Le féminisme castrateur et les poupées sexuelles

Les femmes ne sont pas des poupées sexuelles. Mais les poupées sexuelles sont-elles des femmes ?

Non, évidemment. Les poupées sexuelles ne sont pas des femmes : ce sont des objets inanimés. Pour autant, dans la cervelle embrumée de certaines féministes, il semble s’opérer le même type de confusion que chez ces japonais qui épousent leur sex doll : tout à leur chasse à la sexualité masculine, elles viennent d’attaquer et de vandaliser une maison close de poupées – peut-être pour délivrer ces malheureuses de l’enfer de la prostitution ?  « Ni à vendre, ni à prendre, on est pas des poupées (sic) », ont-elles fort intelligemment tagué sur la devanture de « l’espace de divertissement » Les Marquises Dolls près du Mans. Allô, l’hôpital Sainte-Anne ? Je crois que j’ai encore quelques bonnes clientes pour vous…

« Les Marquises Dolls » : la première maison close de poupées au Mans taguée par un commando féministe (mars 2019)
« Les Marquises Dolls » : la première maison close de poupées au Mans taguée par un commando féministe (mars 2019)

Ce mouvement anti-poupées est parti de Suède, comme tout ce que le féminisme gauchiste produit de pire. Là-bas, les Torquemada en jupons ne s’en prennent pas seulement aux maisons closes de poupées, mais au principe même de la poupée, qualifiée de « dangereux robot ». « Une femme-robot ne peut pas dire non à quelque chose que l’homme veut, si elle n’est pas programmée pour le faire », geignent-elles dans la presse. S’ensuit l’habituel concert de lamentations à base de sexisme, objectivation, prostitution, viol, gna gna gna… Litanie victimaire encore plus mécanique que les poupées elles-mêmes.

Mais dans le fond, pourquoi les féministes confondent-elles sciemment des objets inanimés avec des êtres vivants? Parce qu’elles sont givrées, certes, mais aussi et surtout parce que leur misandrie acharnée et leur bitophobie incurable leur rend insupportable l’idée que des hommes aient des relations sexuelles pouvant échapper à leur mise en coupe réglée. Qu’un homme ne se mette pas à genoux devant elles pour demander la permission d’utiliser son sexe ou pour manger dans leur main en récitant sa profession de foi féministe, et les voilà folles de rage.

Jusque-là, j’étais plutôt interdite et assez intriguée par le succès des love dolls, en particulier au Japon, où des hommes apparemment sains d’esprit préfèrent s’engager auprès d’une poupée que d’une vraie femme, phénomène certainement appelé à se développer en Occident. Mais quand je vois l’attitude des féministes, j’ai désormais envie de défendre les poupées.

Car si les japonais en sont là, c’est entre autres à cause du féminisme, justement ; une idéologie qui pousse les femmes à rejeter, mépriser et faire les poches des hommes. Et c’est le même féminisme qui accable encore ces hommes quand, à cause de lui, ils préfèrent les poupées aux véritables femmes.

Le plus amusant est que le féminisme finit par tellement dégoûter les hommes des femmes que ces dernières, délaissées, en arrivent comme ici à s’identifier aux poupées, les plaindre, voire qui sait, à les jalouser. Ou encore, comme la féministe hollywoodienne Charlize Theron, à se lamenter que les hommes les fuient. On se demande bien pourquoi…

L’amour avec une sexdoll au XVIIIe siècle

C’est ce que Federico Fellini a imaginé pour son personnage de Giacomo Casanova vieillissant (Il Casanova di Fellini, 1976).

Cette scène d’anthologie dans laquelle Casanova fait l’amour à un pantin de bois (la seule femme qu’il ait vraiment aimée, selon le script) est ici mise en musique sur des paroles qui parlent du même sujet :

L’Éternel masculin

La vidéo confronte l’éternel masculin de la beauté grecque antique (la danse des hommes nus de la pièce de théâtre Mount Olympus de Jan Fabre (2015) est une véritable ode au corps masculin érotique) avec le Japon moderne privé de sexe.

Ce qui me frappe le plus dans ces témoignages d’hommes japonais vivant avec une poupée sexuelle qui ont inspiré la vidéo, c’est le glissement de l’objet à la personne.  Ces hommes – qui ne semblent plus faire clairement la différence entre un objet inanimé et un être humain – investissent affectivement leur poupée, lui parlent, la mettent en scène, l’emmènent en vacances voire même l’épousent ou s’auto-persuadent qu’elle est vivante. Pour autant, ils sont sains d’esprit et restent lucides quant à leur comportement.

La situation du Japon – même si la vie de couple avec une poupée y reste un phénomène marginal – est en tout cas révélatrice de la crise mondiale de la masculinité et du désir masculin. Le manque  de partenaires, de moyens financiers pour entretenir une femme ou la culpabilité d’aller voir des prostituées, entre autres, annoncent certainement ce qui nous attend en Occident. Cette crise de la masculinité est aussi une conséquence du féminisme (des femmes hyper-exigeantes qui paralysent et accablent les hommes) et un avatar post-moderne de la guerre des sexes.  Sinon qu’ici, le combat n’a même plus lieu, la femme étant totalement remplacée.

. Sex Games 

La thématique de la poupée sexuelle utilisée pour illustrer Cellophane City est inspirée d’une chanson plus tardive, Sex Games (2009), restée à l’état de maquette.

Musique : Jean-Patrick Capdevielle /Jonathan Capdevielle / Patrice Küng
Paroles : Jean-Patrick Capdevielle

Voici ma propre transcription des paroles (à corriger éventuellement et compléter) :

Come follow me… Baby…
Come follow me…
Aahh… Boy…
Sex games
Well I went to the marketplace to buy a new toy
A man said he could sell me a bundle of joy
(the) question is: he mumbled looking me in the eyes
“You think you can afford to go straight to the sky”
Sex games
Sex games
“I’ve been high as a kite” I said, “since Jesus knows when
some people call it coma, well I could call it heaven”
… ? … home and out of the box
I was ready for so much and hungry as a fox
Sex games
My highway to love
Sex games
Beside from the above
Sex games
My highway to love
Sex games
Sex games
Sex games

Come follow me… Baby…
Aahh… Boy…
I found enough on my plastidic friend
It’s heaven touched with delight
Soon she showed me all the bends
One-way trip to the sky

Sex games…
Sex games…
Boy…

She had all the required gismos
She was extra-gynecally supercharged
She had the double-action tits above
With the heat-warning net program

Boy
Sex games
My highway to love
Sex games

Beside from the above
Sex games
My highway to love
Sex games
Sex games

Come follow me baby
Come follow me…

. L’iconographie de cette seconde vidéo s’est imposée d’elle-même à la vue du Casanova de Fellini (1976) – le sujet étant pour ainsi dire le même.

La figure du Casanova vieillissant imaginée par Fellini n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle de Dracula (incarné par Bela Lugosi en 1939), dans ma vidéo de la Naissance des Saisons) ou celle de Nosferatu se regardant lui aussi dans le miroir au moment de ses ébats dans un palais vénitien du XVIIIe siècle (Nosferatu à Venise) :

. Les femmes ne sont pas des poupées sexuelles. Mais les poupées sexuelles sont-elles des femmes ?

Les poupées sexuelles ne sont évidemment pas des femmes ; ce sont des objets inanimés. Mais dans la cervelle embrumée de certaines féministes, s’opère une confusion pire encore que chez les japonais qui épousent leur poupée : aveuglées par leur chasse à l’homme et à l’hétérosexualité, elles en viennent à attaquer des maisons de poupées. Sans doute pour délivrer ces dernières de l’enfer de la prostitution.  Allo, l’Hôpital Sainte-Anne ? Je crois que j’ai des bonnes clientes pour vous…

« Les Marquises Dolls » : la première maison close de poupées au Mans taguée par un commando féministe (mars 2019)
« Les Marquises Dolls » : la première maison close de poupées au Mans taguée par un commando féministe (mars 2019)

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