[Échec et mat] – Les féministes et le coup d’après

La rhétorique féministe a ceci de remarquable que tous les combats qu’elle remporte se terminent immanquablement par des retours de bâton aussi bien sentis que jamais anticipés.

En langage féministe, le retour de bâton est le fameux concept de « backlash », celui qui a donné son nom à l’essai d’une des pires féministes radicales de l’histoire, Susan Faludi (1991). Depuis ce temps, les féministes rajoutent donc des bassines de larmes à leurs bassines de larmes, sans jamais comprendre que les boomerangs qu’elles se ramassent régulièrement dans la figure ont bien moins à voir avec leur « patriarcat » fantasmé (mais si pratique) qu’avec leur propre incapacité à réfléchir, à se projeter dans l’avenir (même immédiat), bref à anticiper le coup d’après.

Avant de commencer à en recenser les innombrables exemples – si nombreux qu’on peut même parler à ce sujet de marque de fabrique féministe –, je reviens à cette réflexion de Camille Paglia sur ce qui différencie les organes sexuels masculins et féminins, et notamment l’analogie qu’elle propose entre le pénis masculin et la capacité à se projeter :

« L’urinement mâle met en évidence la concentration et la projection. Voilà un mode d’expression que les femmes ne maitriseront jamais. (…) Les femmes, comme les chiens femelles, sont destinées à l’accroupissement, au squat. Il n’y a pas de projection au-delà des frontières de soi ».
[Camille Paglia, Femmes libres, hommes libres, Laval (Qc), 2019, p. 70-71]

Cette observation est bien plus profonde que son apparence provocatrice pourrait le laisser penser – car elle s’applique aussi à la capacité intellectuelle à se projeter. C’est pour cela qu’elle m’est tout de suite venue à l’esprit en observant l’incapacité systématique des féministes, noyées dans leurs émotions et leurs fureurs, à prévoir le coup d’après.

Cette incapacité ontologique du féminisme à se projeter au-delà des frontières de soi est aussi parfaitement illustrée par les préoccupations exclusivement régressives et auto-centrées des néo-féministes (« Ouin ouin, mon clito, ma chatte, mes poils, mon soutif, ma cellulite », etc. ; voir « L’univers néo-féministe »). Sur l’urinement féministe et sa jalousie vis-à-vis du masculin, on pourra se reporter à cet article : « Anthologie du féminisme urinaire » :

Venons-en donc au catalogue des incuries féministes liées à leur manque d’anticipation.

  • Les féministes du genre et les transgenres

Il s’agit de l’exemple actuel le plus frappant et pour moi le plus drôle. Depuis les années 1980, le Gender Feminism, la mouvance majoritaire du féminisme de gauche et d’extrême gauche a consisté à lutter âprement contre les différences sexuelles. Au nom d’une égalité confondue stupidement avec un égalitarisme dans l’indifférenciation, ces féministes se sont appliquées à « déconstruire » symboliquement une à une toutes les différences sexuelles, ignorant délibérément les apports de la biologie et de la science des hormones. Il suffisait pourtant d’un peu de jugeote pour comprendre combien leurs postures seraient un affront grotesque au réel. Mais comme ces féministes sont inaccessibles à toute forme de raison et de bon sens, elles continuent inlassablement à s’enferrer dans cette voie. Le résultat est aujourd’hui une violente guerre de tranchées entre les féministes pro-trans et les autres, baptisées TERF (« Féministes radicales excluant les trans ») par les premières.

C’est à ce titre qu’une femme irréprochable comme J. K. Rowling s’est vue traîner dans la boue toute l’année 2020 pour avoir simplement rappelé qu’une « personne avec des règles » était biologiquement une femme. Les réseaux sociaux ainsi que la presse de caniveau à leurs ordres, tels Télérama ou Marie-Claire, ont courageusement hurlé à la transphobie… Comme le disaient si bien les Monty Python dans leur séquence incroyablement visionnaire de La Vie de Brian (1979), la lutte contre la réalité est bien le nerf de la guerre féministe contre « l’oppression symbolique » :

Pour ma part, je ne m’engagerai pas dans cette guerre, n’étant ni féministe ni activiste trans. Je me réjouis cependant que ces événements qui se multiplient dans le sport notamment, où des MtF, c’est-à-dire des hommes devenus femmes, dament le pion à des femmes biologiques sur les podiums, aient obligé certaines féministes du genre à revenir sur terre et se souvenir que ce n’est parce que pour X raisons on a décidé de changer de sexe, qu’on ne conservera pas certaines spécificités physiologiques de son sexe de naissance – la biologie n’étant pas soluble dans le genre, n’en déplaise à ses idéologues folles.

Il s’agit en tout cas d’un des meilleurs exemples de l’incapacité à anticiper le coup d’après. Comme s’il n’était pas prévisible depuis le début qu’après avoir clamé partout qu’on pouvait décider de son sexe et en changer comme on voulait, il n’y aurait pas que des femmes qui feraient la transition. Cette manière de toujours sous-estimer les hommes – et ici, d’oublier carrément leur existence – est particulièrement emblématique des insuffisances de la pensée féministe. Aujourd’hui, le monstre enfanté par les féministes s’est retourné contre elles et commence à les dévorer sous leurs yeux.

  • La libération sexuelle de la seconde vague

L’autre exemple le plus frappant des limites intellectuelles de l’idéologie féministe est le retour de bâton de la libération sexuelle. Dans les années 1960 et 1970 et grâce à une invention masculine, la pilule, les féministes ont exigé de pouvoir baiser comme elles voulaient et quand elles voulaient, sans risquer de devenir mères. Résultat : elles ont surtout servi de trous ambulants à des hommes qui n’en demandaient pas tant, tout en démonétisant totalement la « valeur marchande » de l’offrande de leur corps – et les mettant par conséquent très vite en porte-à-faux.

Si certaines femmes se sont très bien accommodées de cette situation – celles qui avaient assez de tempérament pour ne pas se mettre à pleurer et paniquer à l’heure de gérer non seulement leur liberté sexuelle mais les risques afférents, les autres, en petites filles fragiles ne sachant que s’en remettre à l’autorité paternaliste (contrairement à ce qu’elles croient), ont alors inventé le backlash et remis sur pied la bonne vieille morale puritaine – je parle ici de Faludi et de toutes les féministes qui depuis les années 80 ne jurent que par la « culture du viol ». Quand des femmes comme Camille Paglia, Élisabeth Badinter ou moi-même sur ce site critiquons ces néo-bigotes, nous nous faisons traiter de masculinistes, alors que nous ne faisons que rappeler que le monde réel n’est pas celui des Bisounours et des pettes licornes arc-en-ciel, et que dans ce monde, il y a les hommes. Mais une fois de plus, les féministes avaient oublié leur existence et n’avaient pas anticipé le coup d’après. La vraie femme forte n’est pas la féministe qui pleure, mais la femme capable d’affronter le réel. Je renvoie de nouveau à Camille Paglia sur ce sujet :

  • #MeToo et #MeTooIncest

Les féministes, la presse et le grand public continuent de se gargariser des prétendus succès de #MeToo. Le mouvement est pourtant davantage contre-productif pour les femmes qu’il n’en a l’air, comme le rappelle Peggy Sastre dans ce podcast (de 11 à 15 mn), dans la mesure où il favorise les prédateurs qui ne s’adapteront que mieux aux proies les plus vulnérables (les femmes fragiles, les handicapés) et que les « hommes du milieu » seront les grands perdants.

La terreur instaurée par #MeToo dessert aussi les femmes dans l’entreprise. On sait désormais que les hommes préféreront recruter d’autres hommes plutôt que de risquer un procès pour harcèlement sexuel pour avoir simplement tenu la porte de l’ascenseur à une collaboratrice et frôlé sa main en appuyant sur le bouton : « Aux Etats-Unis, depuis #MeToo, de plus en plus d’hommes n’osent plus travailler avec des femmes ». Le féminisme au travail, ce sont aussi des femmes (les hôtesses du Tour de France) qui perdent leur job au profit d’hommes; encore un truc fichtrement bien pensé !

Pour ce qui est de #MeTooIncest, le coup d’après sera probablement des drames familiaux consécutifs aux dénonciations sauvages sur les réseaux sociaux. La justice ne se rend pas en appelant au lynchage sans précaution. Ce seront des milliers de familles explosées qui vont en payer le prix, à tous les niveaux. Je reviendrai sur ce point dans quelques mois, à l’heure du bilan. Je renvoie en attendant aux commentaires déposés par YGS sur cette page :

« Les victimes d’abus sexuels commis par un ou des adultes durant leur enfance sont souvent des personnes très fragiles, extrêmement vulnérables. Les inciter à s’exposer ainsi sans prise en charge, sans soutien ni préparation, c’est les mettre en grand danger. En particulier, ces victimes ont de fortes tendances suicidaires. Je serais très surpris si #metooinceste ne débouchait pas sur une série de drames.

Il conviendra alors de s’interroger sur la responsabilité de ceux et celles qui les ont encouragés à s’exposer ainsi, sans leur offrir la moindre assistance. Il conviendra aussi de s’interroger sur leurs motivations. Car s’il y a bien une chose dont n’ont pas besoin ces victimes, c’est qu’on se serve à nouveau d’elles sans la moindre considération pour les dégâts qu’elles subissent. »

  • La destruction du père et de la fonction paternelle

Un autre exemple du manque d’anticipation féministe est leur acharnement à détruire les repères familiaux tels que le mariage, la maternité ou la paternité, au point que ce sont les femmes elles-mêmes et leurs enfants qui en paient le prix le plus élevé – en termes de paupérisation, d’échec scolaire, de délinquance, de troubles psy, etc.

J’ai abordé tout récemment cette question dans cet article, liant même (c’est une hypothèse) la destruction de la figure paternelle à l’émergence des profils de « pervers narcissiques » – dans les faits des immatures psycho-affectifs qui n’ont pas pu bénéficier de fondations solides pour se construire correctement :

  • La chute de la natalité, le célibat et la fin de vie sans descendance

La triste réalité du monde féministe est aussi celle-là :

. Des femmes qui sont avantagées par rapport aux hommes sur le marché du travail (contrairement à ce qu’elles prétendent), mais qui ne font quasiment plus d’enfants ;
. Des hommes et des femmes qui ne veulent plus d’enfants. Le renouvellement des générations n’est plus assuré malgré l’apport des naissances liées à l’immigration, déjà plus nombreuses que les naissances autochtones (cf. « La natalité en 2020 en France au plus bas depuis 1945 ») ;
. Un souci majeur pour les retraites dans les décennies à venir ;
. Un nombre de célibataires des deux sexes qui explose, une démographie qui s’essouffle et un avenir très sombre pour tout le monde.

On notera enfin que les victoires féministes n’ont pas rendu globalement les femmes plus heureuses. Il suffit pour s’en rendre compte d’écouter les jérémiades féministes quotidiennes sur France Culture par exemple. La féministe n’a jamais autant pleuré, jamais autant crié, ne s’est jamais autant lamentée, sur absolument tout. Le féminisme m’apparait définitivement comme un miroir déformé de la femme dans ce qu’elle a de plus désolant : une créature ne sachant que pleurer et taper du pied comme une petite fille pour que son papa (le « patriarcat ») lui cède tous ses caprices. J’attends toujours de croiser des féministes capables de grandir enfin, mais ce n’est visiblement pas pour demain, quand je les vois encore et toujours pleurer pour avoir des poils comme les zhoms, ou pour ne pas mettre de soutif comme les zhoms, et j’en passe. Je baille de mépris…

  • Pour ce qui est du soutien-gorge et du mouvement No-Bra, d’ailleurs, le coup d’après est que :

1/ Les hommes préfèrent de toutes façons les femmes jeunes sans soutien-gorge car les seins jeunes sont nettement plus érotiques sans (puisqu’on voit mieux le téton poindre). Les jeunes néofems qui s’imaginent ne pas faire le jeu des hommes en refusant le soutif ont donc encore tout faux.
2/ Les seins tombent sans soutien-gorge, quoiqu’en disent les jeunes néofems qui n’ont rien vécu. Dans 20 ans , on retrouvera les mêmes ex-jeunes néofems en train de se faire mettre des prothèses en silicone ou de pleurer sur leurs seins en gants de toilette – une fois que le rapport de forces se sera inversé et qu’elles ne seront plus les reines du bal. Comme toujours, il suffit juste d’attendre un peu pour voir les féministes se prendre le mur et se remettre à pleurer… Sur le sujet :

[A suivre…]

[Des souris et des hommes] – Féministes et « pervers narcissiques » : l’amour sorcier

Ce petit article vient en complément de mes premières réflexions sur les liens qui unissent féministes et « pervers narcissiques » :

Il m’apparait en effet que l’explosion constatée du phénomène de l’emprise et des « pervers narcissiques » – ou tout au moins l’explosion des témoignages sur le sujet – n’est pas sans lien avec le déferlement du féminisme dans nos sociétés. Il m’apparaît même plus précisément que la banalisation du comportement de prédateur chez une partie des hommes pourrait être la conséquence directe (mais en grande partie involontaire et inconsciente) de cette domination idéologique du féminisme. Mes hypothèses sont les suivantes :

1/ Le comportement féministe (c’est-à-dire délaissant, méprisant, manipulateur ou immature) des mères envers leurs enfants, couplé au délitement du père, favorise leur immaturité psychique et affective. Laquelle fait ensuite le lit de ce qu’on appelle, sans doute à tort, la « perversion narcissique ».
2/ Les femmes, y compris les féministes, sont attirées instinctivement par les profils de « pervers narcissiques »; elles se pressent autour d’eux comme les volailles dans un poulailler autour du mâle dominant. Les « mâles alpha » raflent la mise partout où ils passent. Certaines néoféministes développent même le type de « l’hyperfemelle » pour attraper encore plus sûrement ce type de prédateur. Pourquoi ? Probablement parce que le fantasme (inconscient) de soumission est ce qu’il y a de plus ancré chez les femmes. Officiellement, en brandissant leurs slogans féministes, elles font mine de rechercher des homme soumis, mais dans les faits et dans le secret des alcôves, elles ne vibrent que pour celui qui saura les mettre en coupe réglée.
3/ Une fois qu’elles se sont bien cassé les dents sur le profil de macho qu’elles ont pourtant activement recherché (repoussant systématiquement les hommes pas assez beaux, pas assez grands, pas assez sexy, pas assez clinquants, pas assez fringants, pas assez riches, etc.), elles se mettent à pleurer toutes les larmes de leurs corps et décrivent alors le fameux PN, l’autre nom du diable fait homme (en fait, celui qui leur résiste et qui n’était de toutes façons pas l’homme idéal quelles s’étaient imaginé). Et en avant pour le retour sur le consentement (« Ouais, sur le coup, j’étais consentante, mais en vrai, j’étais pas consentante »), la prétendue « mémoire traumatique » (qui leur permettra d’inventer de toutes pièces des agressions qui tombent à pic pour envoyer n’importe qui en prison sans preuves), et bien sûr, la fameuse « emprise » sur laquelle je reviendrai dans un prochain article.

Voici donc quelques éléments qui pourraient lier féministes et PN.

#Metoo favorise les prédateurs

C’est Peggy Sastre qui l’explique très justement dans ce podcast enregistré à la date anniversaire de la fameuse « Tribune des 100 » dont elle est l’une des rédactrices :

Entre 11 et 15mn, elle explique qu’aprés #Metoo, les hommes un peu balourds, un peu maladroits mais gentils n’oseront plus du tout draguer ni même aborder une femme. Tandis que les vrais prédateurs, eux, s’adapteront sans aucun souci et auront une autoroute devant eux pour s’en prendre aux femmes les plus vulnérables – puisque c’est le propre de l’évolution pour un prédateur que de s’adapter à sa proie. Ce sont donc seulement les « hommes du milieu » qui paieront le prix de #MeToo, pendant que les autres seront toujours plus favorisés.

Cette dérégulation du marché de la séduction en faveur des prédateurs, ce retour à « l’âge de la savane » est également abordé avec justesse dans cet article : « L’inégalité de beauté, la grande oubliée » (Le Point, 25 mai 2019) : les nouvelles relations amoureuses instaurées notamment par le féminisme et l’individualisme contemporains, qui privilégient une minorité d’hommes au détriment de tous les autres (la règle des 20/80), nous renvoient directement à la sauvagerie et la loi du plus fort.

La lutte inlassable du néo-féminisme contre la galanterie, contre les acquis de la civilisation occidentale, contre l’héritage humaniste dans son ensemble, vont dans cette même direction. Tout ce qui peut réduire à néant des siècles de culture – dans le sens où cette culture, avec des institutions comme le mariage, la monogamie ou la cellule familiale, pouvaient contribuer à dompter les instincts brutaux et asservir un peu la nature – est porté au pinacle. Les féministes ne jouissent que de voir des familles explosées, des mères célibataires paupérisées, des enfants sans pères et sans repères.

La destruction du père favorise la décivilisation

Les résultats sont pourtant sous nos yeux. Les prisons sont remplies d’anciens enfants sans pères. L’échec scolaire concerne prioritairement les enfants sans pères. La pauvreté aussi (les foyers monoparentaux avec les enfants élevés par la mère seule sont un indicateur infaillible de pauvreté et de délinquance). Mais les féministes continuent inlassablement à détruire la figure paternelle, confondant toujours aussi bêtement « paternité » et « patriarcat ». En chassant le père, la féministe a récupéré toute la charge de l’éducation des enfants, mais elle ne s’en sort pas aussi bien qu’elle le pensait.

Le féminisme est l’ennemi historique non seulement de la maternité, mais de la paternité (on peut dire de la famille dans son ensemble). Pour la paternité, ses conséquences se voient aussi bien chez les hommes que les femmes : au fur et à mesure que les féministes ont attaqué la fonction paternelle, les hommes eux-mêmes l’ont abandonnée. Depuis l’après-guerre les hommes, non seulement abandonnent couramment leurs enfants, mais veulent moins que jamais se reproduire. Leurs compagnes avortent à leur demande ou avec leur soutien. C’est un processus global qui se voit dans les chiffes de la dénatalité de l’homme blanc : la « transition démographique » est un euphémisme pour ne pas nommer ce qui se produit sous nos yeux. Les occidentaux n’assurent plus depuis longtemps le renouvellement des générations ; Ils ont de moins en moins d’enfants et s’éteignent de plus en plus souvent sans petits-enfants. Il en va de même dans d’autres pays développés, tels la Corée du Sud ou le Japon (« Ni Lolita ni mère, le nouveau féminisme nippon »). La situation est de plus en plus alarmante partout (« L’Allemagne a le mal de mères », Libération, 12/11/12), et plus elle se dégrade, plus les féministes militent pour le mouvement no-kids, que ce soit par nihilisme écologique stupide ou pour cause de dépression ou envie de mort congénitales (« Éloge de la dénatalité et du féminisme »). On y retrouve les habituelles pleurnicheuses autocentrées du site MadMoiZelle, relayées par Slate (« Ouiiin, la grossesse va abîmer mon cooorps, bouhouhou »). Précisons que si le féminisme n’est ni à l’origine de cette dénatalité, ni son seul responsable, il joue de tout de même un rôle indéniable dans le phénomène, qu’il contribue encore à accélérer aujourd’hui [NB. Les indices de fécondité donnés pour la France ne discriminent pas entre les enfants nés de « français de souche » et ceux nés de familles immigrées, mais les statistiques sur les prénoms les plus en vogue dans les maternités parlent d’elles-mêmes. Assez clairement, le nombre d’enfants par famille est inversement corrélé à l’adhésion au féminisme].

En résumé, les enfants ne naissent plus beaucoup, et si jamais ils naissent, ils seront la plupart du temps privés de pères – mais personne ne veut en mesurer les conséquences. Elles sont délétères pour l’enfant, ce qui n’est plus à démontrer, mais pire encore, elles semblent être à relier directement avec l’explosion des « pervers narcissiques » si chers à nos féministes.

« Pervers narcissiques » et destruction de la fonction paternelle

On s’interroge toujours beaucoup sur les origines du phénomène. Pourquoi tant de femmes aujourd’hui se plaignent-elles d’être tombées dans les griffes d’un « prédateur » ou d’un « vampire psychique » ? Je ne mets pas en doute la véracité de cette épreuve, pour l’avoir expérimentée par moi-même. Mais je m’interroge sur la banalité de ce mode relationnel qui semble en passe de devenir la norme. Pourquoi tant d’hommes et de femmes – car les prédateurs affectifs sont des deux sexes –, pourquoi donc tant de gens ne sont-ils plus capables de vivre leurs rapports affectifs autrement que sous le mode de la dépendance affective, du rapport de forces et du besoin de soumettre et de détruire l’autre ?

Des observations que j’ai pu faire, il semble ressortir une constante : l’absence de père. C’est aussi ce que Racamier, l’inventeur du concept de « perversion narcissique » avait relevé : « Enfant, on lui a imposé peu de limites, le père a souvent été absent, disqualifié. Il n’a pas posé la loi, et n’a pas permis à l’enfant de se détacher de sa mère. Le pervers narcissique a pu avoir enfantl’illusion active, de remplacer vraiment et impunément le père auprès de la mère. Le père est évincé… (Racamier, Les perversions narcissiques). La mère a pu avoir un comportement inconstant et inadéquat, qui n’a pas permis à l’enfant d’être rassuré. L’indulgence permanente de ses parents ne lui a pas appris à gérer, ni à tolérer la frustration, à l’âge adulte cette dynamique se rejoue sans cesse » (passage tiré de ce post).

Je pense qu’on ne souligne pas assez la possibilité que cette immaturité psychique à vie qui caractérise les « PN » puisse être liée à une construction défectueuse pour cause d’absence (ou de simple disqualification) de la figure paternelle, associée à une emprise maternelle. Elle se vérifie en tout cas auprès de tous les cas que je connais.

La libération sexuelle féministe a-t-elle encouragé les « pervers narcissique » ?

Comme l’expliquent aussi les interlocutrices du podcast cité plus haut, les féministes de la seconde vague ont exigé la liberté, la liberté la plus totale dans tous les domaines – sans réaliser un seul instant que la liberté a un corollaire, qui s’appelle le risque. Or plus les générations de féministes se succèdent et plus elles sont fragiles et pleurnicheuses face au risque et moins elles acceptent que la liberté ait un prix. C’est ce que j’écrivais dans mon témoignage sur l’agression sexuelle et c’est également ce que déplore Camille Paglia dans ses écrits.

Le « pervers narcissique » incarne tous les aspects du diable. Il est le mal absolu, Lucifer en personne qui s’abat sur sa proie et la laisse pantelante.

Des générations de petites filles à la fois fragiles et toutes puissantes se succèdent alors, donnant l’impression de taper leur crise devant chaque homme qui leur résiste, l’étiquetant PN aussitôt qu’il les déçoit ou ne marche pas à la baguette. Dans sa réflexion un peu touffue sur les PN, Paul-Loïs Caudron remarque aussi que la libération sexuelle censée abattre le patriarcat n’a rien abattu du tout mais a au contraire favorisé les profils de « prédateurs » : « Car si un homme use du ‘cadeau’ du corps d’une femme, mais qu’il s’en fout un peu, se joue d’elle ; et en sous-main préfère sa liberté, son éclat, son intérêt, cela amorce un déséquilibre. Si de plus, il a l’ascendant dans d’autres domaines, qu’il en joue en outrance, renverse l’accusation, alors c’est l’engrenage : amour + souffrance = dépendance », écrit-il. Ce passage m’a interpellée, car il souligne justement la désillusion de la femme toute puissante qui n’avait pas anticipé que l’homme ait juste envie de baiser et que la libération sexuelle ait pu l’arranger bien plus qu’elle, au final. Ce sont des choses que j’avais également évoquées au sujet de la libération sexuelle : « Elles ont jeté leur soutien-gorge et leur culotte dans les fourrés pour réaliser juste après qu’elles avaient simplement servi de trous ambulants pour des hommes qui n’en demandaient pas tant. D’où le retour en force du puritanisme féministe au début des années 80 dans les universités américaines. »

En conclusion, je propose donc que l’on s’interroge sur le rôle de la libération sexuelle de la seconde vague féministe dans l’explosion des cas de « perversion narcissique », que l’appellation soit ou non valide scientifiquement. Il est possible qu’elle ne le soit pas, mais ce qu’elle recouvre est au final assez simple à comprendre : quelques générations d’enfants sans pères se sont construits psychiquement de manière déséquilibrée, et ils ne peuvent donc que reproduire à vie des comportement d’immatures affectifs. Jamais les féministes n’accepteront de faire leur autocritique et de reconnaître ce qu’elles ont produit (ou ici, détruit). Et une fois de plus, elles auront montré qu’elles sont seulement capables de brandir leur petit poing rageur sans réfléchir aux conséquences de leurs accès de rage narcissique.

Il faut rappeler enfin que les femmes, et donc les féministes, puisque la plupart le sont, sont toujours en pleine dissonance cognitive quant à leurs choix de partenaires : elles exigent publiquement des hommes soumis, des « wokes », des cucks, des hommes féministes, bla bla bla, mais ne fantasment en privé que sur ceux qui leurs feront faire H24 des montages russes émotionnelles.

Les raisons pour lesquelles les femmes préfèrent les PN sont envisagées ici :

[à suivre…]

[Affaire Duhamel] – Paula, Évelyne, Camille, trois générations de féministes, trois expériences de l’amertume

Je viens de me positionner totalement à rebours de la majorité sur l’affaire Duhamel (janvier 2020) en refusant de participer à une curée pilotée par une clique de néoféministes poussant un agenda que je ne connais que trop.

Le livre de Camille Kouchner, La familia grande, instrumentalise en effet la vie intime de son frère – quand celui-ci a toujours demandé à ce qu’on le laisse avancer dans sa vie sans le ramener sans cesse à cette affaire et sans l’enfermer dans un statut de victime à vie dont il n’a que faire (lire « Peggy Sastre – Affaire Duhamel : au bout du malaise » (Le Point, 08/01/2021). Il n’a, de plus, jamais souhaité s’exprimer publiquement sur les faits et il maintiendra probablement cette position. C. Kouchner elle-même reconnait dans son livre, et laisse filtrer en interview, que son frère ne souhaitait pas rendre l’affaire publique. D’emblée, il y a ici pour moi une forme de viol de l’intimité qu’aucune forme de croisade ne devrait justifier. Je le dis d’autant plus sereinement que je sais très bien que la résilience existe et que l’ON PEUT se remettre d’un viol (je ne dis pas « toujours », je dis « PARFOIS », merci de ne pas déformer mes propos).

Car l’objectif est ici, avec l’appui de Muriel Salmona, l’inventrice de la « mémoire traumatique » (une imposture scientifique, cf. Julie Brafman, « L’amnésie traumatique, concept «séduisant» mais controversé », Libération, 20/12/17), d’obtenir à terme l’imprescriptibilité de toutes les affaires de sexe. Autrement dit, de mettre en place le régime juridique de la « République Morale du Féministan », une république féministe où la chasse aux sorcières (enfin, aux hommes) et la justice immanente des réseaux sociaux et des médias mainstream tiendraient lieu de justice tout court – au nom d’une morale anti-sexe de chaisières d’église. Nous avons déjà un pied dans cette République :

Entendons-nous bien : dans le cas présent, l’agression sexuelle, voire le viol sont, selon toute vraisemblance, avérés (aucune décision de justice n’ayant à ce jour été prononcée, et respectant la présomption d’innocence, je ne m’avancerai pas plus sur ce sujet). Mais quand bien même l’homme serait-il coupable, cela ne justifierait en rien le lynchage public auquel il a droit. La justice n’est pas la vengeance ; la justice n’est pas le pilori médiatique, la justice n’est pas le lynchage sans possibilité de se défendre – d’autant que certains protagonistes, telles les soeurs Pisier, ne sont plus là pour empêcher qu’on parle à leur place. Cette mise à mort sociale par une foule chauffée à blanc n’est pas digne d’une civilisation avancée.

La vengeance. Car c’est bien ce qui se dégage de cette entreprise éditoriale conduite par Camille Kouchner, épaulée par Ariane Chemin du Monde et par L’Obs, dont le vice-président, Louis Dreyfus, est le mari de Camille Kouchner, – avec en arrière-plan, comme mentionné plus haut, Muriel Salmona. Tou(te)s incarnent ce néo-féminisme vindicatif et vengeur qui ne recule devant aucun procédé, même le plus vil, pour faire avancer « la Cause ».

Au-delà de ses ruminations contre Duhamel (bien plus importantes que celles de son frère, semble-t-il), Camille Kouchner règle surtout dans ce livre ses comptes avec sa mère, avec laquelle elle a un énorme contentieux et elle en profite pour lancer ses boules puantes sur tout le milieu au sein duquel elle a grandi – sorte de crise d’adolescence tardive mais tout à fait caractéristique de ces néoféministes qui ont toujours beaucoup de mal à quitter l’enfance. Pauvre petite fille riche, cela a dû être si dur de passer ses vacances à Sanary-sur-Mer avec le gratin de la gauche, ou de rejoindre son people de père avec Christine Ockrent qui, mais quelle horreur, était parfois distante le soir… Plutôt que de s’en prendre à C. Ockrent, peut-être devrait-elle plutôt questionner l’éclatement de la cellule familiale voulue par le féminisme, avec les relations habituellement conflictuelles avec les beaux-parents que cela implique (on sait même que les crimes commis sur les enfants sont le fait des beaux-pères à une proportion écrasante par rapport aux pères biologiques; voir « L’effet Cendrillon »). Camille et son frère sont justement bien placés pour le savoir – mais ce serait moins politiquement correct de regarder ces choses en face, n’est-ce pas…

Je n’ai pas non plus voulu suivre dans ce lynchage les contempteurs de Mai 68 qui, comme les QAnon, ont tendance à voir des pédophiles partout et à faire de la lutte contre une pédophilie fantasmée leur cri de ralliement [comme l’explique Tristan Mendès-France, le combat contre la supposée pédocriminalité des élites est l’hameçon qui a permis aux complotistes de QAnon de se développer rapidement en France]. D’autant qu’ici, la pédophilie est rien moins qu’avérée (la victime avait 14-15 ans et n’était plus un enfant : il s’agit en réalité d’éphébophilie). Même la notion d’inceste reste contestable d’un point de vue anthropologique, malgré les récents changements de la loi. « Détournement de mineur par adulte ayant autorité » devrait donc suffire. Mais on conviendra que c’est moins racoleur que « inceste » ou « pédophilie » sur les réseaux sociaux et cela, les médias l’ont bien compris.

J’ajoute, sans vouloir pour cela défendre les hypocrisies et les inconséquences de Mai 68, que même si une poignée d’illuminés ont imprudemment défendu la pédophilie dans les années 70, ils n’ont en aucune manière provoqué une vague de pédophilie dans ce pays. La réprobation a été immédiate et générale et a au contraire amené une intransigeance encore plus grande envers ces comportements déviants. La pédophilie est un trouble pathologique du comportement qui n’a ni couleur politique ni couleur sociologique et qui est malheureusement un invariant de l’espèce humaine sous toutes les latitudes. Même les formidables bonobos cités en exemple par le féministe Pascal Picq… sont pédophiles, c’est dire !

Trois générations de féministes amères

Parmi le flot d’articles souvent crapoteux publiés par la presse people, où Gala, Closer, Voici, Public, etc. ont rivalisé d’obscénité, allant jusqu’à accuser Olivier Duhamel d’être responsable de la mort de Marie-France Pisier (j’espère qu’il les attaquera en diffamation, de même que Camille Kouchner, pour ses insinuations comme quoi il serait également responsable de la mort de sa mère Evelyne), j’ai été interpellée par cet article de Gala :

Qui est Paula Caucanas, la mère d’Evelyne Pisier, qui s’est suicidée ?

Paula Caucanas, la grand-mère, était donc une féministe de la première heure. Gala glorifie Camille de parler d’elle en ces termes : « Lorsqu’elle me racontait ma grand-mère, ma mère soulignait ses idéaux. » En quittant son mari à la fin des années 1950, cette femme, Paula Caucanas de son vrai nom, a fait « exploser les conventions bourgeoises ». Résolument libre et peu soucieuse du qu’en-dira-t-on, elle ne semblait pas non plus avoir de tabou avec sa fille, Évelyne, à qui elle a raconté très tôt « comment avoir un orgasme à cheval ou à vélo » alors que celle-ci était « à peine pubère. » (…) À ses filles, elle a aussi appris la liberté sexuelle. Très jeunes, Évelyne et Marie-France Pisier ont fait preuve « d’une arrogance sexuelle stupéfiante »a rappelé Camille Kouchner dans son ouvrage. On apprend en effet dans le livre qu’Évelyne incitait sa fille à la précocité sexuelle en lui disant qu’elle-même avait fait l’amour à 12 ans, ou qu’elle invitait une amie à « déniaiser » son fils adolescent.

Évelyne, très proche de sa mère, construit à son tour toute sa vie et sa carrière sur le féminisme militant et un comportement de vamp (pourquoi pas…). Mais « Paula Caucanas a mis fin à ses jours alors qu’elle n’avait que 64 ans, deux ans après le suicide du père de ses filles par arme à feu, à l’âge de 75 ans. « Ils avaient toujours dit qu’ils ne voulaient pas vieillir. J’arrive à cet âge. Mais je ne comprends toujours pas« , avait confié Évelyne Pisier, à Libération, en 2005. »

En se suicidant, Paula plonge sa fille Évelyne dans les affres de l’alcool et d’une « dépression abyssale », un gouffre dont elle ne remontera jamais. Malheureuse et à côté de sa vie, elle n’apprendra que 20 ans après les faits ce qui est arrivé à son fils. Vouée aux gémonies par sa fille Camille et par les foules écoeurées qui viennent cracher sur sa tombe, elle paie aujourd’hui très cher sa réaction (pourtant explicable d’un point de vue psychologique) de minimisation des faits.

Deux générations de femmes brisées, donc, dont la jeunesse flamboyante s’achève dans la noirceur et même la fange pour Évelyne. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi personne ne semble voir la part de leur féminisme dans leurs destins tragiques ? Aujourd’hui, en 2021, le néoféminisme victimaire et puritain de Camille, complètement aigri, demande à son tour des comptes au féminisme laxiste en matière de moeurs de sa mère. Reprenons l’enchainement des faits.

Dans les années 60, Évelyne et Marie-France Pisier sont biberonnées au féminisme tout puissant et soi-disant libérateur. Leur mère, à la limite de l’abus psychique (mais les féministes militantes ne s’encombrent pas avec ce genre de détails) explique à ses filles comment se masturber alors qu’elles sont « à peine pubères » (probablement un euphémisme, elles devaient être plus jeunes). Eh bien moi, à 11 ou 12 ans, j’aurais maudit ma mère si elle avait fait ça ! Je l’aurais vécu comme un viol de mon intimité ! Mais Camille ne voit pas le problème ; mieux même, elle semble trouver cela admirable. Ces féministes n’ont décidément plus beaucoup de repères. On notera au passage que dans les années 50 c’était déjà le règne du clitoris tout puissant (comme quoi les néofems et autres #tasjoui ne savent que réinventer l’eau tiède).

On notera aussi une forme de narcissisme et d’immaturité dans les mots rapportés de Paula, refusant de vieillir et choisissant, par son suicide mis en scène de manière sordide, d’abandonner sa fille : « En 1988, lorsqu’à son tour leur mère, sidérant tout le monde, se suicide sans raison apparente à 66 ans et s’arrange, avec un égoïsme inouï, pour que ses trois enfants découvrent eux-mêmes son corps abîmé, c’est une déflagration pour le clan Pisier » (« Splendeurs et misères des soeurs Pisier », Le Point, 12/01/21). La descente aux enfers d’Évelyne est clairement précipitée par le double suicide de ses parents, principalement celui de sa mère puisque, tout comme sa soeur Marie-France, elle avait vécu dans la haine totale de son père, refusant de le voir et même d’aller à ses funérailles.

Paula avait souffert d’un double cancer du sein suivi d’une ablation mammaire, terrible diagnostic qui a pu influencer sa décision – ce qui peut s’entendre. Je dois ajouter une chose terrible, mais malheureusement exacte, au sujet du cancer du sein : l’allaitement prolongé protège de ce cancer. Or le féminisme d’après-guerre a lutté âprement contre l’allaitement maternel, supposé réduire les femmes au statut de vaches laitières et préférant les renvoyer bien vite au travail. J’ose donc dire que ce féminisme a du sang sur les mains. Pour Paula, ses filles étant nées dans les années 40, j’ignore si elles les a allaitées, je suppose que oui, donc ceci ne la concernerait pas a priori.

Évelyne est une jeune femme belle et brillante à qui le monde déroule un tapis rouge, accumulant les succès masculins et personnels et menant avec sa soeur une vie de jet-setteuse dans les hautes sphères de la gauche féministo-révolutionnaire (option caviar). Les photos de sa relation avec Fidel Castro témoignent de son succès international.

De 1964 à 1968, Évelyne, installée à Cuba, est la maîtresse de Fidel Castro

Camille K. dépeint ensuite une mère de famille moins reluisante, décrivant un univers familial glauque et malsain et ce, bien avant l’arrivée d’Olivier Duhamel dans leurs vies. Évelyne a certainement beaucoup souffert de l’échec de son mariage avec Bernard Kouchner. Mais à aucun moment, Camille ne semble questionner l’idéologie féministe de sa mère, ni comprendre la manière dont son féminisme a pu influencer son comportement, de la jeune femme toute puissante voire arrogante, à la mauvaise mère. Il y a pourtant des choses qui moi, me sautent aux yeux. Ce n’est pas seulement de sa mère, mais du féminisme de la seconde vague, dont il aurait fallu faire le procès, puisque la première n’est que l’expression du second. Sans l’éducation méprisante de Paula – et de tout le féminisme – envers le rôle maternel, peut-être Évelyne se serait-elle comportée différemment.

Je relève aussi le côté typiquement « féministe » d’Évelyne : « Castro sonnait Évelyne quand il voulait, raille un vieux camarade de Marie-FranceÀ Paris, elle emmerdait tout le monde en donnant des leçons de féminisme, mais à Cuba, elle était vraiment le prototype de la femme soumise. » Évelyne s’est ensuite couchée devant Olivier Duhamel, son despote domestique préféré. Les amis ont été surpris, mais pas moi, car toutes les féministes sont comme ça, hier comme aujourd’hui, crachant sur leurs pères et les hommes normaux, mais faisant la queue pour se faire détruire par des « pervers narcissiques » et autres prédateurs à peine masqués (lire Féministes et pervers narcissiques : les liaisons dangereuses). L’emprise, on pleure après, mais sur le coup, qu’est-ce que c’est excitant (eh oui)…

Quoiqu’il en soit, les curseurs de la morale sexuelle s’étant déplacés et rigidifiés – aujourd’hui un film comme Beau-Père de Bertrand Blier, sorti en 1984 et qui raconte le désir amoureux et sexuel d’une fille de 14 ans (14 ANS !) envers son beau-père joué par Patrick Dewaere (34 ans à l’époque) provoquerait un scandale national, ou plus exactement ne pourrait même plus être tourné et son réalisateur se verrait jeté en pâture sur #MeToo –, on mesure face à quel âge de glace on se trouve désormais. Je ne suis pas en train de dire que l’histoire de La Famila grande ait quoi que ce soit à voir avec celle de Beau-Père, puisque le frère ici n’était pas consentant. Je dis juste que pour les besoins de « la Cause », on fait feu de tout bois, prenant à témoin les foules qui ne demandent que ça, sans se soucier de l’exactitude des faits allégués – rappelons qu’on parle ici d’un « roman autofictionnel » et non d’un témoignage sous serment, et que la justice ne s’est pas prononcée.

Les dénonciations, vraies ou fausses, mais invérifiables, de « viols » à 30 ou 40 ans de distance faisant peut-être moins recette – après Haenel, Springora, les affaires Polanski, etc., la formule est devenue un peu éventée –, on s’est peut-être dit qu’avec « inceste » et « pédophilie » dans le plan de com’, ça claquerait fort et que le succès éditorial serait garanti.

Je suis frappée en tout cas par cette propension des bien-pensants à brûler furieusement ce qu’ils adoraient jusqu’à peu. D’icône du féminisme libérateur, Évelyne Pisier incarne du jour au lendemain et « grâce » à sa fille, l’abomination faite femme. Eh bien, toute antiféministe que je suis, j’ai de la peine pour elle. Je pense qu’elle ne méritait ni de représenter une libération qui n’en a pas été une pour elle, ni son contraire. Je considère qu’elle a tout simplement vécu une vie de féministe du XXe siècle, tiraillée entre des injonctions contradictoires qui ne pouvaient que la faire chuter. Ainsi va le féminisme… et paix à son âme.

En attendant, à travers ce tweet très classe, c’est lui qui mange ses morts, à commencer par Évelyne Pisier.

[à suivre…]

  • Voir aussi :

. Comme elle l’a démontré lors de son passage dans l’émission « La Grande Librairie » (13/01/20) Camille Kouchner fait maheureusement partie de ces néoféministes en croisade qui défendent la pseudo « mémoire traumatique » de Muriel Salmona et dénient à toute victime la possibilité de se remettre un jour d’un viol. Je prends le contrepied exact de ces salades manipulatrices dans ce témoignage :

. Les féministes médiatiques et éditoriales ont toujours raffolé des histoires de « viôôôl », parce que c’est tellement vendeur… ne l’oublions pas.

. Évelyne Pisier était une maîtresse-femme, une féministe influente au caractère trempé, qui a fait valser les hommes autour d’elle une bonne partie de sa vie. Elle s’est pourtant inclinée devant des personnalités masculines autoritaires telles Fidel Castro ou Olivier Duhamel. Pourquoi ? =>

[Mythologie féministe] – Les Suffragettes et le droit de vote des femmes

« Oui, mais, gna gna gna, sans les Suffragettes, tu ne voterais même pas, han ! »

Bien. Je crois qu’il est temps de remettre les pendules à l’heure.

  • En France comme partout dans le monde, les femmes n’ont obtenu le droit de vote que quelques années (au pire décennies) après les hommes – et à l’échelle de l’histoire, c’est peanuts de peanuts !

J’avais déjà rappelé quelques faits historiques dans cet article : « La glossolalie féministe ou le syndrome du hamster ».

– Les féministes : « Hiiiiin, les Fâââmes ont dû attendre le XXsiècle pour pourvoir voter, c’est honteux ! Patriarcâât !!! »

Déjà, c’est faux : « Avant le XXe siècle, quelques pays accordent partiellement ou provisoirement le droit de vote aux femmes (…). Le Royaume de France introduit un droit de vote restreint pour les élections consulaires (gouvernements urbains) depuis le XIIe siècle selon les régions. Pour les États généraux depuis le XIVe siècle jusqu’en 1789. » (Source: Wikipedia). Comme on le voit d’emblée, les Suffragettes n’ont pas pesé pour grand chose…

Ensuite, les hommes français ont attendu le milieu du XIXe siècle pour accéder au suffrage universel, et encore, pas tous. Les conditions étaient restrictives et seule une partie des hommes votait.

Au XXe siècle, c’est la gauche qui s’est opposée au vote des femmes car elle savait qu’il serait conservateur. C’est le gouvernement de Vichy qui le premier, en rédige le projet, en 1941. Le vote sera acté en 1944. Par rapport aux hommes et à l’échelle de l’histoire et de la longue durée, cela reste cependant un délai très court. Les militaires français ont quant à eux dû attendre 1945 pour avoir le droit de vote, soit un an après les femmes ! Ils ne font pourtant pas autant de raffut… Et il faudra encore attendre 1956 pour que les français d’Outre-Mer, hommes et femmes, aient le même droit de vote que les métropolitains. Ils ne nous rebattent pas non plus les oreilles comme les pleureuses professionnelles, comme c’est bizarre…

  • Les femmes n’ont pas eu besoin des Suffragettes pour que les hommes leur donnent le droit de vote

Aux États-Unis, « les femmes pouvaient voter dans l’État du New Jersey de 1776 à 1807 sous la condition, comme pour les hommes, d’êtres elles-mêmes propriétaires », etc. On pourra trouver sur cette page Wikipedia de nombreux autres exemples du vote des femmes dans le monde avant les Suffragettes (par exemple en Suède de 1718 à 1771). Le droit de vote est définitivement accordé aux femmes dans la majorité des pays à partir du tournant du XXe siècle : dès 1893 en Nouvelle Zélande, 1901 en Australie, 1906 en Finlande, 1910 dans l’état de Washington, 1911 en Californie, 1912 en Arizona, Kansas et Alaska, 1913 en Norvège, 1915 au Danemark, 1916 au Manitoba, 1917 en Russie, etc.

Je ne vais pas tous les citer, puisque tous les pays occidentaux y viennent les uns après les autres – et ils n’avaient pas de Suffragettes ! De plus, les féministes sont aveugles et borgnes car ce sont des hommes qui, partout, ont réclamé et donné le droit de vote aux femmes… tout simplement parce que c’était la marche de l’histoire et de la civilisation occidentale et que l’égalité juridique des sexes était en germe depuis des décennies, pour ne pas dire des siècles ! Au Royaume-Uni, c’est le philosophe John Stuart Mill qui, à partir de 1867, bataille pour cette réforme. Comme à leur habitude, les féministes ont pris le train en marche et brandi leur petit poing rageur pour revendiquer un combat depuis longtemps porté et remporté par… des hommes. Les féministes sont toujours les spécialistes des faux combats et des fausses victoires. C’est tellement plus facile de se poser en David terrassant un Goliath (le patriarcat) mort depuis longtemps !

Pour rappel, les femmes obtiennent le droit de vote en 1919 au Royaume-Uni… quand les hommes eux-mêmes ont attendu 1918 pour avoir tous le droit de voter ! « Il faut attendre 1918 pour que le droit de vote soit étendu à tous les hommes de plus de 21 ans – ou presque- et aux femmes de plus de 30 ans ». Bref…

  • Les Suffragettes, et tout particulièrement l’une de leurs chefs de file, Mary Richardson, avaient déjà toutes les caractéristiques des hystériques misandres

Comme je l’avais évoqué dans cet autre article, « Punir, censurer, interdire, les féministes au musée », les Suffragettes anglaises se sont surtout illustrées par leur folie destructrice : le 10 mars 1914 à la National Gallery de Londres, la suffragette Mary Richardson attaquait au hachoir la Vénus au miroir de Velázquez (v. 1650), occasionnant sept entailles dans le tableau et endommageant fortement la zone entre les deux épaules. Elle a été condamnée pour cet acte de vandalisme à six mois de prison, le maximum prescrit pour la destruction d’œuvre d’art.

Vénus au miroir de Velázquez lacérée par Mary Richardson, 10 mars 1914

Mary Richardson inaugurait ici la figure de la féministe puritaine et misandre ne supportant pas le regard des hommes porté sur la nudité féminine – elle a expliqué plus tard « qu’elle n’aimait pas la façon dont les visiteurs masculins regardaient bouche bée toute la journée » cette peinture. Mary s’en était prise à l’image d’une femme alors même qu’elle prétendait défendre « les femmes ». Qu’est-ce que son inconscient ne supportait donc pas chez cette Vénus ? Eh bien qu’elle soit érotique, bien sûr, offerte au désir des hommes et qu’elle ait le pouvoir de les émoustiller. Et c’est toujours aujourd’hui le problème majeur des féministes qui s’intéressent à l’art.

Les Suffragettes anglaises se sont également signalées par la destruction de dix autres tableaux dans les musées anglais entre mai et juin 1914 et il aura fallu pas moins que la première guerre mondiale pour mettre un terme à ces exactions.

  • Les Suffragettes, reines du terrorisme, du vandalisme et de l’agitation névrotique

Les Suffragettes posent des bombes, allument des incendies, envoient des colis piégés et inaugurent un « règne de la terreur » féministe. Je cite simplement la page Wikipedia qui leur est consacrée :

« Les suffragettes ont parfois eu recours à des méthodes assimilées par certains historiens à du terrorisme. Si certains réfutent ce terme et lui préfèrent le qualificatif de « vandalisme », arguant du fait que les propriétés et bâtiments que des suffragettes ont détruits ou incendiés étaient vides (il y en eut 250 en 6 mois en 1913), l’historien Simon Webb rappelle que Mary Leigh et d’autres suffragettes ont mis le feu à un théâtre, avant d’y faire exploser une bombe, alors que des gens étaient à l’intérieur. Elles ne furent cependant pas accusées de terrorisme, car ce crime n’existait pas à l’époque, et furent poursuivies pour avoir « causé une explosion de nature à mettre en danger la vie d’autrui ». Les suffragettes britanniques placèrent une série de bombes (la plupart explosant avec succès, certaines parfois défectueuses) dans plusieurs lieux, par exemple dans l’abbaye de Westminster, la cathédrale Saint-Paul, la banque d’Angleterre, la National Gallery, des gares, ou encore au domicile du chancelier David Lloyd George. Cette dernière fut placée par la militante Emily Davison. La bombe ayant soufflé les vitraux de la cathédrale de Lisburn en 1914, attribuée aux suffragettes, représente à la fois la première explosion de bombe du XXe siècle en Irlande, précédent celles de l’IRA, et la dernière bombe posée par les suffragettes : elle explosa le jour de l’entrée en guerre du Royaume-Uni, après quoi l’essentiel des suffragettes stoppèrent leurs activités et s’impliquèrent dans l’effort de guerre.

L’historienne Fern Riddell découvrit qu’en plus des bombes, les suffragettes envoyèrent des courriers piégés (méthode dont elles sont les inventrices, selon Simon Webb) contenant des flacons de phosphore qui se brisaient lorsqu’ils étaient manipulés, occasionnant de sévères brûlures chez les postiers. Fern Riddell affirme qu’en 1913, les suffragettes étaient un « groupe terroriste très organisé », et selon elle « il ne fait aucun doute que tout ceci a toutes les caractéristiques de ce qu’on définirait aujourd’hui comme du terrorisme ». Elle cite aussi les propos de la police et des suffragettes, employant tous deux l’expression de « règne de terreur » pour qualifier la campagne menée par les suffragettes, ou les journaux de l’époque titrant sur le « terrorisme suffragette ». Pour Fern Riddell, certains détails indiqueraient qu’au cours de leurs dernières années, il y eut une tentative coordonnée des suffragettes pour effacer leurs actions les plus violentes des ouvrages de mémoires publiés. »

1913: Incendie de l’église Sainte-Catherine d’Hatcham par les Suffragettes

Comme on le peut le voir, c’est tout à fait édifiant. On notera la manipulation typiquement féministe consistant, comme à leur habitude, à réécrire l’histoire à leur avantage – on appelle aussi cela du révisionnisme historique, manoeuvre pour ainsi dire devenue leur marque de fabrique et raison pour laquelle il ne faut en aucun cas abandonner le champ de l’histoire aux féministes.

On relèvera aussi cet aspect significatif : à partir de l’entrée en guerre (1914), les Suffragettes se calment et se consacrent à l’effort de guerre. Car c’est toujours la même histoire : le féminisme hystérique ne peut se développer qu’en temps de paix, une fois que des hommes, au prix de leur sang, ont offert à ces femmes un pays suffisamment pacifié pour qu’elles puissent se livrer à leurs épanchements et hurlements revendicatifs. Mais que la situation se tende et que la guerre soit à nos portes… et elles se rangent aussitôt derrière les hommes. Il en sera évidemment de même avec nos féministes actuelles en cas de future guerre de civilisations (même si beaucoup ont déjà décidé de se ranger derrière les hommes du camp adverse).

En conclusion, on retiendra que les Suffragettes ne sont qu’une imposture féministe de plus, un groupe terroriste d’agitées du bocal qui se sont contentées de prendre le train de l’histoire en marche tout en sabotant gratuitement le patrimoine artistique. Quasiment nulle part, les hommes n’avaient dans leur totalité accès au suffrage avant qu’elles-mêmes y accèdent. La mythologie féministe a fait des héroïnes de ces excitées surtout douées pour hurler, saccager ou étaler leurs névroses. Sans elles, la marche du monde aurait été exactement la même. Tous les pays développés auraient donné le droit de vote aux femmes, les uns après les autres, comme ils l’ont fait bien avant elles – ou bien après, comme la France (1944) ou la Suisse (1971), en fonction de leurs évolutions culturelles et historiques propres. Les Suffragettes, ou l’art féministe de faire du vent et de tirer à soi la couverture, as usual

1959. Affiche Suisse en faveur du vote des femmes.
Parce que c’était la marche de l’histoire et que les hommes aussi l’ont voulu !
  • Et aujourd’hui, l’abstention est majoritairement féminine, ici aux élections européennes de 2019, mais c’est valable pour toutes les élections, en France et dans la plupart des pays d’Europe ! Tout ça pour ça… (soupir).