie et la rage que suscitent chez elles ce fantasme révèlent en creux la haine pathologique qu’elles portent à leur propre condition.

La névrose de toute femme – qui au sens psychanalytique est un état normal et non pathologique – serait selon le docteur Freud la fameuse envie du pénis (il s’agirait du pendant féminin du complexe de castration masculin). Si, en tant que femme bien dans ma peau, cette hypothèse m’apparaît plutôt farfelue – je n’ai jamais rêvé posséder de pénis – , je me demande quand même si le concept ne s’appliquerait pas assez bien aux féministes, pour le coup. D’aucuns ont déjà relevé le transfert que celles-ci ont fait de « l’envie du pénis » vers « l’envie du pénal » (l’expression est de Philippe Muray)– lorsqu’elles cherchent par exemple à criminaliser toute forme de sexualité masculine hétérosexuelle.

Par ailleurs, la théorie psychanalytique de l’hystérie fait justement appel au concept de l’envie du pénis… De là à faire le lien avec certaines « féminhystériques », il n’y a qu’un pas que je serais presque tentée de franchir quand, en écrivant ces lignes, je vois passer sur Instagram cette photo de la bien nommée « Irenevrose » :

Irénévrose, incarnation du néo-féminisme névrotique du XXIe siècle (1 février 2019).

– la relation névrotique des féministes à leurs règles devant précisément faire l’objet de mon prochain article.

On relèvera au passage la posture jambes écartées d’Irenevrose. L’envie refoulée de se faire mettre une bite bien profond saute aux yeux !  D’ailleurs comme elle le précise elle-même sur son accueil Instagram, Irenevrose ne s’intéresse qu’au cul. Son psychisme régressif se reconnaît aussi dans ce qui suit : « mother of cacarevolution« . Peut-être que les féministes, après avoir épuisé la pisse et les règles, se rouleront dans leur merde à la prochaine étape ? (c’est probable !).

Le phallus dans l’art féministe

1/ Le phallus avant la haine

Si l’exposition « In the Cut – The Male Body in Feminist Art«  qui vient de s’achever à Sarrebruck (mai 2018-janvier 2019) illustre précisément la fascination féministe pour le phallus, elle étonne cependant par son absence de haine affichée envers le membre masculin. L’exposition s’attache même au désir hétérosexuel chez les artistes féministes, ce qui ne manque pas de surprendre en ces temps où la troisième vague féministe n’a de cesse de démolir celui-ci. Que s’est-il passé ? D’aucuns auraient-ils réalisé que la misandrie était allée trop loin ? On n’ose y croire.

Parmi les choses tout à fait intéressantes, on y trouve par exemple « Le Divorce » (1992), de Sophie Calle, une photo étonnante accompagnée d’un texte très émouvant sur son chagrin au moment de divorcer de son mari. Le texte est à lire ici et je dois reconnaître que cette oeuvre singulière m’a touchée :

Sophie Calle, Le Divorce, 1992.

De la même manière, je ne trouve pas grand chose à redire à la série Landscape (1972) d’Eunice Golden, où le corps masculin s’offre comme un paysage et un horizon  indépassables – si ce n’est qu’à travers le motif du filet qui entoure le pénis, elle dénoncerait « l’injonction de la virilité » faite aux hommes. Je répondrais à cela que les femmes non féministes, qui comme moi ou Natacha Polony feraient plutôt l’éloge de la virilité, ne voient aucune raison de la vilipender. D’ailleurs, une étude montre que les féministes elles-mêmes la plébiscitent en secret (voir plus bas).

Eunice Golden, Landscape #160, 1972

J’ai un peu de mal à voir en quoi ces images sont subversives ou même spécifiquement féministes.  Par le simple fait de renverser le rôle de l’artiste et du modèle ?  A-t-il vraiment fallu attendre la fin du XXe siècle pour que des femmes dépeignent des sexes masculins ? Le female gaze a tout de même quelques antécédents dans l’histoire de l’art, par exemple chez Camille Claudel quand elle sculpte l’étreinte amoureuse et le corps masculin sensuel.

Camille Claudel, La Valse, 1905
Camille Claudel, La Valse, 1905 (détail)

Je ne pensais pas que s’intéresser au corps masculin ou afficher son désir pour lui pouvait faire d’une femme artiste une féministe. Il va de soi que cette liberté du female gaze doit faire partie des droits fondamentaux pour toute femme et que si le féminisme n’était que cela, je serais féministe. Mais ces droits sont acquis depuis longtemps et le féminisme a beaucoup évolué depuis…

Il s’agit en tout cas ici d’artistes qui pour moi ressortissent d’un féminisme de bon aloi, que j’appellerais « d’avant la haine », car éloigné des postures plus récentes de nos pénibles activistes radicalisées et ivres de ressentiment (pour ne pas dire de paranoïa) envers les hommes. Quoi qu’il en soit de l’intention exacte des commissaires de cette exposition (je n’ai pas consulté le catalogue, pas encore paru), je ne peux que saluer l’angle retenu.

2/ Le phallus du grand méchant loup

Le phallus joyeux et la liberté d’afficher son intérêt positif pour lui semblent définitivement proscrits de l’art féministe dans les décennies qui suivent. Le féminisme radical lesbien a imposé sa vision péjorative dans tous les domaines et le phallus, symbole du grand méchant loup pour nos pauvres féministes en état de sidération devant son pouvoir démoniaque – qu’elles surestiment grandement au passage, mais puisqu’elles ont tant besoin de se percevoir comme des pauvrettes dominées, laissons-les à leur fantasme de soumission –, le phallus, donc, ne sert généralement plus que de défouloir régressif, sexiste et misandre.

Le thème est exploité sur plusieurs décennies par Judith Bernstein, notamment à travers cette oeuvre tirée de sa série « Bites de Mort » (Dicks of Death , 2015) où le contraste des couleurs primaires accentue la violence attribuée à la bite, chargée de tout le malheur du monde. La répétition des éléments de langage victimaires chez cette artiste (« Haaaan, le patriarcat, la misogynie, la phallocratie, la domination masculine, mais ouin-ouin-ouin »), font que je ne peux absolument pas entrer dans le discours simpliste et caricatural qui accompagne ces oeuvres.

Judith Bernstein, Dicks of Death, 2015

Pour l’artiste féministe Orlan, « L’Origine de la guerre » (2011) est, comme c’est original, le phallus. Mais bien sûr, le phallus, c’est le mâââl, c’est la guerre. Et la guerre, cépabien, toussa, toussa… On lui rappellera tout de même que si les armées de Daesh déferlaient un jour sur sa ville, Orlan serait la première à supplier que des hommes prennent les armes pour la sortir de là ! Qu’elle médite plutôt sur l’adage romain : « Si vis pacem, para bellum » (« Si tu veux la paix, prépare la guerre »), et qu’elle n’oublie pas que si elle vit dans une société pacifiée qui permet aux féministes de tirer des traites à vie sur leur narcissisme victimaire, elle le doit avant tout à ces milliers de soldats qui ont sacrifié leur vie sur les champs de bataille. Il serait bientôt temps de changer de paradigme et de retirer ses lunettes déformantes.

Orlan, L’origine de la Guerre, cibachrome collé sur aluminium, 88 x 105 cm, 2011

Mais en attendant, tu ne te rincerais pas un peu l’oeil, petite cochonne ? Je plaisante. Orlan a bien raison de figurer – à son corps défendant, j’imagine – un sexe masculin dans une posture plutôt érotique et elle a la bonne idée d’en faire un pendant à lOrigine du Monde de Gustave Courbet (1866), ce qui rend son tableau plutôt amusant et sympathique. Pour autant, son intention sexiste et misandre ne doit pas être minimisée puisque ce phallus est aussi, selon l’artiste, « le procréateur d’une violence plus universelle » (ben voyons).

Le manspreading ou la quête du phallus dans les transports

J’aurai sans doute l’occasion de revenir sur la nouvelle lubie féministe en provenance du métro de New York, la « lutte contre le manspreading » (le fait que les hommes écartent spontanément les cuisses quand ils sont assis).  Ces cruches ont du mal à comprendre qu’un homme, ayant quelque chose entre les jambes, contrairement à elles, ne puisse pas physiologiquement croiser les jambes en les serrant pendant des heures entières dans les transports en commun. Ces refoulées de la bite tuent donc le temps dans le métro en matant l’entrejambe des hommes à la recherche de l’excroissance qui les fera défaillir (« Aaaaahhh, j’en ai vu !! J’ai repéré des couilles ! Aaaahh, c’est abominable ! »). On se croirait revenus chez les victoriennes du XIXe siècle (« Doux Jésus ! J’ai vu le loup ! Vite, des sels ! »).

Par contre, que le fessier de la féministe en question, quand il est oversize, prenne plus de place qu’un homme au max de l’écartement de ses cuisses et si ce dernier ne lui laisse pas son siège, là, c’est du sexisme. Normal. Au fait, la névrosée des règles, un peu plus haut, elle ne ferait pas du womanspreading, par hasard ? Quand est-ce qu’on légifère contre les femmes qui s’étalent dans l’espace public ?

Les féministes et les hommes sexistes

Le plus drôle, c’est qu’en totale contradiction avec leurs discours publics blâmant sans fin les machos, on découvre qu’en privé, les féministes elles-mêmes les plébiscitent ! C’est le résultat d’une étude sérieuse parue en juin 2018 dans le Personality and Social Psychology Bulletin (voir aussi « Les féministes trouvent les hommes sexistes plus sexy que les hommes « féministes« , en anglais). Ainsi donc, le jour elles les fustigent sur le site Zeromacho par exemple, mais le soir, elles en rêvent comme les autres et avec un vibromasseur, si ça se trouve…  Il n’y a rien de mal à faire cela, naturellement, mais pourquoi alors une telle dichotomie et un tel double discours ? Un petit problème de refoulement, peut-être ? Même si le sexisme en question est plutôt ici ce qu’elles appellent le « sexisme bienveillant » (et que les femmes normales, non féministes, appellent tout simplement le charme masculin), elles font donc mine officiellement de combattre sans répit ce dont elles rêvent en secret. Allo, docteur Freud ? Vous pourriez me dépêcher quelques flottes d’Airbus ? J’ai un paquet de patientes pour vous, là…

. 15 mars 2019 : L’envie du pénis se hurle sur les pancartes des adolescentes biberonnées au féminisme de la « marche pour le le climat » :

15 mars 2019 : L’envie du pénis s’affiche publiquement.

[à suivre…]

. Voir aussi :

  • Le clitoris comme phallus de substitution :

Des clitos, des clitos et encore des clitos

  • Le féminisme est-il un ondinisme ?

Anthologie du féminisme urinaire

  • Les règles du dégoût :

Les règles du dégoût de soi

  • Féminisme et stade anal :

Je chie donc je suis – A la découverte du féminisme intestinal

  • Retour vers l’univers néo-féministe :

L’univers néo-féministe

9 réponses sur “L’envie du pénis chez les féministes”

  1. « Par contre, que le fessier de la féministe en question, quand il est oversize, prenne plus de place qu’un homme au max de l’écartement de ses cuisses et si ce dernier ne lui laisse pas son siège, là, c’est du sexisme. Normal. Au fait, la névrosée des règles, un peu plus haut, elle ne ferait pas du womanspreading, par hasard ? Quand est-ce qu’on légifère contre les femmes qui s’étalent dans l’espace public ? »

    Ca m’a tuée. Tellement vrai.

    Très bon article. Je te fais remarquer au passage que les pétasses refoulées de l’empêcheuse de penser en rond t’ont dans le colimateur et sont en train de pleurnicher, bien caché à l’abri de leur petite censure. Les commentaires valent leur pesant de cacahuètes (de caca tout court d’ailleurs)

    Plus sérieusement, je pense que les féministes/bifluidifiégenderalterneutrans, bref, tout ce petit monde aspirant-victime a en général un problème avec le sexe. La preuve, ils ne parlent que de ça. Jamais je ne vois un article sur les femmes en Inde, jamais je ne vois un article sur la pratique de l’excision. Non, c’est toujours moi, mon sexe, et ma liberté de baiser comme je veux. Je pense que ça cache une espèce de mal-être existentiel consumériste, où il faut consommer le plus possible, et le plus de n’importe quoi possible, pour avoir l’impression d’exister pleinement. Et le plus important, consommer sans se responsabiliser bien sûr, car c’est pas leur faute à elles.

    Mais bon, moi j’essaye même plus de dire quoi que ce soit, souvent elles ont le cerveau complètement cramé par leurs fantasmes, et quand tu leur avances le moindre argument elles t’abreuvent de leur novlangue à coups de biais cognitif, de trucs et de machins. C’est un peu comme avoir une discussion dans un asile. J’espère que le darwinisme opèrera de lui-même.

    Bon courage pour la suite, ce sera pas facile.

    1. Merci beaucoup pour ce comm positif 😉 Oui, je sais pour L’empêcheuse et sa clique de gogol(e)s mais je ne crains pas la castagne et je maîtrise mon sujet. Je sais aussi qu’elles sont incapables de considérer que le voile est une volonté féminine en Occident ainsi que l’excision en Afrique car ils participent tous deux à la compétition intra-sexuelle. La sororité est une tartuferie de même que la solidarité féminine : dès qu’une femme pense différemment d’elles, les foudres s’abattent ^_^

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