[Antiféminisme] – Éloge de la femme forte

 « Mulierem fortem quis inveniet » (« Une femme forte, qui la trouvera ?», Proverbes 31, 10).

Camille Paglia n’a eu de cesse, au fil de ses livres, articles et conférences, d’analyser le féminisme de la seconde vague* comme un féminisme de bourgeoises de la classe moyenne supérieure enfermées dans des préoccupations extrêmement datées – à savoir la nécessité, bien compréhensible à l’époque, d’échapper à la vie monotone d’une maîtresse de maison des années 1950.

* Le féminisme de la seconde vague est né officiellement en 1966 aux États-Unis lors de la création par Betty Friedan de la NOW, National Organisation for Women. Le féminisme de la première vague, né en 1848 à la Convention de Seneca Falls dans l’État de New York, se concentrait pour sa part sur les droits de propriété et l’obtention du droit de vote des femmes (ratifié en 1920 aux États-Unis).

Leurs filles et petites-filles – les féministes d’aujourd’hui, donc – sont toujours curieusement recluses dans une boucle spatio-temporelle figée sur la fin des années 50 qui les pousse à s’envisager ad vitam comme de malheureuses housewives (appelées désormais « victimes du patriarcat ») se lamentant sans fin de ne pas vivre la vie rêvée des hommes. Alors que si elles faisaient l’effort de regarder le monde à travers leurs larmes de crocodile, elles s’apercevraient que leur situation est toujours statistiquement bien meilleure que celle des hommes : ces féministes, tout aussi aveugles à ce qu’elles doivent aux hommes, ressassent ad libitum des ressentiments hors d’âge. J’ai déjà eu l’occasion d’aborder cet anachronisme dans cet article :

À rebours de ces concerts de lamentations, ma toute première publication personnelle pouvait se lire comme un éloge de la femme forte – quand j’expliquais n’être pas intéressée par la complainte victimaire féministe, mais préférer prendre le pack complet de la libération de la femme, à savoir la liberté et les risques afférents – car l’un ne va jamais sans l’autre. Je n’ai jamais envisagé ma liberté (notamment sexuelle) au pays de Candy ou des petits poneys arc-en-ciel : j’ai toujours su que les hommes n’étaient pas des femmes, qu’ils auraient toujours des muscles plus puissants que les miens et que le mauvais contrôle de leurs pulsions pouvait me coûter ma vie. Je laisse les illusions d’indifférenciation sexuelle aux petites filles féministes qui confondent la vie réelle avec le monde molletonné des Bisounours – ou aux vieilles filles féministes qui ne se rêvent plus qu’en rééducatrices revêches et autoritaires (voir : [Féminisme punitif] – Valérie Rey-Robert, la control freak qui veut rééduquer les hommes).

En ces temps de grand-messe victimaire et de « culture du viol » servie ad nauseam, ce message semble plus que jamais incompréhensible et suscite toujours davantage de rejet que d’adhésion – tout au moins au sein de l’Église de la Pleurnicherie Perpétuelle ; ce pourquoi je le réitère :

Comme le dit très justement Samantha Geimer, autre figure féminine que j’admire : “Le problème quand on est une femme forte, une survivante, c’est que les militants ne peuvent rien tirer de vous. (…) Ils ont besoin de victimes, pas de rescapées. (…) Nous devrions au contraire servir d’exemples, donner du courage aux femmes qui se battent et les aider à se relever. Il n’est pas vrai que notre rétablissement nuise aux autres.”

À la lecture du recueil d’articles de Camille Paglia traduits en français par Gabriel Laverdière et publiés aux presses universitaires de Laval à l’automne dernier (Femmes libres, hommes libres. Sexe, genre, féminisme, 2019), je réalise à quel point je suis exactement sur la même ligne qu’elle, particulièrement lorsqu’elle dénonce les sempiternels comités des plaintes féministes :

« Le féminisme de deuxième vague s’est mis à privilégier les plaintes et préoccupations des femmes de carrière de la classe moyenne supérieure qui convoitent le statut enviable et les récompenses matérielles d’un système économique construit par et pour les hommes.
« Je postule que les femmes de la campagne étaient, et sont encore, plus fortes physiquement et mentalement que la plupart des femmes de carrière d’aujourd’hui, riches et accomplies, qui font obsessionnellement leurs exercices de Pilates dans de luxueux gymnases urbains ».
[Camille Paglia, Femmes libres, hommes libres, Laval (Qc), 2019, p. 318].

Et de déplorer que « la dorloteuse surprotection dont jouissent les filles dans les foyers bourgeois se prolonge dans les coûteux campus du Nord [des États-Unis] par l’ingérence paternaliste d’une classe d’administrateurs universitaires en croissance continuelle, qui se servent désormais de codes institutionnels de bonne conduite langagière pour forcer l’application d’une rectitude politique en ce qui concerne le sexe et le genre » (p. 319). Il s’agit là du féminisme paternaliste des campus universitaires que dénoncera à son tour Laura Kipnis dans Le Sexe polémique (2019).

Je me retrouve d’autant dans ces lignes que je me suis maintes fois fait la réflexion que mes origines bretonnes, la campagne bretonne d’où vient toute ma famille et où les femmes sont fortes – aussi fortes en gueule que dures à la tâche, avec un caractère trempé et une capacité innée à diriger leur maisonnée, hommes compris – pouvaient expliquer non seulement mon tempérament, mais mon mépris congénital pour le féminisme victimaire, cet incessant défilé de pleureuses sanglotant à gros bouillons sur tout et n’importe quoi, capables de tomber dans une « faille spatio-temporelle » parce qu’un homme, il y a 10 ans, leur aura dit qu’elles avaient de gros seins.

Non seulement ces simagrées ne m’inspirent pas la moindre compassion – elles n’en ont pas inspiré au juge non plus, ceci dit, puisque Sandra Muller, il faut le marteler, a été lourdement condamnée pour diffamation, mais, tout comme Paglia, elles me consternent.

« À mon avis, le problème avec le féminisme actuel est que, même quand il adopte des poses progressistes, il s’accorde trop souvent à un puant point de vue petit-bourgeois. Il invite l’ingérence et la protection de figures d’autorité paternalistes pour donner l’image d’une utopie hypothétique miraculeusement exempte de toute offense, de toute peine. La régulation fulgurante qu’il impose à la pensée et à l’expression est complètement réactionnaire, une grossière trahison des principes radicaux de la contre-culture des années 1960 ».
« Les notions presque victoriennes promulguées par les féministes d’aujourd’hui sur la fragilité des femmes et leur naïve inaptitude à maîtriser leur propre vie amoureuse me consternent et me stupéfient encore et encore ».
« L’impensable tournant régressif du féminisme actuel vers la censure est par conséquent épouvantable et tragique ».
[Camille Paglia, Femmes libres, hommes libres, Laval (Qc), 2019, p. 354-356].

Pour sa part, Camille Paglia renvoie à ses origines italiennes et aux femmes de sa famille, des paysannes puissantes qui régnaient sans partage sur leur univers – et au-delà. La même chose pourrait se dire de la persona, comme elle dit, c’est-à-dire le type de la « montagnarde des Appalaches », voire même de tous les modèles féminins de la « femme vieillissante » des cultures agraires et ce, qu’elles que soient la latitude et la période envisagées – puisqu’il s’agissait du mode de vie de la totalité des sociétés d’avant le XXe siècle. Mais les féministes, étant nulles en anthropologie et ne sachant rien faire d’autre qu’analyser le capitalisme avec leurs petites lunettes marxistes, sont bien incapables de s’en rendre compte : la réalité devant laquelle elles sont aveugles, c’est que la femme peut très bien être puissante sous le « patriarcat ».

À l’échelle de la longue durée, cette complainte féministe m’est donc toujours apparue, à moi aussi, comme un phénomène hyper-contemporain se rapportant exclusivement à nos sociétés post-industrielles et pacifiées (par le sacrifice de millions de jeunes hommes sur les champs de bataille, ne l’oublions jamais), et où des générations de citadines de plus en plus fragiles émotionnellement se succèdent, adhérant à un féminisme de plus en plus régressif, infantilisant et punitif.

La complainte larmoyante de la petite bourgeoise citadine et misandre m’apparaît finalement comme un épiphénomène et le modèle de la pleurnicheuse du genre promu par le féminisme universitaire une vaste mascarade vouée à se dissoudre dans sa propre vacuité. Je suppute, comme Camille Paglia, que le féminisme des études de genre ne produira au final que des milliers de pages qui serviront au mieux à caler les armoires dans quelques décennies :

« Pour chaque livre féministe convenable, il en paraît une vingtaine d’autres qui sont truffés d’inexactitudes, de déformations des faits et de propagande. Et de cette production surabondante, n’a émergé aucun ouvrage majeur : un seul livre féministe moderne s’est taillé une place de choix dans l’histoire des idées : Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir, qui a plus de 40 ans » (p. 150). De plus, « l’institutionnalisation des études féministes et ses effets sur le féminisme n’ont encore fait l’objet d’aucune étude honnête » (p. 243).

En réalité, ce féminisme victimaire ne sert plus qu’à alimenter le désœuvrement et la paresse intellectuelle de gauchistes en débine, comme les dernières recrues d’Europe Ecologie-Les Verts nous en offrent actuellement l’affligeante démonstration. En espérant que ces miasmes soient vite balayés – même si cela prendra du temps, car la bêtise se répand toujours plus vite que la raison ; mais je ne doute pas un instant que ces délires finiront dans les poubelles de l’histoire et de la pensée.

  • Camille PAGLIA, Femmes libres, hommes libres. Sexe, genre, féminisme, Laval (Qc), P.U.L. (trad. Gabriel Laverdière), octobre 2019.
  • Au Québec, Denise Bombardier est sur une ligne similaire et cela fait bien plaisir de voir qu’un autre discours commence à être porté par les femmes elles-mêmes. Car le victimisme met en réalité les femmes en danger : Denise Bombardier, « La longue plainte des filles », (Journal de Montréal, 04/08/20)

[Illustration de couverture : Tarot Visconti-Sforza, XVe siècle (La Force)]

  • Sur Camille Paglia, voir aussi :

Camille Paglia : « L’université moderne ne comprend rien au mal »

L’UNIVERSITÉ MODERNE NE COMPREND RIEN AU MAL

Traduction française par Gabriel Laverdière de « Camille Paglia: The Modern Campus Cannot Comprehend Evil », Time.com, 29 septembre 2014

La disparition il y a deux semaines de Hannah Graham, une étudiante de deuxième année à l’Université de Virginie, est le plus récent exemple d’une longue série de cas de jeunes femmes manquant à l’appel, qui se terminent souvent dans la tragédie. Un ancien footballeur de 32 ans et 270 livres qui avait fui au Texas a été rendu à la Virginie et accusé d’«enlèvement avec intention de nuire ». On ignore toujours où se trouve Hannah et ce qui lui est arrivé. 1

1 Le corps de Hannah Graham a été retrouvé le 18 octobre 2014 dans une maison abandonnée aux abords de Charlottesville, en Virginie.

Des affirmations extrêmement exagérées annonçant une épidémie d’agressions sexuelles sur les campus américains dissimulent la réelle menace qui plane sur les jeunes femmes, trop souvent distraites en public par leur téléphone cellulaire ou leur iPod : l’ancestral crime sexuel du rapt et du meurtre. Malgré une propagande hystérique sur notre « culture du viol », la majorité des incidents sur campus qui se voient négligemment décrits comme des agressions sexuelles ne sont pas des viols criminellement reconnus (impliquant l’usage de la force ou de drogues), mais sont plutôt des mélodrames de baise imbéciles, naissant de signaux contradictoires et d’imprudence de part et d’autre.

Les universités devraient s’en tenir aux affaires scolaires et cesser leur infantilisante supervision de la vie amoureuse de leurs étudiants, une ingérence autoritaire qui frise la violation des libertés civiques. Les vrais crimes devraient être signalés à la police et non pas à des comités universitaires de plaintes, qui sont brouillons et mal formés.

Un trop grand nombre de jeunes femmes de classe moyenne, qui ont grandi loin des centres urbains, semblent s’attendre à ce que la vie d’adulte soit une extension de leur foyer familial, où elles étaient bien à l’aise et surprotégées. Mais le monde demeure une contrée sauvage. Les libertés modernes des femmes ont un prix : endosser la responsabilité de leur propre vigilance et de leur autodéfense.

Les codes pédagogiques actuels, suivant la gauche progressiste, perpétuent des illusions sur le sexe et le genre. La gauche a pour prémisse fondamentale, venant du marxisme, que tous les problèmes dans la vie humaine procèdent d’une société injuste, et que de corriger et d’ajuster ce mécanisme social mènera un jour à l’utopie. Les progressistes ont une foi inébranlable en la perfectibilité de l’espèce humaine.

Les programmes éducatifs primaires et secondaires ont exclu les horreurs et atrocités de l’histoire, sauf lorsqu’on peut les imputer au racisme, au sexisme ou à l’impérialisme, des toxines enracinées au cœur de structures oppressives extérieures qu’il faut fracasser et reconstruire. Mais le véritable problème réside dans la nature humaine, que la religion et le grand art voient l’un et l’autre comme étant éternellement déchirée par une guerre entre les forces de l’ombre et celles de la lumière.

Le gauchisme est dépourvu d’un sens profond du mal – mais il en est aujourd’hui de même du conservatisme, quand le mal est complaisamment attribué à l’hôte étranger de forces politiques émergentes, unies par leur seul rejet des valeurs occidentales. Rien n’est plus simpliste que la répétition désormais routinière, par les politiciens et commentateurs, de l’étiquette caricaturale des « bad guys » pour parler des djihadistes, comme si la politique étrangère américaine se résumait à un scénario bâclé pour films western.

L’idéologie du genre qui domine l’université nie que les différences sexuelles soient ancrées dans la biologie et les voit plutôt comme des fictions malléables pouvant être révisées à l’envi. Elle suppose qu’à force de plaintes et de protestations, cautionnées par des bureaucrates réceptifs sur les campus et des régulateurs au gouvernement, tous les hommes pourront être, et seront, fondamentalement transformés.

Mais les crimes sexuels extrêmes comme les meurtres sexuels émanent d’un niveau primitif que même la psychologie pratique ne parvient plus à nommer. La psychopathologie, comme dans l’effrayant Psychopathia Sexualis (1886) de Richard von Krafft-Ebing, a été un domaine central des premières années de la psychanalyse. Mais la thérapie d’au jourd’hui est passée au jovialisme, aux ajustements comportementaux et aux raccourcis pharmaceutiques.

Le symbolisme ritualiste à l’œuvre dans les crimes sexuels échappe à la plupart des femmes, qui par conséquent n’arrivent pas à s’en prémunir. Il est bien établi que les facultés visuelles jouent un rôle prépondérant dans la sexualité masculine, ce qui explique l’intérêt plus important qu’ont les hommes pour la pornographie. L’obsédé sexuel, souvent un raté solitaire et rongé par ses propres échecs, est motivé par un réflexe atavique de chasseur. C’est précisément parce qu’il fait de ses victimes des proies qu’on l’appelle un prédateur.

Les crimes sexuels naissent du fantasme, de l’hallucination, du délire et de l’obsession. Une jeune femme choisie au hasard devient le bouc émissaire pour une rage régressive envers le pouvoir sexuel féminin : « Tu m’as poussé à le faire. » Les clichés universitaires sur la « marchandisation » des femmes qui serait générée par le capitalisme ont ici peu de sens: ce que profane et anéantit la barbarie du crime sexuel, c’est le statut biologique supérieur de la femme en tant que magicienne créatrice de la vie.

Induites en erreur par l’optimisme naïf et le matraquage du « vas-y ma fille ! » qui ont marqué leur éducation familiale, les jeunes femmes ne voient pas la lueur du regard animal qui les traque dans le noir. Elles pensent que se dénuder ou porter des vêtements sexy n’est qu’une affaire de look, dénuée du moindre message susceptible d’être mal interprété ou déformé par un psychotique. Elles ne savent pas la fragilité des civilisations ni la proximité constante de la nature sauvage.

  • Article à retrouver dans Camille PAGLIA, Femmes libres, hommes libres. Sexe, genre, féminisme, Laval (Qc), P.U.L. (trad. Gabriel Laverdière), octobre 2019, p. 341-344 ::
  • Voir aussi :

[Antiféminisme] – Éloge de la femme forte

Camille Paglia – Vertu de la dissidence (ArtPress, 2018)

[Mensonge féministe] – L’invention de la « culture du viol »

La « culture du viol », une culture féministe du harcèlement et du lynchage

Le féminisme n’en finit plus de s’enfoncer dans la bassesse. Quand des réponses judiciaires seront-elles enfin portées contre cette nouvelle forme de terreur ?

L’affaire Darmanin ou la culture du harcèlement féministe

La promotion de Gérald Darmanin au gouvernement (6 juillet 2020) a réveillé la haine de la hyène en chef Caroline de Haas. Comme cela fait plusieurs années que tous ses stratagèmes pour détruire la carrière (et la vie) de Darmanin échouent les uns après les autres, le voir promu l’a rendue folle de rage.

L’histoire, on la connaît : en 2017, soit huit ans après les faits – une coucherie ayant eu lieu en 2009 entre une autre harceleuse, Sophie Spatz (de son vrai nom Olga Patterson) et Gérald Darmanin ; sorte d’échange sexe-service dans le but (délirant) « d’effacer » une condamnation pénale –, Caroline de Haas récupère l’affaire et pousse Patterson à porter plainte pour viol.  Au moment des faits, Darmanin avait 26 ans et encore aucun mandat politique, Patterson 37 et un passé de call-gril et de délinquante pour harcèlement, chantage et extorsion (lire « Le trouble passé de celle qui accuse Darmanin » (Le JDD, 03/02/18). Ce n’était donc pas une oie blanche mais bien une manipulatrice patentée qui avait sollicité la rencontre avec Darmanin, était allée aux Chandelles avec lui (la célèbre boîte échangiste de Paris), puis l’avait raccompagné à son hôtel où elle l’avait même attendu patiemment, le temps qu’il ressorte acheter du dentifrice et du gel douche. Et elle vient ensuite nous parler de non-consentement et de pénétration par surprise !

Il est clair qu’Olga a par la suite été instrumentalisée par De Haas pour servir ses propres obsessions, puisque c’est seulement lorsque cette dernière a vent de l’histoire, huit ans après les faits, donc – lorsque Darmanin entre au gouvernement Macron –, qu’elle invente pour Olga la tactique du non-consentement rétrospectif ! (« Euh oui, j’étais consentante sur le coup, mais euh, je me rends compte huit plus tard que ben, finalement, j’étais pas consentante, gneu »).

Il faut préciser tout de même que ce sont avant tout la jalousie et l’aigreur de voir la carrière de Darmanin prendre de l’ampleur qui, en 2017, avaient poussé Patterson à contacter De Haas afin de concocter ensemble une accusation de viol pour le détruire – l’annonce de sa nomination l’avait rendue « hystérique », raconte Darmanin. Ce qui n’est pas sans nous rappeler l’accusation de viol portée par Valentine Monnier à l’encontre de Roman Polanski exactement pour les mêmes raisons, 45 ans après les faits supposés – à savoir l’aigreur et la jalousie féroces d’assister au succès public d’un homme dont elle n’avait pas, elle non plus, obtenu ce qu’elle espérait. La « culture du viol » serait-elle surtout une culture de l’envie, dès qu’on gratte un peu ?

L’affaire d’Olga est donc portée devant la justice, mais l’absence de consentement n’étant pas établie et le viol non plusle tribunal rend une ordonnance de non-lieu – ce qui décuple la rage de De Haas et de ses troupes (lire : « Affaire Darmanin : le droit pénal pour les nuls »). Nous sommes alors en 2018. Et voilà que deux ans plus tard, les mêmes causes (la jalousie et l’envie de détruire) produisant les mêmes effets, De Haas remet ça de manière encore plus scélérate en poussant sa meute à manifester dans la France entière pour diffamer Darmanin et le traiter de violeur sur leurs pancartes, en piétinant la présomption d’innocence (lire : « Darmanin : nos féministes font bien peu de cas de la présomption d’innocence »).

Car il y a eu à ce jour trois décisions de justice concernant cette affaire : deux non-lieux et un classement sans suite. Le dossier a été rouvert depuis uniquement pour une question de procédure. La justice est donc passée et Darmanin, qui n’a été ni mis en examen ni inculpé, n’est PAS un violeur. Pourquoi laisse-t-on les féministes bafouer ainsi le droit ? Tout le monde semble tétanisé.

Caroline de Haas et sa meute

On voit en tout cas avec cet exemple que le féminisme n’hésite pas à faire les poubelles des tribunaux pour aller recruter comme « héroïnes-victimes » d’authentiques racailles manipulatrices et plus grave encore, à diffamer et contrevenir à la loi en toute impunité. Quand réagira-t-on fermement ? Il n’est pas admissible de voir ainsi les féministes traîner dans la boue n’importe quel homme uniquement parce que leur cheffe est une hystérique misandre qui fait feu de tout bois pour purger ses incurables rancunes.

Comme conclut Mos Majorum dans ce billet : « L’affaire Darmanin, à la lumière des éléments à notre disposition, est un cas d’école du risque diffus qui se met en travers du chemin de chaque homme dont l’ascension attire les convoitises. Les féministes ont coutume de dire que “derrière chaque grand homme se cache une grande femme”, et bien disons plutôt que “chaque grand homme aujourd’hui doit s’attendre à voir surgir une femme de son passé pour lui demander sa part”… ».

Le féminisme comme parasitisme, en quelque sorte.

La « culture du viol », une culture du lynchage

Mais l’affaire Darmanin en France n’est sans doute que l’écume de ce qui attend tout homme dans un avenir pas si éloigné si l’on en croit ce qui apparaît ces jours-ci au Québec : des LISTES D’HOMMES jetés en pâture sans la moindre preuve, juste sur la base de ragots ! Les égouts du féminisme déversent une fois de plus à gros bouillons des dénonciations gratuites, du harcèlement et de la diffamation – toujours en toute impunité !

Ainsi sur Facebook, le compte Emma Parsons, rhabillé façon KGB (elle n’a pas osé la référence directe aux SS, même s’il s’agit clairement de féminazisme) balance-t-elle des noms en assumant n’avoir aucune idée de la véracité des accusations qu’elle relaie et ne se baser que sur les racontars des victimes autoproclamées :

Suivent plusieurs centaines de noms que je ne vais pas citer à mon tour mais que l’on peut consulter sur le post en ligne, ici. Les cibles sont des hommes « progressistes, de gauche »,  autrement dit des féministes et des « wokes »… Depuis le temps que je leur dis, aux hommes féministes, que le réveil va être brutal…

Ce phénomène de délation et de recours à la justice immanente du tribunal populaire (autrement dit à la sauvagerie) est malheureusement adoubé et encouragé par les néoféministes québecoises, comme le rapporte Olivier Kaestlé dans ce billet : Facebook autorise à identifier sans preuve des présumés coupables d’agressions sexuelles… (12/07/20). Les hommes jetés en pâture sont invités à se signaler et à porter plainte en diffamation car le droit reste de leur côté et l’effet boomerang pourrait bien, tout au moins on l’espère, s’abattre sur les méthodes déloyales de leurs accusatrices. C’est ce qui s’est heureusement déjà produit avec Sandra Muller en France (« #BalanceTonPorc : Sandra Muller condamnée pour diffamation », Le Point, 26/09/19).

La fausse accusation de viol, arme fatale du néo-féminisme

J’ai déjà eu l’accusation d’aborder les effets délétères, parfois mortels, de la fausse accusation de viol (voir : « Le féminisme tue aussi »). À l’heure où le trompettiste Ibrahim Maalouf, faussement accusé d’agression sexuelle, est blanchi après trois ans d’enfer, pas un journaliste ne relaie, pas une féministe ne s’excuse de ce qu’ils lui ont fait subir injustement. C’est cela, une société féministe contemporaine. J’aurai l’occasion de revenir sur ce double standard et cette terreur quotidienne.

Une citation de Peggy Sastre comme conclusion provisoire :  « Le ragot a ainsi émergé en tant que catalyseur primordial de coopération. Dans un environnement social où règne le ragot, les réputations sont des facteurs de survie : la sélection naturelle avantage ceux capables de contrôler la réputation des autres tout en limitant (ou dissimulant) leur propres propensions égoïstes. »

Comme on peut le constater actuellement, le féminisme semble bien l’expression ultime du ragot comme force de frappe et instrument de domination.

[à suivre…]

. Voir aussi :

[Mensonge féministe] – L’invention de la « culture du viol »

Le féminisme tue aussi

Peggy Sastre : « Non, les jouets ne créent pas les stéréotypes de genre ! »

Le Point.fr, n201907
Débats, mardi 2 juillet 2019 
Par Peggy Sastre

PARTI PRIS. Contrairement à ce qu’affirme Agnès Pannier-Runacher, ce ne sont pas les Barbie qui expliquent le peu de femmes dans les métiers industriels.

La génération spontanée, la mémoire de l’eau, la bosse des maths. L’histoire de la science avance au gré des théories tombées en désuétude par manque d’étayage factuel. Et c’est heureux. Il en va d’ailleurs d’une idée reçue sur la méthode scientifique : son point le plus fort n’est pas de nous permettre d’avoir toujours raison, mais de savoir, au contraire, que nos intuitions et certitudes sont éminemment faillibles et de nous faire comprendre pourquoi et comment nous nous trompons. Pour autant, bien des thèses fumeuses résistent à ce lent élagage itératif constituant « l’état actuel des connaissances ». Des préceptes sur lesquels la réfutation glisse comme l’eau sur les plumes d’un canard et qui semblent vouloir éternellement perdurer, qu’importe que leur tombe dans le cimetière des idées caduques ait été creusée depuis belle lurette.

Voir l’humain comme un cas unique dans le monde vivant, naissant vierge de toute prédisposition biologique et où seule la « socialisation » serait à l’oeuvre pour façonner ses comportements, fait partie de ces idées zombies. Une doctrine de la page blanche qui, malheureusement, ne cesse de motiver les décisions et les actions des gouvernants – censés pourtant représenter parmi les individus les mieux informés de notre société -, comme l’atteste une récente sortie du ministère de l’Économie et des Finances sur la faible présence féminine dans les métiers industriels et les moyens d’y remédier.

Promouvoir des « rôles modèles »

Le 24 juin, à « six mois jour pour jour des fêtes de Noël », la secrétaire d’État Agnès Pannier-Runacher réunissait les « acteurs du secteur du jouet » pour qu’ils « s’engagent à promouvoir des rôles modèles moins stéréotypés et à lutter contre les préjugés de genre tant dans la conception des jeux que dans leur distribution et leur publicité », pouvait-on lire dans un communiqué publié le lendemain par Bercy. La table ronde visait l’augmentation de la proportion de femmes employées dans l’industrie – un nombre (29 %) jugé trop faible et qui, comble de l’arrogance, stagne malgré la myriade d’initiatives que les acteurs publics comme privés ont eu à coeur de mettre en oeuvre depuis trente ans. Toujours selon le communiqué du ministère, « la segmentation par genre dans la représentation des jouets » peut « véhiculer des stéréotypes ayant notamment pour effet d’exclure les filles des jouets à dominante scientifique ou de les cantonner à des univers domestiques, ce qui ne favorise pas leur identification aux études ou aux carrières scientifiques ».

En résumé : si les femmes sont si peu nombreuses dans les métiers industriels en général et dans ses secteurs les plus techniques en particulier (voyez le timide 10 % dans le numérique et l’informatique), c’est qu’elles n’ont pas assez joué aux Lego ou au Petit Chimiste dans leur enfance et que leurs choix de carrière ont été aussi précocement qu’injustement bridés. Inverser la tendance reviendrait à augmenter les effectifs féminins dans les filières industrielles et, comme semble le présager Agnès Pannier-Runacher, faire grossir par la même occasion « la compétitivité de nos entreprises ».

Sauf qu’un tel raisonnement a globalement tout faux. Premièrement, il inverse les liens de causalité existant entre les « stéréotypes » que certains jouets peuvent effectivement véhiculer et les différences comportementales observées – en tendance, en moyenne et avec beaucoup de variations au milieu – selon le sexe des enfants. Des différences qui se manifestent très tôt dans le développement et qui ont très probablement une base biologique. Ensuite, croire que la segmentation genrée des jouets serait délétère pour l’orientation des petites filles ignore que ce sont avant tout les garçons qui ne « jouent pas » à des « jeux de fille » et non l’inverse, et que, si stigmatisation des jeux « non stéréotypés » il y a, celle-ci touche en priorité les petits garçons – car dans le domaine ludique, comme ailleurs, la valence du « masculin » est plus flexible, inclusive et potentiellement « mixte » que celle du « féminin ». Enfin, comme toute ingénierie sociale sacrifiant les préférences individuelles sur l’autel de l’idéologie, elle risque au mieux l’inefficacité, au pire d’alimenter des réactions des plus néfastes pour la cause qu’elle prétend servir.

Une forte différence relative d’intérêt

Partons d’abord des faits les moins controversés du débat : les préférences des enfants en matière de jouets diffèrent selon leur sexe. Là où les petits garçons s’orientent, en moyenne, vers des jouets représentant des véhicules, des outils et des matériaux de construction, les petites filles préfèrent les jouets anthropomorphiques (poupées, poupons) et domestiques (dînettes, etc.). Lorsqu’on les réduit à leurs éléments les plus fondamentaux (objets contre personnes, mobilité contre stabilité), ces divergences sont observables dès 3 mois, commencent à se cristalliser vers 1 an et semblent bien ancrées vers 3 ans. Cette divergence sexuée dans les préférences ludiques fait même partie des données les plus solidement prédictives aujourd’hui consignées par la psychologie du développement, ce qui signifie que, si vous sélectionnez au hasard un enfant qui aime davantage jouer avec un camion qu’avec une poupée, vous avez quasiment 100 % de chances de tomber sur un petit garçon. Ce qui ne veut pas dire que tous les petits garçons adorent les camions et qu’aucune petite fille ne déteste les poupées, mais que la différence relative d’intérêt est forte, stable et antérieure aux pressions, notamment socio-culturelles, présentes dans l’environnement de l’enfant.

Comment déterminer cette antériorité ? En voyant, par exemple, que ces préférences se manifestent avant que le cerveau infantile ne soit structurellement capable de traiter des informations sociales. Un autre moyen est d’aller voir des enfants que l’on sait dotés d’une physiologie anormale pour leur sexe. C’est le cas des petites filles atteintes d’hyperplasie congénitale des surrénales (HCS), un trouble induisant une plus forte exposition prénatale aux androgènes comme la testostérone. Que montrent les études sur le sujet ? Que ces petites filles préfèrent les jouets « de garçon », qu’importe que leurs familles essayent de les « rééduquer », qu’elles manifestent généralement des comportements caractérisant davantage leurs petits camarades mâles et qu’elles ont plus de chances de devenir lesbiennes à l’âge adulte. Sur le plan de l’orientation sexuelle (qui n’est, rappelons-le, aucunement pathologique), les liens avec les préférences ludiques sont aussi établis chez les garçons : aimer jouer avec des jouets « de fille » fait en effet partie des comportements infantiles que l’on sait aujourd’hui être des indices très fiables d’homosexualité à l’âge adulte.

Des différences sexuelles comportementales liées à notre héritage biologique

On peut aussi, comme l’avait fait une équipe de chercheurs finlandais et britanniques, rassembler 48 bébés (26 filles, 22 garçons) pour mesurer leur taux de testostérone entre 7 jours et 6 mois après leur naissance, avant d’observer, à partir de 14 mois, quel était leur jouet préféré entre un petit train (jouet « garçon ») et un poupon (jouet « fille »). Résultat : plus le taux de testostérone était élevé, plus les enfants (garçons, comme filles, avec une préférence toujours plus nette chez les garçons) s’orientaient vers le petit train. En outre, la testostérone permettait de prédire quel jouet l’enfant allait préférer : moins il y en avait, plus l’enfant jouait avec la poupée; plus il y en avait, plus il choisissait le petit train. D’autres études observent qu’une exposition in utero à des perturbateurs endocriniens chimiques, comme les phtalates, ou non chimiques, comme le stress, influe sur les préférences ludiques en « démasculinisant » les jeux des petits garçons ou en « masculinisant » celui des petites filles. Une piste hormonale qui, soit dit en passant, infirme l’idée que les préférences ludiques sexuées sont liées à des niveaux d’activité sexuellement spécifiques (garçons agités-jouets de mouvement/filles calmes-jouets plus statiques).

Enfin, des travaux observant des tendances similaires chez d’autres espèces animales (singes vervets, macaques rhésus et chimpanzés) sont autant d’éléments supplémentaires d’un faisceau de preuves cohérentes et cumulatives mettant fortement en doute l’idée que les jouets seraient responsables des préférences des enfants et qu’en agissant sur les premiers il serait possible d’orienter ces dernières. En l’état actuel des connaissances, la socialisation n’a qu’un effet modulateur sur ces différences sexuelles comportementales fondamentalement enracinées dans notre héritage biologique et évolutionnaire – elle peut les amplifier ou les atténuer, en aucun cas elle ne peut les inverser, les créer ou les détruire.

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