La terreur féministe à l’université

Aujourd’hui, « l’attaque consciente et délibérée contre l’honnêteté intellectuelle vient des intellectuels eux-mêmes » (« Messieurs les auto-censeurs, bonsoir ! »

*

J’observe depuis quelques années la montée d’une forme de totalitarisme intellectuel féministe au coeur de l’université française – en prolongement de ce qui se passe déjà aux Etats-Unis,  au Canada ou ailleurs en Europe (par exemple en Suède, où cela atteint des niveaux alarmants).

Aux États-Unis, depuis les années 1980, « les universités furent abandonnées aux mercenaires et aux partisans du moindre effort, qui y détiennent désormais plusieurs des meilleurs postes. On avait confié le champ des idées aux universités, mais celles-ci appartenaient aux tâcherons ». [Camille Paglia, Femmes libres, hommes libres, Laval (Qc), 2019, p. 150)].

La situation s’est considérablement aggravée depuis, y compris en France, où il règne désormais une véritable omerta dans bien des laboratoires de sciences humaines tant il est devenu risqué de s’exprimer en dehors des clous de la nouvelle doxa féministo-victimaire. Par exemple, et malgré le dégoût profond (et justifié) que peut inspirer l’écriture inclusive, véritable attentat contre la langue, des laboratoires CNRS se plient à son utilisation par conformisme ou par crainte de mettre en péril des demandes de financement*. 

*Septembre 2020 : Une tribune d’universitaires francophones publiée initialement dans Marianne s’élève contre l’usage de l’inclusive. Ils sont encore minoritaires, mais c’est un signe très encourageant : « Une “écriture excluante” qui “s’impose par la propagande” : 32 linguistes listent les défauts de l’écriture inclusive ».

.L’état des lieux n’a pas encore été fait, tant le néo-féminisme victimaire est l’axiome dominant, la doctrine obligatoire qui ne souffre aucun écart et tant l’antiféminisme est uniquement présenté comme une hérésie (l’horreur, quasiment le nazisme) afin de museler et disqualifier à l’avance toute pensée divergente.

Alors NON, dénoncer l’idéologie néo-féministe ne fait pas de vous de facto un(e) facho d’extrême-droite et non, la reductio ad lepenum, venant des petits soldats lobotomisés du post-marxisme, n’a pas valeur d’évangile.

Il ne s’agit en réalité rien d’autre que de passer au crible de la raison critique et de la démarche historique et scientifique les multiples assertions loufoques des tenants de l’idéologie du genre et de la victimitude féminine universelle, ce matraquage idéologique permanent qui s’exerce depuis l’ENS Lyon, Sciences Po ou l’EHESS avec le relais des médias d’extrême gauche tels que France Culture, Les Inrocks, le HuffPost, etc.

ÉTAT DES LIEUX 

  • Fin 2017, les féministes intégristes de l’ENS Lyon (siège du cancer féministe dans l’université française) s’en prennent au poète du XVIIIsiècle André Chénier, l’accusant de promouvoir la « culture du viol », cette marotte qui leur sert de pensée unique. Les « Salopettes« , du nom de cet agrégat de pleurnicheuses professionnelles, s’y livrent à leur exercice habituel de paranoïa, d’inculture et de paresse intellectuelle. Les universitaires Marc Hersant (« Chénier, Eschyle, Ronsard, etc. : les classiques en procès« , Transitions, Littérarités n°10, 06/07/2019) et Isabelle Barbéris (« Polémique contre un poème du dix-huitième siècle : quand les féministes cherchent à imposer un ordre autoritaire« , Marianne, 13/08/2019) leur répondent sans détour. Voir aussi cet article du Point pour un bon résumé de la situation.
  • La paranoïa des mêmes agrégatives hystérico-féministes s’est ensuite portée sur un poème de Pierre de Ronsard, « Les Amours » (1553) devant lequel elles ont pris vapeur ; l’étude d’un tel texte pouvant « être extrêmement violente pour certain·e·s élèves» et les placer dans une «situation d’insécurité», comme elle le baragouinent dans leur style habituel de nunuches SJW de la génération Ouin-Ouin. Signe très encourageant et dont je me réjouis, leur petit numéro est intelligemment dénoncé jusque dans les colonnes de Libération : « Ronsard, ce violeur » (12/09/19).
  • L’intimidation féministe se rencontre particulièrement dans la recherche universitaire quand il s’agit d’aborder les violences conjugales. La thèse de la « domination patriarcale » interdit totalement d’aborder le sujet en dehors de cet axiome : « Très sévère avec les féministes, aussi bien dans les milieux de la recherche que dans les cercles militants, Murray A. Straus précise que, selon lui, l’explication principale de cette obstruction épistémologique est l’application des féministes à dissimuler, nier ou déformer les résultats des études, voire à user d’intimidation et de menaces, y compris dans les milieux scientifiques : « Je crois que la cause prédominante a été les efforts des féministes pour dissimuler, nier et déformer les preuves. Par ailleurs, ces efforts incluent intimidation et menaces, et ont été menés non seulement par des défenseurs féministes et des fournisseurs de services, mais aussi par des chercheurs féministes qui ont laissé leurs engagements idéologiques l’emporter sur leur engagement scientifique. » (Source Wikipedia)

La page Wikipedia sur l’antiféminisme cite ainsi les méthodes employées par le féminisme universitaire pour dissimuler la vérité, selon Murray A. Straus :

  1. Dissimulation de données : par militantisme ou par peur de représailles, des chercheurs et chercheuses dissimulent des données qui contrediraient l’axiome féministe.
  2. Évitement de données : le processus d’investigation est délibérément détourné de façon à éviter que soient enregistrées des données contrevenant à l’axiome. En particulier plusieurs études ne s’adressent qu’à des femmes ou évitent de poser des questions sur les actes violents commis par des femmes.
  3. Citation sélective : des auteurs ne citent que les sources montrant les perpétrations masculines ou qui alimentent des thèses féministes adjacentes pourtant contredites par une masse de preuves.
  4. Conclure que les résultats d’études corroborent les croyances féministes alors que ce n’est pas le cas.
  5. Créer des « preuves par citations » : s’appuyer sur des centaines d’études et de citations publiées dans des revues scientifiques avec comité de lecture, pour valider comme scientifiques des idées désavouées par d’autres35.
  6. Entraver des publications : faire obstruction à la publication de données qui contredisent l’axiome féministe, par exemple en refusant de financer des études de victimisation des hommes, ou des études basées sur l’idée que les violences conjugales ne sont pas spécifiquement liées au genre.
  7. Harceler, menacer et sanctionner les chercheurs qui produisent des preuves empiriquescontraires à l’axiome féministe.

Le problème est donc réel et déjà connu. Pour l’instant, cette page a vocation à recenser et compiler les témoignages sur cette terreur intellectuelle qui s’est installée progressivement et qui commence à affleurer de plus en plus visiblement. Elle sera amenée, dans un second temps, à de plus amples développements.

Sur les études féministes truquées en matière de violence conjugale, il y a cet article en français :

. Hervé LE BRAS et Marcela IACUB, « Homo mulieri lupus ? À propos d’une enquête sur les violences envers les femmes », dans Les Temps Modernes, n°623, 2003, p. 112-134.

  • Le 19/11/2019, une pastille vidéo de d’Al Jazeera Plus, pardon, de France Culture ! nous apprend que les occidentaux sont tous des racistes et des nazis en puissance car ils ont célébré le marbre de Carrare. C’est un universitaire qui s’y colle :

  • Revue de presse sur les nouvelles terreurs intellectuelles :    

. Néo-féminisme et harcèlement :

Peggy Sastre – Quand des féministes harcèlent des scientifiques (Le Point, 14/03/2019)
: à propos d’Alessandro Strumia au CERN et de la chasse aux sorcières inversée qui se met en place au sommet de la recherche scientifique. Ou quand la bêtise, la rage et l’émotionnel tiennent lieu de pensée.

Peggy Sastre – Quand l’université devient tribunal (Le Point, 10 juin 2019)

Safe spaces.  Des étudiants qui ne supportent plus la contradiction (France Culture, 16 novembre 2018)

Marion Coquet, « MeToo : Faut-il reguillotiner André Chénier ? »Le Point, 26/07/19

Pierre Jourde, « Le retour de l’ordre moral », Nouvel Obs, 5/11/19

Sophie Coignard, « Censure intellectuelle : le lâche mutisme de la gauche », Le Point, 28/10/2019

Marion Cocquet et Clément Pétreault, « Censure dans les universités : l’inquiétante dérive », Le Point, 26/11/19 :  « À quoi s’ajoute, selon Isabelle Barbéris, une autocensure des professeurs eux-mêmes qui, par lâcheté, légèreté ou fatigue, finissent par éviter certains sujets dont ils savent d’avance qu’ils provoqueront l’émoi. Voire s’appliquent à donner des gages de rectitude morale pour gagner la paix. « À l’université, la parole est, comme partout ailleurs, en train d’être surveillée et de se surveiller elle-même », déplore un professeur de philosophie, qui supporte avec difficulté cette situation orwellienne.

Pierre Assouline, « Ordre moral. Du boycott à la censure, assiste-t-on en France à la remise en cause de la liberté d’expression ?« , L’Histoire, janvier 2020.

. Décolonialisme et néo-féminisme (en France) :

. Pierre-André Taguieff témoigne de la chasse aux sorcières et de l’intimidation qui s’est mise en place dans les universités depuis les années 2000, obligeant certains chercheurs à publier sous pseudonyme : « Certains secteurs de l’enseignement universitaire sont devenus, depuis le milieu des années 2000, des laboratoires du décolonialisme et du pseudo-antiracisme racialiste. C’est une aubaine pour les opportunistes en quête de poste. Les départements de sciences sociales sont particulièrement touchés par la propagande décoloniale, qui se traduit de plus en plus par une intolérance militante et des chasses aux sorcières lancées en connivence avec des groupes néoféministes misandres au nom de « l’intersectionnalité ». Les victimes de ces chasses aux hérétiques prennent désormais la figure du Blanc – le plus souvent un homme – criminalisé, jugé intrinsèquement raciste, dont on exige la mort sociale. Les enseignants qui objectent sont isolés et harcelés. Pour échapper à ce terrorisme intellectuel, ils se taisent, pratiquent l’autocensure ou publient sous pseudonyme » (« Taguieff : Voir du racisme ou du sexisme partout, c’est vivre dans un univers paranoïaque » (L’Express, 10/10/20).

. Une apologie honteuse à la Sorbonne de l’antisémitisme au nom de la lutte contre « l’homme blanc » :
Anna Breteau, « Dérives à la Sorbonne #11 – Dieudonné, le canular qui dit tout », Le Point, 21/02/2020 [en lecture libre].

. Guilhem Carayon, « Les thèses décolonialistes infiltrent les universités françaises« , Causeur, 24/09/2019

. Judith Waintraub, « Islamo-gauchisme, décolonialisme, théorie du genre… Le grand noyautage des universités » Le Figaro, 13/05/2019 (Article en lecture intégrale ici)

. Alexandre Devecchio, « Éviction d’un professeur opposé au décolonialisme : l’université en péril« , Le Figaro, 13/12/2018

Le « décolonialisme », une stratégie hégémonique : l’appel de 80 intellectuels (Le Point, 4/12/2018)

. Matthieu Aron, « Les décoloniaux à l’assaut des universités« , L’Obs, 30/11/2018. (Cet article est en lecture intégrale ici )

  • Lyon 2 ou  l’offensive du féminisme de genre et intersectionnel :

Le témoignage édifiant d’Eliott Savy, étudiant de 3e année à Science Po-Lyon 2 (juin 2019)

Plus bête, tu meurs

. Le témoignage d’Eliott Savy fournit la matière d’un article dans Le Progrès de Lyon du 16 septembre 2019 : Races et genre à la fac : « Une minorité bruyante » [texte intégral à venir].

A la suite de cet article, Eliott Savy subit des menaces et des intimidations de la part des gauchistes locaux, sans que l’université Lyon 2 ne s’en émeuve. Après Causeur avec le soutien d’Arnaud Lacheret (« Lyon 2 : Eliott Savy dénonce l’indigénisme à ses risques et périls« ), le Figaro revient sur cette affaire avec une interview d’E. Savy par Paul Sugy : « À Lyon 2, un étudiant dénonce une obsession pour les questions de genre et de race » (21/09/2019).

Comme le dit Eliott : « Face à cette polémique, certains enseignants commencent aussi à dénoncer, en privé, cette situation. Malheureusement pour ces derniers, toute prise de position contre cette dérive idéologique peut être sanctionnée très rapidement, l’affaire «Stéphane Dorin» (un professeur à l’université de Limoges qui avait été exclu après avoir dénoncé publiquement les théories décoloniales enseignées à l’université, ndlr) est d’ailleurs dans toutes les têtes. Un enseignant que je connais personnellement a d’ailleurs été obligé de changer d’université à la suite de prise de position publique. N’imaginez donc même pas des étudiants prendre position publiquement sur les réseaux sociaux ou dans l’université pour dénoncer ses dérives si les professeurs eux-mêmes ne sont pas protégés. »

. On peut également lire dans le dossier du Progrès de Lyon les témoignages d’enseignants qui dénoncent ces dérives : Chez certains profs, le regret d’un « sectarisme », dont voici le texte in extenso :

« Un de ses collègues décrit des « mouvements féministes autoritaires, qui fonctionnent à la menace ». Il a notamment rejoint le collectif Vigilance Universités, un réseau universitaire national de veille contre le  communautarisme et pour la défense de la laïcité. « À force d’être traités de racistes et de voir des froncements de sourcils quand on tenait des propos laïcs et universalistes, on s’est tus, on s’est autocensurés, témoigne-t-il. Avec Vigilance Universités, on reprend la parole face à des discours autoritaires. »

Un professeur à l’ENS de Lyon, qui note que les thèmes des tables rondes « tournent souvent autour du genre et de la décolonisation », regrette surtout le sectarisme de ses collègues. « Sur ces sujets, il est difficile d’avoir un débat de bonne foi entre deux personnes en désaccord. C’est dommage, le milieu universitaire devrait être un espace de débat… »

. 25/09/2019 : La présidence de Lyon 2 se fend d’un communiqué aussi lâche que désolant et en écriture inclusive (donc illettré et hors-la-loi, puisqu’une circulaire du Conseil d’état du 28/02/2019 a demandé aux administrations de ne pas recourir à ce charabia) où l’on prend clairement la défense de la coterie d’idéologues qui tient le département de sociologie. Un débat est toutefois programmé pour le 31 novembre 2019 (à suivre).

  • Terrorisme « progressiste » dans les universités américaines :

. « Une vidéo raconte les dérives idéologiques d’une université américaine. Sous couvert d’antiracisme, le campus Evergreen a instauré un régime de la terreur discriminant les Blancs. » (Tribune de Genève, juillet 2019)

Comme l’écrit Céline Pina dans un statut Facebook (15/07/19) : « Intellectuellement c’est pathétique mais avec un équipement aussi indigent, des étudiants d’extrême gauche ont pris le contrôle d’un campus, humilié des professeurs, séquestré du personnel et ont fonctionné comme une police idéologique aussi violente que dangereuse. Ces adeptes du « respect » ce sont comportés en brutes fascisantes et on a toutes les images. Ici on voit tout : la veulerie du président de l’Université, les délires de la sociologue idéologue, la violence et la victimisation permanente des étudiants dits antiracistes, la démission de l’intelligence et du courage, la violence de la censure exercée par ces gens qui se vivent comme des justiciers. Regardez, c’est juste hallucinant ! »

 . États-Unis : « l’idéologie du genre » a encore frappé.
Tribune. Professeur de littérature outre-Atlantique, Bruno Chaouat revient sur un cas de censure idéologique portant sur la « dysphorie de genre ». (Le Point, 15/09/2018)

 

. Néo-féminisme et déni scientifique sur le cerveau :

Debra Soh, « Le déni scientifique n’arrêtera pas le sexisme« , Contrepoints, 3/06/2019 (traduction d’un article de Quillette)

  • Témoignages glanés sur internet :

–  Bibliographie antiféministe :

L’absolue terreur qui règne sur les études de genre saute aux yeux quand on dresse la bibliographie antiféministe française : quasiment aucun universitaire en poste ne peut contester l’hégémonie féministe. Ou plus exactement, les antiféministes n’existent pas, l’idée même de penser en dehors des clous valant peine de mort académique. Alors qu’aux Etats-Unis (Warren Farrell, Warren Shibles, Christina Hoff Sommers, Camille Paglia, Laura Kipnis,…) ou au Canada (Jordan B. Peterson, Mathieu Bock-Côté,…), des universitaires ont encore cette possibilité – même si une chercheuse comme Debra Soh a dû quitter l’université suite à la campagne de calomnies qu’elle a subie en raison de ses positions critiques sur l’idéologie du genre, ou que Camille Paglia a dû faire carrière en dehors de la recherche universitaire proprement dite. On citera aussi Rachel Fulton Brown aux Etats-Unis, qui a subi de violentes attaques et été traitée de suprémaciste blanche pour avoir eu quelques propos lucides sur la place des hommes dans l’histoire.

Bibliographie critique sur le féminisme

Pour rappel, et contrairement à ce que prétendent continûment les féministes, les femmes ne sont pas discriminées dans les études supérieures, bien au contraire :

Sexes, doctorats, discriminations et statistiques

  • Une citation de Camille Paglia pour finir : « Les grandes chercheuses (…) ont été formées par la discipline intellectuelle de la tradition masculine classique, et non pas par le sentimentalisme fadasse d’une indulgente sororité de pleure-misère, de laquelle n’a encore émergé aucun livre de premier ordre. Chaque année, les féministes fournissent de plus en plus de preuves pour soutenir la vieille accusation disant que les femmes ne peuvent ni penser ni écrire » [Camille Paglia, in Arion, 1991 (trad. Gabriel Laverdère), in C. Paglia, Femmes libres, hommes libres, Laval (Qc), 2019, p. 106)].

[à suivre… ]

Légende vignette : Pierre-Paul Prud’hon, La Justice et la Vengeance divines poursuivant le Crime, 1808 (Paris, Musée du Louvre)

  • Voir aussi :

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